mercredi 31 octobre 2018

Et le vainqueur du concours de détournement est...

Il n'y a pas si longtemps, je discutais avec Thomas (Ponté) au sujet d'une photo prise lors du salon du livre organisé en juin dernier au camping *** le Verdoyer. Il se moquait de ma position suggestive et de la ganache étonnée de mon voisin Serge Tachon (auteur de romans policiers édités chez Cairn). 
Je vous laisse imaginer ce qu'il avait en tête, mais c'est vrai que la photo originale (je ne sais plus qui en est l'auteur, mais peut-être Raphaël Grangier - également auteur de polars chez Cairn) est amusante : 


Du coup, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser cette pensée impure de Thomas impunie. J'ai lancé un concours sur Facebook au début du mois d'octobre avec cet intitulé :  "Celui (ou celle) qui tiendra le meilleur détournement aura son personnage dans "L'infection T3 : Sepsis". La règle est simple : vous prenez la photo originelle (voir post ici : http://urlz.fr/7Wu4) et vous en faites ce que vous voulez en utilisant les logiciels de votre choix (Photoshop, Paint...) Alors à vos blagues, prêt(e)s, partez ! Arrêt du concours au 01/11/18."

Voilà, nous arrivons à la date fatidique et j'ai eu une dizaine d'essais différents, que je vais vous montrer ci-après :











De haut en bas : Cécile Faure, Cécile Faure (encore), Gilen Iriart, Jean-Philippe Blanchard, Lucie Madranges, Lucie Madranges (encore), Lucie Madranges (et encore), Pette Etcheverry, Sébastien Poirault, Thomas Ponté. Je les remercie très chaleureusement de leur participation.
J'ai dû écarter les tentatives de Cécile car elle n'a pas vraiment respecté les règles du jeu, bien que ses images aient fait rire le geek qui vit encore dans mon corps. J'ai écarté l'essai de Thomas même s'il est drôle (les histoires de pipi/caca, je ne résiste pas), de même que la variation de Lucie sur le même thème.
En fait, j'ai longuement hésité entre trois détournements. Celui de Pette, celui de Gilen et celui de Lucie qui fait référence à Game Of Thrones.

Pette a fait un sans faute : c'est la même image, détournée avec minutie et le résultat est... Pettesque? Je n'en attendais pas moins d'un graphiste de sa trempe. On sent la maîtrise de l'art, des détails et de l'humour sans limite du bonhomme (à qui l'on doit ceci). C'est presque trop parfait. 

Mais dans une autre catégorie, Gilen et Lucie ont fait pas mal dans leur genre. Lucie a trouvé une entrée inattendue, loin du cliché prout! qui paraissait évident et à même eu l'idée d'inclure Constance Dufort dans sa mise en scène. 
Quant à Gilen, avec son niveau zéro en infographie, il a pondu un truc qui tient la route tant en matière de sarcasme (très fin) que de graphisme (il a tout fait sous Paint et ça rend pas si mal ; preuve que quand on veut faire des trucs crédibles avec Paint, on peut !). Tout comme Pette, il a également su placer çà-et-là quelques détails qui tuent (Cairn devient "Carn", l'affiche des "chasseurs  premiers écolos de France" au fond...). Franchement, chapeau ! 

NOTA : amusant de constater que, sans se concerter, Pette et Gilen ont fait un montage autour de la consommation de viande... Je ne sais vraiment pas pourquoi, du reste ! ^^

Du coup, après maintes tergiversations, J'attribue ce prix du détournement à...

GILEN IRIART

Mais qu'on se rassure : je ne suis pas certain qu'apparaître dans un de mes romans soit très enviable...

vendredi 12 octobre 2018

Les chroniques de Monsieur Médiocre...

