mercredi 27 mai 2026

J’AIME / J’AIME PAS… RAF ?

Dans mon boulot (celui qui paye mes factures), mon chef de service ne veut pas qu’on dise « j’aime / j’aime pas ». Pour lui, ce ne sont pas des arguments recevables. Lui, il veut des raisons objectives, concrètes, constructives, quantifiables, palpables. Je comprends parfaitement sa vision et je pense que c’est la plus juste, dans un cadre professionnel. Pour autant, je ne peux pas nier non plus le côté purement ressenti humain, épidermique, viscéral des choses. Aimer ou ne pas aimer quelque chose (ou quelqu’un), c’est de l’ordre de l’intangible, de l’inexplicable, et pourtant c’est tout aussi réel.

Moi-même, je peux dire que je n’aime pas certaines personnes. Ça peut être dû à des actes posés par ces individus ou à des raisons plus « ésotériques » : sa gueule ne me plait pas. C’est comme ça, c’est humain. Parfois je suis obligé de faire semblant d’apprécier untel pour des raisons « politiques », parce que je travaille avec ou parce que nous avons des projets en commun. Le plus souvent, mon visage et ma posture sont suffisamment expressifs pour que je n’aie pas à jouer les hypocrites.

Il en va de même pour la musique, la littérature, l’art pictural. Je l’avoue : je peux me montrer relativement fermé sur certains sujets. Par exemple, le Jazz. Il y a des années, j’ai établi un postulat simple et n’en déroge pratiquement jamais : JE DÉTESTE LE JAZZ. Je trouve le style répétitif, surcoté, pédant, stridant, aussi long, désagréable et entêtant qu’un robinet qui remplirait le réservoir d’une chasse d’eau infinie. Mais il m’arrive parfois de changer d’avis. Par exemple, avant le début des années 2000, et même si j’étais (de tout temps) fan de Judas Priest ou d’Iron Maiden, on n’aurait jamais réussi à me faire apprécier le Métal extrême. Je trouvais ça bruyant, brouillon, inaudible, crispant, incitant à l’hybristophilie.

J’avais à chaque fois l’impression que Rocco Siffredi essayait d’enculer mon conduit auditif avec une poignée de graviers. Et puis un jour, je suis tombé sur l’EP From the cradle to enslave, de Cradle of Filth et mon avis sur le Black Métal a changé définitivement. Ça a été comme l’index lubrifié qui prépare délicatement l’anus à la sodomie. Pardon pour cette deuxième métaphore pornographique imagée, mais je la trouve particulièrement efficace et appropriée. Je me suis donc mis à en écouter et même à apprécier le genre. Idem pour le Death Metal. 

Donc, vous voyez, en ce qui me concerne, tout espoir n’est pas perdu. Il faut croire que le Jazz a encore ses chances, malgré mon âge avancé…

Et malgré tout ce que je viens de dire sur la subjectivité, il subsiste encore des cas où mon cerveau refuse toute diplomatie. Par exemple cette chanteuse à la tessiture de perceuse-visseuse que les médias persistent à présenter comme la plus grande voix du Pays basque. Parfaitement insupportable ! Et c'est tellement injuste pour toutes les autres voix féminines qui auraient mérité le qualificatif.

Ou alors ce groupe qui se prend très au sérieux, qui sort presque un disque chaque année depuis plus de 30 ans, mais dans lesquels rien ne va : paroles et musiques, sons, rythmique, chant, guitare, décorum… Tout est tellement de travers qu’on se demande si ce n’est pas l’effet cringe qui est recherché, en fin de compte. Tellement infect qu’on en aurait envie de balancer l’enceinte Bluetooth par la fenêtre au bout de cinq minutes d’écoute !

Ou encore cet auteur qui a pondu un seul roman truffé de fautes d’orthographe, de grammaire ou d’erreurs de vocabulaire ou typographiques, mais aussi de contresens et de pléonasmes, et dont l’histoire est improbable autant que téléphonée (je sais, ça a l'air totalement antinomique, mais c'est le cas). C’est tellement écrit avec les pieds que ça en est devenu un private joke et surtout un cas d’école (de ce qu’il ne faut pas faire). Je vous défie de supporter la lecture de ne serait-ce qu’une seule page de ce bouquin infernal ! Et le gars persiste à refourguer sa came à qui veut bien le prendre en pitié. C’est tragicomique, mais en même temps, je doute que le monde du livre (en crise, comme chacun sait) ait eu besoin de cette énième littérature approximative.

Alors oui, en disant tout cela sans filtre, je prends le risque d’être perçu comme un prétentieux injuste, voire d’être traité de méchant connard. Je vous entends déjà : « Et voilà ! Monsieur  meilleurs goûts du monde a encore frappé » !
Mais en réalité, je ne suis pas si méchant. La preuve : je n'ai pas cité les noms ! Et puis, ce serait vite oublier que mon idole, Stephen King, aurait – parait-il – écrit : « l’opinion, c’est comme le trou du cul, tout le monde en a une ».

Vous vous en doutez, j’ai pondu tout ce laïus biliaire pour servir à quelque chose de précis…

Selon vous, qu’est-ce qui protège ces trois artistes de mes critiques mesquines ?

Vous avez une idée ?

Allez, je vous aide : ILS SONT CONVAINCUS PAR CE QU’ILS FONT.

La critique ne les décourage pas, en vertu de cette infaillible philosophie de la vie, qui veut que « La bave blanche de la colombe n’atteint pas le crapaud, mais elle glisse sur le parapluie de son indifférence » (Claire Bretécher dans les Gnangnans). Donc peu importe ce que quiconque pourrait dire au sujet de leur art, ils s’en carrent et ils vont continuer, que vous le vouliez ou non. 

