jeudi 14 mars 2019

Premiers mots sur / de "Sepsis"...

Vous vous souvenez de ce concours idiot de détournement de photo que j'avais lancé l'an dernier et que Gilen Iriart a remporté ? Ci-dessous et en exclusivité, voici la première mouture de son prix. 
Je précise que Gilen et Youssra reviendront dans au moins deux autres chapitres...
Leur participation à cet ultime volume de ma saga L'infection devait rester anecdotique à la base, mais au fil des brainstorming, j'ai décidé de leur attribuer un rôle plus récurrent et augmenté.

Je rappelle que s'ils existent bien, ils ne sont ici que des "personnages" dont l'existence peut différer de celle de notre monde réel.

Alors bonne lecture !

Sophie s’était réfugiée dans une carcasse d’avion de ligne coupée en deux, dénichée en plein milieu du maquis landais, au hasard de sa route.  Probablement le résultat d’un atterrissage en catastrophe, à la suite des explosions électromagnétiques... L’intérieur de la carlingue avait été en partie nettoyé par les flammes, puis par les pillages de ces dernières semaines.  Des câbles pendaient lamentablement, çà et là, parmi les travées de fauteuils éventrés dont une partie avait dû être démontée. Quelques traces et traînées de sang séché attestaient encore de la violence du choc mais curieusement, aucun corps n’avait été abandonné sur place. La tôle froissée de l’engin grinçait au moindre coup de vent et il y flottait toujours un relent d’huile et de plastique brûlé, à peine atténué par le froid ambiant qui commençait à se faire de plus en plus prégnant, alors que la nuit commençait à tomber.
Après avoir vérifié que la voie était libre et qu’elle ne courait aucun danger immédiat, elle avait sommairement fouillé les décombres à la recherche de tout objet qui aurait pu lui être utile, mais d’autres étaient déjà passés par là avant elle. Alors elle avait allumé à la hâte un petit feu afin de se réchauffer et mettre à cuire une grosse boite de chili con carne qu’elle avait récupérée dans son colis. Elle savait néanmoins qu’elle devait rester la plus discrète possible car les grillés ou pire : des milices de survivalistes qui traînaient encore un peu partout pourraient lui tomber dessus. Le moindre bruit suspect, une odeur de cuisson, la moindre source de lumière un peu trop vive et c’était un coup à finir soit comme chair à pâté, soit comme esclave sexuelle…
Elle était là, assise sur les restes d’un fauteuil à moitié calciné, à réfléchir à la situation du monde tel qu’elle l’avait connu avant que Beau Smart n’y mette le bordel et tel qu’il était maintenant quand tout à coup, elle entendit plusieurs crissements caractéristiques dans le sable et qui se rapprochaient de l’entrée de sa cachette. Sans un bruit, Sophie saisit son bâton, ouvrit la lame de son couteau suisse et s’enfonça dans l’ombre, près de l’ouverture.  Deux personnes chuchotaient dehors, ce qui lui assura qu’il ne s’agissait pas de grillés. Eux, ne parlent pas entre eux. Ils soufflent, grognent ou rugissent pour toute communication, comme des fauves affamés le feraient autour d’une gazelle blessée et esseulée. Mais en fin de compte, peut-être qu’elle n’aurait pas à se battre jusqu’à la mort, ce soir. Rien n’était moins sûr, cependant. Pour mettre toutes ses chances de son côté, elle allait devoir prendre de court ces visiteurs du soir…

