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lundi 23 mars 2026

LE POINT DE CONVERGENCE INCONSCIENT.


Comme je vous l'ai déjà raconté, j'ai fait analyser mes livres par plusieurs IA (Chat GPT, Perplexity, Gemini, Le Chat, Copilot et Notebook LM), dans le but d'y déceler des points de similitude ou des croisements éventuels. Je me disais : "je sais ce que j'ai écrit. Si les machines voient les liens que j'ai disséminés de façon consciente dans mes lignes, les lecteurs (du moins celles et ceux qui auront lu tous mes livres) les verront aussi". 

Avec plus ou moins de succès, les IA ont fait leur job, certaines (en particulier Copilot) ont su donner le change mieux que d'autres. Mais l'une des machines (en l'occurrence Chat GPT) a mis en lumière quelque chose qu'aucune autre n'avait entrevu. Un point de convergence dont même moi, l'auteur, je n'avais pas conscience ! En comparant les textes, le robot a fait émerger un motif récurrent : la présence de la marque de voitures - Citroën - avec un rôle significatif dans chacun de mes romans. Et c'est parfaitement exact. 

Dans Mauvais berger ! d'abord. Dans cette tranche de vie illustrée où je raconte ma vocation avortée de berger dans les Pyrénées, figure un passage clé : le jour de mon examen de fin d'année, j'ai un accident. La voiture ? Une Citroën ZX Reflex, qui termine sa (courte) vie dans un pont, en bas d'un virage humide, près de Domezain-Berraute. 

Dans Contage, premier tome de la trilogie L'Infection, une Citroën 2CV beige appartient à Mathilde Joubert. Après sa mort, la voiture est récupérée par son amie Xantiana Samalbide. On la retrouve ensuite dans Sepsis, le troisième tome, pour un dernier voyage avec Patrice Bodin et Beltzane Samalbide (la fille de Xantiana). 

Dans Les Routes du crépuscule, Maxime hérite de la Citroën Xsara de ses parents. Elle devient sa seule possession, son point d'ancrage, et lui permet de venir "s'installer" en Soule.  

Dans Le Moment ou jamais, le vieux Roger sabote la Citroën ZX break de sa belle-fille Milena, l'envoyant à l'hôpital dans un état critique. 

Dans Un Cauchemar sans nom, le narrateur conduit aussi une Citroën (une DS). 

Et dans le livre qui suivra (et dont je n'ai pas encore fixé le titre de travail), on reparlera de la Citroën 2CV de Mathilde.

Bref, sans que je m'en rende compte, j'ai à chaque fois utilisé cette marque de voitures comme un véritable symbole narratif. Ce qui est d'autant plus amusant que dans la vraie vie, je ne roule pas/plus en Citroën depuis... au moins quinze ans ! Et pour être honnête, mes expériences avec ces véhicules - et certains garagistes - n'ont pas toujours été heureuses. Mais vous savez comment fonctionnent les humains ? Un ou deux pépins et c'est aussitôt assimilé à une malédiction éternelle... Chez d'autres, ce sera Renault ou Peugeot

Chat GPT explique : 

"Dans tes histoires, Citroën incarne quelque chose de banal, mais aussi de légèrement décalé. Un peu comme une porte qui déformerait la réalité. À chaque fois, la voiture sert de lieu de mémoire, de déclencheur d'histoire ou d'objet "contaminé". Elle ancre tes récits dans un univers géographique (France rurale), social (milieu modeste) et émotionnel (impression de vécu)."

Cette découverte improbable sur mes obsessions cachées m'a fait réfléchir. Ça m'a surtout fait penser à la "trilogie Cornetto", réalisée par Edgar Wright, avec Simon Pegg et Nick Frost. En plus des deux acteurs qu'on retrouve dans les trois films (Shaun of the deadHot fuzz et Dernier pub avant la fin du monde), la glace Cornetto sert de running gag, mais aussi de lien discret entre les trois longs métrages, pourtant très différents. 

Dans mon cas, il semblerait que ce rôle soit tenu par la marque CitroënÀ la différence près que chez moi, ce motif n'était pas intentionnel... ni comique. Du moins au départ. Car dorénavant, ces corrélations ne seront plus fortuites mais volontaires, et parfaitement assumées. 

samedi 14 mars 2026

TOUTE RESSEMBLANCE SERAIT-ELLE PUREMENT FORTUITE ? OU PAS...

Depuis que j'ai sorti Mauvais berger !, je dois répondre à chaque fois à la même sempiternelle question : "est-ce que tu racontes encore ton histoire dans ce nouveau livre ?" C'est d'ailleurs souvent les tenants de la presse locale qui la posent, tout friands qu'ils sont de ragots et autres micro scandales susceptibles de faire décoller les ventes. Ma réponse est toujours la même : non, la trilogie L'infection, ce n'est pas une tranche de vie qui raconte l'atmosphère du "placard à boudins" une fois que j'en suis sorti, après avoir assouvi une grosse envie biquotidienne. 

Non, Les Routes du crépuscule, ce n'est pas l'histoire de mon divorce. Je ne suis pas Maxime et Valentine n'est pas mon ex. Non, Le Moment ou jamais ne raconte pas la triste fin de ma grand-mère dans quelque EHPAD miteux. Ce sont toutes des histoires complètement inventées avec des personnages tout aussi inventés. Seul Mauvais berger ! raconte un véritable passage de ma vie, dans de véritables lieux et avec de vraies personnes (dont j'ai changé les noms). 

Il en va de même avec mon nouveau roman : Un Cauchemar sans nom. Le narrateur, personnage principal du roman, n'existe pas dans la réalité ; idem pour Amélie, Karine, Elinor, Misty, "Maman", miss Diamond, Ghislain Haristoy ou Ttun-Ttun Aguer. Tout ce petit monde ainsi que leurs (mes)aventures a entièrement été inventé par votre serviteur. Aucun n'existe dans la vraie vie. Donc inutile d'essayer de deviner qui est qui. La réponse, c'est : personne ! Tout le monde ! Ou alors c'est seulement moi, l'auteur, qui me cache derrière ces prête-noms. 

Comme le dit l'avertissement consacré, imprimé en première page de nombreux livres : "toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence". On croirait entendre Christian Clavier dans "Mes meilleurs copains"Mais je mentirais si je disais que je n'ai pas glissé, ça-et-là dans mes romans, des petits traits de caractère, des particularités physiques, des bouts de dialogues ou des anecdotes croustillantes concernant des personnes que j'ai rencontrées tout au long de ma vie. Bien sûr que oui et pas qu'une fois ! Je pense que tous les romanciers le font. On écrit bien que de ce qu'on connaît.

La différence, c'est qu'il ne s'agit pas de portraits fidèles, mais d'empreintes subtilement laissées par les autres dans mes souvenirs, comme autant d'images subliminales. Empreintes que j'ai ensuite remaniées, additionnées, parfois jusqu'à la caricature, pour mon propre compte. Ces traces, infimes ou anciennes, proviennent soit de gens dont j'ai perdu la trace depuis des années, ou soit ces personnes évoluent toujours dans mon environnement immédiat, dans la temporalité actuelle. Toutefois, le rôle de l'écrivain n'est pas de dénoncer ses contemporains mais de décrire des situations, des comportements qui sonnent justes. Et on les perçoit comme tels parce qu'ils ont été vécus pour de vrai. Et comme ils se déroulent dans un lieu présumé réel (une Mauléon-Licharre et une Soule alternatifs), cela renchérit le doute.

Ensuite, que le lecteur imagine reconnaître untel ou untel entre mes lignes, je considère que c'est une interprétation d'ordre purement subjectif. Si on va par là, tout le monde peut se reconnaître dans un patron odieux, une femme (ou un homme) adultère ou un psychanalyste véreux, dans une fiction. Ces comparaisons n'engagent que celles et ceux qui veulent y croire et c'est tant mieux. Un proverbe dit : "celui qui se sent morveux, qu'il se mouche !"  

