mardi 27 octobre 2020

Interview en "décalorama" sur la Gazette d'Astobelarra N°9 !

Trois ans après Pandémie, Etienne H. Boyer sort Sepsis, la conclusion de sa saga fantastique et horrifique intitulée L’infection. Il a bien voulu répondre aux questions vicieuses (mais presque toujours pertinentes) de La Gazette d’Astobelarra.

Astobelarra : Trump ou Obama ? 

Etienne H. Boyer : Déjà les hostilités politiques, lol ? Barrack Obama, sans hésiter. Je me suis très librement inspiré de lui pour créer Marrack Obaba, l’un des personnages héros de l’Infection. Donald Trump est tellement insignifiant (dans la réalité et dans la saga) qu’il n’apparait que dans un tweet raciste, dans Pandémie. Et pour le punir, je l’ai appelé Ronald T. Dump (« Dump » veut dire « décharge », en français). J’adore les contrepèteries et j’ai choisi de modifier leurs vrais noms en clin d’œil à Mauvais berger ! (ma tranche de vie illustrée publiée en 2008 chez Astobelarra) mais aussi pour bien marquer que ce sont des « personnages fictifs » et pas les vraies personnes. J’avais fait pareil avec Sickolas Narcozy dans Contage.

Astobelarra : Devant une page blanche, tu serais plutôt du genre sobre et silencieux ou bruyant et défoncé ? 

EHB : Toi, t’as lu mon blog, non (rires) ? « Bruyant et défoncé », on dirait mon portrait craché ! 

Pour entrer dans les détails, j’ai la chance de ne pas connaître (encore) le syndrome de la page blanche. Je n’écris que lorsque j’ai des idées précises (et pas forcément « claires »). Le reste du temps, je euh… je réfléchis. Et je glande beaucoup, aussi ! 

Bon, mais par contre, j’écris très rarement dans le silence. J’ai besoin de musique (si possible des trucs que je connais par cœur et que j’écoute en boucle) pour créer une espèce de mur du son qui m’isole du monde réel et de ses distractions. Plus que de rechercher une ambiance qui colle à ce que j’écris (par exemple du « Metal » pour un passage guerrier ou du Mike Oldfield pour une scène d’amour…) ça m’aide surtout à m’enfermer au plus profond de moi-même. 

Quant à la « défonce », j’avoue que j’utilise régulièrement l’alcool comme « désinhibant ». Le tout étant de ne pas se tromper sur les quantités : il s’agit avant tout « d’ouvrir les chakras », pas d’entrer en phase hallucinogène ! L’équilibre est toujours compliqué à trouver, surtout lorsqu’on est dans une extrême concentration. On n’est jamais à l’abri d’un geste machinal. Puis d’un deuxième…

Astobelarra : Dans la salle d’attente chez le médecin, tu prends un tabloïd pour passer le temps ; que lis-tu en premier ? Ton horoscope ou un article de vulgarisation scientifique sur la découverte d’un trou noir ? 

EHB : Je ne prends pas de magazine chez le médecin (c’est plein de miasmes). En général, je pianote sur mon téléphone (qui est aussi plein de microbes, mais c’est les miens), ou alors j’emmène mon livre de chevet du moment. 

Mais si je dois jouer le jeu, alors c’est les trous noirs, sans hésiter, même si je n’y comprends pas grand-chose (à l’article et à l’astrophysique en elle-même, bien que je me sois documenté sur le sujet pour écrire Sepsis). Etrangement, j’écris des livres fantastiques avec des passages fleurant bon le paranormal ou les croyances occultes diverses, mais je ne crois pas une seconde en l’astrologie. Comment la position de Vénus dans le ciel pourrait-elle prédire mon avenir au jour le jour ? Pour moi, c’est comme la télépathie, l’homéopathie ou la religion (toutes confondues), c’est du pur charlatanisme. En réalité, je ne crois qu’en la science, et encore : lorsqu’elle est démontrée uniquement. Les trous noirs ont été « prédits » par la théorie de la relativité d’Einstein et décrits par Hawking, Thorne et tant d’autres. Ces trois-là sont quand même des pointures dans leur domaine ! Il semble qu’ils avaient raison puisque des photos assez précises de M87 (super trou noir de la galaxie éponyme, située à 55 millions d’années-lumière de la Terre) ont été prises en avril 2019. 

