mercredi 17 juillet 2019

Mauvais berger ! en version poche et augmentée sort le 11 août 2019 !

Le teaser officiel de la version poche, augmentée, ultime et définitive de "Mauvais berger !" est désormais sur Youtube. Le livre, lui, sort le 11 août à l'occasion du salon du livre du Camping **** Le Verdoyer et devrait être en librairie dans les jours qui suivent ! Et entre 2008 et 2019, il a gagné 88 pages et perdu 1 euro ! Cherchez l'erreur ? 

mercredi 19 juin 2019

NOUVEAU ROMAN sur le feu : Les routes du crépuscule

Hier, j'ai lancé un sondage sur ma page facebook  auteur et mon compte Instagram. Je proposais à mes followers de voter pour la couverture qui leur donnerait le plus envie d'ouvrir ce prochain livre que j'ai en tête et dont je vais vous parler ci-après. Il semble que c'est le visuel avec les enfants qui remporte le plus de succès ; alors pour l'instant, ce sera celui-là, ci-contre, qui servira de support de communication. Enfin jusqu'à ce que j'aie (ou non) une épiphanie...

Quand on est "auteur", on devrait toujours avoir un carnet avec un stylo près de soi, et notamment sur sa table de nuit. Car c'est souvent la nuit, en rêve, que viennent les idées. En tout cas, c'est mon cas à moi.

Il y a deux semaines, j'ai fait un de ces rêves tellement réalistes que j'ai cru un instant que je l'avais vraiment vécu, une fois réveillé. C'était une histoire complète. Exactement comme lorsque j'ai rêvé de L'infection il y a 11 ans.

Alors je ne vais rien divulgâcher pour le moment, mais voici le pitch : Que feriez-vous si l’on vous proposait de refaire votre vie ? Un couple à la dérive va tenter l'expérience, pour le meilleur et pour le pire. En fait, il s’agira d’une parabole sur le thème des regrets, mais aussi du deuil, de la résilience et de la rédemption. Ce sera un roman plutôt dramatique mais avec un peu d'humour quand même, un peu de fantastique, un peu de Bushcraft, un peu de sexe, et beaucoup d'introspection. Ce n'est pas à proprement parler du Feelgood Lit., un concept super à la mode en ce moment, ce serait même l'inverse. De la Feelbad Lit. :-D
Enfin, rien de super original, me direz-vous... 
C'est je genre de sujet qui a déjà été traité mille fois et en mille fois mieux que ce que je ne pourrais jamais pondre. Sans doute. Mais c'est l'histoire que j'ai envie de raconter aujourd'hui, et je vais y consacrer mes prochaines minutes de disponibilité pour les 3-4 prochains mois.


Attention, ça ne veut pas dire que je lâche L'infection T3 : Sepsis ! Disons que j'ai besoin de laisser ce récit maturer pour pouvoir mieux y retourner. J'ai l'intuition que Les routes du crépuscule est plus facile à écrire, plus récréatif et plus prêt, surtout. Donc je ne vais pas contrarier mes instincts. 

Je ne sais pas aujourd'hui s'il sera publié dans la collection Mozaïk chez Astobelarra. Aucune idée, vraiment. Le "packaging" que j'ai monté autour de la couverture, c'est juste pour présenter un produit fini. Mais je pense que ça devrait plaire... J'ai déjà transmis le synopsis à ma Présidente et à Constance Dufort et ça eu l'air de les emballer. On verra bien ce qu'en pensent les collègues de l'asso ^^


Je ne tarderai pas à vous publier un extrait de ce roman dans les jours qui viennent, histoire que vous vous fassiez une petite idée de ce à quoi ça pourra ressembler. Restez branchés ! 



mardi 18 juin 2019

Mauvais berger (BONUS) : mon rapport de stage !