Dès que le plus grand des deux individus passa la tête dans l’entrée, Sophie lui asséna un bon coup de noisetier bien sec en plein milieu du front. Il tomba en arrière en geignant. Tandis qu’il se roulait au sol en se tenant la tête des deux mains, la jeune fille se jeta sur le second intrus, qui semblait moins menaçant par sa taille et lui cala la lame de son canif contre la carotide. Ses yeux s’accoutumaient peu à peu à l’obscurité du dehors et elle réalisa qu’il s’agissait d’un couple voyageant seul, un homme et une femme. L’homme était au tapis pour le compte et en serait quitte pour un bel œuf de pigeon le lendemain. La femme - a la peau plus mate que son compagnon - avait l’air terrorisé par l’attaque surprise de Sophie, mais n’opposa aucune résistance. Son regard brillant était plutôt doux et elle lui parut honnête lorsqu’elle lui balbutia qu’ils cherchaient juste un abri pour la nuit car elle était enceinte de quatre mois et épuisée de leur périple, mais qu’ils partiraient volontiers s’ils la dérangeaient. 
Toujours au sol et à moitié sonné par la douleur, l’homme frottait sa bosse naissante de la pulpe des doigts. Il acquiesça lorsque Sophie le regarda : 
— C’est vrai mademoiselle. On ne vous fera aucun mal et on ne vous gênera pas, c’est promis.
Il avait un petit accent chantant du sud et une voix plutôt douce.
Sophie desserra son étreinte au bout de quelques secondes, pour marquer le coup. Ils semblaient complètement inoffensifs mais ils l’avaient quand même surprise et lui avaient fait secréter un sacré shoot d’adrénaline. Alors, bravache et tout en leur montrant ostensiblement la pointe de son couteau, elle leur lança :
— OK, vous pouvez rentrer, mais vous me faites pas chier, sinon gare… 

Sophie retourna dans la carlingue froissée et se rassit. Elle enfourna les cuillerées de Chili en tentant de garder une grimace de dure-à-cuire. Elle voulait les impressionner par son attitude sauvage, leur faire comprendre qu’elle n’avait pas peur d’eux, malgré son jeune âge, au cas où elle se serait trompée sur leurs intentions. Mais l’homme, qui venait de poser leurs sacs à dos dans un coin avait l’air plus intéressé par la condition de sa compagne que par ses simagrées. Il était prévenant et tendre avec elle, qui grelottait : il la couvrit d’une couverture en laine qu’il avait déroulée de son sac et lui parla doucement. Sophie en fut émue. Ils n’avaient pas l’air d’avoir de quoi se nourrir, ce soir.
— J’en ai trop pour moi, dit-elle dans un grognement, en leur tendant sa boite de chili à peine entamée. Mangez, faut pas gâcher. 
— Merci. Elle, c’est Youssra et moi Gilen. On vient du sud, d’un village entre Bayonne et Pau. On va à Paris. Youssra veut retrouver sa sœur, qui est étudiante là-bas. 
Quinze longues secondes filèrent, pendant lesquelles on n’entendit plus que les bruits de mastication de la jeune fille, qui se demandait comment ils avaient pu faire toute cette route depuis le Pays basque sans embûche, et surtout dans l’état plus que préoccupant de la femme. Après avoir dégluti, elle répondit : 
— Sophie. Je cherche mon père. 
— Toute seule ? Tu sais où tu vas ? 
— Ouais.
Gilen lui lança un regard circonspect mais n’insista pas car la gamine avait l’air plutôt butée et déterminée. Il tendit la boîte à Youssra, qui se força à avaler une ou deux cuillérées de la mixture peu ragoûtante, mais qui eut le mérite de lui réchauffer la tuyauterie. 
Sophie avait beau surjouer la baroudeuse confirmée, elle était heureuse de retrouver des gens à peu près civilisés. Alors elle reprit :
— J’vais essayer de le rejoindre dans une base militaire, un peu plus au nord. Il parait qu’il y a un camp de réfugiés, là-bas. Avec des vivres, de l’eau, du matériel et des soldats armés pour protéger tout ça. J’ai prévu d’y rester en attendant que mon père arrive. 
— T’es courageuse… 
— Pas le choix : toute ma famille y est passée. Il ne me reste plus que lui. Enfin j’espère...
— On peut t’accompagner si tu veux. Peut-être qu’ils auront de quoi examiner Youssra ?
L’adolescente jeta un œil vers la jeune femme qui souriait et semblait déjà à moitié assoupie sur sa couchette improvisée, puis se renfrogna. Elle s’essuya les lèvres avec sa manche et déclina l’offre plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu :
— Nan c’est bon. J’avance plus vite toute seule. 
— Ok, ok, je n’insiste pas ! 
L’homme reposa la boite à demi vidée au-dessus du feu, puis après un bref salut de la tête, rejoignit son épouse sous la couverture tout en l’enlaçant pour lui communiquer un peu de chaleur.

