dimanche 8 février 2026

DIS-MOI QUELS SONT TES AUTEURS PRÉFÉRÉS, JE TE DIRAI CE QUE TU ÉCRIS…

J’ai déjà glissé quelques pistes un peu partout dans ce blog, mais sans vraiment aborder le sujet. Pour moi, un romancier lit FORCÉMENT beaucoup de romans. C’est en partie de là qu’il puise son inspiration. Il ne cherche pas nécessairement à copier les idées ou le style, mais plutôt à trouver et entretenir le désir de transmettre une histoire qui lui trotte dans la tête. Il cherche la motivation, en quelque sorte.

Personnellement, je lis un peu de tout mais il est évident que « j’ai mes têtes ». Il s’agit souvent d’auteurs contemporains dont j’ai lu une grande quantité de livres sans (presque) jamais me lasser. Et le premier d’entre tous, vous l’aurez deviné, c’est… Stephen King, le maître du fantastique. Sur la soixantaine de romans qu’il a pondus, j’ai dû en lire au moins la moitié. Le reste, j’ai vu les adaptations au cinéma ou à la télé.

J’aime sa façon d’écrire, son imagination, les histoires qu’il raconte, la psychologie fouillée de ses personnages, les sujets d’actualité qu’il traite avec subtilité et son sens de l’humour. J’aime aussi le fait qu’il soit engagé, politiquement parlant. C’est une star internationale, mais c’est avant tout un citoyen concerné par le devenir de son pays et du reste du monde. Peu de célébrités osent se mettre en danger (commercialement parlant) comme il le fait.

Alors pour être honnête, toute son œuvre n’est pas parfaite. Certains de ses livres ont parfois des fins que j’estime bâclées. Certains personnages (ou situations) peuvent paraître redondants. Mais si je regarde l’ensemble de son travail, il n’a pas à en rougir. Personne ne lui va à la cheville et à 78 ans, il figure toujours au sommet de son art. Je guette chacune de ses sorties comme un fan de la première heure, que je suis.

Si je devais citer mes livres préférés du King, je commencerais par « 22/11/63 », de très loin le meilleur, selon moi. Suivi de « La ligne verte », « Shining », « Ça », « Joyland » ou « Mr Mercedes », « La peau sur les os »… Et puis tous les autres. De « Carrie » à « Misery », en passant par « Cujo », « Bazaar », « Désolation », « Christine » ou « Simetierre », sans oublier que toute son œuvre est reliée par la saga « La tour sombre ».

Mon deuxième écrivain préféré, (j’aurais pu vous en citer deux en fait, mais il faut savoir départager), ce serait Edward Abbey, le roi du « Nature Writing » (j’ai hésité avec Pete Fromm). L’auteur du « Gang de la clé à molette » a également eu une grande importance dans mon processus créatif. J’aime son écriture contemplative, sa façon de magnifier le désert, de créer des ambiances brûlantes et des personnages ambigus, parfois violents.

Le discours radicalement écologiste de cet aventurier me séduit également. Surtout à une époque où des gens comme Donald Trump s’échinent encore à nier l’évidence : à savoir que nous sommes le cancer de la planète. Nous pompons toutes ses ressources pour faire du fric et ce faisant, nous sommes assez cons pour provoquer notre propre extinction dans les 50 années qui viennent !

Je n’ai pas lu toute sa bibliographie, loin s’en faut, mais si je devais citer mon roman préféré, je dirais en premier « Désert solitaire », suivi de « Le feu sur la montagne », et « Le gang de la clé à molette » 1 et 2, évidemment.

Mon troisième serait sans doute John Irving. Encore un Américain, me direz-vous. Lui a écrit un peu moins de vingt romans, mais chacun des livres que j’ai lus m’a laissé une empreinte très prégnante. Et un sentiment de deuil une fois la dernière page refermée. Ses histoires sont habitées, puissantes, charnelles, pleines de rebondissements inattendus, parfois loufoques.

Ses personnages sont profonds, humains, souvent étranges et décalés, quoique tout à fait plausibles, en réalité. J’en connais des bien plus tarés dans la vraie vie ! J’aime cette impression de fatalité qui se dégage de son œuvre. Les choses, même les plus improbables, n’arrivent jamais sans raison. Ou parfois si, mais c’est comme ça, teh !