Je vous ai déjà raconté que je dois énormément à mes parents. Sans eux, sans leur obstination à essayer de m’inculquer le français (et l’anglais), je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui. Mon père a bien essayé d'en faire autant pour les maths, mais là, c’était une cause perdue… Il aurait fallu tout reprendre de zéro, probablement depuis bien avant les problèmes de fuites d’eau ou de retard de trains, qu’on abordait en CM2 à l’époque.
Mais mes parents, s’ils ont été le rouage essentiel,  n’ont pas été les seuls à avoir une influence positive sur ma scolarité. Je voudrais aujourd’hui rendre hommage à deux femmes, dont je n’ai encore jamais parlé ici, ou alors très peu. Mais avant ça, quelques anecdotes sur ceux qui ont bien failli avoir ma peau !
En septembre 1982, j’entre en sixième au collège Elysée Mousnier, à Cognac. Mon professeur de français s’appelle Monsieur Chagnoleau.  C’est un type pâle et moustachu, maigre, un peu voûté, avec une tignasse de corbeau et fagoté comme un curé. J’ai le sentiment qu’il me prend en grippe dès la rentrée. Pour lui, je ne suis qu’un « petit protestant sainte-nitouche et hypocrite » et il me soupçonne de faire mes coups en douce (il me le dira des années plus tard, devant toute la classe de 3ème hilare, alors que justement, à cette époque, je me suis assagi). Mais revenons à la 6ème
En milieu d’année, le prof nous donne un sujet de rédaction sur table à rédiger en deux heures : « décrivez votre héros ». Spontanément, je pense à mon père mais très vite, je me dis que c’est trop téléphoné : tout le monde va choisir son père, c’est tellement évident ! Alors après moult tergiversations, « j’invente » un personnage piqué par une mygale et qui se transforme peu à peu en grosse araignée bien poilue. Je ne me rappelle plus trop des aventures que je lui fais vivre, juste de son nom évocateur (Mygalok - lol) et de la fierté qui m'étreint lorsque je tends ma copie au prof, dès que la cloche sonne. 
Je sais, c’est pas terrible comme histoire et « légèrement » pompé sur SpiderMan. 
A ma décharge, je n’ai que 11 ans. Chagnoleau me colle un beau 3/20 assorti d’une critique lapidaire du genre : « que c’est médiocre !!! » J’ai même droit à une remarque publique désobligeante lorsqu’il me rend ma rédac' raturée de rouge. (Il rendait les copies par ordre décroissant, de 20 à 0, à l’ancienne, avec un petit commentaire dithyrambique pour « le chouchou » et bien acerbe pour « le cancre »).

Abonné aux « médiocres ! »


A partir de ce moment-là, le cours de français devient ma bête noire. L’année suivante, Mlle Marchand prévient ma mère au mois d’avril : « s’il part en voyage scolaire en Angleterre, je le fais redoubler ! » Pourtant, je l’aimais bien cette prof de français. C’est à peu près à cette période que ma mère a décidé de reprendre ma scolarité en main (lire ici).
L’année suivante, je me retrouve en 4ème avec Mlle Bonnefoy et dès le premier cours, ça part en couilles ! C’est le cas de le dire : à l’époque, entre mecs, c’est la grande mode (bien intelligente) de « se castrer » les uns les autres. Mon pote Floris Ausems choisit  cette première heure pour passer à l’action et je lâche un « ouch ! » de surprise, un peu appuyé. « Bobonne » (c’est son surnom) me repère illico et me flanque à la porte sans autre forme de procès. Le reste de l’année, je préfère ne pas entrer dans les détails. Je ne suis pas un saint, j’avoue : comme tous les autres, je tire des boulettes sur le tableau avec mon stylo bic, dès que la prof a le dos tourné. Je machouille des morceaux de papier Canson que j’enroule avec un cheveu dûment arraché à une fille (sans son consentement), auquel je suspends un petit pendu découpé au préalable dans une feuille de mon cahier de brouillon. Je projette le tout sur le plafond à la première occasion et ça fait petit à petit toute une population de petits pendus rigolos qui tournoient au-dessus de nous, dès que la porte s’ouvre. 
Avec Bobonne, je me tape des caisses abominables. Des 3 en grammaire, des 4 en rédac, des 0 en orthographe… Je planque une grande partie de ces notes à mes parents (merci l’effaceur). Ils me tiennent déjà assez à l’œil pour les matières scientifiques, inutile que je leur montre à quel point je suis nul, en français aussi !
En cours d’année, Mlle Bonnefoy envoie une lettre de quatre pages à mes parents, dans laquelle elle leur décrit par le menu à quel point je le suis (nul), à quel point je suis inutile et me prédit un avenir sombre, vide et pénible. 
Mes parents ont conservé cette lettre pendant des années. S’ils l’avaient gardée plus longtemps, je l’aurais faite encadrée tellement elle était ignoble (et bourrée de fautes et de ruptures de construction). 
Du coup, à la fin de l’année, je ne peux plus y couper : on m’impose le redoublement.  