Astobelarra : A propos de « trou noir », s’il ne restait plus que deux livres sur Terre, tu préfèrerais emporter le dernier volume des mémoires de Jean Lassalle ou un Stephen King médiocre ? 

EHB : « Je crois la question elle est vite répondue… », comme dirait l’autre !

Stephen King est un de mes auteurs préférés. Trouver un livre médiocre dans son œuvre, c’est comme l’astrologie : ça n’existe pas ! Et puis le concernant, je suis très (trop) bon public. 

Mais en situation de fin du monde, j’emporterai sûrement le pavé de Lassalle : les récents évènements ont montré que la première chose qui manquait, en situation de crise, c’était le papier toilette. Le « bouffant naturel 80g », ça doit être plus agréable que les fougères…

Astobelarra : Si tu avais le choix, tu préfèrerais : changer une roue de nuit sous une pluie battante ou ne pas recevoir ton BAT dans les temps ? 

EHB : Rhoo la panique : et toi ? Tu préfères avoir une jambe cassée ou des bras de 9 mètres ?  

Les deux m’exaspèrent à un très haut niveau, mais je crois que je préférerais la roue crevée, à tout prendre. Le seul gros risque, c’est d’arriver en retard et trempé (quoi que j’ai toujours mon « sac de survie » dans la voiture, avec des fringues de rechange au cas où). Quant au retard, disons que ça fait partie de ma culture personnelle :D

Par contre, ne pas recevoir son BAT (pour bon-à-tirer : le premier spécimen du futur roman avant impression), c’est un coup à se bouffer les ongles jusqu’aux poignets ou à maudire le livreur et l’imprimeur sur les 7 prochaines générations ! 

Astobelarra : Puisqu’on en parle, sur l’échelle du survivalisme, tu serais plutôt Rambo ou Negan ?

EHB : La question qui tue… Je suis fan des deux. J’aime bien le côté héroïque et ingénieux de Rambo (malgré son regard vide et ses obsessions) et j’aime bien le côté vicieux et jusqu’au-boutiste (mais qui tend vers une sorte de rédemption) du vilain de The Walking Dead. Si je devais en prendre un comme modèle, je dirais… Ramban ? Ou Nego ? 

C’est vrai que dans Sepsis, mes personnages sont tous plus ou moins en situation de survie. Ceci dit, dans ma vie personnelle, je ne suis pas vraiment « survivaliste ». C’est juste que j’aime prévoir les choses, ne pas être pris au dépourvu, avoir une solution de sortie pour tous les petits tracas du quotidien. Si on peut éviter un moment d’extrême solitude ou une crise d’angoisse, hein ? De tout temps, j’ai toujours « préféré prévoir le pire pour pouvoir apprécier le meilleur ». C’est mon credo.

Astobelarra : Et la petite dernière : sur l’échelle des trucs impossible à comparer, tu serais plutôt Mambo ou végan

EHB : Je crois que je détesterais encore plus danser que ne plus manger de viande. Alors je vais dire « végan »… avec regrets...

C’est quoi ces questions ? ;-)


L'INFECTION T3 : SEPSIS - SORTIE LE 15/11/2020 - Coll MOZAÏK - Ed. ASTOBELARRA

Résumé : Le monde tel qu’il existait depuis des siècles n’est plus. Le désordre et l’insécurité font désormais partie du quotidien de l’homme, qui pourrait bien être à l’aube de sa disparition totale.
Sans compter que Beau Smart est toujours là, diminué mais vivant et plus déterminé que jamais.
Patrice et ses amis survivants vont tenter de saisir la dernière et infime chance de détruire l’intelligence artificielle et ainsi, peut-être, de sauver ce qui reste de l’humanité.  