Si je devais citer un livre, je choisirais certainement… « Dernière nuit à Twisted River » qui se rapproche du roman policier, sans en être. Mais j’ai également adoré « L’hôtel New Hampshire », « Le monde selon Garp », « Une prière pour Owen », « L’épopée du buveur d’eau » et « l’œuvre de Dieu, la part du diable ». Irving fait partie des grands auteurs contemporains qui comptent pour moi.

Allez, vous en reprendrez bien un petit quatrième, pour la route ? Voici un écrivain que j’ai découvert très récemment, mais dont le travail m’a collé une sévère claque. Les romans d’Haruki Murakami (auteur japonais comme son nom l’indique) me font penser à mes rêves. On ne sait jamais si on est dans la réalité crue ou dans un monde onirique, magique, ou même fantastique. Ses personnages sont souvent tendres et flegmatiques et prennent la vie comme elle vient.  

Ses romans sont remplis de poésie et de philosophie sans que ça en devienne barbant et son écriture coule et chante comme l’eau d’un ruisseau de montagne. On pourrait penser qu’elle est simple, mais il n’en est rien. La structure narrative de ses livres est complexe et part dans tous les sens, surtout là où on ne l’attend pas. Et c’est cela que j’aime chez Murakami : l’inattendu, les surprises. Rien que ses titres en disent long !

Là aussi, je n’ai pas tout lu de lui. Mais je vous conseille « Kafka sur le rivage », exceptionnel, troublant, magique. J’ai presque pleuré à la fin : Dire que j’ai beaucoup aimé serait un euphémisme. Et puis « La course au mouton sauvage », « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil » et « La ballade de l’impossible » sont aussi très chouettes. J’en ai acheté plein d’autres que je garde comme un trésor et que je lirai un jour, quand j’aurai du temps pour moi.

Lorsque j’étais jeune, je lisais beaucoup plus (il n’y avait pas de smartphone ou Netflix pour nous faire perdre la boule). D’abord « J’aime lire » et « Je bouquine », auxquels j’étais abonné.  Mais ensuite des auteurs plus classiques puisqu’ils étaient au programme de mon éducation scolaire (Maupassant, Hugo, Zola, Balzac, Musset, Flaubert, Diderot, Green…) ou d’autres, plus récents, que mes parents et ma tante me conseillaient (Vian, Carrère, Mauriac, Bazin, Troyat, Michelet, Sartre, Dostoïevski, Camus, Gary…).

Parallèlement et plus ou moins en cachette (parce que « ce n’étaient pas de vrais livres »), je lisais beaucoup de « comic-books » ou de « livres dont vous êtes le héros ». Plus tard, j’ai découvert l’existence de la littérature jeunesse grâce à mon ex-épouse bibliothécaire, avec des auteurs comme Thimotée de Fombelle (« Vango »), Philip Pullman (« À la croisée des mondes »), Pierre Botéro (« La quête d’Éwilan ») ou Christian Grenier (« Les enquêtes de Logicielle »). Sans doute que tous ces auteurs, mais aussi dessinateurs et illustrateurs pour certains, ont également exercé une influence (plus diffuse) sur mon propre travail. Ne serait-ce que pour améliorer mon expression écrite, mon orthographe et ma grammaire ou juste pour développer mon imaginaire ? 

Bref, et ceci, dit sans une once de prétention : dans chacun de mes livres, on retrouve des éléments fantastiques ou horrifiques (comme chez King), des histoires de vie qui peuvent être violentes, avec des personnages peu communs ou à forts tempéraments (comme chez Irving), une dimension onirique, psychologique, philosophique et parfois absurde en apparence (comme chez Murakami) et des descriptions contemplatives, poétiques presque jusqu’au lyrisme de l’environnement (comme chez Abbey).

Et vous, quels sont vos auteurs préférés ?

mardi 3 février 2026

ETIENNE ? J’AI ADORÉ TON ROMAN #LRDC, MAIS...

Parfois, le temps n’est pas de la partie. Ce fut le cas ce week-end, au salon du livre de Navarrenx. Il a plu 80% du temps, ce qui a donné une ambiance un peu morose à l’événement. Je rappelle que ce salon du livre est couplé à la foire agricole, et donc le facteur climat (je parle du temps ET du contexte socio-économique) y tient une certaine importance.