Je sais que certains d'entre vous, lecteurs, ont soit effectué le BPO ou le BPREA option ovins/lait, soit effectué un stage chez un berger. Et si vous avez seulement aimé "Mauvais berger !", cet article pourrait vous intéresser malgré tout.
J'ai mis le temps (20 ans, quand même !!!), mais j'ai enfin  réussi à remanier mon rapport de stage. Vous pouvez le lire en ligne ici : http://www.astobelarra.fr/Documents/MB-rapport-de-stage.pdf.

J'ai refait les tableaux et les schémas, mais j'ai laissé les prix d'époque (en francs) car j'ai eu la flemme de convertir et chercher les prix actuels. On aura qu'à dire que c'est une "photographie" noir et blanc de mon exploitation agricole virtuelle à un instant T, mais que j'ai colorisée avec Photoshop.

C'est une exploitation "virtuelle" car j'ai tout inventé de A à Z, en me basant principalement sur mes cours de zootechnie, de phytotechnie et d'économie. Comme je devais produire un rapport de stage mettant en scène mon exploitation agricole et mes projets, pour obtenir mes diplômes, je me suis résolu à tout créer "from scratch". Rien de tout ça n'existe pour de vrai. Seule l'histoire tragi-comique que je raconte dans mon livre est véridique.

Si vous n'avez pas encore lu "Mauvais berger !", c'est ici qu'on l'achète :
http://astobelarra.fr/collection-humeurs-et-temoignages/10-mauvais-berger.html ^^


mercredi 5 juin 2019

Preum's dans la gazette le daily Verdoyer !


Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais l'an dernier, nous sommes allés, Constance Dufort, Thomas Ponté et moi-même au premier salon du livre organisé au camping **** Le Verdoyer, dans le Périgord vert, chez mon pote Floris Ausems. Je n'avais pas fait de compte-rendu de l’événement dans ce blog, mais ça s'était tellement bien passé que je me suis juré d'y retourner s'il y en avait un prochain. Eh bien voilà : c'est programmé pour le 11 août ! En attendant, Raphaël Grangier, auteur de polars que j'ai eu le plaisir de rencontrer là-bas et co-organisateur du salon m'a passé à la question pour la gazette "le daily Verdoyer", histoire de communiquer un peu sur ce salon du livre naissant et prometteur. Je suis même le premier à y être passé !
Pour des questions de référencement sur les moteurs de recherches, je vous copie-colle les questions/réponses ci-après. La gazette originale est téléchargeable ici !

— Etienne, comment allez-vous ?
— Ben bien ! Il fait beau, c’est bientôt l’été. On ne va pas se plaindre !?

— C’est la première fois que vous venez sur le salon du Verdoyer ?
— Non, la seconde. Je suis venu l’an dernier avec Constance Dufort et Thomas Ponté, de la team Astobelarra (maison d’édition souletine). C’était bien chouette de partager ces moments avec la team Cairn, dans un cadre aussi sympa que celui du Verdoyer!

— Qu’est-ce qui vous a donné envie de revivre cette aventure ?
— Bon, déjà, je connais Floris (Ausems, le patron du camping Le Verdoyer) depuis l’âge de 11 ans. On était au collège ensemble à Cognac. Je viens le voir, lui et sa petite famille, depuis quelques années. En fait, depuis qu’on s’est retrouvés grâce à Facebook ! Donc quand il m’a parlé du premier salon (l’an dernier), j’ai évidemment sauté sur l’occasion et personne n’a regretté, dans la team !

— Parlons un peu de vous… Vous êtes plutôt plage ou montagne ?
— Je vis à la montagne (en Soule, au Pays basque). Mais pour répondre à la question, je préfère la montagne. J’adore randonner, dormir dans la Nature, m’isoler en cabane de berger, marcher jusqu’à puer le fennec… Tout le contraire des vacances à la plage !!! Mais je ne vais pas cracher dans la soupe : j’aime bien aussi ne rien faire d’autre que lire pendant des heures, allongé sur une serviette sous un parasol, avec le ronflement de l’océan en musique de fond. 