Aussi vrai qu’on est tous le tocard d’un autre, le doute tue plus d’artistes que la médiocrité. S’en foutre et poursuivre sa route, c’est peut-être ça, les clés du bonheur ? Il faut croire qu'on a toujours quelque chose à apprendre, même de « ces gens qu'on aime mépriser »

Tout comme eux, j’ai également reçu mon lot de critiques dégueulasses. Je ne cache pas que ça m’a blessé au début. Et puis, après tout, relativisons : il y a de fortes probabilités pour que, moi aussi, je sois le mauvais écrivain de quelqu’un ; un type illisible, surestimé qu’un autre s’amuse à démonter au comptoir ou sur Internet ! Alors que valent mes mauvaises paroles à leur égard ?

Rien. En tout cas pas plus que la poussière du chemin blanc, derrière chez moi. 

Tout comme eux, moi aussi, j’ai persisté et je continue de signer. Et j’ai reçu tellement plus de retours positifs (vrais ou faux, je ne le saurai sans doute jamais) que de critiques depuis toutes ces années, que ça "ne m'en touche même plus une sans faire bouger l'autre"…
Et de toute façon, je sais que je m’améliore, livre après livre.

Alors je continuerai d’écrire des romans, jusqu’à ce que la source tarisse ou que je meure. En d’autres termes, moins châtiés : rien à foutre des fâcheux ; qu’ils publient d’abord sept livres, eux aussi, et on en reparle !

Pour finir, mes parents (grands chrétiens devant l'Éternel), ont assommé mon adolescence avec ce proverbe : « live and let live ». Vivre et laisser vivre. Il est temps, à mon âge, que je commence à le mettre en pratique...

vendredi 1 mai 2026

UN CAUCHEMAR SANS NOM ? EN ROUTE POUR LA V2 !

Une semaine, déjà, que je me suis retiré du monde dans un petit coin de paradis, pour peaufiner mon nouveau roman. Ça passe trop vite... Je partage mon temps entre écriture (plus ou moins 5 heures par jour) et balades contemplatives en forêt. Un rythme plus humain et des conditions plus apaisantes que d'ordinaire. Ce genre de retraite permet de se recentrer sur l'essentiel et devrait être accessible à tous (voire fortement incitée par les employeurs). Mais foin de digression...

Aujourd'hui, je viens enfin de terminer de relire le premier jet de mon manuscrit et de prendre note des suggestions et corrections apportées par mes collègues écrivains et amis (Constance Dufort, Martin Koppe, Marjorie Vandevenne, Thomas et Mayie Ponté) que je remercie du fond du cœur pour leur patience, leur franchise et leur sérieux. Il y avait, en effet, pas mal de choses à revoir... 

Et pour cause : j'ai écrit ce texte comme si je faisais un sprint en vélo : j'ai roulé à fond, le nez dans le guidon, sans anticiper la survenue des obstacles ou même prendre le temps d'observer le paysage environnant. Parfois ça passe, parce que la route est propre et lisse. Parfois, comme dans le cas qui nous occupe, c'est les pavés déglingués de Paris/Roubaix.

Le plus dur, ça n'a pas été d'accepter la critique. Je ne suis pas une diva ! Je fais des erreurs, comme tout le monde, je présume. Non, le plus difficile, ça a été d'accepter que ce "septième enfant", que je pensais quasiment parfait dès le départ, était en réalité incomplet. Et surtout de m'apercevoir que j'allais devoir le retravailler et que de toute façon, au final, il ne serait pas pour tout le monde. 

Et en effet, le sujet de "un cauchemar sans nom" est particulièrement complexe en termes de diégèse : ça part dans tous les sens et il faut bien suivre pour être capable de faire la différence entre rêve et réalité, passé, présent ou futur. Cette fois-ci, ce ne sera pas au lecteur de se mettre dans ma tête, mais l'inverse. Je vais devoir faire en sorte que tout le monde puisse s'y retrouver, même ceux qui n'ont pas encore lu mes précédents livres. Ce ne sera pas une mince affaire. 

Parce que oui, ce roman est en quelque sorte à la croisée des chemins de tous mes précédents efforts, avec de nombreuses références, mais ce sera aussi le début d'une nouvelle ère. Une véritable gageure qui sera le point de départ d'une nouvelle saga, avec de nouveaux personnages, mais aussi des comebacks et des crossovers. 

Je vous préviens dès le départ : ça se déroulera à Mauléon-Licharre, ce sera un roman fantastique pur jus, avec des rebondissements, de la romance, du sexe, du sang, des morts qui revivent, des entités extradimensionnelles, des tueurs professionnels, des superhéros, un psychiatre et un politicien véreux, et en arrière plan, l'ombre démoniaque de BeauSmart¹. 

Certains personnages secondaires vont rester dans une sorte de flou artistique jusqu'au tome 2. C'est voulu, évidemment. Le protagoniste principal de ce volume n'est pas sympathique. Il n'est pas antipathique non plus, mais c'est un antihéros adulescent, égocentré et irresponsable, doté d'un immense pouvoir, qui est aussi une grande malédiction : chaque fois qu'il dort, ses rêves se réalisent. 

Voilà, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus pour le moment. J'ai encore plein de boulot avant de m'attaquer au tome 2. J'espère être fin prêt pour la rentrée littéraire, au plus tard pour Noël prochain. 
À bientôt, pour de nouvelles aventures !   

1) Le principal antagoniste de ma saga fantastique et horrifique "L'infection".