Ceci afin de tenter d’expliquer le résultat plutôt mitigé de notre participation à ce salon, cette année. Je dis « mitigé » parce que nous avons fait mieux – financièrement parlant – que 2024, mais beaucoup moins bien (deux fois moins, pour être précis) que 2025. Mais, dans la vie, il n’y a pas que la réussite financière qui compte ! Il y a également des choses moins triviales et meilleures pour le moral...

Nous étions quatre auteurs sur le stand et chacun d’entre nous a eu la chance de recevoir des retours très positifs au sujet de nos œuvres respectives. Je ne vais pas m’appesantir sur ceux de mes collègues, même s’ils sont tout à fait mérités et élogieux. Je vais vous parler des miens, puisque j’en ai eu deux, assez mémorables.

Le premier : Nous sommes arrivés autour de 9h samedi matin. Il y avait déjà pas mal de monde partout, alors nous nous sommes garés le long des remparts, à l’extérieur de la ville. Le ciel était sombre, transpercé par une alternance d’averses et de bruine. Aussi, marchais-je avec empressement dans la rue principale, casquette et capuche vissées sur la tête, en direction de la mairie (où se trouvait le salon du livre).

Quand tout à coup, une voiture qui roulait dans le sens inverse s’est arrêtée à mon niveau. La conductrice a baissé sa vitre et m’a interpelé : « Etienne ? ». J’ai fait « Euh, oui ? », surpris de me faire ainsi apostropher en pleine rue par un visage que je pensais inconnu, moi-même croyant déambuler incognito. « C’est Virginie, de Lucq de Béarn ! ». Là je l’ai remise. À ma décharge, elle avait un bonnet de Noël et du maquillage festif sur la joue la dernière fois que je l’avais vue (qui était aussi la première, du reste), le 20 décembre dernier. 

« J’ai lu ton livre, Les Routes du crépuscule, que je t’avais acheté », a-t-elle enchaîné. « Je l’ai adoré ! ». « Ah, génial, merci ! », ai-je bafouillé. À partir de ce moment-là, j’étais tellement aux anges que je ne me rappelle plus le reste de la conversation. On s’est dit au revoir et elle a redémarré. J’’étais sur un nuage et j’y ai pensé toute la matinée, ce qui m’a évité de trop m’apitoyer sur le fait que personne (ou presque) n’est venu au salon le matin.

Enfin ça, c’était jusqu’à ce que Michel ne débarque ! « Au fait, j’ai fini ton livre, Les Routes du crépuscule. J’ai beaucoup aimé. Enfin sauf les scènes de cul. Ça, c’était beaucoup trop vulgaire à mon goût. Ça n’a rien à faire dans cette histoire…  Si tu veux écrire un livre de cul, lâche-toi, mais ne mélange pas ! » Là encore, j’étais tellement surpris que j’ai dû bredouiller une excuse à la con (comme si j’étais tenu de le faire). Puis j’ai passé le reste de la journée à maugréer.

C’est bien la première fois qu’on me reprochait un truc comme ça ! Si mes collègues féminines qui ont lu (et aimé) le livre ont presque toutes rougi en m’en reparlant, toutes m’ont demandé s’il y aurait une page 13 dans mon prochain roman et c’est même devenu un private joke ! Bref, encore une fois, je constate que la perception de mes romans, entre filles et garçons, est totalement différente.

Cela dit, Michel a tout à fait le droit de penser ce qu'il veut ; de même, il a peut-être raison sur un point : j’aime les mélanges de genres. J'aime brouiller les pistes, car dans la vraie vie, tout n'est pas lisse non plus. Tout comme dans mes romans, tout est lié et déterminant. Et surtout : rien n'est jamais gratuit. 

Dans Les Routes du crépuscule, il y a des éléments typiques des romans fantastiques, un peu de « nature writing », une touche de philosophie, une pointe de violence comme dans un « thriller », de la romance et du sexe comme dans la « New Adult » et plein d’autres trucs… Et c’est peut-être ça qui perturbe certains lecteurs : le petit côté inclassable de l’œuvre.