Le lendemain, lorsque Gilen ouvrit les yeux, un autre jour gris s’était levé et pointait le nez à travers les hublots. Le feu s’était éteint et Sophie avait déjà quitté les lieux. Avant de partir, elle avait tout de même pris soin d’écrire « Bonne chance à tous les 2 » avec un morceau de charbon, sur le mur de l’avion qui lui faisait face.
Gilen sourit : « sacrée gamine ! »

*****

mercredi 13 février 2019

Encore une admiratrice du "Mauvais berger !"

Ce matin, j'ai eu la surprise de découvrir cette image dans mon téléphone. C'est un de mes anciens collègues d'Immersive Lab qui me l'a envoyée par MMS, accompagnée de ce petit commentaire : "Encore une admiratrice".
Pour les non ou mal voyants, sur l'image, on peut voir mon premier livre "Mauvais berger !" avec un post-it collé dessus, sur lequel est écrit "Merci Cécile, c'était très distrayant".
Je peux vous dire que quand la journée commence comme ça, on a envie qu'elle dure plus de 24 heures ! 

C'est l'occasion pour vous annoncer que 11 ans après la sortie de la première version du texte, le prochain livre des Editions Astobelarra devrait normalement être la version poche augmentée de "Mauvais berger !", contenant plein de pages inédites. Je n'ai pas encore de date fixée (avant l'été 2019, peut-être ?), mais je peux vous dire qu'il fera entre 180 et 200 pages. 

En attendant, si vous n'avez toujours pas lu ce livre et que vous avez envie de vous divertir tout en brisant irrémédiablement vos rêves d'adolescent, vous pouvez encore le commander ici : http://astobelarra.fr/collection-humeurs-et-temoignages/10-mauvais-berger.html ou chez votre libraire préféré. 

mercredi 31 octobre 2018

Et le vainqueur du concours de détournement est...

Il n'y a pas si longtemps, je discutais avec Thomas (Ponté) au sujet d'une photo prise lors du salon du livre organisé en juin dernier au camping *** le Verdoyer. Il se moquait de ma position suggestive et de la ganache étonnée de mon voisin Serge Tachon (auteur de romans policiers édités chez Cairn). 
Je vous laisse imaginer ce qu'il avait en tête, mais c'est vrai que la photo originale (je ne sais plus qui en est l'auteur, mais peut-être Raphaël Grangier - également auteur de polars chez Cairn) est amusante : 


Du coup, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser cette pensée impure de Thomas impunie. J'ai lancé un concours sur Facebook au début du mois d'octobre avec cet intitulé :  "Celui (ou celle) qui tiendra le meilleur détournement aura son personnage dans "L'infection T3 : Sepsis". La règle est simple : vous prenez la photo originelle (voir post ici : http://urlz.fr/7Wu4) et vous en faites ce que vous voulez en utilisant les logiciels de votre choix (Photoshop, Paint...) Alors à vos blagues, prêt(e)s, partez ! Arrêt du concours au 01/11/18."

Voilà, nous arrivons à la date fatidique et j'ai eu une dizaine d'essais différents, que je vais vous montrer ci-après :











De haut en bas : Cécile Faure, Cécile Faure (encore), Gilen Iriart, Jean-Philippe Blanchard, Lucie Madranges, Lucie Madranges (encore), Lucie Madranges (et encore), Pette Etcheverry, Sébastien Poirault, Thomas Ponté. Je les remercie très chaleureusement de leur participation.
J'ai dû écarter les tentatives de Cécile car elle n'a pas vraiment respecté les règles du jeu, bien que ses images aient fait rire le geek qui vit encore dans mon corps. J'ai écarté l'essai de Thomas même s'il est drôle (les histoires de pipi/caca, je ne résiste pas), de même que la variation de Lucie sur le même thème.
En fait, j'ai longuement hésité entre trois détournements. Celui de Pette, celui de Gilen et celui de Lucie qui fait référence à Game Of Thrones.

Pette a fait un sans faute : c'est la même image, détournée avec minutie et le résultat est... Pettesque? Je n'en attendais pas moins d'un graphiste de sa trempe. On sent la maîtrise de l'art, des détails et de l'humour sans limite du bonhomme (à qui l'on doit ceci). C'est presque trop parfait. 