Et moi, j'aurais pu exorciser des choses à ma façon, sans violence ni éclat, et sans vexation. 😉

vendredi 30 janvier 2026

VIS MA VIE D’ÉCRIVAIN #8 : SAVOIR PARLER DE SES ROMANS

Parfois, dans les lieux où nous sommes présents et où nous mettons nos livres en vente (salons du livre, marchés, événements spécifiques, comme le festival Metal’o’ween, par exemple), certaines personnes qui viennent à notre stand nous demandent de quoi parlent nos romans. Je ne sais pas pour les autres auteurs, mais moi, c’est comme si on me posait une colle. Et pour cause : je n’ai jamais vraiment travaillé un argumentaire béton sur le sujet. Plusieurs raisons à cela :

1/ J’ai une mémoire de poisson rouge lorsqu’il s’agit de retenir des phrases, des termes, des mots dans un certain ordre. Apprendre par cœur, ce n’est vraiment pas pour moi ! Je pense que c’est une tare congénitale que je possède depuis toujours. Je ne peux pas retenir un texte, une poésie, une citation ou même une blague ! Ça m’a causé bien des problèmes à l’école ! (CF le laboureur et ses enfants, le cancre)

2/ Je suis incapable de reformuler une idée toujours de la même façon, avec les mêmes éléments de langage. Forcément, mon esprit va biaiser et me faire hésiter, tergiverser, perdre mes mots, bref : paniquer, alors que pour le coup, je connais le sujet sur le bout du doigt puisqu’il vient intégralement de moi !

3/ Pour ces deux raisons, je déteste m’exprimer à l’oral. Je me sens exactement comme si j’allais en soirée mondaine cul nu et/ou en charentaises. Je suis extrêmement mal à l’aise lorsqu’il faut parler en public. Je fais de gros efforts sur moi-même pour donner le change mais j’ai toujours cette impression de nullité absolue avant, pendant et après que je me suis exprimé. C’est aussi souvent le cas dans d’autres circonstances (pendant des présentations au boulot, par exemple).

4/ Je n’ai aucun sens de la répartie. À l’écrit, ça va, je me débrouille : j’ai plus de temps pour me poser. Mais à l’oral, on est dans l’instantané. Alors je n’arrive pas à ordonner mes pensées, je n’ai plus aucune subtilité, aucun filtre, je bafouille et je finis fatalement par m’agacer et perdre tous mes moyens.

5/ Je trouve les arguments mais toujours dix ans plus tard (han, j’aurais dû dire ci, répondre ça…). Et puis surtout, je n’arrive pas toujours à faire de liens directs entre les différentes idées. Ou alors ce sont des liens illogiques pour le commun des mortels. Du coup, je finis invariablement par lasser mon auditoire et je passe ma journée à ruminer.

6/ Je déteste me répéter (digression : je n’arrive pas à comprendre comment un musicien peut jouer toute sa vie les mêmes morceaux sur scène – ça me rendrait fou). Et donc, par automatisme, je vais essayer de reformuler une recette qui a pourtant fait ses preuves. Et je vais m’enfoncer dans des discours pompeux ou superficiels (au choix). 

Résultat, le lecteur potentiel n’y comprend rien et finit par se barrer sans acheter mes livres. Par contre, il va faire le plein chez le voisin moins crétin. Quand ça arrive, je me flanquerais des baffes à m'en décalotter la boîte crânienne, et la chanson de Patrick Sébastien me hante pour le restant de la journée. Savoir se vendre, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde. Et c’est même triste, pour quelqu’un qui bosse dans la com !

En attendant, je me suis bien cassé le cul à écrire les pitches, les résumés et la communication de mes bouquins. Je pense que ça vaut le coup que vous alliez y jeter un œil ^^

lundi 29 décembre 2025

LA V1 DE "UN CAUCHEMAR SANS NOM" EST TERMINÉE !!!

Voilà, les amis ! Je viens de terminer l'écriture de la V1 de mon nouveau roman, dont le titre de travail était "Un cauchemar sans nom", et qui devrait a priori garder ce nom-là. Enfin sauf si mon éditeur en trouve un meilleur d'ici la publication (j'espère que ce sera pour la rentrée littéraire de septembre).  

De quoi ça parle ? 

"Un jour, je me suis réveillé et mes rêves sont devenus réalité. Et depuis, c'est comme ça tous les jours. Un véritable cauchemar sans nom. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi."

Mais évidemment, il y a plusieurs arcs narratifs. C'est un roman fantastique, bien sûr, mais pas uniquement. C'est aussi une histoire d'amour, une quête initiatique, une chronique de la folie (extra)ordinaire... Je pense qu'il y a quelques similitudes avec "Les Routes du crépuscule" dans le genre d'histoire. 

Mais en réalité, #UCSN est la clé de voute de toute "mon oeuvre" (lol - gros péteux !). Les lecteurs qui connaissent mes autres livres ("Mauvais berger !", la trilogie "L'infection", "Les Routes du crépuscule" et "Le Moment ou jamais") comprendront pourquoi je dis cela. Ceux qui ne les ont pas encore lus ne seront pas perdus. Je me suis arrangé pour que les anecdotes soient comme autant de private jokes plus ou moins discrets qui ne nuisent pas à la lecture. Dernier détail : le roman se passe... à Mauléon-Licharre et en Soule ! Comment aurait-il pu en être autrement ? 

Quel est le programme pour la suite ? 

Je vais laisser reposer la V1 pendant un mois ou deux et je vais lire plein de livres que j'ai en retard, histoire de faire une grosse césure avec ma propre façon d'écrire. Et puis quand j'estimerai que c'est bon, je relirai tout de A à Z en un week-end, tout en effectuant les corrections, suppressions, rajouts qui s'imposeront.  

Ensuite, j'imprimerai la V2 et je l'enverrai au comité de lecture de mon éditeur originel, Astobelarra. Je ne vais même pas tenter de l'envoyer à une autre maison d'édition. Je suis du genre fidèle, loyal envers mes bienfaiteurs. On verra ce que les membres du comité en pensent et s'ils ont des suggestions d'amélioration du manuscrit. 

Ensuite, en fonction de leur décision, je vais travailler sur la couverture du roman. Actuellement, celle que vous voyez ci-contre n'est qu'un montage réalisé à partir de visuels commandés à ChatGPT. Mais je compte faire travailler un artiste sur le sujet. Je suis assez fan de la patte de Macchabee Artworks, qui a déjà travaillé sur plusieurs de nos livres. On va voir si l'histoire inspire Matthias !

Et après ? 

Après, je vais m'occuper de la promotion du livre. Il y aura possiblement une souscription en ligne et je réfléchis à un ou deux goodies un peu spécifiques et originaux. À voir si ça fonctionne et si j'arrive à les faire produire localement et pour un prix acceptable. Je vous en dirai plus dans un avenir prochain ! En attendant, je vous souhaite à toutes et tous d'excellentes fêtes de fin d'année ! 

vendredi 3 octobre 2025

VIS MA VIE D'ÉCRIVAIN #7 : Le livre qui valait un milliard...


Je dois être un grand naïf, mais je suis toujours étonné de la propension qu'ont certains êtres humains à mettre en œuvre des manières plus ou moins légales de faire du fric sur le dos des autres. 😏

J'étais tranquillement assis sur le trône, en train d'essayer de me distraire en scrollant sur les pages d'Amazon lorsque je suis tombé sur "Mauvais berger!", mon premier livre (première édition) mis en vente à 2000€ !

Oui, vous avez bien lu : DEUX-MILLE EUROS !!! Pour un livre à 10€ à la vente, incomplet (j'ai sorti une version augmentée en 2019), avec des coquilles et une couverture jaunie, comme si elle avait été créée par un ChatGPT consanguin ! 

Pour vous dire, je ne sais même pas si mon éditeur a gagné cette somme avec les ventes de cette tranche de vie (qui demeure notre "best seller", jusqu'à aujourd'hui). Je me demande sur quels critères le vendeur a décidé de lui coller ce prix. Article de collection ? Chef d'œuvre en perdition ? L'auteur serait-il entré à la postérité sans même le savoir ? 💵

Si le prix continue à augmenter de façon aussi exponentielle à mesure que passent les années, sa valeur pourrait atteindre le milliard d'ici la fin du siècle ! Et alors là, à moi les implants capillaires ! On m'appellera Etienne BG, après.