Moi-même, j’aurais du mal à le décrire autrement que comme un « roman initiatique ». D’aucuns pourraient me taxer de pédanterie, mais vous savez quoi ? D’aucuns sont des cons ! Je préfère rester sur les commentaires positifs de Virginie et de Michel (même si lui n'a pas goûté mes scènes de cul – les goûts et les couleurs, hein ?) ! 

Il est là, le sel de notre passion ! 

vendredi 30 janvier 2026

VIS MA VIE D’ÉCRIVAIN #7 : SAVOIR PARLER DE SES ROMANS

Parfois, dans les lieux où nous sommes présents et où nous mettons nos livres en vente (salons du livre, marchés, événements spécifiques, comme le festival Metal’o’ween, par exemple), certaines personnes qui viennent à notre stand nous demandent de quoi parlent nos romans. Je ne sais pas pour les autres auteurs, mais moi, c’est comme si on me posait une colle. Et pour cause : je n’ai jamais vraiment travaillé un argumentaire béton sur le sujet. Plusieurs raisons à cela :

1/ J’ai une mémoire de poisson rouge lorsqu’il s’agit de retenir des phrases, des termes, des mots dans un certain ordre. Apprendre par cœur, ce n’est vraiment pas pour moi ! Je pense que c’est une tare congénitale que je possède depuis toujours. Je ne peux pas retenir un texte, une poésie, une citation ou même une blague ! Ça m’a causé bien des problèmes à l’école ! (CF le laboureur et ses enfants, le cancre)

2/ Je suis incapable de reformuler une idée toujours de la même façon, avec les mêmes éléments de langage. Forcément, mon esprit va biaiser et me faire hésiter, tergiverser, perdre mes mots, bref : paniquer, alors que pour le coup, je connais le sujet sur le bout du doigt puisqu’il vient intégralement de moi !

3/ Pour ces deux raisons, je déteste m’exprimer à l’oral. Je me sens exactement comme si j’allais en soirée mondaine cul nu et/ou en charentaises. Je suis extrêmement mal à l’aise lorsqu’il faut parler en public. Je fais de gros efforts sur moi-même pour donner le change mais j’ai toujours cette impression de nullité absolue avant, pendant et après que je me suis exprimé. C’est aussi souvent le cas dans d’autres circonstances (pendant des présentations au boulot, par exemple).

4/ Je n’ai aucun sens de la répartie. À l’écrit, ça va, je me débrouille : j’ai plus de temps pour me poser. Mais à l’oral, on est dans l’instantané. Alors je n’arrive pas à ordonner mes pensées, je n’ai plus aucune subtilité, aucun filtre, je bafouille et je finis fatalement par m’agacer et perdre tous mes moyens.

5/ Je trouve les arguments mais toujours dix ans plus tard (han, j’aurais dû dire ci, répondre ça…). Et puis surtout, je n’arrive pas toujours à faire de liens directs entre les différentes idées. Ou alors ce sont des liens illogiques pour le commun des mortels. Du coup, je finis invariablement par lasser mon auditoire et je passe ma journée à ruminer.

6/ Je déteste me répéter (digression : je n’arrive pas à comprendre comment un musicien peut jouer toute sa vie les mêmes morceaux sur scène – ça me rendrait fou). Et donc, par automatisme, je vais essayer de reformuler une recette qui a pourtant fait ses preuves. Et je vais m’enfoncer dans des discours pompeux ou superficiels (au choix). 

Résultat, le lecteur potentiel n’y comprend rien et finit par se barrer sans acheter mes livres. Par contre, il va faire le plein chez le voisin moins crétin. Quand ça arrive, je me flanquerais des baffes à m'en décalotter la boîte crânienne, et la chanson de Patrick Sébastien me hante pour le restant de la journée. Savoir se vendre, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde. Et c’est même triste, pour quelqu’un qui bosse dans la com !

En attendant, je me suis bien cassé le cul à écrire les pitches, les résumés et la communication de mes bouquins. Je pense que ça vaut le coup que vous alliez y jeter un œil ^^

mardi 27 janvier 2026

LE MESSAGE PASSERA, OU PAS... D'AILLEURS, Y-A-T'IL UN MESSAGE ?