L’auteur : Etienne H. BOYER est rédacteur web de métier. Il vit en Soule, sa terre d’accueil depuis 1997. « Sepsis » est le troisième et dernier tome de la trilogie « L’infection ».

ISBN : 9791090126312 - 270 Pages - Format : 200 x115 x 20 mm - Langue : français - Prix : 14 Euros
>> Acheter le livre <<>> Acheter la trilogie << 

mercredi 21 octobre 2020

SORTIE IMMINENTE DE L’INFECTION T3 : SEPSIS !!! (LE 14/11/2020)

Quoi ? Pas un mot depuis juin ???

Bon, j’avoue que je n’ai pas toujours des choses intéressantes ou rigolotes à vous partager. Je vieillis, sûrement. Ou alors insensiblement, j’ai basculé sur les réseaux sociaux… Et puis c’était l’été : je faisais ma cigale. Mais là, le moment est venu (en même temps que la bise, du coup) !

En vrai, je n’ai PAS QUE rien foutu dans l’intervalle : j’ai beaucoup travaillé sur mon manuscrit (et celui de mes confrères et consœurs auteur(e)s et néanmoins ami(e)s des éditions Astobelarra – Le Grand Chardon). Et donc si vous ne suivez pas mes pages Facebook (ici ou ), vous ne savez sûrement pas que le dernier volume de ma trilogie fantastique et horrifique L’infection T3 : Sepsis sort ce 15 novembre 2020, en même temps que le petit nouveau de Constance Dufort (L’archipel de Westerlies T1 : la cité des vents), et 15 jours avant le premier roman de Martin Koppe (Cartographie des ecchymoses) et le second volume des dessins rigolos de Laure Gomez (Parce que parfois la vie va de travers T2).

Pour moi c’est un aboutissement. On m’aurait dit il y a 23 ans, lorsque je suis arrivé en Soule, qu’un jour j’écrirais une trilogie fantastique, je ne l’aurais jamais cru. D’abord parce que je suis connu pour être un sacré flémard procrastinateur. Ensuite parce que dans ma jeunesse, on m’a souvent reproché mon inconstance et le fait que je ne finissais jamais rarement ce que je commençais. J’avoue que j’ai encore quelques restes, de ce côté-là. Et pourtant : la preuve que je sais aussi être autre chose !

Alors oui, il s’agit bien de la conclusion de la saga #BeauSmart ; l’histoire se termine donc avec ce tome 3. Mais pour ceux d’entre vous qui le liront, vous constaterez que j’ai laissé quelques portes ouvertes… La raison est simple : j’ai envie de continuer à faire vivre un des personnages principaux de ce volume, à travers une nouvelle aventure qui se déroulera dans un avenir proche. La trame est déjà écrite. Reste à développer le récit ! Je ne vous en dis pas plus, pour ne pas vous divulgacher…
Mais avant de revenir à l’univers de L’infection, je vais laisser passer un peu de temps pour écrire un autre roman qui me tient à cœur et dont j’ai déjà un peu parlé dans ce post.

En attendant, pour les lecteurs qui peuvent se déplacer jusqu’à Mauléon-Licharre, sachez que je serai en rencontre/dédicace sur le marché de Mauléon (Place des Allées) avec Constance Dufort le samedi 14 novembre de 8h à 13h ! Nos livres seront disponibles sur place, en avant-première !!!

vendredi 26 juin 2020

Un petit bilan du mois dernier...