Au début de ma seconde 4ème  (Malédiction ! J’ai encore Bobonne !), le travail persévérant, presque obsessionnel de ma mère commence à payer. Mes notes de français remontent et je passe de 9 à 14 sur 20. Le jour de la rencontre parents/profs (en octobre ou novembre), Mlle Bonnefoy dit à ma mère que c’est normal que mon niveau soit meilleur cette année : ça fait deux ans qu’elle m’a comme élève ! 
Ben tiens…

Un grand MERCI, Mmes Viaud et Schoenzetter !


L’année suivante (c’est là que ça commence à devenir intéressant), j’ai Mme Viaud comme prof de français. Je l’avais eue en prof d’histoire en 6ème. Mon prof principal, c’est M. Chagnoleau, que j’ai en histoire/géographie cette fois. Il me déteste toujours autant. Il me le prouvera à plusieurs reprises. 
Je ne vais pas radoter en vous racontant à nouveau que c’est elle – Mme Viaud – qui m’a montré que je pouvais écrire des choses intelligibles et marrantes, si je voulais. Vous pouvez lire cette anecdote ici !  

Après une 3ème poussive et chaotique, j’embraye sur le lycée Jean Monnet et je me retrouve en seconde générale avec seulement 4 garçons. Les filles de ma classe (pas toutes, heureusement) sont « à l’âge garce », je suis mal dans ma peau de petit ado grassouillet, efféminé et boutonneux. Ma prof de Français s’appelle Mme Schoenzetter. C’est une « grande » femme blonde frisottée aux yeux très expressifs et d’un beau bleu-piscine, avec un nez pointu et les dents du bonheur. Elle possède une classe naturelle, a une élocution un peu gutturale et une façon d’enseigner sa matière qui me donne envie de travailler, de faire des efforts, de m’améliorer. Au risque de passer pour un petit Macron, je vais oser le dire, mais je la trouve très belle et surtout très humaine ! D’ailleurs je me dispute le premier rang avec mes camarades de classe, pour être à portée de ses postillons.  Avec elle, c’est un délice de suivre le programme. Même les poètes romantiques ou symbolistes (dont je n’ai d’ordinaire que foutre) glissent dans mes oreilles comme de la musique divine. Elle a su me faire aimer Flaubert, Diderot, Musset, Verlaine ou Rimbaud. C’est grâce à elle que je me suis mis à apprécier les subtilités de la langue française, si j’ai commencé à prendre plaisir à écrire, à vouloir raconter des choses. 
Et c’est encore elle qui m’a poussé à m’orienter vers la section littéraire (A2) ; en même temps, qu’aurais-je pu faire d’autre ? 
Je suis donc enchanté de la retrouver en première, en tant que prof principale de surcroit. Et même si elle insiste très lourdement et dès la première heure pour que je me présente comme délégué, puisque je suis le seul mec de la classe (!). Je sens que sur le moment, mon refus catégorique l’a déçue. Mais à l’époque, je ne me vois absolument pas représenter mes camarades de classe, qui sont pour beaucoup assez cruelles et superficielles. C’est l’âge bête, comme on dit ! Et puis être élu, ça ne s’invente pas. C’est un métier.