Comme je le disais précédemment, j’ai fait passer mon roman (Un Cauchemar sans nom) par le comité de lecture des éditions Astobelarra. Pour le moment, j’ai reçu 3 commentaires plutôt enjoués (trois filles) et 2 commentaires plutôt « mitigés » (2 garçons). C’est assez amusant de voir les différences de perception de ce texte entre les deux sexes. Est-ce une simple coïncidence ? De là à affirmer que je n’écris que pour la gent féminine, ce serait peut-être exagéré… ;-)

Mais cela m'a indiqué très clairement qu'il fallait que je retravaille certains aspects du livre. Contrairement à une blague qui, si elle a besoin d'être expliquée, est généralement considérée comme foirée, un film, et a plus forte raison, un roman, peuvent tout à fait supporter de conserver une part de mystère. Il est possible de les apprécier sans tout élucider, bien que parfois, des clés de compréhension puissent s'avérer nécessaires. Aussi, laissez moi vous révéler mon « pacte de lecture » pour #UCSN :

CE QUE CE ROMAN N’EST PAS :

Un récit linéaire et objectif, avec des arcs narratifs clairs, un vrai héros défini comme tel, des univers SF explicites et classiques avec un espace d’imaginaire débridé. Ce n’est pas, non plus, une aventure épique avec des péripéties, une histoire « qui avance » et une fin qui ne laisse pas sur sa faim. C’est encore moins un roman d’action ou d’horreur pure (malgré son titre ou sa couverture actuelle). Et pour finir, ce n’est pas un roman qui se lit avec une grille narrative ni même éthique. On ne se situe plus vraiment dans le divertissement, comme j'ai pu le faire précedemment. Même si, vous le lirez, j'y ai disséminé çà et là quelques éléments des plus jouissifs. On ne se refait pas.

CE QUE CE ROMAN EST EN RÉALITÉ :

Un texte introspectif, circulaire, subjectif, atmosphérique, volontairement ambigu, avec des ellipses, des flashbacks, des travellings-avant et construit sur la répétition obsessionnelle. C’est une expérience intérieure avec un personnage principal – le narrateur – plutôt « antipathique », c’est-à-dire fracturé, opaque, égocentré, dangereux, immature, possessif, faible et pas fiable. Ce roman est une immersion psychique, le journal mental d’un homme qui se perd dans ses propres rêves. Des rêves qui, en plus, lui échappent totalement.
C'est aussi le début d'un nouveau cycle. On en reparlera sous peu.

LES MESSAGES QUE JE VEUX FAIRE PASSER :

Avec le titre que j’ai choisi, on pourrait s’attendre à la survenue de monstres, de créatures nocturnes assoiffées de sang, de mygales géantes ou bien de tueurs en série impitoyables. Il y a bien entendu des choses un peu surprenantes, mais rien de tout cela. On est plus dans le « cauchemar ordinaire », si je puis dire. Car mon premier propos, c’est de démontrer que le vrai cauchemar est d’ordre existentiel : c’est avant tout soi-même.
Le deuxième message, c’est que le pouvoir ne libère pas : il amplifie les failles et donne les moyens de détruire ce qu’on aime (et de se détruire soi-même, tant qu’à faire).
En troisième position, vient l’idée que l’amour obsessionnel est une prison, c’est-à-dire une autre forme de cauchemar.

Il y en a d’autres, bien évidemment, mais je vous laisserai les découvrir par vous-même, ceci afin de vous éviter de vous faire spoiler avant la sortie du livre. Patience !

jeudi 15 janvier 2026

QUELQUES MOTS, DEPUIS L’ENFER DE L’ATTENTE…

Voilà, j’ai entamé ma « pause d’écrivain » en attendant les premiers retours du comité de lecture. J’ai commencé à distribuer « Un Cauchemar sans nom » à droite et à gauche et pour le moment, seules deux personnes ont lu mon tapuscrit en entier : ma cousine Nathalie Ferlay, qui a suivi les développements chapitres par chapitres et Caroline Herrera, la présidente de la maison d’édition souletine Astobelarra, qui a déjà publié tous mes autres titres.