Mais dans une autre catégorie, Gilen et Lucie ont fait pas mal dans leur genre. Lucie a trouvé une entrée inattendue, loin du cliché prout! qui paraissait évident et à même eu l'idée d'inclure Constance Dufort dans sa mise en scène. 
Quant à Gilen, avec son niveau zéro en infographie, il a pondu un truc qui tient la route tant en matière de sarcasme (très fin) que de graphisme (il a tout fait sous Paint et ça rend pas si mal ; preuve que quand on veut faire des trucs crédibles avec Paint, on peut !). Tout comme Pette, il a également su placer çà-et-là quelques détails qui tuent (Cairn devient "Carn", l'affiche des "chasseurs  premiers écolos de France" au fond...). Franchement, chapeau ! 

NOTA : amusant de constater que, sans se concerter, Pette et Gilen ont fait un montage autour de la consommation de viande... Je ne sais vraiment pas pourquoi, du reste ! ^^

Du coup, après maintes tergiversations, J'attribue ce prix du détournement à...

GILEN IRIART

Mais qu'on se rassure : je ne suis pas certain qu'apparaître dans un de mes romans soit très enviable...

vendredi 12 octobre 2018

Les chroniques de Monsieur Médiocre...

Je vous ai déjà raconté que je dois énormément à mes parents. Sans eux, sans leur obstination à essayer de m’inculquer le français (et l’anglais), je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui. Mon père a bien essayé d'en faire autant pour les maths, mais là, c’était une cause perdue… Il aurait fallu tout reprendre de zéro, probablement depuis bien avant les problèmes de fuites d’eau ou de retard de trains, qu’on abordait en CM2 à l’époque.
Mais mes parents, s’ils ont été le rouage essentiel,  n’ont pas été les seuls à avoir une influence positive sur ma scolarité. Je voudrais aujourd’hui rendre hommage à deux femmes, dont je n’ai encore jamais parlé ici, ou alors très peu. Mais avant ça, quelques anecdotes sur ceux qui ont bien failli avoir ma peau !
En septembre 1982, j’entre en sixième au collège Elysée Mousnier, à Cognac. Mon professeur de français s’appelle Monsieur Chagnoleau.  C’est un type pâle et moustachu, maigre, un peu voûté, avec une tignasse de corbeau et fagoté comme un curé. J’ai le sentiment qu’il me prend en grippe dès la rentrée. Pour lui, je ne suis qu’un « petit protestant sainte-nitouche et hypocrite » et il me soupçonne de faire mes coups en douce (il me le dira des années plus tard, devant toute la classe de 3ème hilare, alors que justement, à cette époque, je me suis assagi). Mais revenons à la 6ème
En milieu d’année, le prof nous donne un sujet de rédaction sur table à rédiger en deux heures : « décrivez votre héros ». Spontanément, je pense à mon père mais très vite, je me dis que c’est trop téléphoné : tout le monde va choisir son père, c’est tellement évident ! Alors après moult tergiversations, « j’invente » un personnage piqué par une mygale et qui se transforme peu à peu en grosse araignée bien poilue. Je ne me rappelle plus trop des aventures que je lui fais vivre, juste de son nom évocateur (Mygalok - lol) et de la fierté qui m'étreint lorsque je tends ma copie au prof, dès que la cloche sonne. 
Je sais, c’est pas terrible comme histoire et « légèrement » pompé sur SpiderMan. 
A ma décharge, je n’ai que 11 ans. Chagnoleau me colle un beau 3/20 assorti d’une critique lapidaire du genre : « que c’est médiocre !!! » J’ai même droit à une remarque publique désobligeante lorsqu’il me rend ma rédac' raturée de rouge. (Il rendait les copies par ordre décroissant, de 20 à 0, à l’ancienne, avec un petit commentaire dithyrambique pour « le chouchou » et bien acerbe pour « le cancre »).

Abonné aux « médiocres ! »