C'est très difficile de se mettre à écrire quand on a passé une journée à bosser. Le soir, je suis généralement KO et plus je vieillis, plus je trouve ça dur. 
Il y a deux ans, j'ai essayé d'obtenir une subvention de la Région Nouvelle Aquitaine (il y a un organisme spécifique - l'ALCA - dédié à la culture) pour financer une bourse d'écriture de 2 mois qui m'aurait permis de poser un congé sans solde pour écrire tranquillement à la maison. 
Je n'ai évidemment pas été sélectionné (faut pas rêver). 

Dans mon job, j'ai la chance d'avoir beaucoup de congés (grâce aux RTT). Du coup cette année, j'avais posé le mois de mai pour travailler sur Sepsis. Sachant que j'avais également l'intention de partir marcher en montagne, je savais qu'il était possible que je n'aie pas le temps de finir. Le but était juste de m'y remettre, de relancer la machine... 

Et là, PAF ! Coronavirus, confinement... 
La première semaine de congés, j'ai beaucoup glandouillé. Essentiellement, j'ai regardé des séries en buvant de la Corona. Je sortais une heure par jour pour promener les chiens, dans un rayon d'un kilomètre autorisé...

Les personnages de L'infection
La seconde semaine, J'ai toujours rien glandé jusqu'au mercredi inclus. Ah si : je me suis préparé une compile mp3 de 500 titres de Metal, pour l'ambiance. 
Et là je me suis dit que ça passait trop vite, qu'il fallait vraiment que je m'y mette. Alors j'ai relu les derniers chapitres de Pandémie pour être raccord, puis j'ai sorti un tableau blanc de mon garage que j'ai couvert de post-it. J'ai passé un moment à les agencer le long d'une ligne chronologique, et enfin, j'étais prêt. 
Je précise que j'avais déjà écrit toute la trame du livre sur deux pages A4 il y a 2 ans. Mais il me manquait les détails pour relier tous ces événements de façon logique ainsi que leur séquençage, pour bien démarrer l'écriture... 

Je me suis donc installé un bureau confortable au milieu de ma pièce à vivre, et je m'y suis mis. Comme mes gamins sont de grands ados qui vivaient un peu en décalage par rapport à l'organisation habituelle de la société, durant le confinement (ils se couchaient tard dans la nuit et se levaient encore plus tard en début d'après-midi), et que moi je n'arrivais pas à dormir plus tard que 8h30, ça me laissait pas mal de temps pour écrire. Et puis des grands ados, ça sait s'occuper tout seul. Donc j'écrivais 10 heures par jour, en moyenne. 
Comme j'avais une idée assez précise de ce que je voulais raconter, c'est sorti assez vite, à raison d'un demi chapitre par jour, en moyenne. Pour les passages que je n'avais pas encore définis, ils se sont calés tout seuls au fur et à mesure que les lignes se couchaient. 
Cette fois-ci, contrairement aux deux tomes précédents, j'ai décidé d'écrire chaque chapitre dans l'ordre. Paradoxalement, j'ai souhaité que l'histoire ne soit pas chronologiquement linéaire, comme pour les deux précédents opus. Je démarre donc le livre par une anticipation sur l'événement que je - en qualité de narrateur et inventeur de l'histoire - pense être le plus important du roman.

Le manuscrit imprimé et relié
J'ai partagé mes chapitres au jour le jour avec mes primolecteurs habituels (Ludivine, Marjorie et Mathieu) et les retours sont plutôt bons, ce qui ne me gâche pas le plaisir. 
Et puis le déconfinement est arrivé et avec lui, son lot de sorties et le retour à une vie à peu près normale. Du coup j'ai moins écrit, ou du moins, j'ai écrit moins vite. J'étais à deux chapitres et demi de la fin lorsque l'heure de la reprise du boulot a sonné (il y aura 15 chapitres dans ce tome, contre 20 dans les précédents). Mais je me suis forcé à continuer chaque week-end, pour terminer ce premier jet avant la fin du mois de juin. Je voulais laisser passer le moins de temps possible de façon à ce que mon style et l'histoire restent cohérents du début à la fin. En effet, j'ai constaté que si je laissais un délai trop important entre les premières pages écrites et les dernières, mon écriture pouvait être différente, influencée par d'autres plumes. 
Résultat : mission accomplie ! J'ai terminé le dimanche 21 juin ! Je l'ai imprimé et relié. Il me restera plus qu'à le relire pendant les vacances d'été.

