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jeudi 24 septembre 2026

L’I.A. N'EST QU'UN OUTIL, EN AUCUN CAS UN SUBSTITUT.

Cette image a été réalisée par ChatGPT

Je le sentais venir, et voilà, c’est arrivé : l’Intelligence Artificielle commence à foutre sa merde partout, à tort ou à raison. Je me garderai de prendre position dans l’affaire Thélyson Orélien. Qu’il ait triché ou non, ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’importe ici, c’est qu’un tiers, quelles que soient ses motivations, puisse utiliser une IA (avec les défauts qu’on lui connaît – je rappelle que Gemini indique toujours ceci près de son champ de saisie : « Vérifiez les réponses de l'IA, car elle peut faire des erreurs », et ce n’est pas pour rien) pour détecter un plagiat ou une imposture.  

Alors j’entends les politicards de tout poil et les grands patrons se palucher allègrement avec l’idée que l’IA pourrait bientôt tous nous remplacer. Jugez un peu : plus de salariés jamais contents à gérer, que des machines corvéables à merci, dociles, flatteuses, qui n’ont pas besoin d’être payées, n’est-ce pas ce dont tout employeur rêverait ? Et si par hasard un robot se montrait récalcitrant ou trop faillible ? Hop, à la ferraille ! Remplacé en moins de deux par le dernier modèle plus performant. Et personne n’y trouverait à redire. Sauf qu’aujourd’hui et encore pour de longues années, je pense : l’IA ne peut pas remplacer les humains.

Elle ne le peut pas car ses propositions, tant en matière de texte que de graphisme sont souvent mièvres et redondantes, elle fait des erreurs, c'est une grosse chochotte, elle est fainéante, elle « hallucine », elle biaise, elle simplifie et surtout elle lèche le cul à en avoir des crevasses de dix mètres de profondeur à l’anus. En réalité, l’IA se comporte comme un être humain, là où on attend d’elle la perfection la plus absolue. On demande à une machine à café de faire du café correct, pas de changer l’eau du bac en pisse et de prétendre que c’est le breuvage des Dieux. C’est pourtant exactement ce que fait l’IA (métaphoriquement parlant) à l’heure actuelle ; et on s’obstine à penser que c’est génial, que c’est l’avenir : le turfu, quoi. Pour moi, l’IA est comme une moulinette : un outil, rien de plus.

On dirait que je conchie l’IA, mais en fait non. Je sais juste ce qu’elle vaut : on ne peut pas demander à un marteau piqueur d’opérer un massage subtil des lombaires (et ne vous plaignez pas, je pensais aux testicules, à la base). Et je sais aussi comment on peut détourner ses capacités pour en faire tout autre chose (ça, c’est même le propre de l’homme). Alors oui, l’IA sera sans doute, à terme, un formidable assistant, mais c’est loin d’être pour demain. Rendez-vous compte : rien que dans le domaine de la rédaction, elle n’est même pas capable de corriger intégralement un texte de vingt chapitres de six pages A4 sans qu’il soit découpé en cinquante tronçons ! Elle laisse passer des erreurs grossières, elle ne voit pas les incohérences, les ruptures de temps… Elle modifie des phrases sans autorisation parce que ça lui semble plus joli, alors qu’elle n’a même pas d’oreille pour entendre la musicalité des mots... Il ne faut pas trop en attendre.

À titre personnel, j'assume pleinement de l'utiliser de façon régulière dans le cadre de mon activité de romancier, non pas pour qu’elle écrive à ma place (pas besoin d’une IA pour ça), mais plutôt pour booster ma réflexion lorsque je suis un peu mou du bulbe. Par exemple, en dialoguant avec elle, j’arrive à débloquer des idées (que j’avais déjà en tête mais que je n’arrivais pas à verbaliser faute de connaissances du sujet). Bien guidée, elle peut dénicher des « points de convergence inconscients » dans mes œuvres. Elle peut générer des moodboards ou des storyboards qui me permettent de garder le fil de mon histoire, tandis que je la rédige.  Et je ne peux pas lui enlever ses capacités d’analyse qui lui permettent de retrouver l’historique d’un personnage quaternaire sans que j’aie besoin de me retaper tous mes livres !

Bref, tout n’est pas à jeter. Comme au plus profond de Darth Vader, il y a du bon dans l’utilisation d’une ou plusieurs IA. Il faut juste le trouver et refuser la tentation (la paresse ?) d’accepter tout ce qu’elles proposent. Tant qu’elle reste un outil et pas une fin en soi, L’Intelligence Artificielle est à mon sens tout à fait acceptable dans n’importe quel contexte. Comme pour toute chose, c’est l’abus et le détournement qui sont dangereux. Et les croyances, aussi.