— Littérature noire ou littérature blanche ?
— Plutôt noire. Mais je lis de tout. En dehors des recommandations d’amis ou de France Inter, lorsque je choisis un livre au hasard, c’est très souvent au visuel, à la lecture de la quatrième de couv’ et surtout à l’odeur de ses pages. Avec ce système, il arrive que je sois déçu, mais ça reste rare… En ce moment, je lis pas mal d’ouvrages sur la survie et le survivalisme. C’est essentiellement à but instructif, avec dans l’idée de rendre plus réaliste mon prochain livre…

— Quel est le dernier roman que vous ayez lu ?
— Je suis en train de lire « Fin de ronde », de Stephen King. C’est le dernier volume de l’excellente trilogie « Mr Mercedes ». Grosso modo, c’est du policier avec quelques incursions fantastiques (dans ce tome, précisément). Sans vouloir divulgâcher (ou me la jouer), j’y trouve quelques similitudes avec ma propre trilogie « L’infection ». Je ne pense pas que ce soit un hasard, du reste. Pas que King ait pompé sur mon histoire (faudrait-il qu’il sache que mes livres existent, lol) ou l’inverse d’ailleurs, loin s’en faut. Cela dit, c’est logique : c’est mon auteur préféré et moi aussi je fais dans le fantastique. Donc fatalement, il y aura des sujets qui se recouperont à un moment ou un autre…

— Le dernier que vous ayez écrit ?
L’infection T2 : Pandémie (septembre 2017 – Astobelarra). Je suis actuellement sur la rédaction du troisième et dernier tome de la saga. A chaque fois, il m’a fallu 5 ans pour écrire les deux premiers. J’aimerais faire plus vite pour celui-ci, mais… C’est compliqué quand on bosse à côté !

— Le pitch, en quelques mots ?
— C’est l’histoire d’un mec… un pauvre mec, même, qui échange son âme avec une intelligence artificielle pour conquérir sa belle. Sauf que l’intelligence artificielle en question a un autre projet : elle veut détruire l’humanité (comme de bien entendu). Dans le premier tome, « Contage », elle fait ses armes. Dans le second, « Pandémie », elle met le souk partout sur la planète. Dans le troisième, « Sepsis », la résistance s’organise pour mettre fin à l’IA diabolique, dans un monde défiguré à jamais. Mais les humains vont-ils réussir à sauver leur espèce ? 

— Vous concernant, quelles seraient votre principale qualité et votre principal défaut ?
— En tant que personne ? Je suis un gars gentil… C’est ma principale qualité. Mais c’est aussi mon défaut principal : je me fais souvent avoir par les autres. Du coup je fais le vide et on m’en veut à mort ensuite. Alors je culpabilise et j’essaye d’être encore plus gentil… Bref : l’éternelle histoire du serpent qui se mord la queue.
En tant qu’auteur ? Je n’ai aucune idée de ce qui ferait ma principale qualité. Peut-être que j’aime raconter des histoires et que je prends un malin plaisir à mettre le lecteur en PLS à chaque chapitre ? Mon principal défaut, c’est que je suis trop lent et trop perfectionniste. D’où les 5 ans par bouquins !

