dimanche 15 février 2026

#UCSN : LE DILEMME DES COUVERTURES

Comme je le disais précédemment, mon dernier roman "Un cauchemar sans nom" (#UCSN), encore à l'état de premier jet, a produit un effet différent selon que le lecteur était une fille ou un garçon. Mes deux primo lecteurs masculins ont relevé un certain nombre de choses assez pertinentes et notamment une espèce de dissonance entre le texte et le projet de couverture que je proposais au départ. 

En effet, je commence toujours par créer une couverture qui me sert de guide-âne tout le long du processus de rédaction du livre. Celle que vous voyez à gauche du présent article est la version alpha. C'est l'image qui m'est venue à l'esprit alors que j'entrevoyais les premières lignes conductrices du roman : un homme terrorisé, pris au piège d'un immense attrape-rêve semblable à une toile d'araignée, avec des visages fantomatiques bleuâtres flottant au fond du néant. (Pour mémoire - et pour rigoler - voir ici ma toute première version de la couverture de "L'infection T1 : Contage".)

Ce n'est un secret pour personne : il s'agit d'un mélange d'images générées par ChatGPT, retravaillées sur Photoshop. Je précise que l'image finale, celle qui sera imprimée sur la couverture du livre une fois qu'il sera mis en vente, ne sera pas générée par l'IA, mais une relecture artistique du concept, réalisée par un vrai illustrateur. Un être humain, pas une machine. Ces images que j'ai promptées sont en réalité des moodboards, destinés à inspirer l'artiste. Elles n'ont en aucun cas la qualité et la résolution requises pour devenir de vraies couvertures. 

À la base, je voulais un personnage au premier plan parce que ça permet aux lecteurs de s'identifier. Mais ce livre n'est pas un roman d'horreur, comme l'est "Le Moment ou jamais". L'histoire est beaucoup plus complexe que ce que le projet de couverture laissait entrevoir et le personnage principal n'est pas terrorisé. Il subit les événements avec une certaine résilience. Cette illustration pouvait au final induire tout le monde en erreur, quant à mes intentions. 

Mais reprenons : au fil de l'écriture, j'ai commencé à mieux matérialiser le concept global dans ma tête. M'est alors apparue la vision de la pochette du disque emblématique de Pink Floyd : "Dark side of the moon". On y voit sur fond noir un prisme en triangle isocèle traversé par une lumière blanche, ce qui produit la division des couleurs en spectre, à la sortie du prisme. Le visuel de cet album est un grand classique qui parle à tout le monde mais, outre le fait qu'utiliser cette image serait du pur plagiat, elle n'explique pas encore assez bien le concept de mon roman (que vous ne découvrirez qu'en le lisant) ! Cela dit, et sans que nous nous soyons concertés, Thomas Ponté avait eu la même vision. C'est un signe, non ?  

J'ai même été jusqu'à acheter un prisme X cube pour tester et comparer les effets de différentes sources de lumière (lumière blanche, lumière noire, laser), et c'est le pointeur laser qui symbolise le mieux ce que j'avais en tête. Le prisme ne divise pas le rayon laser en un spectre aux couleurs de l'arc en ciel, il multiplie le rayon, qui conserve toute son intensité. 

C'est en allant au salon du livre de Navarrenx il y a deux semaines que Thomas m'a suggéré une idée de couverture permettant d'exprimer ce concept de façon encore plus logique, sans dénaturer l'idée de départ, tout en collant parfaitement avec l'histoire que je raconte dans le livre. J'ai donc supprimé le personnage au premier plan mais j'ai conservé le principe de l'attrape-rêve. Chaque nœud est remplacé par un prisme, et chaque prisme est relié par un rayon. De même, j'ai supprimé les esprits flottants au fond et je les ai remplacés par ces cordages lumineux, constitués de corps humains en souffrance, enchevêtrés

La nouvelle création graphique que j'ai promptée à ChatGPT a quelque chose de très visuel, d'infernal et de symbolique à la fois, tout à fait en adéquation avec ce que Thomas et moi avions en tête. Je l'ai un peu retravaillée pour supprimer les "hallucinations" de l'IA. Et voilà le travail : ça pourrait même être une pochette d'un disque de black Metal, tellement c'est sataniste, flippant et vertigineux. J'ai donc opté pour cette version plus ésotérique (aux deux sens du terme), et c'est au final le moodboard que je vais transmettre à l'illustrateur. 

Et vous, qu'en pensez-vous ? 

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