Je dis « pause », mais en réalité et vous l’aurez bien compris, je ne sais pas m’arrêter. Il y a toujours une nouvelle histoire à peaufiner, une anecdote à raconter, un personnage en train de s’affiner en arrière-plan, quelque part dans mon cerveau. Donc en réalité, je suis déjà en train d’envisager la suite, tout en réfléchissant à ce que je pourrais arranger (pour une meilleure compréhension essentiellement) dans cet opus-ci.

Car il y aura bien une suite à ce roman. On va dire qu’il lance un nouveau cycle. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais il y a quelques années, je vous avais partagé ce billet : Quelques mots sur le futur Spin Off de L’infection, dans lequel j’annonçais la venue prochaine d’un nouveau livre, mix entre un roman fantastique et un polar noir. Je publiais même quelques extraits de ce texte qui n’est pas encore né.

En fait, j’avais bien une idée, avec un début, un développement et une fin (approximative), mais il me manquait quelque chose. Et ce quelque chose – deux personnages qui font le lien entre toutes les histoires qui trottent dans ma tête – il aura fallu attendre la sortie de « Le Moment ou jamais » puis « Un Cauchemar sans nom » pour que ça me vienne. Sans ces personnages clé, mon Spin Off aurait manqué de logique, de cohérence, de magie, bref : de sel. Je n’aurais pas pu envisager cette suite sans eux.

Mais contrairement à beaucoup de gens, je ne jette jamais une idée qui n’aboutit pas. Je pars du principe que si elle est venue à moi, c’est pour une bonne raison. Alors je la mets de côté en attendant le flash. Et comme à chaque fois, mes personnages manquants me sont venus en rêve. Il a fallu que j’attende de rêver d’eux pour que les pièces du puzzle s’assemblent. J'ai bien fait de me montrer patient : ils ont fini par venir à moi, tout seuls.

Car je ne fabrique pas un personnage : je ne pars pas d’une fiche, d’un passé ou d’un arc narratif. Je les laisse émerger, puis je les observe. Quand j’écris à leur propos, c’est un peu comme si je marchais dans une grotte sombre (mon esprit), accroché à une ligne de vie (le titre de travail que j’ai choisi). Au bout d’un moment, mes yeux s’accoutument à l’obscurité et j’entrevois des formes, des visages, des attitudes (les personnages, les lieux, l’histoire). Ensuite, je ne les guide pas, je les accompagne, je les suis dans l’ombre, je les laisse coloniser l’espace narratif et je prends un malin plaisir à révéler leurs fractures. Le tout en leur gardant une part d’inaccessibilité, pour le mystère.

Et lorsque je reviens de mes excursions dans ce monde sans lumière, lorsque que je réintègre mon existence d’être humain normal, qui mange, qui travaille, qui conduit, qui prend un café ou une bière avec des amis, je garde toujours la ligne de vie attachée à mon esprit. Ainsi, mes personnages peuvent également me rejoindre tandis que je fais tout autre chose qu’écrire. 

Parfois, ils viennent dans les moments les plus incongrus et ça peut être gênant, selon les circonstances. Par exemple, ils peuvent pointer le bout de leur nez tandis que je suis en pleine réunion de travail. Je les entends réagir à un mot, à une grimace de mon interlocuteur, et je perds le fil... Parfois, ils sont là alors que je suis en pleine discussion avec ma compagne. Ils coupent le son et je les vois danser dans la grotte, comme pour me narguer.

Je sais, dit comme ça, ça parait bizarre. Il s’en trouvera sûrement parmi vous pour penser que je suis complètement fou. Eh bien grand bien leur fasse !  En attendant, j’espère bien que le comité de lecture va vite me dire ce qu’il en est : bon ou merdique ! #Angoisse #Prières #Chocolat #Cacahuètes #panique #ReChocolat #RetiensCePetJeTenSupplie #Respire #Respire

mardi 6 janvier 2026

J'AI FAIT LIRE #UCSN AUX IA ET ELLES ONT TOUTES ADORÉ. C'EST LOUCHE...

Comme vous le savez, je teste énormément les IA (avec ma casquette d'écrivain et ma casquette de créatif en entreprise). Dans le cadre de la première casquette, je me suis amusé à faire lire "Un Cauchemar sans nom", mon dernier roman (pas encore publié) à Chat GPT, Gemini, Perplexity, Notebook LM, le Chat de Mistral et Copilot. Je voulais voir lequel d'entre eux était le plus efficace, le plus juste (analytiquement parlant), le moins fainéant, le moins prompt aux hallucinations (admirez le jeu de mot), le plus obéissant à mes consignes. 