Aujourd’hui, je ne sais absolument pas si Mmes Viaud et Schoenzetter sont toujours de ce monde (c’était il y a plus de 30 ans, tout ça) ni si elles se souviennent de moi aussi clairement que je me souviens d’elles, mais j’espère que oui. Je me demande ce qu’elles penseraient de mes livres si elles les lisaient et surtout, ce qu’elles se diraient si elles savaient que quelque part, elles en sont un peu responsables ! Je suis très loin d’être une star de la littérature française et ce n'est absolument pas mon ambition :
je suis très heureux de faire ce que je fais. Alors merci pour ces moment, Mesdames ! ❤

mercredi 3 octobre 2018

Pourquoi j’écris les livres que j’écris ? #ParlonsMétier


Au salon du livre de Buzet sur Baïse
30 septembre 2018.
Aujourd’hui, je réagis à un tweet que j’ai vu passer cette semaine, sur le sujet des « raisons qui poussent un auteur à écrire ce qu’il écrit ». 
Je ne parlerai que de ce qui me concerne moi, puisque je ne suis pas dans la tête des innombrables autres écrivains qui publient chaque année.

Alors oui, pourquoi j’écris le style de livres que j’écris, comment je me positionne par rapport à l’industrie du livre, quel regard je porte sur mon travail, quelles sont mes ambitions ?
Première chose : j’écris des « romans de gare gores » parce que c’est ce qui m’a donné envie de lire quand je ne lisais pas, et c’est surtout ce que je voudrais lire. Enfin pas tout le temps, évidemment ! Mais j’aime les histoires qui n’ont pas d’autre finalité que le divertissement pur. Je veux faire passer des émotions, que le lecteur passe par toutes les palettes de sentiments possibles en lisant mes livres et cerise sur le gâteau : qu’il s’en souvienne longtemps. Je veux que lorsqu’il ferme le bouquin, le premier mot qui lui vienne à l’esprit, c’est « Woaw ! », suivi de « Cette claque ! » ou encore de « Bordel, qu’est-ce que je viens de lire, là !? »

Tout ce qui restera quand il n’y aura plus rien…

Bien sûr, j’aurais pu écrire tout cela sur ce blog, comme le font de nombreux autres auteurs, publiés par des éditeurs ou non. Mais si vous avez lu L’infection, vous savez ce que je pense de l’avenir de l’Internet et globalement de l’avenir de l’humanité… Un jour ou l’autre, tout cela est voué à disparaitre car notre espèce fait n’importe quoi avec sa planète. Je pense qu’un jour prochain, nous aurons épuisé nos ressources et nous devrons alors repartir de zéro, si toutefois il reste des survivants. Nos serveurs, nos ordinateurs, nos liseuses, nos disques durs externes, nos clés USB ne serviront plus à rien car il n’y aura plus de source d’énergie pour les alimenter. Il ne restera plus de notre civilisation que les livres. Au format papier.
Voilà ce que je veux, moi, en tant qu’écrivaillon. Que mes histoires de fou soient lues de mon vivant, bien sûr, mais aussi qu’elles soient un jour dénichées dans quelques armoires poussiéreuses et relues par les prochaines générations. Je n’ai pas d’autre ambition. Je ne cherche pas à atteindre la même célébrité que Nothomb, Moix, Tesson, Despentes ou Houellebecq ni à entrer à l’académie française, comme un Finkielkraut de génération X ; je ne suis pas là à attendre qu’un pognon de dingue ruisselle à flots (notez que je ne cracherai pas dessus si d’aventure, ça m’arrivait) ; je ne cours pas non plus après les prix de salons du livre. J’ai participé une fois – en vain – à celui d’Orthez en 2012. Je ne pense pas le refaire un jour. En ce qui me concerne, c’est du temps perdu.

Bien savoir où se situer dans son monde, et l’assumer à fond !

Ce livre a toujours autant de succès (relatif),
même 11 ans plus tard !
Je suis bien conscient que ce que j’écris est loin d’être de la grande littérature. Mon œuvre ne rivalisera jamais avec celles des grands maîtres comme Zola, Musset ou Proust, ou alors il faudrait qu’elles disparaissent et que la mienne subsiste. Mais étant donné mes tirages, il y a plus de chances que ce soit la mienne qui soit engloutie dans le tsunami de livres publiés chaque année en France. Elle ne va même pas à la cheville de celles de Bazin, Mauriac ou même de Stephen King. Et soyons objectifs : même la délirante saga du Bourbon Kid, que l’on doit à cet auteur qui souhaite rester « Anonyme » (la honte d’en être le géniteur ?), est nettement au-dessus – qualitativement – de ma trilogie fantastique. 
De même, il y a très peu de chances que je sois un jour étudié en classe. Ah pardon, j’oubliais que mon ancien professeur de zootechnie conseillait régulièrement la lecture de « Mauvais berger ! » à ses élèves. Pas pour ses qualités littéraires, mais comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on souhaite faire carrière dans l’élevage de moutons. ^^