Bon, si je préfère en rire, je ne vous cache pas que tout cela m'agace au plus haut point ; mais je me dis que l'idiot qui achètera ce bouquin à ce prix n'est sans doute pas encore né. Du moins j'espère !


lundi 3 février 2025

VIS MA VIE D’ÉCRIVAIN #4

Ce week-end, j’ai participé, comme chaque année depuis la sortie de Mauvais berger !, au salon du livre de Navarrenx. Astobelarra présentait quatre livres au prix des remparts cette année, et c’est avec une joie non dissimulée que la maison d’édition souletine a raflé une troisième récompense (dans ce salon), grâce à Les Sens hors des nerfs, le dernier roman de Thomas Ponté, preuve s’il en fallait une, que nos auteurs sont des cracks et leurs textes de grande qualité. Comble de bonheur, nous y avons réalisé (de très haut) notre meilleure performance commerciale depuis que nous participons à ce salon (je sais que c’est un sujet considéré comme trivial par nombre d’écrivains, auxquels je rappelle qu’ils écrivent à la base pour être lus, donc pour que leurs livres soient vendus, eh oui).

Mais je ne suis pas là aujourd’hui pour passer la brosse à reluire à mon éditeur ni à Thomas Ponté (même s’il le mérite, et ce depuis la sortie de son tout premier livre) ni pour parler "pognon de dingue". Dans ce type d’évènement, il arrive parfois qu’il y ait de courtes vagues de clients potentiels et parfois de longs creux, durant lesquels j’ai tout le loisir d’observer mon prochain, avec un œil souvent critique et implacable, il est vrai...
Dans les épisodes précédents, je vous ai fait le portrait d’improbables badauds ou de confrères plus ou moins opiniâtres. Concernant ces derniers, je pensais avoir tout vu, en 18 ans de salons/marchés en tout genre. Erreur ! Il y a toujours pire et avec encore moins de scrupules !

Ce coup-ci, je me suis agacé (et je ne suis pas le seul) du comportement absolument détestable d’un auteur qui, non content d’afficher une expression dédaigneuse pendant tout le week-end, a passé le plus clair de son temps à interpeler les passants, à peine avaient-ils ouvert la porte. Le type se trimbalait dans les travées (parfois loin de son propre stand) avec une affiche A3 plastifiée dans chaque main et les refourguait impérieusement aux gens avant qu’ils aient eu le temps de dire ouf. Le samedi, il y avait 5 auteurs dans le coin où l’organisation l’avait placé (devant l’une des entrées). Le soir même, 3 d’entre eux avaient lâché l’affaire, excédés et découragés, car en face d’un tel zozo adepte de la concurrence la plus déloyale et la plus impitoyable, impossible de vendre quoi que ce soit. Le dimanche, le quatrième auteur restant a tenu jusqu’à 16 heures, et a préféré partir avant de devenir violent (et on le comprend).

Pile à côté : le même vampire mais « en femme » et qui n’a pas hésité à placer son roll-up juste devant le stand de l’infortuné quatrième, dès qu’il a eu le dos tourné. Aucun respect, aucune vergogne, aucune dignité ! Je ne comprendrais jamais ces gens qui sont prêt à toutes les provocations, toutes les exactions et à marcher sur la gueule des autres pour sortir du lot. Tout ça pour vendre un pauvre livre de plus que le voisin. Il me semble que les organisateurs de salons devraient faire signer un règlement intérieur à chaque exposant, dans lequel serait spécifié qu’il est interdit de démarcher à l’extérieur de son stand, interdit de prendre les gens à partie, interdit de racoler et de faire de la vente forcée et surtout interdit de manquer de respect à ses confrères. Il y va du maintien d'une bonne ambiance comme de la réputation des salons du livre. 

Alors on pourra arguer qu’une signature, ça n’engage que ceux qui respectent les règles. Pourtant, si tout est bien spécifié noir sur blanc et accepté par tous les exposants, ça devient quasi-contractuel. Il n’y aurait alors aucun mal à dénoncer puis à dégager le ou les indésirables qui n’en tiendraient pas compte ! Après tout, un homme averti en vaut deux.
D'ailleurs, si ça ne tenait qu'à moi, ce serait : « Tu fais chier tout le monde ? Ben t’es viré (et tricard partout), basta ! »
Ça m’agace d’avoir à écrire ça, mais même dans ce milieu, où l’on pourrait penser que les gens sont un peu mieux éduqués, plus cultivés et donc plus respectueux des autres que la moyenne, l’homme reste un loup pour l’homme. Aussi vrai que certains ne comprennent rien d’autre que la sanction la plus radicale.

dimanche 5 janvier 2025

ON NE PARLE BIEN QUE DE CE QU’ON CONNAÎT…

C’est, du moins, ce que prétend la maxime. Mais est-elle applicable au travail d’un romancier ? Je me pose cette question car je suis en train de terminer « Dernière nuit à Twisted River », excellent roman de John Irving, et le personnage principal, un romancier (ça ne s’invente pas), s’amuse s’agace de cette manie qu’ont les journalistes de toujours chercher à savoir si tel ou tel personnage, telle ou telle situation, sont directement inspirés de la réalité, de l’expérience ou de la vie de l’auteur : « Quant aux anciens journalistes devenus romanciers, ils adhéraient tous à ce morne précepte hemingwayien : parler de ce qu’on connaît. Foutaise ! Il ne faudrait parler que des gens qu’on connaît ? Ô combien de romans mortellement ennuyeux on commet au nom de ce principe fumeux et boiteux ! »

Avec ma petite expérience d’écrivain local, je dois également répondre à ce genre de questions lorsque je sors un bouquin : « Est-ce que c’est autobiographique ? Est-ce que ce personnage – qui en prend plein la gueule – ne serait pas directement inspiré de tel chef d’entreprise (et ancien maire), qui a un jour été ton patron ?  Est-ce que celui-ci ne serait pas le portrait craché de ton ex-femme ? Il a vraiment fait ci, elle a vraiment dit ça ? » À la décharge des gens de la presse, dont j’ai fait partie durant la première décennie de ce millénaire, je situe les histoires que je raconte sur mon lieu de vie (tout comme beaucoup d’autres auteurs, John Irving ou Stephen King inclus). Forcément, cela peut laisser penser que je parle aussi des gens d’ici et que je chercher à régler des comptes. Difficile de contredire…

Pourtant, et mis à part « Mauvais berger ! », qui est une tranche de vie dans laquelle je n’ai rien inventé, mes livres sont en grande majorité des histoires fantastiques, ou des thrillers horrifiques. Ce sont des romans, c’est à dire des histoires créées de A à Z, avec des personnages entièrement construits pour l’occasion. Même le cadre où se déroule l’action n’est pas exactement conforme à la réalité. C’est une Soule fantasmée, où seules les grandes lignes (les couleurs, les forêts, le nom des lieux et des collines…) sont respectées. Le reste étant comme une empreinte de pas dans la neige. On sait que c’est un pied chaussé de crampons qui l’a faite, mais ce n’est pas le pied en lui-même que l’on voit. Juste le souvenir plus ou moins lointain et dégradé qu’il a laissé après son passage.

Pour les personnages, c’est à peu près la même chose. La différence, c’est qu’ils sont davantage des amalgames d’empreintes que des emprunts directs à telle ou telle personne réelle. Tout comme les monstres/robots en Légo que je fabriquais, enfant, ce sont de pures constructions, uniques, faites de briques existantes et que je m’amuse à mixer dans tous les sens, flirtant souvent avec la caricature (je ne m’en cache pas). Par exemple, pour « Antton Aguer », qu’on retrouve brièvement dans « L’infection T1 : Contage » et dans « Le Moment ou jamais », certains traits de caractère sont empruntés à tel politicien local, d’autres à tel manager d’entreprise, et d’autres encore à deux ou trois autres tyrans rencontrés tout au long de ma vie. Il y a même du « Aimé De Mesmaeker » chez Antton Aguer, pour ceux qui auront la référence ! C’est d’ailleurs l’image qui me guidait parce que je souhaitais coller une dimension tragi-comique à ce personnage.

