jeudi 19 novembre 2020

Les routes du crépuscule - début du Chapitre 7

(Photo Garak01 | Pixabay)
Ian la vire du lit avec pertes et fracas. Le réveil est instantané : elle se casse la gueule sur le plancher poussiéreux, jonché de sopalins froissés remplis de foutre, et se cogne la tête contre un ampli guitare à moitié démonté, stocké dans la chambre du musicien. 
    — Go get the dope, bitch ![1]
Valentine se redresse et sort de la chambre. Ian a le temps de lui balancer une de ses rangers avant qu’elle ait atteint le couloir. Elle se la prend en plein dans l’omoplate. Comme si elle était atteinte de la tremblante, elle s’appuie tant bien que mal sur les murs infâmes du couloir et trouve la porte de la salle de bain. Andy trempe déjà dans la baignoire. Il a posé une planche en travers du rebord et joue aux échecs, tout en fumant un joint. Ses pics fluos trempés sont repliés à l’arrière de son crâne. Il aurait presque l’air d’un jeune premier en partance pour son mariage. Il lève la tête et la toise comme s’il venait de surprendre un arachnide répugnant en train de crapahuter sur la faïence à moitié déglinguée. Il finit par grimacer, tout en expirant un long jet de fumée cannabinoïde :
    — Jesus, you look like shit, Val.[2]
Elle se regarde dans le miroir. Effectivement, c’est pas brillant. 
    — Sorry for this nightmare sight. I need to make myself up before I « go shopping ».[3]
    — Feel comfortable, it’s not as if you hadn’t seen my dick before…[4]
Il a raison. Pas besoin de faire la gazelle effarouchée. Elle est quand même restée en couple avec lui pendant six mois, avant qu’il ne se lasse de leurs ébats sexuels pourtant débridés, et ne passe à une nouvelle conquête. Entretemps, Valentine a insensiblement sombré dans la dépendance et la déchéance. Et c’est tout naturellement que l’odieux Ian – le véritable chef et seul compositeur du groupe – a hérité de sa carcasse défraîchie de junkie. Elle ne l’aime pas comme elle a aimé Andy, mais entre les moments où il lui fout de mémorables tannées, il sait aussi être tendre et généreux avec elle. Elle vit donc à ses crochets depuis quelques semaines, tant qu’elle fait ce qu’il lui demande, à savoir être sa chose et jouer les mules, essentiellement. 
Tandis qu’elle applique le plus consciencieusement possible un coup de crayon noir sur ses paupières, elle remarque dans la glace qu’Andy a arrêté de jouer. Il a comme un regard hanté vers son arrière-train. Elle soulève légèrement sa chemise et se penche en avant afin de l’aider à mieux contempler le pli de peau qui lie son sexe à son anus. Sa chatte est à portée de sa main, mais il n’esquisse aucun geste vers elle. Dans son état, regarder et se branler discrètement sous l’eau semble lui suffire. Valentine est déçue et met fin au spectacle en se retournant innocemment vers lui :
    — You were exaggerating, earlier : it wasn't that bad, look! Here I am, brand new ![5]
    — It's something that I always liked about you : you sure know how to make up like a stolen car ! It must be a french girl thing.[6]

Elle prend un air faussement choqué :
    — Well that’s racist, Andy ![7]
Il pose sa tablette sur la cuvette des toilettes attenante. La reine blanche perd l’équilibre et tombe dans le trou, mais ça n’a pas l’air de lui faire de l’effet : la « Marie-Jeanne » l’a suffisamment détendu. Il se lève, tout ruisselant du bac.
    — Let me know when you’re finished. I need to take a shit.[8]
    — Okay, I’ve heard enough. You need something from the market ?[9]
    — You know damn well what’s my poison.[10]
    — Sure. 
Valentine pique une Camel dans le paquet d’Andy et l’allume. Il ne s’offusque pas : c’est pas cher payé pour lui rapporter sa dose. 
Tandis qu’elle tire avidement sur le cylindre, elle remet ses crayons dans sa trousse à maquillage qu’elle repose sur le bord de la fenêtre, à côté de celles de Faith et Tracy, puis prend la porte, sans un mot.

*****

_____________________________ 

[1] Va chercher de la drogue, salope !

