Je dis « pause », mais en réalité et vous l’aurez
bien compris, je ne sais pas m’arrêter. Il y a toujours une nouvelle histoire à
peaufiner, une anecdote à raconter, un personnage en train de s’affiner en
arrière-plan, quelque part dans mon cerveau. Donc en réalité, je suis déjà en
train d’envisager la suite, tout en réfléchissant à ce que je pourrais arranger
(pour une meilleure compréhension essentiellement) dans cet opus-ci.
Car il y aura bien une suite à ce roman. On va dire qu’il
lance un nouveau cycle. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais il y a
quelques années, je vous avais partagé ce billet : Quelques
mots sur le futur Spin Off de L’infection, dans lequel j’annonçais la venue
prochaine d’un nouveau livre, mix entre un roman fantastique et un polar noir.
Je publiais même quelques extraits de ce texte qui n’est pas encore né.
En fait, j’avais bien une idée, avec un début, un
développement et une fin (approximative), mais il me manquait quelque chose. Et
ce quelque chose – deux personnages qui font le lien entre toutes les histoires
qui trottent dans ma tête – il aura fallu attendre la sortie de « Le
Moment ou jamais » pour que ça me vienne. Sans ces personnages clé, mon
Spin Off aurait manqué de logique, de cohérence, de magie, bref : de sel.
Je n’aurais pas pu envisager cette suite sans eux.
Mais contrairement à beaucoup de gens, je ne jette jamais
une idée qui n’aboutit pas. Je pars du principe que si elle est venue à moi,
c’est pour une bonne raison. Alors je la mets de côté en attendant le flash. Et
comme à chaque fois, mes personnages manquants me sont venus en rêve. Il a
fallu que j’attende de rêver d’eux pour que les pièces du puzzle s’assemblent.
J'ai bien fait de me montrer patient : ils ont fini par venir à moi, tout seuls.
Car je ne fabrique pas un personnage : je ne pars pas d’une
fiche, d’un passé ou d’un arc narratif. Je les laisse émerger, puis je les
observe. Quand j’écris à leur propos, c’est un peu comme si je marchais dans une grotte
sombre (mon esprit), accroché à une ligne de vie (le titre de travail que j’ai
choisi). Au bout d’un moment, mes yeux s’accoutument à l’obscurité et
j’entrevois des formes, des visages, des attitudes (les personnages, les lieux, l’histoire). Ensuite, je ne les
guide pas, je les accompagne, je les suis dans l’ombre, je les laisse coloniser
l’espace narratif et je prends un malin plaisir à révéler leurs fractures. Le tout en leur gardant
une part d’inaccessibilité, pour le mystère.
Et lorsque je reviens de mes excursions dans ce monde sans lumière, lorsque que je réintègre mon existence d’être humain normal, qui mange, qui travaille, qui conduit, qui prend un café ou une bière avec des amis, je garde toujours la ligne de vie attachée à mon esprit. Ainsi, mes personnages peuvent également me rejoindre tandis que je fais tout autre chose qu’écrire.
Parfois,
ils viennent dans les moments les plus incongrus et ça peut être gênant, selon
les circonstances. Par exemple, ils peuvent pointer le bout de leur nez tandis que je suis en pleine réunion de travail. Je les entends réagir à un mot, à une grimace de mon interlocuteur, et je perds le fil... Parfois, ils sont là alors que je suis en pleine discussion avec ma compagne. Ils coupent le son et je les vois danser dans la grotte, comme pour me narguer.
Je sais, dit comme ça, ça parait bizarre. Il s’en trouvera sûrement parmi vous pour penser que je suis complètement fou. Eh bien grand bien leur fasse ! En attendant, j’espère bien que le comité de lecture va vite me dire ce qu’il en est : bon ou merdique ! #Angoisse #Prières #Chocolat #Cacahuètes #panique #ReChocolat #RetiensCePetJeTenSupplie #Respire #Respire

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