Vous l’aurez compris, mon but n’est pas d’afficher qui que ce soit en particulier, mais qu’au final, personne – ou n’importe qui – puisse se reconnaître dans ces figures peu nuancées.
En conclusion, mes personnages s’inspirent de la réalité, mais ils ne sont pas la réalité. Ils viennent de moi, ils sont moi. Ce sont des interprétations personnelles d’empreintes déformées laissées dans ma vie par une multitude de vrais gens. Peut-être me suis-je inspiré de quelques-unes d’entre vous pour créer « Jessica » (dans « Les Routes du crépuscule ») ? Peut-être que j’ai décalqué des petits bouts de votre personnalité lorsque j’ai construit « Patrice Bodin » (dans les trois tomes de « L’infection ») ? En tout cas, vous seriez bien bêtes de vous en offusquer, si jamais vous vous reconnaissiez ! ^^

lundi 30 décembre 2024

Myriam Chazalon remet le couvert, avec "Mauvais berger !"

Myriam Chazalon, aka Séléné Peel, du blog #SatanBoucheUnCoin a lu et aimé "Mauvais berger !".
Elle a lâché une chronique très sympa sur son compte Instagram : 

Après les routes du crépuscule et le moment où jamais, je retrouve une troisième fois avec grand plaisir Étienne H. Boyer. Me voilà avec entre les mains, son premier roman : Mauvais Berger, roman autobiographique. 
Mauvais berger, ou comment ne pas revenir à ses moutons... 
Premier roman peut-être, mais j'ai bien reconnu sa patte. Celle d'Étienne hein, pas celle du mouton !

Donc mauvais berger c'est l'histoire (vraie) d'un mec qui aurait pu, si il avait côtoyé les bonnes personnes, réaliser son rêve de jeune adulte. Mais le mec, il a mis un pied dans la boue, deux pieds dans la boue et le reste dans la fange...
Et pourtant, pourtant... Pour le commun des mortels, tu sais, celui qui mange son yaourt et qui déguste son fromage de brebis, berger ça semble facile, sympa, bucolique. Tu passes ton temps dans la montagne, à laisser ton chien faire tout ton boulot, à être loin de toute civilisation, de ses contraintes et de tous les cons qui la peuplent. Tu es au grand air toute la journée, et quand tu rentres les joues rosies par ce bon air non pollué, tu te cuisines un excellent repas avec de bons produits sains et bio dans ton refuge. C'est un peu comme si tu étais tous les jours en vacances non ?
Oui mais.... Il a un joli nom ce mais... Il se prénomme Nanette. 
Malheureusement, l'amabilité du personnage est inversement proportionnelle à la douce sonorité de ce charmant surnom... Sous ce patronyme, se terre Fernande.... Aigrie, méchante, qui exploitera et pressera le jeune Étienne comme elle le ferai avec l'un de ses fromages. A tel point que, lorsque tu finis de lire le dernier mot de Mauvais Berger, quand tu penses à Fernande tout tes poils se tendent... Tu l'auras compris lecteur, ce livre te racontera l'histoire d'une passion avortée, d'un harcèlement au travail... Une tranche de vie que tu prends dans la tronche. 

Lire ce roman, c'est se délecter de la réponse du Mauvais Berger à la mauvaise bergère... Précipite toi pour lire Étienne H. Boyer, en cette période de Noël, un petit cadeau lecture, c'est le moment où jamais.... 

À noter : Myriam a également écrit une géniale chronique au sujet de "Le Moment ou jamais" sur le blog #SatanBoucheUnCoin : ici ! Je vous laisse la découvrir ! 

lundi 20 novembre 2023

La recherche, étape essentielle à ne pas négliger

Un roman, et notamment un "thriller", ça ne s'écrit pas à la légère. Il vaut mieux savoir de quoi on parle, surtout lorsque le sujet développé est un peu technique, histoire de rendre le récit un minimum crédible et de ne pas passer pour un idiot auprès d'un lectorat un peu plus avisé que la moyenne. C'est pour cette raison que je passe énormément de temps à rechercher et corroborer des sources, à interviewer des spécialistes et à prendre des notes sur tous les sujets pour lesquels je sens que mes connaissances sont approximatives...
Bref, c'est un vrai travail journalistique, mais qui est véritablement essentiel. 

J'ai eu à faire cette recherche pour chacun de mes romans. Pour la trilogie L'infection (au sujet de l'intelligence artificielle, mais également des trous noirs et de l'espace-temps, de l'armement militaire, des missions et actions de la Gendarmerie, des différentes forces de police aux USA, de ce qui se passerait en termes d'environnement en cas de guerre nucléaire... Je suis même allé jusqu'à visiter de lieux emblématiques du roman dans le monde réel ainsi que via Google Streetview...) mais aussi pour Les routes du crépuscule (renseignements pris sur les hôpitaux psychiatriques en France, effets de l'usage de stupéfiants, repérages de lieux que je n'ai jamais vus comme le Vietnam ou le quartier Camden Town à Londres, etc.). La question ne s'est pas posée avec Mauvais berger ! car il s'agit d'un récit autobiographique, et donc tout ce que j'y raconte est vrai. De mon point de vue, s'entend.

Le moment ou jamais ne déroge pas à la règle. Par exemple, l'un de mes personnages se retrouve tétraplégique avec un syndrome d'enfermement, après un accident de voiture. Je suis d'abord allé chercher une spécialiste (ma cousine, infirmière de métier, m'a donné les bons termes médicaux). Mais il me fallait plus de détails pour la suite que j'imaginais, car la scène que je décris (et que vous découvrirez à la sortie du livre) se doit d'être réalisable et surtout réaliste, notamment pour éviter de distraire le lecteur, dont je souhaite qu'il soit uniquement assailli par un sentiment d'horreur. J'ai donc été chercher de la documentation en ligne sur la façon de nourrir ou désaltérer une personne dans cette situation (cf vidéo ci-dessous). 

Verdict : cela va supposer des petits aménagements pour que ma vision de la scène colle avec le réalisme imposé par la situation, mais comme le dit le proverbe : à cœur vaillant, rien d'impossible ! 

Soyons clairs : inutile de tout vérifier pour rendre une histoire crédible, surtout lorsqu'il s'agit d'une fiction avec des incursions fantastiques car c'est un genre littéraire qui autorise un minimum de fantaisie. Par exemple : j'ai situé la première partie du roman au château de Libarrenx. Mais ce n'est pas exactement pour l'usage qui en est fait dans la réalité : j'ai transformé la bâtisse en Ehpad. Je me suis donc permis certaines libertés concernant l'agencement des pièces, couloirs et autres commodités. Ce qui ne m'empêchera pas d'aller voir sur place à l'occasion, maintenant que le texte est écrit, davantage par curiosité personnelle que par souci du strict respect de la réalité.

Mais on ne peut pas faire n'importe quoi non plus ! C'est un mélange subtil entre fantastique et réalisme et l'un ne doit pas nuire à l'autre. En ce qui me concerne, tout doit paraître plausible. Je pense que je suis dans la bonne direction avec Le moment ou jamais. Vous m'en direz des nouvelles, le moment venu ! ^^ 

Mes livres : 

mardi 12 septembre 2023

Si t’es pas prêt à ça, t’es pas prêt pour ce métier !

Ce matin, je me suis réveillé à 6h00 pour aller au travail. Je mets en général une dizaine de minutes à émerger, temps que je mets à profit pour regarder les nouvelles tombées dans la nuit. J’ai ouvert Google Actualités sur mon smartphone et mon œil a immédiatement été attiré par un article parlant du bassiste de Metallica, qui titrait : « Robert Trujillo a rejoint ses anciens compagnons de groupe de Suicidal Tendencies… »

Quelques jours auparavant, j’avais rêvé que Jason Newsted retrouvait sa place, 22 ans après avoir été débarqué (je sais : j'ai des rêves bizarres...). Ce qui est amusant car sans détester, je n’ai jamais été un immense fan de Metallica. Thomas Ponté s’amuse à dire que « Metallica, c’est Johnny », et finalement, je trouve qu’il a assez raison. Et c’est donc empli d’une curiosité malsaine que j’ai ouvert le lien et commencé à lire…

Mais avant d’avoir compris une seule ligne de l’article, j’avais déjà vu ça (image ci-dessus). Mais « What the fuck ! » est la première expression qui me soit venue à l’esprit, suivie de « Bordel de cul ! » Jugez un peu : je vois trois fois sur la même page la couverture de mon dernier roman proposé à la vente quasiment à moitié prix par Momox. Et juste à côté de celle du dernier Beigbeder, qui plus est ! Qu’avais-je fait pour mériter ça ?