[2] Bon Dieu, t’as une sale gueule, Val.

[3] Désolé pour ce spectacle de cauchemar. J'ai besoin de me maquiller avant de « faire du shopping ».

[4] Met-toi à l’aise, c’est pas comme si tu n’avais jamais vu ma bite.

[5] Tu exagérais tout à l’heure : c’était pas si moche. Regarde ! me voilà, toute neuve !

[6] C’est un truc que j’ai toujours aimé chez toi : tu sais te vraiment maquiller comme une voiture volée ! Ça doit être un truc de française.

[7] Ça, c’est raciste, Andy !

[8] Dis-moi quand tu as fini, j’ai besoin de chier.

[9] Ok, j’en ai assez entendu. T’as besoin que je te ramène quelque chose du marché ?

[10] Tu connais très bien mon poison.

vendredi 13 novembre 2020

Une trilogie fantastique et horrifique ? Ben ça, c'est fait !


Je me souviens qu'en 2008, j'assiste à une soirée donnée par l'école de musique de Mauléon-Licharre dans la salle des fêtes de Barcus, dans laquelle mes enfants jouent. A la fin du spectacle je discute avec d'autres parents. Je tombe sur Edith Oliarj et, entre autres choses, nous parlons de Mauvais berger. Je lui dis que je suis fier de la sortie de ce livre, mais qu'entretemps, d'autres souvenirs me sont revenus et que je songe déjà à sortir une version deux, plus complète. Elle me répond quelque chose comme : "Tu devrais plutôt te lancer dans l'écriture d'un autre livre. Il te faut aller de l'avant, pas continuer à capitaliser sur un premier livre et ses multiples mises à jour..." Je me rappelle qu'à ce moment-là, je suis un peu gêné. Je dois répondre un truc nul, du genre :"ah oui, mais c'est prévu..." 

Oui, ça l'était. Je parlais déjà d'écrire un roman fantastique à mes collègues de boulot d'EMAC, en août 2008. Sauf que je n'avais pas encore eu l'idée. C'était comme qui dirait "dans l'air", mais pas encore bien assemblé dans ma tête. En novembre de la même année, j'ai eu cette épiphanie et j'ai entrepris la rédaction de cette saga, nommée L'infection, en suivant. Il m'aura fallu 5 ans pour sortir le premier tome, 5 ans de plus pour publier le second, et 3 ans de plus pour la terminer. 

Je ne vous cache pas que j'ai douté plusieurs fois, L'entreprise n'était-elle pas trop grande pour ma toute petite volonté ? Allais-je vivre assez longtemps pour la terminer ? Aurais-je assez d'imagination pour la développer de la façon dont je l'envisageais au début ? Est-ce que je n'étais pas trop caricatural, par moments ? Est-ce que je ne devrais pas m'occuper un peu plus des miens, au lieu de perdre mon temps sur ce texte idiot ? Qui suis-je pour prétendre écrire une trilogie fantastique et horrifique ? 
Oui, ça n'a pas toujours été simple. J'ai du batailler entre ce projet extrêmement obsédant et chronophage et ma vraie vie, le boulot, la famille (surtout)... Je ne suis pas loin de penser que la sortie du tome 1 Contage (en 2012) a probablement un rapport avec mon divorce. Mais peut-être pas, après tout... En tout cas, les dates coïncident étrangement. 

Parallèlement, le tome 2 Pandémie (sorti en 2017), celui de ma reconstruction personnelle, a été plus facile à écrire, même s'il m'a pris autant de temps que le premier. Le voyage aux USA m'a beaucoup inspiré et surtout redonné goût à la vie, et notamment cet épisode-ci. Autant je doute aujourd'hui de la présentation globale du premier tome (ce lexique à la fin, ce besoin de coller à la réalité de Second Life jusqu'au vocabulaire), autant ce volume correspond exactement à la vision que j'en avais au départ. J'en suis toujours aussi fier. 

Le tome 3 Sepsis, lui, est sorti pratiquement tout d'un coup de ma cervelle pendant le premier confinement. Contrairement aux deux précédents, je l'ai écrit dans l'ordre, un chapitre après l'autre. Les conditions étaient réunies pour un travail en hyper-concentration, et le récit était déjà bien construit dans ma tête, même s'il a fallu que je trouve une façon d'insérer les personnages de Gilen et Youssra, qui n'étaient pas prévus au départ. Je suis assez satisfait du résultat et de mon grand final. 