Bon, il ne s'agit que d'un premier jet. Il y aura certainement quelques rajouts/suppressions d'ici à ce que je m'y remette, à la fin de l'été, mais je suis content parce que je trouve que j'ai livré un produit assez abouti, et en un temps record ! J'ai même pas eu besoin d'une bourse d'écriture de l'ALCA, ce qui prouve, s'il le fallait, que la maxime préférée du maire actuel de Mauléon (Qui veut faire, fait !) se vérifie aussi pour moi.
J'envisage de commercialiser le livre avant Noël, voire juste après, au pire. 

En voici la table des matières : 

Précédemment dans L’infection
0 – Ithé 1 (Prologue)

PREMIÈRE PARTIE – la vie

1 – Quelques semaines plus tôt
2 – Où est Sophie ?
3 – Confinement
4 – Au gnouf !
5 – Exfiltration

SECONDE PARTIE – la mort

6 – Evasion
7 – Retrouvailles
8 – Piégés
9 – Branle-bas de combat !
10 –  La curée

TROISIÈME PARTIE – la résurrection

11 – Epiphanie
12 – From scratch !
13 – Ithé 2
14 – L’affût
15 – Amen

PS : je rappelle que tous les personnages qui apparaissent dans cette saga sont fictifs. Gilen et Youssra également (dans Sepsis), même s'il existent aussi pour de vrai... 😱

mardi 5 mai 2020

L'infection T3 Sepsis : petit extrait du chapitre 3 - Confinement


La boulangère de Domino sauvagement assassinée !

Jacqueline Charrier n’était pas rentrée à son domicile vendredi soir. Son corps, atrocement mutilé, a été retrouvé le lendemain après-midi dans les dunes situées aux abords de la plage des Sables Vigniers par une patrouille de militaires chargée de la sécurisation de l’île. C’est attirés par la présence inhabituelle de nombreux corbeaux autour de la scène de crime que les soldat de la base aérienne 721 de Rochefort ont fait la macabre découverte. Les constatations réalisées dans la foulée par les gendarmes de Saint-Pierre d'Oléron, rapidement dépêchés sur place, ont permis de confirmer qu’il s’agissait bien de la boulangère de Domino et que cette dernière avait été décapitée au moyen de ce qui pourrait être une grande lame, comme une machette ou un sabre. La tête de la victime n’a, à ce jour, pas encore été retrouvée. Mais les empreintes de pas laissées sur place par le tueur probable laissent supposer une personne d’assez forte corpulence.

Un tueur en série parmi nous ?

Il s’agit du second assassinat non élucidé sur l’île depuis quatre jours. Rappelons que la première victime était une néerlandaise établie à Chéray depuis sept ans du nom de  Mariska De Bruyn. Son cadavre rejeté par la mer avait lui aussi été retrouvé sans tête dans le même secteur, mais un peu plus au Nord, sur la plage de Chaucre. La gendarmerie se refuse à tout commentaire pour le moment mais la question revient sans arrêt dans les discussions des habitants des villages environnants : se pourrait-il qu’un tueur en série sévisse sur le canton de Saint-Georges d’Oléron ? Ou est-ce l’œuvre d’une ultime poche de grillés qui n’aurait pas encore été neutralisée pendant le nettoyage opéré par les forces de l’ordre, juste après « le grand embrasement » il y a six mois ? En attendant d’en savoir plus, les autorités invitent la population à la plus grande prudence, à ne jamais circuler seul et à rester chez soi, dans la mesure du possible.