Je sais tout ça. Vous ne m’apprendriez rien en me le disant, ça ne me ferait pas arrêter d'écrire et je vous prendrai pour un gros con. 
On en revient au début de ce billet (épanadiplose narrative) : ce que je fais, je le fais d’abord pour moi. Parce que j’en ai envie ET pour me sortir toutes ces choses de la tête, mais également pour laisser une trace, même minuscule, de mon passage sur cette planète, dans cette vie si courte. 

dimanche 9 septembre 2018

L'infection T1 : Contage dans Sud-Ouest dimanche aujourd'hui !!!

Super surprise ce matin, en ouvrant mon smartphone ! François Rahier, de Sud-Ouest Dimanche m'a envoyé la chronique qu'il a réalisée sur "L'infection T1 : Contage" !
Je trouve qu'en quelques mots bien choisis, il a parfaitement cerné ce livre.
Merci du fond du coeur ! <3

jeudi 28 juin 2018

Du berger pyrénéen au robot fou qui tue des gens... #ThrowbackThursday

Lorsqu’en 2007, j’ai écrit les trois parties de ce qui deviendrait « Mauvais berger ! », ce n’était pas dans l’optique d’en faire un livre un jour. Ces textes étaient publiés dans mon blog perso (ici : http://correspondant-de-presse-64.over-blog.com/) et n’avaient pour raison d’être que d’exorciser ma souffrance d’avoir raté ma vocation de berger, 10 ans après les faits. Mais cette tranche de vie a plu aux éditions Astobelarra – Le Grand Chardon. Elle a donc été rassemblée dans un premier livre qui a connu – et connait encore (!?) – un certain succès. 

A partir de là, je me suis mis en tête que si j’avais été capable d’écrire UN livre (une histoire vraie et vécue par moi, en l’occurrence), je pouvais tout aussi bien écrire un roman, une fiction n’ayant aucun rapport (ou alors très éloigné) avec ma personne. C’est sur cette base qu’est née l’idée de la trilogie fantastique « L’infection ». J’en dis beaucoup plus sur le processus de création de cette saga sur ce blog

Avec L’infection, outre de me faire plaisir – à moi – en priorité, le propos était de créer un divertissement dans la droite lignée des séries télévisuelles, des films d’horreur ou des scénarios des « livres dont vous êtes le héros » (sans le côté interactif), avec de l’action, de la violence, des cliffhangers à chaque chapitre, mais aussi un côté parodique très assumé, de l’humour noir mêlé à la SF et l’épouvante, le tout saupoudré de sexe malsain et d’un « soupçon » de scatologie ; bref, tous les ingrédients des romans de gare gores que je dévorais en cachette, lorsque j’étais adolescent. 

Evidemment, je ne pouvais pas en rester uniquement à la forme. Il me fallait aussi un peu de fond. C’est pour cela que je distille tout au long de ces livres quelques idées anarchistes, gauchistes et écologistes, parfois jusqu’à la caricature car j’aime aussi rire de moi-même. 
On ne se refait pas !

vendredi 15 juin 2018

Zoom sur mon parcours d'écrivaillon.

On me demande souvent comment j'ai réussi à me faire publier. Parfois aussi, on me présente comme étant "écrivain". Et ça me flatte, c'est sûr, mais je me fais souvent l'impression d'être un peu un imposteur. Comme si écrire un livre et trouver un éditeur (même tout petit - soyons réalistes) était un acte héroïque !

Il se trouve que je n'ai pas de don particulier. Tout ce que je sais faire, je l'ai appris soit à l'école, soit en lisant énormément, soit pendant les cours particuliers (intensifs) dispensés par mes parents, soit sur le tas, dans le cadre de mes différents emplois. Mais j'avoue : j'aime raconter des histoires. J'aime provoquer des réactions chez mes lecteurs. Et puis j'ai eu beaucoup de chance, c'est vrai.