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Tout simplement parce que, pour plagier Jean-Jacques Goldman (une fois n'est pas coutume), il faut aller au bout de ses rêves, où la raison s'achève... Il faut y croire, s'accrocher malgré les critiques, malgré ses propres doutes perfides, malgré la vie qui n'est pas toujours tendre. Il faut croire en soi, en sa capacité à commencer et terminer un boulot et d'y mettre tout son cœur.
Voilà, aujourd'hui, j'ai sorti cette putain de trilogie. Je l'ai fait, et ce malgré tous les sacrifices que ça a pu me coûter. En me retournant vers le passé et sachant ce que je sais, je peux l'affirmer : si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. 

Cette dernière phrase, c'est le thème principal de mon prochain roman, intitulé Les routes du crépuscule, dont je viens de terminer le chapitre 6 hier. Je ne sais pas encore combien il y en aura, parce que je l'écris presque au jour le jour. Je suis une trame des plus simplissimes : début/milieu/fin, mais tout le reste s'invente au fur et à mesure. C'est un projet très enthousiasmant, avec beaucoup d'introspection, du cul, du punk-rock, un peu d'aventure(s)... Je vous tiendrai au courant des prochains développements. Possiblement, je publierai ici le premier chapitre. Alors soyez au rendez-vous ! 

dimanche 8 novembre 2020

mardi 27 octobre 2020

Interview en "décalorama" sur la Gazette d'Astobelarra N°9 !

Trois ans après Pandémie, Etienne H. Boyer sort Sepsis, la conclusion de sa saga fantastique et horrifique intitulée L’infection. Il a bien voulu répondre aux questions vicieuses (mais presque toujours pertinentes) de La Gazette d’Astobelarra.

Astobelarra : Trump ou Obama ? 

Etienne H. Boyer : Déjà les hostilités politiques, lol ? Barrack Obama, sans hésiter. Je me suis très librement inspiré de lui pour créer Marrack Obaba, l’un des personnages héros de l’Infection. Donald Trump est tellement insignifiant (dans la réalité et dans la saga) qu’il n’apparait que dans un tweet raciste, dans Pandémie. Et pour le punir, je l’ai appelé Ronald T. Dump (« Dump » veut dire « décharge », en français). J’adore les contrepèteries et j’ai choisi de modifier leurs vrais noms en clin d’œil à Mauvais berger ! (ma tranche de vie illustrée publiée en 2008 chez Astobelarra) mais aussi pour bien marquer que ce sont des « personnages fictifs » et pas les vraies personnes. J’avais fait pareil avec Sickolas Narcozy dans Contage.

Astobelarra : Devant une page blanche, tu serais plutôt du genre sobre et silencieux ou bruyant et défoncé ? 

EHB : Toi, t’as lu mon blog, non (rires) ? « Bruyant et défoncé », on dirait mon portrait craché ! 

Pour entrer dans les détails, j’ai la chance de ne pas connaître (encore) le syndrome de la page blanche. Je n’écris que lorsque j’ai des idées précises (et pas forcément « claires »). Le reste du temps, je euh… je réfléchis. Et je glande beaucoup, aussi ! 

Bon, mais par contre, j’écris très rarement dans le silence. J’ai besoin de musique (si possible des trucs que je connais par cœur et que j’écoute en boucle) pour créer une espèce de mur du son qui m’isole du monde réel et de ses distractions. Plus que de rechercher une ambiance qui colle à ce que j’écris (par exemple du « Metal » pour un passage guerrier ou du Mike Oldfield pour une scène d’amour…) ça m’aide surtout à m’enfermer au plus profond de moi-même. 

Quant à la « défonce », j’avoue que j’utilise régulièrement l’alcool comme « désinhibant ». Le tout étant de ne pas se tromper sur les quantités : il s’agit avant tout « d’ouvrir les chakras », pas d’entrer en phase hallucinogène ! L’équilibre est toujours compliqué à trouver, surtout lorsqu’on est dans une extrême concentration. On n’est jamais à l’abri d’un geste machinal. Puis d’un deuxième…

Astobelarra : Dans la salle d’attente chez le médecin, tu prends un tabloïd pour passer le temps ; que lis-tu en premier ? Ton horoscope ou un article de vulgarisation scientifique sur la découverte d’un trou noir ? 