Et puis je me suis rappelé que « les routes du Crépuscule » fait partie de mes alertes Google. Chaque fois que l’expression (ou un bout de l’expression) est utilisée en ligne, Google m’avertit chaque matin à 8h00. Pareil pour « Mauvais berger », « Astobelarra », ou « Mauléon-Licharre ». Sans oublier que Dimanche, lors du salon du livre de Lons, nous avions évoqué « Confessions d’un hétérosexuel légèrement dépassé » et que j’avais cherché la couverture dans Google Images. Bref… Tout ça parait logique.

La petite voix de Roger (cf Le moment ou jamais) a alors tinté dans mon oreille droite : « C’est le jeu ma pauv’ Lucette ! Fallait pas chercher ça sur Google ! » Certes, lui ai-je répondu, mais mon livre est bien en vente sur Momox, lui ! Et à moitié prix, surtout ! Du coup, je suis allé chercher sur Google ce que c’était que ce site avec un nom aussi bizarre, et voici un extrait de sa fiche Wikipedia : « Momox AG est une société de recommerce allemande fondée à Berlin, et spécialisée dans l’achat/vente de livres et articles culturels d’occasion. » Comme Rakuten (ex-Price Minister), quoi…

Voilà donc pourquoi !

Cela dit, ça m’a fait très bizarre sur le coup. Genre ascenseur émotionnel. J’étais partagé entre une sensation de joie : « Putain, mais mon livre est proposé à la vente dans des pubs en ligne !!! Incroyable, je suis aussi célèbre que Beigbeder ! Je vais enfin pouvoir me faire poser des implants capillaires pour ressembler à Jésus, moi aussi, et avant Thomas Ponté en plus ! » et une immense déception : « Ah mais c’est que des pubs ciblées… Quelle merde ! Chuis qu’une merde ! »

Et puis j’ai repensé à une récente story de Dreamkid, dont je suis le compte Instagram. Il publiait un commentaire immonde qu’il avait reçu rapport à son look extravagant, avec cette mention : « si t’es pas prêt à ça, t’es pas prêt pour ce métier ! » Alors j’ai relativisé, j’ai puisé au plus profond de moi la force de me lever, suis allé pisser et le reste de ma vie a continué… Comme d’habitude. Au temps pour les dreadlocks ! 

Thomas, tout est encore possible pour toi ^^

jeudi 7 avril 2022

Une revue de libraire sur Radio Oloron !

Hier, j'ai eu la très agréable surprise de découvrir cette interview de Cédric Laprun, libraire à l'Escapade à Oloron-Sainte-Marie diffusée en podcast sur Soundcloud

Il y parle de Les Routes Du Crépuscule en le qualifiant de #PageTurner, ce qui me fait très plaisir car, outre le fait que c'est bien la première fois que quelqu'un utilise ce mot pour un de mes livres, j'ai effectivement construit ce roman de façon à ce que les lecteurs soient pris par l'histoire chapitre après chapitre et ne puissent plus décrocher jusqu'à la toute fin.
C'est d'ailleurs la teneur de la totalité des commentaires que j'ai reçus depuis la sortie du livre, hormis celui-ci. Eh oui, il en faut bien un...

Du coup j'en profite pour vous rappeler que je serai en rencontre / dédicace à l'Escapade ce samedi 9 avril de 9h30 à midi avec Les routes du crépuscule, évidemment, mais aussi avec mes titres précédents. Alors si vous n'avez jamais lu Mauvais berger ! ou encore ma trilogie fantastique L'infection, ce sera le moment de venir vous les faire dédicacer en direct-live !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Alors adishatz ! Comme on dit dans le Béarn ! 😊

mercredi 24 novembre 2021

Ecrire, d'abord pour se libérer de... soi-même !

@pedrofigueras - pixabay.com

J'écoutais, l'autre jour sur France Inter, Clara Dupont-Monod, récipiendaire du prix Femina 2021 pour son livre "S'adapter" - que je n'ai pas encore acheté mais dont le sujet me tente bien - parler des raisons pour lesquelles elle écrit. Elle a eu cette curieuse, mais ô combien judicieuse comparaison et que je vous retranscris d'après mes souvenirs, ici : "C'est un peu comme lorsque vous êtes au lit et que vous avez terriblement envie de faire pipi. Vous pouvez dormir, mais vous dormirez mal. vous dormirez mieux une fois que vous vous serez soulagé. Je vis mieux depuis que je j'écris ce qui me trotte dans la tête". On ne pouvait pas trouver meilleure métaphore, non ?

Dans la saga "Harry Potter", Albus Dumbledore arrache des souvenirs enfouis de son cerveau pour les revoir (et les partager) dans une Pensine. Image plus poétique, quoi que plus ésotérique. 

Récemment, une de mes collègue m'a demandé pourquoi j'écrivais des "romans de genre". Pourquoi tout ce sang, cette violence, ces morts ? Ma réponse a semblé l'effarer : "D'abord parce que j'en ai envie, évidemment, mais également parce que je ne sais pas ce qui pourrait advenir si je ne sortais pas toute cette merde qui virevolte dans ma tête... Il faut donc considérer que je fais œuvre de bienfaisance pour la société, en écrivant ces livres". Ce disant, j'ai exécuté une grimace perverse et lâché un vieux rire sadique. Effets visibles (et très amusants) garantis !

Plus sérieusement, c'est bien de cela qu'il s'agit : j'écris d'abord pour me libérer de moi-même, de toutes ces pensées folles qui me viennent, m'habitent et me tourmentent. C'est un exutoire, une thérapie. C'était le cas pour "Mauvais berger !" mais aussi pour la trilogie fantastique "L'infection". C'est également le cas pour "Les routes du crépuscule". Car avouons-le : une fois que c'est sur papier, ce n'est plus dans ma tête, mais potentiellement dans la vôtre. 😁

Des personnages, pas des personnes réelles !

Aujourd'hui, un certain nombre de personnes (notamment des familiers ou des collègues auteurs d'Astobelarra) ont lu le manuscrit de "Les routes du crépuscule" et m'ont fait leurs premiers retours, plutôt positifs. Cela dit, quelques-uns ont cru reconnaître des personnes de mon entourage au fil de l'histoire. "C'est ton ex, ça, c'est évident ! Et ça c'est toi !" Et inévitablement, je me retrouve dans le peau de Christian Clavier dans "Mes meilleurs copains", à devoir expliquer que "non, non et non, ce n'est qu'un roman, une œuvre de fiction et que ce ne sont que des personnages, pas de vraies personnes, etc... d'ailleurs elle est blonde !
On m'avait déjà fait le coup avec "L'infection". Il faut dire que j'ai commencé par raconter une tranche de vie dans "Mauvais berger !", alors du coup, forcément, j'ai donné de mauvaises habitudes ! Mais là, comme il s'agit d'un récit plus réaliste, les comparaisons sont encore plus flagrantes et faciles à faire.

Soyons honnête : je ne peux pas nier que mes personnages s'inspirent de personnes réelles, ou du moins de l'empreinte (souvent déformée par le temps) qu'ils/elles m'ont laissé. Mais ce sont généralement des mélanges de traits de caractère, de personnalités - parfois jusqu'à la caricature, j'en conviens - et de choses que j'ai vraiment vécues ou ressenties, rien de plus.

"L'empreinte de l'ours dans la neige, ce n'est pas l'ours, de même qu'on ne peut pas résumer une personne au pet - fut-il infâme - qu'elle a laissé sous la couette."

Bref, je sors tous ces trucs de ma tête pour m'en débarrasser, pour mieux vivre au quotidien et pas par vengeance ni pour qu'on dise "oh le pauvre, comme il a souffert !" ou "oh quel fragile, celui-là !". Et je me dis que, vu que nous sommes tous des êtres humains (certains plus que d'autres, il est vrai), peut-être se trouvera-t-il des gens parmi mes lecteurs chez qui cette histoire aura une résonnance toute particulière. 