— Et si l’on doit retenir quelque chose de particulier vous concernant, ce serait quoi et pourquoi ?
— Pour écrire, j’ai besoin de me mettre dans une sorte « d’état de transe ». Je pense que c’est pareil pour toute personne qui crée dans tous les domaines artistiques existants. 
Mais moi, le premier, je l’ai écrit à 80% aux chiottes (lol - véridique) ou dans le train. Mais comme j’ai changé de métier entretemps et que je ne peux quand même pas passer ma journée sur le trône (c’est mauvais pour la circulation sanguine), j’ai dû changer de méthode pour le second. Mais le résultat est le même : j’ai besoin d’être seul chez moi, mais également de m’enfermer dans ma tête. Donc je crée une sorte de « mur mental ». Pour cela, je me mets le casque audio sur la tête et je me programme une playlist de musiques que je connais par cœur (pas besoin de réfléchir aux paroles ou d’écouter les mélodies, puisque je les connais déjà). Ça peut être de la techno comme du métal ou de l’ambiant… ça dépend du chapitre sur lequel je suis. Mais on s’en fout, en vrai, à partir du moment où ça me coupe du monde. Ensuite, un ou deux (ou trois) petits verres de Jack Daniel’s pour anesthésier les douleurs physiques et surtout morales de la vraie vie, et c’est parti pour une nuit de créativité. Quand ces conditions sont réunies, je peux écrire plusieurs chapitres à la suite. 
Je raconte tout cela et bien plus sur mon blog auteur : http://etiennehboyer.blogspot.com/

— Le mot de la fin ?
— Ah oui ! Sinon j’ai aussi écrit « Mauvais berger ! » (2007 - Astobelarra), une tranche de vie dans laquelle je raconte ma courte et douloureuse expérience d’apprenti berger dans les Pyrénées ^^. En fait, c’est celui-là, mon premier livre. Lui, je l’ai écrit la nuit pendant le boulot, en 3-4 jours. Bizarrement, c’est un de nos best sellers. A croire que les histoires vraies plaisent davantage que le fantastique ?! M’en fous : moi je fais ce que j’aime et je le fais d’abord pour moi ! Mais si je suis lu et apprécié, alors tant mieux ^^

— Etienne, merci de vous être prêté au jeu, et à bientôt, donc !
— Oui, merci à vous et à très bientôt ! Il me tarde ! Ça voudra dire que je débute (enfin) mes congés d’été !

jeudi 14 mars 2019

Premiers mots sur / de "Sepsis"...

Vous vous souvenez de ce concours idiot de détournement de photo que j'avais lancé l'an dernier et que Gilen Iriart a remporté ? Ci-dessous et en exclusivité, voici la première mouture de son prix. 
Je précise que Gilen et Youssra reviendront dans au moins deux autres chapitres...
Leur participation à cet ultime volume de ma saga L'infection devait rester anecdotique à la base, mais au fil des brainstorming, j'ai décidé de leur attribuer un rôle plus récurrent et augmenté.

Je rappelle que s'ils existent bien, ils ne sont ici que des "personnages" dont l'existence peut différer de celle de notre monde réel.

Alors bonne lecture !

Sophie s’était réfugiée dans une carcasse d’avion de ligne coupée en deux, dénichée en plein milieu du maquis landais, au hasard de sa route.  Probablement le résultat d’un atterrissage en catastrophe, à la suite des explosions électromagnétiques... L’intérieur de la carlingue avait été en partie nettoyé par les flammes, puis par les pillages de ces dernières semaines.  Des câbles pendaient lamentablement, çà et là, parmi les travées de fauteuils éventrés dont une partie avait dû être démontée. Quelques traces et traînées de sang séché attestaient encore de la violence du choc mais curieusement, aucun corps n’avait été abandonné sur place. La tôle froissée de l’engin grinçait au moindre coup de vent et il y flottait toujours un relent d’huile et de plastique brûlé, à peine atténué par le froid ambiant qui commençait à se faire de plus en plus prégnant, alors que la nuit commençait à tomber.
Après avoir vérifié que la voie était libre et qu’elle ne courait aucun danger immédiat, elle avait sommairement fouillé les décombres à la recherche de tout objet qui aurait pu lui être utile, mais d’autres étaient déjà passés par là avant elle. Alors elle avait allumé à la hâte un petit feu afin de se réchauffer et mettre à cuire une grosse boite de chili con carne qu’elle avait récupérée dans son colis. Elle savait néanmoins qu’elle devait rester la plus discrète possible car les grillés ou pire : des milices de survivalistes qui traînaient encore un peu partout pourraient lui tomber dessus. Le moindre bruit suspect, une odeur de cuisson, la moindre source de lumière un peu trop vive et c’était un coup à finir soit comme chair à pâté, soit comme esclave sexuelle…
Elle était là, assise sur les restes d’un fauteuil à moitié calciné, à réfléchir à la situation du monde tel qu’elle l’avait connu avant que Beau Smart n’y mette le bordel et tel qu’il était maintenant quand tout à coup, elle entendit plusieurs crissements caractéristiques dans le sable et qui se rapprochaient de l’entrée de sa cachette. Sans un bruit, Sophie saisit son bâton, ouvrit la lame de son couteau suisse et s’enfonça dans l’ombre, près de l’ouverture.  Deux personnes chuchotaient dehors, ce qui lui assura qu’il ne s’agissait pas de grillés. Eux, ne parlent pas entre eux. Ils soufflent, grognent ou rugissent pour toute communication, comme des fauves affamés le feraient autour d’une gazelle blessée et esseulée. Mais en fin de compte, peut-être qu’elle n’aurait pas à se battre jusqu’à la mort, ce soir. Rien n’était moins sûr, cependant. Pour mettre toutes ses chances de son côté, elle allait devoir prendre de court ces visiteurs du soir…