A partir de ce moment-là, le cours de français devient ma bête noire. L’année suivante, Mlle Marchand prévient ma mère au mois d’avril : « s’il part en voyage scolaire en Angleterre, je le fais redoubler ! » Pourtant, je l’aimais bien cette prof de français. C’est à peu près à cette période que ma mère a décidé de reprendre ma scolarité en main (lire ici).
L’année suivante, je me retrouve en 4ème avec Mlle Bonnefoy et dès le premier cours, ça part en couilles ! C’est le cas de le dire : à l’époque, entre mecs, c’est la grande mode (bien intelligente) de « se castrer » les uns les autres. Mon pote Floris Ausems choisit  cette première heure pour passer à l’action et je lâche un « ouch ! » de surprise, un peu appuyé. « Bobonne » (c’est son surnom) me repère illico et me flanque à la porte sans autre forme de procès. Le reste de l’année, je préfère ne pas entrer dans les détails. Je ne suis pas un saint, j’avoue : comme tous les autres, je tire des boulettes sur le tableau avec mon stylo bic, dès que la prof a le dos tourné. Je machouille des morceaux de papier Canson que j’enroule avec un cheveu dûment arraché à une fille (sans son consentement), auquel je suspends un petit pendu découpé au préalable dans une feuille de mon cahier de brouillon. Je projette le tout sur le plafond à la première occasion et ça fait petit à petit toute une population de petits pendus rigolos qui tournoient au-dessus de nous, dès que la porte s’ouvre. 
Avec Bobonne, je me tape des caisses abominables. Des 3 en grammaire, des 4 en rédac, des 0 en orthographe… Je planque une grande partie de ces notes à mes parents (merci l’effaceur). Ils me tiennent déjà assez à l’œil pour les matières scientifiques, inutile que je leur montre à quel point je suis nul, en français aussi !
En cours d’année, Mlle Bonnefoy envoie une lettre de quatre pages à mes parents, dans laquelle elle leur décrit par le menu à quel point je le suis (nul), à quel point je suis inutile et me prédit un avenir sombre, vide et pénible. 
Mes parents ont conservé cette lettre pendant des années. S’ils l’avaient gardée plus longtemps, je l’aurais faite encadrée tellement elle était ignoble (et bourrée de fautes et de ruptures de construction). 
Du coup, à la fin de l’année, je ne peux plus y couper : on m’impose le redoublement.  

Au début de ma seconde 4ème  (Malédiction ! J’ai encore Bobonne !), le travail persévérant, presque obsessionnel de ma mère commence à payer. Mes notes de français remontent et je passe de 9 à 14 sur 20. Le jour de la rencontre parents/profs (en octobre ou novembre), Mlle Bonnefoy dit à ma mère que c’est normal que mon niveau soit meilleur cette année : ça fait deux ans qu’elle m’a comme élève ! 
Ben tiens…

Un grand MERCI, Mmes Viaud et Schoenzetter !


L’année suivante (c’est là que ça commence à devenir intéressant), j’ai Mme Viaud comme prof de français. Je l’avais eue en prof d’histoire en 6ème. Mon prof principal, c’est M. Chagnoleau, que j’ai en histoire/géographie cette fois. Il me déteste toujours autant. Il me le prouvera à plusieurs reprises. 
Je ne vais pas radoter en vous racontant à nouveau que c’est elle – Mme Viaud – qui m’a montré que je pouvais écrire des choses intelligibles et marrantes, si je voulais. Vous pouvez lire cette anecdote ici !  

Après une 3ème poussive et chaotique, j’embraye sur le lycée Jean Monnet et je me retrouve en seconde générale avec seulement 4 garçons. Les filles de ma classe (pas toutes, heureusement) sont « à l’âge garce », je suis mal dans ma peau de petit ado grassouillet, efféminé et boutonneux. Ma prof de Français s’appelle Mme Schoenzetter. C’est une « grande » femme blonde frisottée aux yeux très expressifs et d’un beau bleu-piscine, avec un nez pointu et les dents du bonheur. Elle possède une classe naturelle, a une élocution un peu gutturale et une façon d’enseigner sa matière qui me donne envie de travailler, de faire des efforts, de m’améliorer. Au risque de passer pour un petit Macron, je vais oser le dire, mais je la trouve très belle et surtout très humaine ! D’ailleurs je me dispute le premier rang avec mes camarades de classe, pour être à portée de ses postillons.  Avec elle, c’est un délice de suivre le programme. Même les poètes romantiques ou symbolistes (dont je n’ai d’ordinaire que foutre) glissent dans mes oreilles comme de la musique divine. Elle a su me faire aimer Flaubert, Diderot, Musset, Verlaine ou Rimbaud. C’est grâce à elle que je me suis mis à apprécier les subtilités de la langue française, si j’ai commencé à prendre plaisir à écrire, à vouloir raconter des choses. 
Et c’est encore elle qui m’a poussé à m’orienter vers la section littéraire (A2) ; en même temps, qu’aurais-je pu faire d’autre ? 
Je suis donc enchanté de la retrouver en première, en tant que prof principale de surcroit. Et même si elle insiste très lourdement et dès la première heure pour que je me présente comme délégué, puisque je suis le seul mec de la classe (!). Je sens que sur le moment, mon refus catégorique l’a déçue. Mais à l’époque, je ne me vois absolument pas représenter mes camarades de classe, qui sont pour beaucoup assez cruelles et superficielles. C’est l’âge bête, comme on dit ! Et puis être élu, ça ne s’invente pas. C’est un métier.