En 2006, Laurent Caudine et Jenofa Cuisset ont créé les éditions associatives Astobelarra - Le Grand Chardon. C'était pour la sortie du premier recueil de chroniques de Laurent, ses "pensements" qu'il avait commencé par publier sur son blog, avant de décider de les sortir au format papier. 12 ans plus tard, l'association a publié 37 livres écrits par une vingtaine d'auteurs différents.


J'ai eu la chance de rencontrer Laurent à cette période. A l'époque, j'étais correspondant local de presse pour Sud-Ouest (édition Béarn et Soule) et je m'occupais avec deux (trois, en fait) collègues d'un site d'informations en ligne que nous avions créé, tout en étant salarié d'une industrie locale. 

Tout comme Laurent, j'écrivais également des billets sur mon blog et en 2006, j'avais entrepris d'y raconter mon expérience avortée de berger dans les Pyrénées. Je n'avais à l'origine aucune intention de faire quoi que ce soit d'autre de ces textes. C'était surtout un défouloir car il m'a fallu 10 ans pour arriver à poser des mots sur cette expérience douloureuse. Je voulais juste qu'elle soit lue sur mon blog, alors j'ai pondu trois textes ironiques racontant cette histoire d'apprenti pâtre, mais toujours en tâchant d'éviter l'auto-apitoiement, autant que possible. Laurent les a lus et m'a appelé un jour. Mais ça, tu devrais les publier sous forme de livre !, m'a t-il assuré. Et c'est ainsi que, petit à petit, il m'a convaincu de me lancer dans ce projet, me proposant même de le commercialiser sous l'estampille de sa toute jeune maison d'édition.

J'ai donc conceptualisé mon produit de A à Z, de l'écriture au packaging en passant par la promotion. Je le fais encore aujourd'hui. C'est du boulot, mais j'aime ça et surtout : c'est une liberté que nous permet le format de notre structure. "Mauvais berger !" a connu un succès local assez intéressant (un peu plus de 600 exemplaires vendus, soit 10 fois plus que le livre de Christine Boutin, et plus que ceux de Raffarin, Bartolone, Jouanno, Cambadélis ou Sapin...). Le livre continue à se vendre encore aujourd'hui et une version  augmentée "ultime et définitive" devrait sortir dans le courant de l'année. Je n'ai jamais touché un centime sur les ventes de cette tranche de vie, et pour cause : j'ai volontairement cédé mes droits à Astobelarra. Tout ce que je voulais, c'était être lu et que les recettes liées aux ventes de cet ouvrage permettent la publication d'autres livres. Et j'ai été exaucé ! Grâce à "Mauvais berger !", Astobelarra a pu financer la sortie des "paroles du chef Seattle", illustrées par Gonzalo Etxebarria.

Du coup, je me suis davantage investi dans l'association. Tour à tour secrétaire, puis président en 2010, puis à nouveau secrétaire depuis 2014, j'ai écumé les salons du livre mais je me suis également occupé de l'édition d'un certain nombre de livres, du graphisme des couvertures (notamment de la collection Mozaik) ou des relations presse et du community management.

Après Mauvais berger, je me suis dit : Bon, si tu as pu écrire un livre à partir de ton histoire à toi, tu dois être capable d'écrire un vrai roman, avec un récit et des personnages fictifs ! Dont acte.

Et c'est ainsi qu'en novembre 2008, après une journée de travail bien remplie à arpenter Second Life sous perfusion de caféine, j'ai eu un songe. J'ai rêvé de l'histoire de "L'infection" et j'ai tout retenu en l'écrivant dans un petit carnet. Je ne vais pas dire que nous avons créé la collection Mozaik exprès afin que je puisse publier cette trilogie (car ce serait un abus de langage), mais bon... Je mentirais si je disais que je n'y avais pas pensé, à l'époque. Le premier livre sorti dans cette collection en mars 2012 est celui de Pierre Gastéréguy : "Doux comme un mouton". Puis ce fut au tour de "L'infection T1 : Contage", deux mois après.