Quelque chose me dit qu'un jour ou l'autre, on s'est tous posé (ou on se posera) cette même question : "si tu avais la possibilité de tout recommencer, que ferais-tu ? Exactement la même chose ou tenterais-tu de devenir celui ou celle que tu as toujours rêvé d'être ?"
Celui ou celle qui me fait une réponse honnête sans se fracturer le cerveau a gagné. ^^

mardi 20 avril 2021

Du choix du titre...

Des tests de 1ère de couverture pour Les routes du crépuscule

Le titre d'un roman, tout comme sa couverture, est l'un des aspects à soigner en priorité. C'est la première chose qu'un lecteur verra chez le libraire, il faut donc que ce soit le plus "rentre dedans" et sans équivoque possible. En ce qui concerne mes propres bouquins, je ne peux pas dire que j'aie galéré pour trouver mes titres. Ils se sont tous plus ou moins imposés à moi, comme une intuition. 

"Mauvais berger !" parce qu'à la page 121 dans le texte (de la version ultimate), j'écris "Enfin ça y est, c’est dit : je ne suis pas un bon berger…" Et si je ne suis pas un bon berger, je suis ? Vous l'avez ?
Voilà, c'est de la simple logique...

Pour "L'infection", là aussi c'était facile : l'histoire parle d'un virus informatique qui infecte le monde et qui provient d'une île virtuelle de Second Life elle-même appelée Infection. Il m'a suffi de rechercher "les 3 phases d'une infection sur Internet" pour trouver les sous-titres de mes trois volumes, Contage, Pandémie et Sepsis. Et tout s'est parfaitement mis en place tout seul, ou presque. 

Pour mon nouveau roman en cours d'écriture, "Les routes du crépuscule", j'ai longuement hésité entre "sentiers" et "chemins". Je trouvais "route" un peu trop large, pour symboliser une vie. Mais je trouvais aussi que le mot sonnait mieux avec "crépuscule". A force de tergiverser, on s'aperçoit qu'on n'avance pas dans la rédaction de l'histoire, alors j'ai cessé de me casser la tête et j'ai décidé que ce serait mon titre de travail. Si ça se trouve, un truc plus classe va émerger au fil du récit... Et il se peut aussi que je ne trouve rien de mieux, au final. 
Ce qui m'embête un peu car l'un des frères de Thomas Ponté en a fait un genre de contrepèterie trash : "les croûtes du prépuce purulent". Bon, ça ne m'a pas vexé outre mesure, j'ai même trouvé ça très drôle. J'ai l'autodérision très développée. Sauf que du coup, comme le dit le proverbe geek : what you have seen, you cannot unsee*... Donc je ne vois plus que ça, depuis... Merci Olivier ^^

J'ai aussi une autre idée pour un Spin Off de L'infection. Comme je l'ai déjà indiqué par ailleurs, j'ai envie de continuer à faire vivre cet univers et certains des personnages. Pour l'instant, si j'ai bien le fil rouge de l'histoire, je n'ai pas encore de titre précis en tête. On verra quand je me mettrais sérieusement au boulot. 

Ma compagne, qui a adoré "Mauvais berger !" m'a suggéré de me lancer dans une nouvelle tranche de vie illustrée, dans laquelle je raconterais mes aventures de Gendarme Auxiliaire (GA Boyer) et d'agent de sécurité (le blues de l'ADS). Elle appelle ça "la saga des Mauvais" et ça la fait bien rire. J'ai déjà pondu une partie des textes sur mon autre blog, mais c'est tellement lointain tout ça (plus de 25 ans) que je ne suis pas certain de pouvoir me rappeler de tout. Et puis je vais peut-être devoir renommer les personnes et les lieux, histoire de m'éviter des poursuites judiciaires... 
Bref, du boulot en perspective ! 


*Ce que tu as vu, tu ne peux le dé-voir.

vendredi 13 novembre 2020

Une trilogie fantastique et horrifique ? Ben ça, c'est fait !


Je me souviens qu'en 2008, j'assiste à une soirée donnée par l'école de musique de Mauléon-Licharre dans la salle des fêtes de Barcus, dans laquelle mes enfants jouent. A la fin du spectacle je discute avec d'autres parents. Je tombe sur Edith Oliarj et, entre autres choses, nous parlons de Mauvais berger. Je lui dis que je suis fier de la sortie de ce livre, mais qu'entretemps, d'autres souvenirs me sont revenus et que je songe déjà à sortir une version deux, plus complète. Elle me répond quelque chose comme : "Tu devrais plutôt te lancer dans l'écriture d'un autre livre. Il te faut aller de l'avant, pas continuer à capitaliser sur un premier livre et ses multiples mises à jour..." Je me rappelle qu'à ce moment-là, je suis un peu gêné. Je dois répondre un truc nul, du genre :"ah oui, mais c'est prévu..." 

Oui, ça l'était. Je parlais déjà d'écrire un roman fantastique à mes collègues de boulot d'EMAC, en août 2008. Sauf que je n'avais pas encore eu l'idée. C'était comme qui dirait "dans l'air", mais pas encore bien assemblé dans ma tête. En novembre de la même année, j'ai eu cette épiphanie et j'ai entrepris la rédaction de cette saga, nommée L'infection, en suivant. Il m'aura fallu 5 ans pour sortir le premier tome, 5 ans de plus pour publier le second, et 3 ans de plus pour la terminer. 

Je ne vous cache pas que j'ai douté plusieurs fois, L'entreprise n'était-elle pas trop grande pour ma toute petite volonté ? Allais-je vivre assez longtemps pour la terminer ? Aurais-je assez d'imagination pour la développer de la façon dont je l'envisageais au début ? Est-ce que je n'étais pas trop caricatural, par moments ? Est-ce que je ne devrais pas m'occuper un peu plus des miens, au lieu de perdre mon temps sur ce texte idiot ? Qui suis-je pour prétendre écrire une trilogie fantastique et horrifique ? 
Oui, ça n'a pas toujours été simple. J'ai du batailler entre ce projet extrêmement obsédant et chronophage et ma vraie vie, le boulot, la famille (surtout)... Je ne suis pas loin de penser que la sortie du tome 1 Contage (en 2012) a probablement un rapport avec mon divorce. Mais peut-être pas, après tout... En tout cas, les dates coïncident étrangement. 

Parallèlement, le tome 2 Pandémie (sorti en 2017), celui de ma reconstruction personnelle, a été plus facile à écrire, même s'il m'a pris autant de temps que le premier. Le voyage aux USA m'a beaucoup inspiré et surtout redonné goût à la vie, et notamment cet épisode-ci. Autant je doute aujourd'hui de la présentation globale du premier tome (ce lexique à la fin, ce besoin de coller à la réalité de Second Life jusqu'au vocabulaire), autant ce volume correspond exactement à la vision que j'en avais au départ. J'en suis toujours aussi fier. 

Le tome 3 Sepsis, lui, est sorti pratiquement tout d'un coup de ma cervelle pendant le premier confinement. Contrairement aux deux précédents, je l'ai écrit dans l'ordre, un chapitre après l'autre. Les conditions étaient réunies pour un travail en hyper-concentration, et le récit était déjà bien construit dans ma tête, même s'il a fallu que je trouve une façon d'insérer les personnages de Gilen et Youssra, qui n'étaient pas prévus au départ. Je suis assez satisfait du résultat et de mon grand final. 

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Tout simplement parce que, pour plagier Jean-Jacques Goldman (une fois n'est pas coutume), il faut aller au bout de ses rêves, où la raison s'achève... Il faut y croire, s'accrocher malgré les critiques, malgré ses propres doutes perfides, malgré la vie qui n'est pas toujours tendre. Il faut croire en soi, en sa capacité à commencer et terminer un boulot et d'y mettre tout son cœur.
Voilà, aujourd'hui, j'ai sorti cette putain de trilogie. Je l'ai fait, et ce malgré tous les sacrifices que ça a pu me coûter. En me retournant vers le passé et sachant ce que je sais, je peux l'affirmer : si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. 

Cette dernière phrase, c'est le thème principal de mon prochain roman, intitulé Les routes du crépuscule, dont je viens de terminer le chapitre 6 hier. Je ne sais pas encore combien il y en aura, parce que je l'écris presque au jour le jour. Je suis une trame des plus simplissimes : début/milieu/fin, mais tout le reste s'invente au fur et à mesure. C'est un projet très enthousiasmant, avec beaucoup d'introspection, du cul, du punk-rock, un peu d'aventure(s)... Je vous tiendrai au courant des prochains développements. Possiblement, je publierai ici le premier chapitre. Alors soyez au rendez-vous ! 

mardi 1 octobre 2019

Une petite interview à l'attention de la presse...