Aujourd’hui, je ne sais absolument pas si Mmes Viaud et Schoenzetter sont toujours de ce monde (c’était il y a plus de 30 ans, tout ça) ni si elles se souviennent de moi aussi clairement que je me souviens d’elles, mais j’espère que oui. Je me demande ce qu’elles penseraient de mes livres si elles les lisaient et surtout, ce qu’elles se diraient si elles savaient que quelque part, elles en sont un peu responsables ! Je suis très loin d’être une star de la littérature française et ce n'est absolument pas mon ambition :
je suis très heureux de faire ce que je fais. Alors merci pour ces moment, Mesdames ! ❤

mercredi 3 octobre 2018

Pourquoi j’écris les livres que j’écris ? #ParlonsMétier


Au salon du livre de Buzet sur Baïse
30 septembre 2018.
Aujourd’hui, je réagis à un tweet que j’ai vu passer cette semaine, sur le sujet des « raisons qui poussent un auteur à écrire ce qu’il écrit ». 
Je ne parlerai que de ce qui me concerne moi, puisque je ne suis pas dans la tête des innombrables autres écrivains qui publient chaque année.

Alors oui, pourquoi j’écris le style de livres que j’écris, comment je me positionne par rapport à l’industrie du livre, quel regard je porte sur mon travail, quelles sont mes ambitions ?
Première chose : j’écris des « romans de gare gores » parce que c’est ce qui m’a donné envie de lire quand je ne lisais pas, et c’est surtout ce que je voudrais lire. Enfin pas tout le temps, évidemment ! Mais j’aime les histoires qui n’ont pas d’autre finalité que le divertissement pur. Je veux faire passer des émotions, que le lecteur passe par toutes les palettes de sentiments possibles en lisant mes livres et cerise sur le gâteau : qu’il s’en souvienne longtemps. Je veux que lorsqu’il ferme le bouquin, le premier mot qui lui vienne à l’esprit, c’est « Woaw ! », suivi de « Cette claque ! » ou encore de « Bordel, qu’est-ce que je viens de lire, là !? »

Tout ce qui restera quand il n’y aura plus rien…

Bien sûr, j’aurais pu écrire tout cela sur ce blog, comme le font de nombreux autres auteurs, publiés par des éditeurs ou non. Mais si vous avez lu L’infection, vous savez ce que je pense de l’avenir de l’Internet et globalement de l’avenir de l’humanité… Un jour ou l’autre, tout cela est voué à disparaitre car notre espèce fait n’importe quoi avec sa planète. Je pense qu’un jour prochain, nous aurons épuisé nos ressources et nous devrons alors repartir de zéro, si toutefois il reste des survivants. Nos serveurs, nos ordinateurs, nos liseuses, nos disques durs externes, nos clés USB ne serviront plus à rien car il n’y aura plus de source d’énergie pour les alimenter. Il ne restera plus de notre civilisation que les livres. Au format papier.
Voilà ce que je veux, moi, en tant qu’écrivaillon. Que mes histoires de fou soient lues de mon vivant, bien sûr, mais aussi qu’elles soient un jour dénichées dans quelques armoires poussiéreuses et relues par les prochaines générations. Je n’ai pas d’autre ambition. Je ne cherche pas à atteindre la même célébrité que Nothomb, Moix, Tesson, Despentes ou Houellebecq ni à entrer à l’académie française, comme un Finkielkraut de génération X ; je ne suis pas là à attendre qu’un pognon de dingue ruisselle à flots (notez que je ne cracherai pas dessus si d’aventure, ça m’arrivait) ; je ne cours pas non plus après les prix de salons du livre. J’ai participé une fois – en vain – à celui d’Orthez en 2012. Je ne pense pas le refaire un jour. En ce qui me concerne, c’est du temps perdu.