Cinq ans plus tard, alors que l'asso se trouvait quasiment dans une impasse financière, j'ai lancé une souscription en ligne pour pouvoir sortir le tome 2, sur la suggestion appuyée de notre présidente Marjorie Vandevenne. Je n'avais pas grand espoir (après une première expérience mitigée en 2013) et pourtant, bien m'en a pris : grâce au site de crowdfunding HelloAsso et en me démenant comme un beau diable, j'ai pu obtenir 1555€ qui nous ont permis de financer l'impression de "L'infection T2 Pandémie", mais également de relancer la machine pour les romans suivants. Preuve, s'il en fallait une, que quand on veut, on peut ! 

Mais pour moi, la réussite de ces différentes campagnes de souscription depuis septembre 2017, c'est la preuve que nous avons un lectorat qui nous soutient et qui apprécie notre travail.

Depuis 2-3 semaines, j'ai recommencé à rédiger l'ultime tome de ma trilogie. Quelques pages, tout au plus, pour le moment. Après la sortie du tome 2, je me suis octroyé quelques mois de "vacances" (oui, enfin c'est un grand mot : j'ai toujours un travail rémunéré à côté car il faut bien manger, hein ?) histoire de me reposer la cervelle. Mais il va falloir que je m'y remette vite, d'autant que le synopsis est prêt.

Je sais que j'en suis très loin, mais ce que j'aimerais par dessus tout, ce n'est pas de gagner au Loto (quoi que... ça résoudrait le problème), mais de pouvoir me consacrer à l'écriture (et à l'édition de livres pour Astobelarra) à 100% de mon temps. Malheureusement, je pense que ce temps - celui de la retraite - n'est pas encore arrivé.
Mais quoi ? 16 ans, ça passe vite, regardez : entre le moment où j'ai eu l'idée du T1 de L'infection et aujourd'hui, 10 ans ont déjà filé ! 😂

mercredi 30 mai 2018

J’ai (Astobelarra a) édité cinq livres cette année !

Cette année, j’ai fait fort : dans le cadre de mes fonctions de secrétaire des éditions Astobelarra, j’aurais édité pas moins de cinq livres ! C’est d’ailleurs à ce titre que je rédige le présent billet sur mon blog perso.

J’ai d’abord commencé par le mien : « L’infection T2 : Pandémie » en septembre, puis « Noirs embruns » d’Abel Benamza début janvier, puis le premier tome de la trilogie SF de Constance Dufort « Les chemins d’Hermès : le peuple du Nid » en avril, suivi, en mai, du troisième roman de Thomas Ponté « C’est occupé ». Et parallèlement, j’ai réédité mon petit premier : « Mauvais berger ! », qui devrait sortir sous peu en version augmentée « ultime et définitive », au format poche.
Bref, on pourra dire que je n’ai jamais autant bossé de ma vie (pour notre maison d’édition et aussi tout court…) que cette année !

Mais qu’est-ce que je veux dire exactement par « éditer » ?


Déjà, il s’agit d’un travail collégial (j'insiste là-dessus) et bénévole. Nous sommes quelques-uns, chez Astobelarra, à intervenir à divers stades de l’édition et de la publication d’un livre. Sans Laurent (Caudine, le fondateur), Marjorie (Vandevenne, notre bien aimée présidente), le noyau d'auteurs historiques (Caroline, Thomas, Ludivine...), nos "sélectionneurs" du comité de lecture* et nos nombreux relecteurs/correcteurs, Astobelarra ne pourrait pas fonctionner et n'aurait certainement pas tenu 12 ans (déjà) ni sorti 37 ouvrages !

Mais pour moi, « éditer » c’est avant tout faire un travail éditorial sur un manuscrit qui a été accepté par le comité de lecture. C’est-à-dire de le relire, le corriger, l’annoter et transmettre nos notes à l’auteur qui corrige ses textes et prend en compte (ou pas) nos suggestions. Puis l’auteur nous renvoie son manuscrit qui est alors imprimé au format ePub ou PDF ainsi qu’en papier au format A4 (pour ceux qui n'aiment pas les écrans) et transmis à plusieurs relecteurs. Ces derniers ont la charge de repérer les fautes d’orthographe, de syntaxe ou de ponctuation qui subsisteraient encore dans le texte, mais également d’éventuels problèmes de cohérence dans le récit. Nous ne sommes pas dupes : il restera toujours quelques coquilles passées inaperçues dans le produit final malgré une dizaine de relectures, mais nous tendons toujours vers la perfection… En tout cas, nous nous améliorons de livre en livre, et c’est tant mieux.