Article tiré de la version polycopiée du quotidien régional Charente Libre, édition Charente Maritime, Île d’Oléron :

mardi 25 février 2020

Un mois complet pour m’y remettre… et terminer ?!

Ça fait un moment que je ne vous avais pas donné de nouvelles. Je répare cet oubli aujourd’hui, pour vous en annoncer une bonne (de nouvelle) : j’ai posé un mois de congé entre la fin avril et la fin mai. Un mois d’affilée que je compte mettre à profit pour m’imposer une certaine « hygiène de vie » et me remettre à écrire Sepsis, le dernier tome de ma saga fantastique L’infection.

En fait, j’ai constaté qu’après mes journées de boulot assez intenses, à pianoter sur mon ordinateur, je n’ai absolument pas cœur à me remettre devant un écran. Je suis en règle générale assez fatigué (je vois un peu trouble – sans avoir bu une goutte d’alcool – je précise…) et il ne me faut pas longtemps pour tomber dans les bras de Morphée. Le peu de temps de conscience dont je dispose le soir, je préfère  le donner à mes enfants et ma compagne.

Quant aux week-ends, eh bien ils sont faits pour se reposer, n’est-ce pas ? Dont acte ! Je promène mes chiens, je me détends, je fais du ménage… Mais impossible de me ménager quelques heures pour m’y mettre. C’est extrêmement frustrant parce que dans la tête, ça bouillonne ! Toutes les pièces de mon intrigue se mettent en place, à la faveur de longues balades en solitaire dans la montagne souletine, ou de nuits de cauchemar.


Le lot des petits auteurs…


Je suis à chaque fois confronté à ce problème, dès que je veux écrire : je pense que c’est le lot de tous les « petits auteurs » qui sont obligés d’avoir un travail salarié à côté, pour vivre. J’ai de la chance, j’ai un chouette boulot et des conditions de travail plus qu’enviables. Mais ça ne me suffit pas. Il faut, pour mon équilibre personnel et donc celui des miens, que je couche sur papier les terribles histoires qui se bousculent en permanence dans ma tête.

C’est donc mon programme de ce printemps : m’y remettre à fond en mode marathon, avec des séances de 7-8 heures de rédaction par jour, bien tranquille dans ma forteresse de solitude, avec juste ma musique de sauvage pour recréer le mur de son dont j’ai besoin pour aller trifouiller au plus profond de mon âme, ma fidèle bouteille de Jack pour ouvrir les chakras (en cas de panne), et deux heures de marche par jour pour faire tourner la machine. Pour le reste, ce sera repos et famille. 

J’espère faire mieux qu’en 2015, lorsque je m’étais exilé 1 mois chez mes parents pour avancer sur le tome 2 (sorti en 2017 – pour mémoire) : tout écrire – ou presque – sans partir trop loin et trop longtemps des miens. Je vous ferai le bilan de toute cette expérience immersive lorsqu’elle sera terminée, fin mai. En attendant, il me reste deux mois pour me replonger dans la fin du tome 2, histoire de garder un peu de cohérence dans la suite du récit, et peaufiner mon plan… 

Patrice, Sébastien, Sophie, Marrack et l’antivirus X se préparent pour l’affrontement final avec Beau Smart et ses sbires. Je vous promets du grand spectacle pour la conclusion de la saga ! Patience… à l’échelle de l’univers, 2022 c’est demain ! ;-)

mardi 1 octobre 2019

Une petite interview à l'attention de la presse...

Un très mauvais berger...
Le travail d'éditeur, c'est aussi de déterminer pour chaque livre les éléments de langage qu'on va donner à la presse. Et ceci en conservant le ton spécifique de l'auteur. D'où ces petites interviews qu'on a l'habitude de publier dans la gazette d'Astobelarra. Enfin, quand on y pense et qu'on a le temps de s'y prêter...

Rappelez-nous comment est né « Mauvais berger ! » ?