Un très mauvais berger...
Le travail d'éditeur, c'est aussi de déterminer pour chaque livre les éléments de langage qu'on va donner à la presse. Et ceci en conservant le ton spécifique de l'auteur. D'où ces petites interviews qu'on a l'habitude de publier dans la gazette d'Astobelarra. Enfin, quand on y pense et qu'on a le temps de s'y prêter...

Rappelez-nous comment est né « Mauvais berger ! » ?

EHB : Si je réponds « dans la douleur », ça va faire un peu trop mélodramatique ! Il me faut revenir à la genèse. Pour résumer, il y a 20 ans, je travaillais dans une grande ville d’Aquitaine. Je ne me voyais absolument pas y élever des enfants et c’est ainsi que j’ai démissionné pour venir suivre une formation indemnisée de berger ovin à Menditte, en Soule, dans les Pyrénées Atlantiques. J’ai fait 2 ans d’études supplémentaires pour avoir ces brevets professionnels (BPO puis BPREA) qui permettent d’obtenir les aides de l’état et de l’Europe afin de créer son exploitation et s’y installer en tant qu’agriculteur. Ces aides financières étaient conditionnées au suivi d’un stage de 6 mois obligatoire en exploitation. Aussi, ai-je choisi d’en effectuer une partie en estives, dans le Béarn. C’est cela que je raconte, dans « Mauvais berger ! », dont l’essentiel a été écrit 10 ans plus tard en 3 nuits, lorsque je travaillais à l’usine. Il faut croire que c’était bien mûr, alors c’est sorti très vite ! Je l’ai d’abord publié sur mon blog, mais il est devenu « un vrai livre » à la faveur d’une rencontre décisive avec Laurent Caudine et les éditions Astobelarra – Le Grand Chardon. Aujourd’hui, je ne suis toujours pas berger, mais je suis resté vivre en Soule où je crois avoir trouvé ma place.

Vous en parliez depuis des années, elle est enfin là. Pourquoi avoir voulu sortir cette version augmentée ?

EHB : Quand la première version est sortie, en 2008, je la croyais complète. Mais au fil des mois et des années qui ont passé, d’autres souvenirs me sont revenus en mémoire. Tout comme les précédents, j’ai eu envie de les sortir de moi, de les écrire et je les ai d’abord publiés sur mon blog (www.etiennehboyer.blogspot.com) en tant que « bonus ». A un moment donné, j’ai arrêté d’avoir ces réminiscences, ou du moins, les dernières qui me sont apparues ne sont pas publiables en l’état. Du coup, j’ai décidé de couper définitivement la vanne et j’ai remanié le texte d’origine pour lui ajouter ces anecdotes supplémentaires et en faire cette édition « ultime ». Nous avons également choisi de changer de format : je trouve que le format poche est plus sympa, plus facile à tenir et à transporter. Du coup, il y a 80 pages de plus que la première version, mais le livre est aussi moins cher !

Pouvez-vous nous préciser de quoi parlent ces nouvelles anecdotes ?

EHB : Je trouvais le texte initial un peu sec. Ça manquait de « poésie », d’ambiance, d’expériences. J’ai raconté quelques souvenirs, quelques pensées… Je parle du brouillard et de l’orage en montagne, de la période de « Lutte » (c’est le nom donné à la reproduction des moutons), de l’art de siffler les brebis, d’hygiène et de promiscuité dans les cayolars, de musique, de tics de langage, de canif qui ne coupe pas… Il y a un peu de tout, en fait et j’ai même rajouté une ou deux illustrations. 
J’aurais aimé parler d’une personne emblématique de ces 6 mois en estives, mais c’est quelqu’un qui m’a laissé un bon souvenir. Les histoires que j’aurais eues à raconter sur elle ne l’auraient vraiment pas mise en valeur, alors j’ai préféré renoncer. Pourtant, elles étaient très « croustillantes » (j’en ris encore quand j’y repense), mais je ne suis pas quelqu’un de méchant. Je ne tacle que les personnes qui le méritent vraiment. 

« Il faut prendre ce livre comme une sorte de clin d’oeil bienveillant qui dirait : attention ! Berger, ce n’est pas ce que vous croyez !»


Quels sont les retours sur ce livre ?

EHB : Ils sont plutôt positifs. On en a quand même vendu pas loin de 1000 depuis 2008. C’est un des Best-sellers d’Astobelarra et j’en suis très fier. Les lecteurs le trouvent facile à lire (c’est un témoignage – il est écrit un peu comme on parle) et relativement drôle, malgré la gravité du sujet : le harcèlement moral au travail. Et de fait, je ne voulais surtout pas que ce soit larmoyant. J’ai donc construit le récit comme un huis-clos policier – un peu malgré moi puisque c’est une histoire vraie. Sans tricher sur la véracité des événements et de mon ressenti, Je me suis débrouillé pour séquencer avec des « Cliffhangers », de façon à ce que le lecteur ait vraiment envie d’aller au bout de l’histoire pour découvrir à quelle sauce le narrateur sera mangé.
En outre, à plusieurs reprises lors de salons ou de marchés auxquels participe mon éditeur, j’ai eu la surprise de rencontrer des personnes qui ont vécu la même chose que moi (et avec les mêmes protagonistes !!!), ce qui m’a d’abord rassuré (je n’avais ni rêvé ni inventé ce que j’avais vécu et raconté) et ensuite conforté dans l’idée que ce livre est nécessaire. Quand on vient d’ailleurs et qu’on souhaite devenir berger, on est souvent loin de s’imaginer à quoi – et surtout à qui – on peut être confronté. Je ne dis pas que tous les agriculteurs sont des monstres ni que berger est un métier dégueulasse, loin de là, mais il faut prendre ce livre comme une sorte de clin d’œil amical : attention, ce n’est pas ce que vous croyez !


Où le trouve-t-on ?

EHB : Il n’est pas encore partout dans le département des Pyrénées Atlantiques, mais tous les libraires de France et de Navarre peuvent le commander directement auprès des éditions Astobelarra. 
Sinon, il est chez Xibero’Bio à Mauléon-Licharre et à la librairie L’escapade, ainsi qu’à la boutique Totone Christobal et au centre culturel E-Leclerc à Oloron Sainte-Marie. Sinon, on peut toujours le commander sur le site Internet de l’éditeur www.astobelarra.fr.


Maintenant que ce livre est terminé, quels sont vos prochains projets ?

EHB : Actuellement, je travaille sur trois projets distincts. La suite (et fin) de ma trilogie fantastique « L’infection », qui est, pour ainsi dire, le principal travail en cours (le tome 1 est sorti en 2012, le tome 2 en 2017 aux éditions Astobelarra). 
Parallèlement, je suis sur la rédaction d’un autre roman que j’ai appelé « Les routes du crépuscule », qui sera une sorte d’histoire d’amour un peu fantastique, sur le thème de l’échec, des regrets, de la résilience… mais assez loin des standards à la mode de la « Feelgood Lit ». Là aussi, tout est prêt. Il ne reste qu’à rédiger, ce que je fais à mes moments perdus. 
Le troisième projet me tient tout particulièrement à cœur et monopolise l’essentiel de mes pensées du moment. Il est toutefois encore au stade de la réflexion (moyennement avancée) : je souhaite faire un livre pour promouvoir les cayolars ouverts de Soule. Je suis fan de randonnée, je dors régulièrement dans ces anciennes cabanes de berger restaurées (on y revient, à la thématique des estives en montagne !) et j’ai envie de partager cette passion avec les gens. Mais si je dois faire ce livre, ce sera en étudiant tous les tenants et aboutissants dans le détail et avec l’approbation des personnes concernées (bergers, assos de randonneurs, office de tourisme, et bien sûr : mon éditeur…). Je ne tiens pas à me sentir (ou être tenu pour) responsable des dégradations éventuelles que les touristes de tout poil pourraient commettre par la suite, donc je dois absolument « bétonner » ce travail. 
En résumé, sa sortie n’est pas pour demain !