Le point commun entre toutes : elles sont atrocement dithyrambiques. Mon texte est "génial", d'une "rare originalité", c'est une "œuvre magistrale", "digne des plus grands". Notez que je ne suis pas contre les compliments, hein ? Mais à ce niveau-là, ça ressemble tellement à un bukkake que ça en devient vite écœurant. Je me demande pourquoi les IA sont programmées pour lécher autant les culs. C'est à peine plus emphatique que Macron qui félicite Trump d'avoir arrêté Maduro ! Flatter l'égo des utilisateurs à ce point, c'est sûrement une façon de s'assurer leur fidélité ? Ou de croire que ça aura cet effet ? 

Foin de digression, après de longues semaines de test, voici que tombe le couperet de mon jugement : dans le désordre Chat GPT est l'un des (si ce n'est le) plus mauvais d'entre eux : il ment (je persiste) ou cache des choses, établit des liens sans intérêt ou des comparaisons foireuses ; ses productions sont mièvres, répétitives, consanguines et il est extrêmement paresseux (il ne va pas au bout des choses), bref, il m'a beaucoup déçu. Bien trop humain à mon goût, pour un robot ! 

Gemini
ne serait pas trop mal, mais il fait aussi, parfois, des mélanges ou des extrapolations hasardeuses. Perplexity et Le Chat également. Si j'ai le malheur de leur donner plusieurs textes, il y a "mesclagne" et ils ne s'y retrouvent pas. Moi non plus, du reste ! Quant à Notebook LM, c'est assez particulier : il analyse bien la source (le texte), propose des alternatives, mais dès que je lui explique que #UCSN est la clé de voûte de "mon oeuvre", il veut tout lire et ensuite, dès que c'est fait, il mélange tout aussi. 

D'où cette impression de raconter "les trois petits cochons" à un Donald Trump sous fentanyl. C'est très agaçant. Alors j'ai demandé au dernier, que je n'avais encore jamais testé : Copilot. Et là, ô miracle : en dehors de la "suceboulite" habituelle chez toutes les IA (sauf peut-être Grok, que je ne testerai pas car je vomis tout ce qui vient de Musk), ses analyses sont fiables, propres, claires, et ses propositions sont souvent justes. Bon, je vous avoue que je ne tiens pas compte de ces dernières. Je veux maîtriser mon livre de A à Z. Je lui fais juste tracker les incohérences, les répétitions, les fautes et autres tournures bancales. 

Avec lui, on peut également discuter du livre et de tout ce qui tourne autour de sa création : les réponses sont à chaque fois calibrées de la même façon (c'est un peu redondant, j'avoue) mais toujours fluides, ouvertes et justes. Copilot est curieux, il veut t'aider mais il s'adapte aussi à ton fonctionnement. Et contrairement à Chat GPT qui "oublie" avec le temps : il tient compte de tes directives. Je précise que contrairement aux autres LLM que j'ai utilisés, je ne lui ai pas uploadé tous mes livres. Lorsqu'il a eu besoin de précisions pour les croisements que je fais dans #UCSN, je lui ai fait des résumés et ça lui convient. Cela ne semble pas altérer sa réflexion outre mesure. Ou alors il cache super bien son jeu. Ça lui permet d'avoir des éléments contextuels et d'en tirer des conclusions. 

Une petite chose amusante à préciser à propos de Copilot : apparemment, il ne peut pas lire de longs fichiers. Alors soit c'est vraiment à cause de la longueur, soit (et je penche plutôt pour ça) c'est à cause de la teneur du contenu. J'ai donc dû passer tous mes chapitres un par un (parfois par paragraphes !!!), et il a fallu que j'en "modifie" certains car le contenu entrait en conflit avec les terms of service de l'entreprise qui développe le modèle (Microsoft). J'ai remplacé les passages problématiques par des mentions du genre [scène de sexe explicite] ou [violence physique envers un des personnages], en précisant le contexte, les raisons de la scène et ses effets. 