Dès que le plus grand des deux individus passa la tête dans l’entrée, Sophie lui asséna un bon coup de noisetier bien sec en plein milieu du front. Il tomba en arrière en geignant. Tandis qu’il se roulait au sol en se tenant la tête des deux mains, la jeune fille se jeta sur le second intrus, qui semblait moins menaçant par sa taille et lui cala la lame de son canif contre la carotide. Ses yeux s’accoutumaient peu à peu à l’obscurité du dehors et elle réalisa qu’il s’agissait d’un couple voyageant seul, un homme et une femme. L’homme était au tapis pour le compte et en serait quitte pour un bel œuf de pigeon le lendemain. La femme - a la peau plus mate que son compagnon - avait l’air terrorisé par l’attaque surprise de Sophie, mais n’opposa aucune résistance. Son regard brillant était plutôt doux et elle lui parut honnête lorsqu’elle lui balbutia qu’ils cherchaient juste un abri pour la nuit car elle était enceinte de quatre mois et épuisée de leur périple, mais qu’ils partiraient volontiers s’ils la dérangeaient. 
Toujours au sol et à moitié sonné par la douleur, l’homme frottait sa bosse naissante de la pulpe des doigts. Il acquiesça lorsque Sophie le regarda : 
— C’est vrai mademoiselle. On ne vous fera aucun mal et on ne vous gênera pas, c’est promis.
Il avait un petit accent chantant du sud et une voix plutôt douce.
Sophie desserra son étreinte au bout de quelques secondes, pour marquer le coup. Ils semblaient complètement inoffensifs mais ils l’avaient quand même surprise et lui avaient fait secréter un sacré shoot d’adrénaline. Alors, bravache et tout en leur montrant ostensiblement la pointe de son couteau, elle leur lança :
— OK, vous pouvez rentrer, mais vous me faites pas chier, sinon gare… 