EHB : Je ne prends pas de magazine chez le médecin (c’est plein de miasmes). En général, je pianote sur mon téléphone (qui est aussi plein de microbes, mais c’est les miens), ou alors j’emmène mon livre de chevet du moment. 

Mais si je dois jouer le jeu, alors c’est les trous noirs, sans hésiter, même si je n’y comprends pas grand-chose (à l’article et à l’astrophysique en elle-même, bien que je me sois documenté sur le sujet pour écrire Sepsis). Etrangement, j’écris des livres fantastiques avec des passages fleurant bon le paranormal ou les croyances occultes diverses, mais je ne crois pas une seconde en l’astrologie. Comment la position de Vénus dans le ciel pourrait-elle prédire mon avenir au jour le jour ? Pour moi, c’est comme la télépathie, l’homéopathie ou la religion (toutes confondues), c’est du pur charlatanisme. En réalité, je ne crois qu’en la science, et encore : lorsqu’elle est démontrée uniquement. Les trous noirs ont été « prédits » par la théorie de la relativité d’Einstein et décrits par Hawking, Thorne et tant d’autres. Ces trois-là sont quand même des pointures dans leur domaine ! Il semble qu’ils avaient raison puisque des photos assez précises de M87 (super trou noir de la galaxie éponyme, située à 55 millions d’années-lumière de la Terre) ont été prises en avril 2019. 

Astobelarra : A propos de « trou noir », s’il ne restait plus que deux livres sur Terre, tu préfèrerais emporter le dernier volume des mémoires de Jean Lassalle ou un Stephen King médiocre ? 

EHB : « Je crois la question elle est vite répondue… », comme dirait l’autre !

Stephen King est un de mes auteurs préférés. Trouver un livre médiocre dans son œuvre, c’est comme l’astrologie : ça n’existe pas ! Et puis le concernant, je suis très (trop) bon public. 

Mais en situation de fin du monde, j’emporterai sûrement le pavé de Lassalle : les récents évènements ont montré que la première chose qui manquait, en situation de crise, c’était le papier toilette. Le « bouffant naturel 80g », ça doit être plus agréable que les fougères…

Astobelarra : Si tu avais le choix, tu préfèrerais : changer une roue de nuit sous une pluie battante ou ne pas recevoir ton BAT dans les temps ? 

EHB : Rhoo la panique : et toi ? Tu préfères avoir une jambe cassée ou des bras de 9 mètres ?  

Les deux m’exaspèrent à un très haut niveau, mais je crois que je préférerais la roue crevée, à tout prendre. Le seul gros risque, c’est d’arriver en retard et trempé (quoi que j’ai toujours mon « sac de survie » dans la voiture, avec des fringues de rechange au cas où). Quant au retard, disons que ça fait partie de ma culture personnelle :D

Par contre, ne pas recevoir son BAT (pour bon-à-tirer : le premier spécimen du futur roman avant impression), c’est un coup à se bouffer les ongles jusqu’aux poignets ou à maudire le livreur et l’imprimeur sur les 7 prochaines générations ! 

Astobelarra : Puisqu’on en parle, sur l’échelle du survivalisme, tu serais plutôt Rambo ou Negan ?

EHB : La question qui tue… Je suis fan des deux. J’aime bien le côté héroïque et ingénieux de Rambo (malgré son regard vide et ses obsessions) et j’aime bien le côté vicieux et jusqu’au-boutiste (mais qui tend vers une sorte de rédemption) du vilain de The Walking Dead. Si je devais en prendre un comme modèle, je dirais… Ramban ? Ou Nego ? 

C’est vrai que dans Sepsis, mes personnages sont tous plus ou moins en situation de survie. Ceci dit, dans ma vie personnelle, je ne suis pas vraiment « survivaliste ». C’est juste que j’aime prévoir les choses, ne pas être pris au dépourvu, avoir une solution de sortie pour tous les petits tracas du quotidien. Si on peut éviter un moment d’extrême solitude ou une crise d’angoisse, hein ? De tout temps, j’ai toujours « préféré prévoir le pire pour pouvoir apprécier le meilleur ». C’est mon credo.