Bien savoir où se situer dans son monde, et l’assumer à fond !

Ce livre a toujours autant de succès (relatif),
même 11 ans plus tard !
Je suis bien conscient que ce que j’écris est loin d’être de la grande littérature. Mon œuvre ne rivalisera jamais avec celles des grands maîtres comme Zola, Musset ou Proust, ou alors il faudrait qu’elles disparaissent et que la mienne subsiste. Mais étant donné mes tirages, il y a plus de chances que ce soit la mienne qui soit engloutie dans le tsunami de livres publiés chaque année en France. Elle ne va même pas à la cheville de celles de Bazin, Mauriac ou même de Stephen King. Et soyons objectifs : même la délirante saga du Bourbon Kid, que l’on doit à cet auteur qui souhaite rester « Anonyme » (la honte d’en être le géniteur ?), est nettement au-dessus – qualitativement – de ma trilogie fantastique. 
De même, il y a très peu de chances que je sois un jour étudié en classe. Ah pardon, j’oubliais que mon ancien professeur de zootechnie conseillait régulièrement la lecture de « Mauvais berger ! » à ses élèves. Pas pour ses qualités littéraires, mais comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on souhaite faire carrière dans l’élevage de moutons. ^^

Je sais tout ça. Vous ne m’apprendriez rien en me le disant, ça ne me ferait pas arrêter d'écrire et je vous prendrai pour un gros con. 
On en revient au début de ce billet (épanadiplose narrative) : ce que je fais, je le fais d’abord pour moi. Parce que j’en ai envie ET pour me sortir toutes ces choses de la tête, mais également pour laisser une trace, même minuscule, de mon passage sur cette planète, dans cette vie si courte. 

dimanche 9 septembre 2018

L'infection T1 : Contage dans Sud-Ouest dimanche aujourd'hui !!!

Super surprise ce matin, en ouvrant mon smartphone ! François Rahier, de Sud-Ouest Dimanche m'a envoyé la chronique qu'il a réalisée sur "L'infection T1 : Contage" !
Je trouve qu'en quelques mots bien choisis, il a parfaitement cerné ce livre.
Merci du fond du coeur ! <3

jeudi 28 juin 2018

Du berger pyrénéen au robot fou qui tue des gens... #ThrowbackThursday

Lorsqu’en 2007, j’ai écrit les trois parties de ce qui deviendrait « Mauvais berger ! », ce n’était pas dans l’optique d’en faire un livre un jour. Ces textes étaient publiés dans mon blog perso (ici : http://correspondant-de-presse-64.over-blog.com/) et n’avaient pour raison d’être que d’exorciser ma souffrance d’avoir raté ma vocation de berger, 10 ans après les faits. Mais cette tranche de vie a plu aux éditions Astobelarra – Le Grand Chardon. Elle a donc été rassemblée dans un premier livre qui a connu – et connait encore (!?) – un certain succès. 

A partir de là, je me suis mis en tête que si j’avais été capable d’écrire UN livre (une histoire vraie et vécue par moi, en l’occurrence), je pouvais tout aussi bien écrire un roman, une fiction n’ayant aucun rapport (ou alors très éloigné) avec ma personne. C’est sur cette base qu’est née l’idée de la trilogie fantastique « L’infection ». J’en dis beaucoup plus sur le processus de création de cette saga sur ce blog

Avec L’infection, outre de me faire plaisir – à moi – en priorité, le propos était de créer un divertissement dans la droite lignée des séries télévisuelles, des films d’horreur ou des scénarios des « livres dont vous êtes le héros » (sans le côté interactif), avec de l’action, de la violence, des cliffhangers à chaque chapitre, mais aussi un côté parodique très assumé, de l’humour noir mêlé à la SF et l’épouvante, le tout saupoudré de sexe malsain et d’un « soupçon » de scatologie ; bref, tous les ingrédients des romans de gare gores que je dévorais en cachette, lorsque j’étais adolescent. 

Evidemment, je ne pouvais pas en rester uniquement à la forme. Il me fallait aussi un peu de fond. C’est pour cela que je distille tout au long de ces livres quelques idées anarchistes, gauchistes et écologistes, parfois jusqu’à la caricature car j’aime aussi rire de moi-même. 
On ne se refait pas !