Sophie retourna dans la carlingue froissée et se rassit. Elle enfourna les cuillerées de Chili en tentant de garder une grimace de dure-à-cuire. Elle voulait les impressionner par son attitude sauvage, leur faire comprendre qu’elle n’avait pas peur d’eux, malgré son jeune âge, au cas où elle se serait trompée sur leurs intentions. Mais l’homme, qui venait de poser leurs sacs à dos dans un coin avait l’air plus intéressé par la condition de sa compagne que par ses simagrées. Il était prévenant et tendre avec elle, qui grelottait : il la couvrit d’une couverture en laine qu’il avait déroulée de son sac et lui parla doucement. Sophie en fut émue. Ils n’avaient pas l’air d’avoir de quoi se nourrir, ce soir.
— J’en ai trop pour moi, dit-elle dans un grognement, en leur tendant sa boite de chili à peine entamée. Mangez, faut pas gâcher. 
— Merci. Elle, c’est Youssra et moi Gilen. On vient du sud, d’un village entre Bayonne et Pau. On va à Paris. Youssra veut retrouver sa sœur, qui est étudiante là-bas. 
Quinze longues secondes filèrent, pendant lesquelles on n’entendit plus que les bruits de mastication de la jeune fille, qui se demandait comment ils avaient pu faire toute cette route depuis le Pays basque sans embûche, et surtout dans l’état plus que préoccupant de la femme. Après avoir dégluti, elle répondit : 
— Sophie. Je cherche mon père. 
— Toute seule ? Tu sais où tu vas ? 
— Ouais.
Gilen lui lança un regard circonspect mais n’insista pas car la gamine avait l’air plutôt butée et déterminée. Il tendit la boîte à Youssra, qui se força à avaler une ou deux cuillérées de la mixture peu ragoûtante, mais qui eut le mérite de lui réchauffer la tuyauterie. 
Sophie avait beau surjouer la baroudeuse confirmée, elle était heureuse de retrouver des gens à peu près civilisés. Alors elle reprit :
— J’vais essayer de le rejoindre dans une base militaire, un peu plus au nord. Il parait qu’il y a un camp de réfugiés, là-bas. Avec des vivres, de l’eau, du matériel et des soldats armés pour protéger tout ça. J’ai prévu d’y rester en attendant que mon père arrive. 
— T’es courageuse… 
— Pas le choix : toute ma famille y est passée. Il ne me reste plus que lui. Enfin j’espère...
— On peut t’accompagner si tu veux. Peut-être qu’ils auront de quoi examiner Youssra ?
L’adolescente jeta un œil vers la jeune femme qui souriait et semblait déjà à moitié assoupie sur sa couchette improvisée, puis se renfrogna. Elle s’essuya les lèvres avec sa manche et déclina l’offre plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu :
— Nan c’est bon. J’avance plus vite toute seule. 
— Ok, ok, je n’insiste pas ! 
L’homme reposa la boite à demi vidée au-dessus du feu, puis après un bref salut de la tête, rejoignit son épouse sous la couverture tout en l’enlaçant pour lui communiquer un peu de chaleur.

Le lendemain, lorsque Gilen ouvrit les yeux, un autre jour gris s’était levé et pointait le nez à travers les hublots. Le feu s’était éteint et Sophie avait déjà quitté les lieux. Avant de partir, elle avait tout de même pris soin d’écrire « Bonne chance à tous les 2 » avec un morceau de charbon, sur le mur de l’avion qui lui faisait face.
Gilen sourit : « sacrée gamine ! »

*****

mercredi 13 février 2019

Encore une admiratrice du "Mauvais berger !"

Ce matin, j'ai eu la surprise de découvrir cette image dans mon téléphone. C'est un de mes anciens collègues d'Immersive Lab qui me l'a envoyée par MMS, accompagnée de ce petit commentaire : "Encore une admiratrice".
Pour les non ou mal voyants, sur l'image, on peut voir mon premier livre "Mauvais berger !" avec un post-it collé dessus, sur lequel est écrit "Merci Cécile, c'était très distrayant".
Je peux vous dire que quand la journée commence comme ça, on a envie qu'elle dure plus de 24 heures ! 

C'est l'occasion pour vous annoncer que 11 ans après la sortie de la première version du texte, le prochain livre des Editions Astobelarra devrait normalement être la version poche augmentée de "Mauvais berger !", contenant plein de pages inédites. Je n'ai pas encore de date fixée (avant l'été 2019, peut-être ?), mais je peux vous dire qu'il fera entre 180 et 200 pages. 