Astobelarra : Et la petite dernière : sur l’échelle des trucs impossible à comparer, tu serais plutôt Mambo ou végan

EHB : Je crois que je détesterais encore plus danser que ne plus manger de viande. Alors je vais dire « végan »… avec regrets...

C’est quoi ces questions ? ;-)


L'INFECTION T3 : SEPSIS - SORTIE LE 15/11/2020 - Coll MOZAÏK - Ed. ASTOBELARRA

Résumé : Le monde tel qu’il existait depuis des siècles n’est plus. Le désordre et l’insécurité font désormais partie du quotidien de l’homme, qui pourrait bien être à l’aube de sa disparition totale.
Sans compter que Beau Smart est toujours là, diminué mais vivant et plus déterminé que jamais.
Patrice et ses amis survivants vont tenter de saisir la dernière et infime chance de détruire l’intelligence artificielle et ainsi, peut-être, de sauver ce qui reste de l’humanité.  

L’auteur : Etienne H. BOYER est rédacteur web de métier. Il vit en Soule, sa terre d’accueil depuis 1997. « Sepsis » est le troisième et dernier tome de la trilogie « L’infection ».

ISBN : 9791090126312 - 270 Pages - Format : 200 x115 x 20 mm - Langue : français - Prix : 14 Euros
>> Acheter le livre <<>> Acheter la trilogie << 

mercredi 21 octobre 2020

SORTIE IMMINENTE DE L’INFECTION T3 : SEPSIS !!! (LE 14/11/2020)

Quoi ? Pas un mot depuis juin ???

Bon, j’avoue que je n’ai pas toujours des choses intéressantes ou rigolotes à vous partager. Je vieillis, sûrement. Ou alors insensiblement, j’ai basculé sur les réseaux sociaux… Et puis c’était l’été : je faisais ma cigale. Mais là, le moment est venu (en même temps que la bise, du coup) !

En vrai, je n’ai PAS QUE rien foutu dans l’intervalle : j’ai beaucoup travaillé sur mon manuscrit (et celui de mes confrères et consœurs auteur(e)s et néanmoins ami(e)s des éditions Astobelarra – Le Grand Chardon). Et donc si vous ne suivez pas mes pages Facebook (ici ou ), vous ne savez sûrement pas que le dernier volume de ma trilogie fantastique et horrifique L’infection T3 : Sepsis sort ce 15 novembre 2020, en même temps que le petit nouveau de Constance Dufort (L’archipel de Westerlies T1 : la cité des vents), et 15 jours avant le premier roman de Martin Koppe (Cartographie des ecchymoses) et le second volume des dessins rigolos de Laure Gomez (Parce que parfois la vie va de travers T2).

Pour moi c’est un aboutissement. On m’aurait dit il y a 23 ans, lorsque je suis arrivé en Soule, qu’un jour j’écrirais une trilogie fantastique, je ne l’aurais jamais cru. D’abord parce que je suis connu pour être un sacré flémard procrastinateur. Ensuite parce que dans ma jeunesse, on m’a souvent reproché mon inconstance et le fait que je ne finissais jamais rarement ce que je commençais. J’avoue que j’ai encore quelques restes, de ce côté-là. Et pourtant : la preuve que je sais aussi être autre chose !

Alors oui, il s’agit bien de la conclusion de la saga #BeauSmart ; l’histoire se termine donc avec ce tome 3. Mais pour ceux d’entre vous qui le liront, vous constaterez que j’ai laissé quelques portes ouvertes… La raison est simple : j’ai envie de continuer à faire vivre un des personnages principaux de ce volume, à travers une nouvelle aventure qui se déroulera dans un avenir proche. La trame est déjà écrite. Reste à développer le récit ! Je ne vous en dis pas plus, pour ne pas vous divulgacher…
Mais avant de revenir à l’univers de L’infection, je vais laisser passer un peu de temps pour écrire un autre roman qui me tient à cœur et dont j’ai déjà un peu parlé dans ce post.