EHB : Si je réponds « dans la douleur », ça va faire un peu trop mélodramatique ! Il me faut revenir à la genèse. Pour résumer, il y a 20 ans, je travaillais dans une grande ville d’Aquitaine. Je ne me voyais absolument pas y élever des enfants et c’est ainsi que j’ai démissionné pour venir suivre une formation indemnisée de berger ovin à Menditte, en Soule, dans les Pyrénées Atlantiques. J’ai fait 2 ans d’études supplémentaires pour avoir ces brevets professionnels (BPO puis BPREA) qui permettent d’obtenir les aides de l’état et de l’Europe afin de créer son exploitation et s’y installer en tant qu’agriculteur. Ces aides financières étaient conditionnées au suivi d’un stage de 6 mois obligatoire en exploitation. Aussi, ai-je choisi d’en effectuer une partie en estives, dans le Béarn. C’est cela que je raconte, dans « Mauvais berger ! », dont l’essentiel a été écrit 10 ans plus tard en 3 nuits, lorsque je travaillais à l’usine. Il faut croire que c’était bien mûr, alors c’est sorti très vite ! Je l’ai d’abord publié sur mon blog, mais il est devenu « un vrai livre » à la faveur d’une rencontre décisive avec Laurent Caudine et les éditions Astobelarra – Le Grand Chardon. Aujourd’hui, je ne suis toujours pas berger, mais je suis resté vivre en Soule où je crois avoir trouvé ma place.

Vous en parliez depuis des années, elle est enfin là. Pourquoi avoir voulu sortir cette version augmentée ?

EHB : Quand la première version est sortie, en 2008, je la croyais complète. Mais au fil des mois et des années qui ont passé, d’autres souvenirs me sont revenus en mémoire. Tout comme les précédents, j’ai eu envie de les sortir de moi, de les écrire et je les ai d’abord publiés sur mon blog (www.etiennehboyer.blogspot.com) en tant que « bonus ». A un moment donné, j’ai arrêté d’avoir ces réminiscences, ou du moins, les dernières qui me sont apparues ne sont pas publiables en l’état. Du coup, j’ai décidé de couper définitivement la vanne et j’ai remanié le texte d’origine pour lui ajouter ces anecdotes supplémentaires et en faire cette édition « ultime ». Nous avons également choisi de changer de format : je trouve que le format poche est plus sympa, plus facile à tenir et à transporter. Du coup, il y a 80 pages de plus que la première version, mais le livre est aussi moins cher !

Pouvez-vous nous préciser de quoi parlent ces nouvelles anecdotes ?

EHB : Je trouvais le texte initial un peu sec. Ça manquait de « poésie », d’ambiance, d’expériences. J’ai raconté quelques souvenirs, quelques pensées… Je parle du brouillard et de l’orage en montagne, de la période de « Lutte » (c’est le nom donné à la reproduction des moutons), de l’art de siffler les brebis, d’hygiène et de promiscuité dans les cayolars, de musique, de tics de langage, de canif qui ne coupe pas… Il y a un peu de tout, en fait et j’ai même rajouté une ou deux illustrations. 
J’aurais aimé parler d’une personne emblématique de ces 6 mois en estives, mais c’est quelqu’un qui m’a laissé un bon souvenir. Les histoires que j’aurais eues à raconter sur elle ne l’auraient vraiment pas mise en valeur, alors j’ai préféré renoncer. Pourtant, elles étaient très « croustillantes » (j’en ris encore quand j’y repense), mais je ne suis pas quelqu’un de méchant. Je ne tacle que les personnes qui le méritent vraiment. 

« Il faut prendre ce livre comme une sorte de clin d’oeil bienveillant qui dirait : attention ! Berger, ce n’est pas ce que vous croyez !»


Quels sont les retours sur ce livre ?

