vendredi 30 janvier 2026

VIS MA VIE D’ÉCRIVAIN #7 : SAVOIR PARLER DE SES ROMANS

Parfois, dans les lieux où nous sommes présents et où nous mettons nos livres en vente (salons du livre, marchés, événements spécifiques, comme le festival Metal’o’ween, par exemple), certaines personnes qui viennent à notre stand nous demandent de quoi parlent nos romans. Je ne sais pas pour les autres auteurs, mais moi, c’est comme si on me posait une colle. Et pour cause : je n’ai jamais vraiment travaillé un argumentaire béton sur le sujet. Plusieurs raisons à cela :

1/ J’ai une mémoire de poisson rouge lorsqu’il s’agit de retenir des phrases, des termes, des mots dans un certain ordre. Apprendre par cœur, ce n’est vraiment pas pour moi ! Je pense que c’est une tare congénitale que je possède depuis toujours. Je ne peux pas retenir un texte, une poésie, une citation ou même une blague ! Ça m’a causé bien des problèmes à l’école ! (CF le laboureur et ses enfants, le cancre)

2/ Je suis incapable de reformuler une idée toujours de la même façon, avec les mêmes éléments de langage. Forcément, mon esprit va biaiser et me faire hésiter, tergiverser, perdre mes mots, bref : paniquer, alors que pour le coup, je connais le sujet sur le bout du doigt puisqu’il vient intégralement de moi !

3/ Pour ces deux raisons, je déteste m’exprimer à l’oral. Je me sens exactement comme si j’allais en soirée mondaine cul nu et/ou en charentaises. Je suis extrêmement mal à l’aise lorsqu’il faut parler en public. Je fais de gros efforts sur moi-même pour donner le change mais j’ai toujours cette impression de nullité absolue avant, pendant et après que je me suis exprimé. C’est aussi souvent le cas dans d’autres circonstances (pendant des présentations au boulot, par exemple).

4/ Je n’ai aucun sens de la répartie. À l’écrit, ça va, je me débrouille : j’ai plus de temps pour me poser. Mais à l’oral, on est dans l’instantané. Alors je n’arrive pas à ordonner mes pensées, je n’ai plus aucune subtilité, aucun filtre, je bafouille et je finis fatalement par m’agacer et perdre tous mes moyens.

5/ Je trouve les arguments mais toujours dix ans plus tard (han, j’aurais dû dire ci, répondre ça…). Et puis surtout, je n’arrive pas toujours à faire de liens directs entre les différentes idées. Ou alors ce sont des liens illogiques pour le commun des mortels. Du coup, je finis invariablement par lasser mon auditoire et je passe ma journée à ruminer.

6/ Je déteste me répéter (digression : je n’arrive pas à comprendre comment un musicien peut jouer toute sa vie les mêmes morceaux sur scène – ça me rendrait fou). Et donc, par automatisme, je vais essayer de reformuler une recette qui a pourtant fait ses preuves. Et je vais m’enfoncer dans des discours pompeux ou superficiels (au choix). 

Résultat, le lecteur potentiel n’y comprend rien et finit par se barrer sans acheter mes livres. Par contre, il va faire le plein chez le voisin moins crétin. Quand ça arrive, je me flanquerais des baffes à m'en décalotter la boîte crânienne, et la chanson de Patrick Sébastien me hante pour le restant de la journée. Savoir se vendre, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde. Et c’est même triste, pour quelqu’un qui bosse dans la com !

En attendant, je me suis bien cassé le cul à écrire les pitches, les résumés et la communication de mes bouquins. Je pense que ça vaut le coup que vous alliez y jeter un œil ^^

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