En attendant, pour les lecteurs qui peuvent se déplacer jusqu’à Mauléon-Licharre, sachez que je serai en rencontre/dédicace sur le marché de Mauléon (Place des Allées) avec Constance Dufort le samedi 14 novembre de 8h à 13h ! Nos livres seront disponibles sur place, en avant-première !!!

vendredi 26 juin 2020

Un petit bilan du mois dernier...

C'est très difficile de se mettre à écrire quand on a passé une journée à bosser. Le soir, je suis généralement KO et plus je vieillis, plus je trouve ça dur. 
Il y a deux ans, j'ai essayé d'obtenir une subvention de la Région Nouvelle Aquitaine (il y a un organisme spécifique - l'ALCA - dédié à la culture) pour financer une bourse d'écriture de 2 mois qui m'aurait permis de poser un congé sans solde pour écrire tranquillement à la maison. 
Je n'ai évidemment pas été sélectionné (faut pas rêver). 

Dans mon job, j'ai la chance d'avoir beaucoup de congés (grâce aux RTT). Du coup cette année, j'avais posé le mois de mai pour travailler sur Sepsis. Sachant que j'avais également l'intention de partir marcher en montagne, je savais qu'il était possible que je n'aie pas le temps de finir. Le but était juste de m'y remettre, de relancer la machine... 

Et là, PAF ! Coronavirus, confinement... 
La première semaine de congés, j'ai beaucoup glandouillé. Essentiellement, j'ai regardé des séries en buvant de la Corona. Je sortais une heure par jour pour promener les chiens, dans un rayon d'un kilomètre autorisé...

Les personnages de L'infection
La seconde semaine, J'ai toujours rien glandé jusqu'au mercredi inclus. Ah si : je me suis préparé une compile mp3 de 500 titres de Metal, pour l'ambiance. 
Et là je me suis dit que ça passait trop vite, qu'il fallait vraiment que je m'y mette. Alors j'ai relu les derniers chapitres de Pandémie pour être raccord, puis j'ai sorti un tableau blanc de mon garage que j'ai couvert de post-it. J'ai passé un moment à les agencer le long d'une ligne chronologique, et enfin, j'étais prêt. 
Je précise que j'avais déjà écrit toute la trame du livre sur deux pages A4 il y a 2 ans. Mais il me manquait les détails pour relier tous ces événements de façon logique ainsi que leur séquençage, pour bien démarrer l'écriture... 

Je me suis donc installé un bureau confortable au milieu de ma pièce à vivre, et je m'y suis mis. Comme mes gamins sont de grands ados qui vivaient un peu en décalage par rapport à l'organisation habituelle de la société, durant le confinement (ils se couchaient tard dans la nuit et se levaient encore plus tard en début d'après-midi), et que moi je n'arrivais pas à dormir plus tard que 8h30, ça me laissait pas mal de temps pour écrire. Et puis des grands ados, ça sait s'occuper tout seul. Donc j'écrivais 10 heures par jour, en moyenne. 
Comme j'avais une idée assez précise de ce que je voulais raconter, c'est sorti assez vite, à raison d'un demi chapitre par jour, en moyenne. Pour les passages que je n'avais pas encore définis, ils se sont calés tout seuls au fur et à mesure que les lignes se couchaient. 
Cette fois-ci, contrairement aux deux tomes précédents, j'ai décidé d'écrire chaque chapitre dans l'ordre. Paradoxalement, j'ai souhaité que l'histoire ne soit pas chronologiquement linéaire, comme pour les deux précédents opus. Je démarre donc le livre par une anticipation sur l'événement que je - en qualité de narrateur et inventeur de l'histoire - pense être le plus important du roman.