EHB : Ils sont plutôt positifs. On en a quand même vendu pas loin de 1000 depuis 2008. C’est un des Best-sellers d’Astobelarra et j’en suis très fier. Les lecteurs le trouvent facile à lire (c’est un témoignage – il est écrit un peu comme on parle) et relativement drôle, malgré la gravité du sujet : le harcèlement moral au travail. Et de fait, je ne voulais surtout pas que ce soit larmoyant. J’ai donc construit le récit comme un huis-clos policier – un peu malgré moi puisque c’est une histoire vraie. Sans tricher sur la véracité des événements et de mon ressenti, Je me suis débrouillé pour séquencer avec des « Cliffhangers », de façon à ce que le lecteur ait vraiment envie d’aller au bout de l’histoire pour découvrir à quelle sauce le narrateur sera mangé.
En outre, à plusieurs reprises lors de salons ou de marchés auxquels participe mon éditeur, j’ai eu la surprise de rencontrer des personnes qui ont vécu la même chose que moi (et avec les mêmes protagonistes !!!), ce qui m’a d’abord rassuré (je n’avais ni rêvé ni inventé ce que j’avais vécu et raconté) et ensuite conforté dans l’idée que ce livre est nécessaire. Quand on vient d’ailleurs et qu’on souhaite devenir berger, on est souvent loin de s’imaginer à quoi – et surtout à qui – on peut être confronté. Je ne dis pas que tous les agriculteurs sont des monstres ni que berger est un métier dégueulasse, loin de là, mais il faut prendre ce livre comme une sorte de clin d’œil amical : attention, ce n’est pas ce que vous croyez !


Où le trouve-t-on ?

EHB : Il n’est pas encore partout dans le département des Pyrénées Atlantiques, mais tous les libraires de France et de Navarre peuvent le commander directement auprès des éditions Astobelarra. 
Sinon, il est chez Xibero’Bio à Mauléon-Licharre et à la librairie L’escapade, ainsi qu’à la boutique Totone Christobal et au centre culturel E-Leclerc à Oloron Sainte-Marie. Sinon, on peut toujours le commander sur le site Internet de l’éditeur www.astobelarra.fr.


Maintenant que ce livre est terminé, quels sont vos prochains projets ?

EHB : Actuellement, je travaille sur trois projets distincts. La suite (et fin) de ma trilogie fantastique « L’infection », qui est, pour ainsi dire, le principal travail en cours (le tome 1 est sorti en 2012, le tome 2 en 2017 aux éditions Astobelarra). 
Parallèlement, je suis sur la rédaction d’un autre roman que j’ai appelé « Les routes du crépuscule », qui sera une sorte d’histoire d’amour un peu fantastique, sur le thème de l’échec, des regrets, de la résilience… mais assez loin des standards à la mode de la « Feelgood Lit ». Là aussi, tout est prêt. Il ne reste qu’à rédiger, ce que je fais à mes moments perdus. 
Le troisième projet me tient tout particulièrement à cœur et monopolise l’essentiel de mes pensées du moment. Il est toutefois encore au stade de la réflexion (moyennement avancée) : je souhaite faire un livre pour promouvoir les cayolars ouverts de Soule. Je suis fan de randonnée, je dors régulièrement dans ces anciennes cabanes de berger restaurées (on y revient, à la thématique des estives en montagne !) et j’ai envie de partager cette passion avec les gens. Mais si je dois faire ce livre, ce sera en étudiant tous les tenants et aboutissants dans le détail et avec l’approbation des personnes concernées (bergers, assos de randonneurs, office de tourisme, et bien sûr : mon éditeur…). Je ne tiens pas à me sentir (ou être tenu pour) responsable des dégradations éventuelles que les touristes de tout poil pourraient commettre par la suite, donc je dois absolument « bétonner » ce travail. 
En résumé, sa sortie n’est pas pour demain !


Retrouvez cette interview et bien d'autres dans la prochaine Gazette des éditions Astobelarra.