En attendant, si vous n'avez toujours pas lu ce livre et que vous avez envie de vous divertir tout en brisant irrémédiablement vos rêves d'adolescent, vous pouvez encore le commander ici : http://astobelarra.fr/collection-humeurs-et-temoignages/10-mauvais-berger.html ou chez votre libraire préféré. 

mercredi 31 octobre 2018

Et le vainqueur du concours de détournement est...

Il n'y a pas si longtemps, je discutais avec Thomas (Ponté) au sujet d'une photo prise lors du salon du livre organisé en juin dernier au camping *** le Verdoyer. Il se moquait de ma position suggestive et de la ganache étonnée de mon voisin Serge Tachon (auteur de romans policiers édités chez Cairn). 
Je vous laisse imaginer ce qu'il avait en tête, mais c'est vrai que la photo originale (je ne sais plus qui en est l'auteur, mais peut-être Raphaël Grangier - également auteur de polars chez Cairn) est amusante : 


Du coup, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser cette pensée impure de Thomas impunie. J'ai lancé un concours sur Facebook au début du mois d'octobre avec cet intitulé :  "Celui (ou celle) qui tiendra le meilleur détournement aura son personnage dans "L'infection T3 : Sepsis". La règle est simple : vous prenez la photo originelle (voir post ici : http://urlz.fr/7Wu4) et vous en faites ce que vous voulez en utilisant les logiciels de votre choix (Photoshop, Paint...) Alors à vos blagues, prêt(e)s, partez ! Arrêt du concours au 01/11/18."

Voilà, nous arrivons à la date fatidique et j'ai eu une dizaine d'essais différents, que je vais vous montrer ci-après :











De haut en bas : Cécile Faure, Cécile Faure (encore), Gilen Iriart, Jean-Philippe Blanchard, Lucie Madranges, Lucie Madranges (encore), Lucie Madranges (et encore), Pette Etcheverry, Sébastien Poirault, Thomas Ponté. Je les remercie très chaleureusement de leur participation.
J'ai dû écarter les tentatives de Cécile car elle n'a pas vraiment respecté les règles du jeu, bien que ses images aient fait rire le geek qui vit encore dans mon corps. J'ai écarté l'essai de Thomas même s'il est drôle (les histoires de pipi/caca, je ne résiste pas), de même que la variation de Lucie sur le même thème.
En fait, j'ai longuement hésité entre trois détournements. Celui de Pette, celui de Gilen et celui de Lucie qui fait référence à Game Of Thrones.

Pette a fait un sans faute : c'est la même image, détournée avec minutie et le résultat est... Pettesque? Je n'en attendais pas moins d'un graphiste de sa trempe. On sent la maîtrise de l'art, des détails et de l'humour sans limite du bonhomme (à qui l'on doit ceci). C'est presque trop parfait. 

Mais dans une autre catégorie, Gilen et Lucie ont fait pas mal dans leur genre. Lucie a trouvé une entrée inattendue, loin du cliché prout! qui paraissait évident et à même eu l'idée d'inclure Constance Dufort dans sa mise en scène. 
Quant à Gilen, avec son niveau zéro en infographie, il a pondu un truc qui tient la route tant en matière de sarcasme (très fin) que de graphisme (il a tout fait sous Paint et ça rend pas si mal ; preuve que quand on veut faire des trucs crédibles avec Paint, on peut !). Tout comme Pette, il a également su placer çà-et-là quelques détails qui tuent (Cairn devient "Carn", l'affiche des "chasseurs  premiers écolos de France" au fond...). Franchement, chapeau ! 

NOTA : amusant de constater que, sans se concerter, Pette et Gilen ont fait un montage autour de la consommation de viande... Je ne sais vraiment pas pourquoi, du reste ! ^^

Du coup, après maintes tergiversations, J'attribue ce prix du détournement à...

GILEN IRIART

Mais qu'on se rassure : je ne suis pas certain qu'apparaître dans un de mes romans soit très enviable...