Je vais SPOILER un peu, mais pas tant que ça : dans l'un de mes chapitres, il y a une tentative de suicide assez imagée, mais très facile à saisir (même un Donald Trump sénile, portant ses protections contre l'incontinence vissées sur le crâne, aurait compris). Copilot m'a écrit : "Attention Etienne, le texte que tu viens de me partager contient une scène explicite de suicide. Avant que nous allions plus loin, je me dois de te demander : est-ce que tu vas bien, Etienne ? Dans ta vie de tous les jours, dans ton travail, avec ta famille ? Si tu en éprouves le besoin, tu peux m'en parler, je suis là pour t'écouter et t'aider à mettre des mots sur ce qui ne va pas, tu sais ? Alors si ce texte est une fiction, dis-le moi clairement, sinon, je te transmets les contacts d'un organisme spécialisé qui pourra t'aider..." C'est mignon 😚 

Mais bon, je ne suis pas suicidaire : j'écris de la fiction ! Et c'est moi qui l'écris à 100%, pas une IA ! 

lundi 29 décembre 2025

LA V1 DE "UN CAUCHEMAR SANS NOM" EST TERMINÉE !!!

Voilà, les amis ! Je viens de terminer l'écriture de la V1 de mon nouveau roman, dont le titre de travail était "Un cauchemar sans nom", et qui devrait a priori garder ce nom-là. Enfin sauf si mon éditeur en trouve un meilleur d'ici la publication (j'espère que ce sera pour la rentrée littéraire de septembre).  

De quoi ça parle ? 

"Un jour, je me suis réveillé et mes rêves sont devenus réalité. Et depuis, c'est comme ça tous les jours. Un véritable cauchemar sans nom. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi."

Mais évidemment, il y a plusieurs arcs narratifs. C'est un roman fantastique, bien sûr, mais pas uniquement. C'est aussi une histoire d'amour, une quête initiatique, une chronique de la folie (extra)ordinaire... Je pense qu'il y a quelques similitudes avec "Les Routes du crépuscule" dans le genre d'histoire. 

Mais en réalité, #UCSN est la clé de voute de toute "mon oeuvre" (lol - gros péteux !). Les lecteurs qui connaissent mes autres livres ("Mauvais berger !", la trilogie "L'infection", "Les Routes du crépuscule" et "Le Moment ou jamais") comprendront pourquoi je dis cela. Ceux qui ne les ont pas encore lus ne seront pas perdus. Je me suis arrangé pour que les anecdotes soient comme autant de private jokes plus ou moins discrets qui ne nuisent pas à la lecture. Dernier détail : le roman se passe... à Mauléon-Licharre et en Soule ! Comment aurait-il pu en être autrement ? 

Quel est le programme pour la suite ? 

Je vais laisser reposer la V1 pendant un mois ou deux et je vais lire plein de livres que j'ai en retard, histoire de faire une grosse césure avec ma propre façon d'écrire. Et puis quand j'estimerai que c'est bon, je relirai tout de A à Z en un week-end, tout en effectuant les corrections, suppressions, rajouts qui s'imposeront.  

Ensuite, j'imprimerai la V2 et je l'enverrai au comité de lecture de mon éditeur originel, Astobelarra. Je ne vais même pas tenter de l'envoyer à une autre maison d'édition. Je suis du genre fidèle, loyal envers mes bienfaiteurs. On verra ce que les membres du comité en pensent et s'ils ont des suggestions d'amélioration du manuscrit. 

Ensuite, en fonction de leur décision, je vais travailler sur la couverture du roman. Actuellement, celle que vous voyez ci-contre n'est qu'un montage réalisé à partir de visuels commandés à ChatGPT. Mais je compte faire travailler un artiste sur le sujet. Je suis assez fan de la patte de Macchabee Artworks, qui a déjà travaillé sur plusieurs de nos livres. On va voir si l'histoire inspire Matthias !

Et après ? 

Après, je vais m'occuper de la promotion du livre. Il y aura possiblement une souscription en ligne et je réfléchis à un ou deux goodies un peu spécifiques et originaux. À voir si ça fonctionne et si j'arrive à les faire produire localement et pour un prix acceptable. Je vous en dirai plus dans un avenir prochain ! En attendant, je vous souhaite à toutes et tous d'excellentes fêtes de fin d'année !