Retrouvez cette interview et bien d'autres dans la prochaine Gazette des éditions Astobelarra.

mercredi 17 juillet 2019

Mauvais berger ! en version poche et augmentée sort le 11 août 2019 !

Le teaser officiel de la version poche, augmentée, ultime et définitive de "Mauvais berger !" est désormais sur Youtube. Le livre, lui, sort le 11 août à l'occasion du salon du livre du Camping **** Le Verdoyer et devrait être en librairie dans les jours qui suivent ! Et entre 2008 et 2019, il a gagné 88 pages et perdu 1 euro ! Cherchez l'erreur ? 

mardi 18 juin 2019

Mauvais berger (BONUS) : mon rapport de stage !


Je sais que certains d'entre vous, lecteurs, ont soit effectué le BPO ou le BPREA option ovins/lait, soit effectué un stage chez un berger. Et si vous avez seulement aimé "Mauvais berger !", cet article pourrait vous intéresser malgré tout.
J'ai mis le temps (20 ans, quand même !!!), mais j'ai enfin  réussi à remanier mon rapport de stage. Vous pouvez le lire en ligne ici : http://www.astobelarra.fr//documents/extraits/MB-rapport-de-stage.pdf.

J'ai refait les tableaux et les schémas, mais j'ai laissé les prix d'époque (en francs) car j'ai eu la flemme de convertir et chercher les prix actuels. On aura qu'à dire que c'est une "photographie" noir et blanc de mon exploitation agricole virtuelle à un instant T, mais que j'ai colorisée avec Photoshop.

C'est une exploitation "virtuelle" car j'ai tout inventé de A à Z, en me basant principalement sur mes cours de zootechnie, de phytotechnie et d'économie. Comme je devais produire un rapport de stage mettant en scène mon exploitation agricole et mes projets, pour obtenir mes diplômes, je me suis résolu à tout créer "from scratch". Rien de tout ça n'existe pour de vrai. Seule l'histoire tragi-comique que je raconte dans mon livre est véridique.

Si vous n'avez pas encore lu "Mauvais berger !", c'est ici qu'on l'achète :
https://www.astobelarra.fr/mauvais_berger.html ^^


mercredi 13 février 2019

Encore une admiratrice du "Mauvais berger !"

Ce matin, j'ai eu la surprise de découvrir cette image dans mon téléphone. C'est un de mes anciens collègues d'Immersive Lab qui me l'a envoyée par MMS, accompagnée de ce petit commentaire : "Encore une admiratrice".
Pour les non ou mal voyants, sur l'image, on peut voir mon premier livre "Mauvais berger !" avec un post-it collé dessus, sur lequel est écrit "Merci Cécile, c'était très distrayant".
Je peux vous dire que quand la journée commence comme ça, on a envie qu'elle dure plus de 24 heures ! 

C'est l'occasion pour vous annoncer que 11 ans après la sortie de la première version du texte, le prochain livre des Editions Astobelarra devrait normalement être la version poche augmentée de "Mauvais berger !", contenant plein de pages inédites. Je n'ai pas encore de date fixée (avant l'été 2019, peut-être ?), mais je peux vous dire qu'il fera entre 180 et 200 pages. 

En attendant, si vous n'avez toujours pas lu ce livre et que vous avez envie de vous divertir tout en brisant irrémédiablement vos rêves d'adolescent, vous pouvez encore le commander ici : http://astobelarra.fr/collection-humeurs-et-temoignages/10-mauvais-berger.html ou chez votre libraire préféré. 

mercredi 3 octobre 2018

Pourquoi j’écris les livres que j’écris ? #ParlonsMétier


Au salon du livre de Buzet sur Baïse
30 septembre 2018.
Aujourd’hui, je réagis à un tweet que j’ai vu passer cette semaine, sur le sujet des « raisons qui poussent un auteur à écrire ce qu’il écrit ». 
Je ne parlerai que de ce qui me concerne moi, puisque je ne suis pas dans la tête des innombrables autres écrivains qui publient chaque année.

Alors oui, pourquoi j’écris le style de livres que j’écris, comment je me positionne par rapport à l’industrie du livre, quel regard je porte sur mon travail, quelles sont mes ambitions ?
Première chose : j’écris des « romans de gare gores » parce que c’est ce qui m’a donné envie de lire quand je ne lisais pas, et c’est surtout ce que je voudrais lire. Enfin pas tout le temps, évidemment ! Mais j’aime les histoires qui n’ont pas d’autre finalité que le divertissement pur. Je veux faire passer des émotions, que le lecteur passe par toutes les palettes de sentiments possibles en lisant mes livres et cerise sur le gâteau : qu’il s’en souvienne longtemps. Je veux que lorsqu’il ferme le bouquin, le premier mot qui lui vienne à l’esprit, c’est « Woaw ! », suivi de « Cette claque ! » ou encore de « Bordel, qu’est-ce que je viens de lire, là !? »

Tout ce qui restera quand il n’y aura plus rien…

Bien sûr, j’aurais pu écrire tout cela sur ce blog, comme le font de nombreux autres auteurs, publiés par des éditeurs ou non. Mais si vous avez lu L’infection, vous savez ce que je pense de l’avenir de l’Internet et globalement de l’avenir de l’humanité… Un jour ou l’autre, tout cela est voué à disparaitre car notre espèce fait n’importe quoi avec sa planète. Je pense qu’un jour prochain, nous aurons épuisé nos ressources et nous devrons alors repartir de zéro, si toutefois il reste des survivants. Nos serveurs, nos ordinateurs, nos liseuses, nos disques durs externes, nos clés USB ne serviront plus à rien car il n’y aura plus de source d’énergie pour les alimenter. Il ne restera plus de notre civilisation que les livres. Au format papier.
Voilà ce que je veux, moi, en tant qu’écrivaillon. Que mes histoires de fou soient lues de mon vivant, bien sûr, mais aussi qu’elles soient un jour dénichées dans quelques armoires poussiéreuses et relues par les prochaines générations. Je n’ai pas d’autre ambition. Je ne cherche pas à atteindre la même célébrité que Nothomb, Moix, Tesson, Despentes ou Houellebecq ni à entrer à l’académie française, comme un Finkielkraut de génération X ; je ne suis pas là à attendre qu’un pognon de dingue ruisselle à flots (notez que je ne cracherai pas dessus si d’aventure, ça m’arrivait) ; je ne cours pas non plus après les prix de salons du livre. J’ai participé une fois – en vain – à celui d’Orthez en 2012. Je ne pense pas le refaire un jour. En ce qui me concerne, c’est du temps perdu.

Bien savoir où se situer dans son monde, et l’assumer à fond !

Ce livre a toujours autant de succès (relatif),
même 11 ans plus tard !
Je suis bien conscient que ce que j’écris est loin d’être de la grande littérature. Mon œuvre ne rivalisera jamais avec celles des grands maîtres comme Zola, Musset ou Proust, ou alors il faudrait qu’elles disparaissent et que la mienne subsiste. Mais étant donné mes tirages, il y a plus de chances que ce soit la mienne qui soit engloutie dans le tsunami de livres publiés chaque année en France. Elle ne va même pas à la cheville de celles de Bazin, Mauriac ou même de Stephen King. Et soyons objectifs : même la délirante saga du Bourbon Kid, que l’on doit à cet auteur qui souhaite rester « Anonyme » (la honte d’en être le géniteur ?), est nettement au-dessus – qualitativement – de ma trilogie fantastique. 
De même, il y a très peu de chances que je sois un jour étudié en classe. Ah pardon, j’oubliais que mon ancien professeur de zootechnie conseillait régulièrement la lecture de « Mauvais berger ! » à ses élèves. Pas pour ses qualités littéraires, mais comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on souhaite faire carrière dans l’élevage de moutons. ^^

Je sais tout ça. Vous ne m’apprendriez rien en me le disant, ça ne me ferait pas arrêter d'écrire et je vous prendrai pour un gros con. 
On en revient au début de ce billet (épanadiplose narrative) : ce que je fais, je le fais d’abord pour moi. Parce que j’en ai envie ET pour me sortir toutes ces choses de la tête, mais également pour laisser une trace, même minuscule, de mon passage sur cette planète, dans cette vie si courte.