Une fois que le texte est validé, vient le moment de la mise en page. Nous sommes trois, dans l'association (Laurent, Marjorie et moi), à savoir le faire. En ce qui me concerne, j’utilise les logiciels de la suite Adobe CS5 (Illustrator et Photoshop pour les couvertures, InDesign pour l’intérieur du livre). J’ai appris à utiliser ces logiciels sur le tas, dans le cadre de mes différents jobs chez Asma SA (à Mauléon-Licharre de 2002 à 2006) et chez Immersive Lab (à Oloron Sainte-Marie, de 2008 à 2018). Le dénominateur commun de ces différents emplois, c’est David Castéra (Tanu), qui m’a formé, coaché, encouragé. Indirectement, il a contribué à faire d’Astobelarra ce qu’elle est aujourd’hui. Qu’il en soit remercié !

Mais la connaissance de ces logiciels n’est rien s’il n’y a pas de concertation avec l’imprimeur, car il y a différentes règles à respecter : la charte graphique de la collection est une chose, le travail d’impression en est une autre. Il faut connaître certains aspects techniques du métier comme les résolutions des documents fournis pour l’impression, ou le travail en « bords perdus », etc.

Sans oublier qu’au moment de la mise en page, d’autres erreurs peuvent se glisser dans le livre : il faut veiller à ce que le texte soit bien reproduit dans son intégralité, que les entêtes et numéros de pages soient bien présents – ou absents – des pages concernées. Il faut vérifier que le nombre de page est bien un multiple de 4, que les polices de caractères sont bien toutes à la même taille, qu’il n’y a pas de sauts de lignes intempestifs, que les chapitres démarrent bien d’une page impaire, que les dialogues commencent par un tiret long précédé d’un petit retrait… Il faut s’assurer que les caractères de ponctuation comme le point-virgule, les deux points, les points d’interrogation et d’exclamation, les guillemets ont bien tous les espaces insécables où il faut, que le document n’ait pas trop de césures ou que les espaces entre les caractères soient homogènes… Et si l’auteur décide de rajouter un paragraphe ou même un mot dans son texte, tout peut être décalé et il faut recommencer… Bref, c’est un métier qui demande du temps et de la concentration, en plus de méthode et rigueur.

Dès que le fichier est figé (au format PDF), il est envoyé à l’imprimeur qui réalise un BAT (Bon A Tirer) : il s’agit d’un spécimen test qui a toutes les caractéristiques du produit fini, moins le pelliculage (mat ou brillant). Dès que nous avons reçu et parcouru le BAT, soit le fichier est déclaré « conforme aux attentes » et on l’envoie en production, soit il ne l’est pas et il faut corriger ce qui ne va pas avant de relancer la production. Mais, comme je le disais plus haut, même avec toutes ces étapes et précautions, il y aura toujours des petits défauts (souvent – et heureusement – non perçus pour le commun des lecteurs). Il y en a même chez les grands auteurs publiés chez les grands éditeurs ! Le tout étant d’en laisser le moins possible !

Je vous passe la partie promo dont on parlera ultérieurement, parce que cet article est déjà un peu long... Mais vous l'aurez compris, je suis très fier de ce que nous avons accompli depuis toutes ces années et je me suis surtout découvert une force de travail que je ne soupçonnais pas... Si ça se trouve, je pourrais faire encore plus ?! ^^

*Nous avons monté un comité de lecture d’une dizaine de personnes qui lisent les manuscrits que nous recevons et rédigent des appréciations sur une fiche. Lorsqu’au moins trois lecteurs de ce comité ont émis des avis favorables ou très favorables, le bureau voit si le manuscrit est qualitatif, s’il a du potentiel et s’il peut entrer dans notre ligne éditoriale. Si c’est le cas, il est publié.