Le manuscrit imprimé et relié
J'ai partagé mes chapitres au jour le jour avec mes primolecteurs habituels (Ludivine, Marjorie et Mathieu) et les retours sont plutôt bons, ce qui ne me gâche pas le plaisir. 
Et puis le déconfinement est arrivé et avec lui, son lot de sorties et le retour à une vie à peu près normale. Du coup j'ai moins écrit, ou du moins, j'ai écrit moins vite. J'étais à deux chapitres et demi de la fin lorsque l'heure de la reprise du boulot a sonné (il y aura 15 chapitres dans ce tome, contre 20 dans les précédents). Mais je me suis forcé à continuer chaque week-end, pour terminer ce premier jet avant la fin du mois de juin. Je voulais laisser passer le moins de temps possible de façon à ce que mon style et l'histoire restent cohérents du début à la fin. En effet, j'ai constaté que si je laissais un délai trop important entre les premières pages écrites et les dernières, mon écriture pouvait être différente, influencée par d'autres plumes. 
Résultat : mission accomplie ! J'ai terminé le dimanche 21 juin ! Je l'ai imprimé et relié. Il me restera plus qu'à le relire pendant les vacances d'été.

Bon, il ne s'agit que d'un premier jet. Il y aura certainement quelques rajouts/suppressions d'ici à ce que je m'y remette, à la fin de l'été, mais je suis content parce que je trouve que j'ai livré un produit assez abouti, et en un temps record ! J'ai même pas eu besoin d'une bourse d'écriture de l'ALCA, ce qui prouve, s'il le fallait, que la maxime préférée du maire actuel de Mauléon (Qui veut faire, fait !) se vérifie aussi pour moi.
J'envisage de commercialiser le livre avant Noël, voire juste après, au pire. 

En voici la table des matières : 

Précédemment dans L’infection
0 – Ithé 1 (Prologue)

PREMIÈRE PARTIE – la vie

1 – Quelques semaines plus tôt
2 – Où est Sophie ?
3 – Confinement
4 – Au gnouf !
5 – Exfiltration

SECONDE PARTIE – la mort

6 – Evasion
7 – Retrouvailles
8 – Piégés
9 – Branle-bas de combat !
10 –  La curée

TROISIÈME PARTIE – la résurrection

11 – Epiphanie
12 – From scratch !
13 – Ithé 2
14 – L’affût
15 – Amen

PS : je rappelle que tous les personnages qui apparaissent dans cette saga sont fictifs. Gilen et Youssra également (dans Sepsis), même s'il existent aussi pour de vrai... 😱

mardi 5 mai 2020

L'infection T3 Sepsis : petit extrait du chapitre 3 - Confinement


La boulangère de Domino sauvagement assassinée !

Jacqueline Charrier n’était pas rentrée à son domicile vendredi soir. Son corps, atrocement mutilé, a été retrouvé le lendemain après-midi dans les dunes situées aux abords de la plage des Sables Vigniers par une patrouille de militaires chargée de la sécurisation de l’île. C’est attirés par la présence inhabituelle de nombreux corbeaux autour de la scène de crime que les soldat de la base aérienne 721 de Rochefort ont fait la macabre découverte. Les constatations réalisées dans la foulée par les gendarmes de Saint-Pierre d'Oléron, rapidement dépêchés sur place, ont permis de confirmer qu’il s’agissait bien de la boulangère de Domino et que cette dernière avait été décapitée au moyen de ce qui pourrait être une grande lame, comme une machette ou un sabre. La tête de la victime n’a, à ce jour, pas encore été retrouvée. Mais les empreintes de pas laissées sur place par le tueur probable laissent supposer une personne d’assez forte corpulence.

Un tueur en série parmi nous ?

Il s’agit du second assassinat non élucidé sur l’île depuis quatre jours. Rappelons que la première victime était une néerlandaise établie à Chéray depuis sept ans du nom de  Mariska De Bruyn. Son cadavre rejeté par la mer avait lui aussi été retrouvé sans tête dans le même secteur, mais un peu plus au Nord, sur la plage de Chaucre. La gendarmerie se refuse à tout commentaire pour le moment mais la question revient sans arrêt dans les discussions des habitants des villages environnants : se pourrait-il qu’un tueur en série sévisse sur le canton de Saint-Georges d’Oléron ? Ou est-ce l’œuvre d’une ultime poche de grillés qui n’aurait pas encore été neutralisée pendant le nettoyage opéré par les forces de l’ordre, juste après « le grand embrasement » il y a six mois ? En attendant d’en savoir plus, les autorités invitent la population à la plus grande prudence, à ne jamais circuler seul et à rester chez soi, dans la mesure du possible.

Article tiré de la version polycopiée du quotidien régional Charente Libre, édition Charente Maritime, Île d’Oléron :