Parfois, le temps n’est pas de la partie. Ce fut le cas ce week-end, au salon du livre de Navarrenx. Il a plu 80% du temps, ce qui a donné une ambiance un peu morose à l’événement. Je rappelle que ce salon du livre est couplé à la foire agricole, et donc le facteur climat (je parle du temps ET du contexte socio-économique) y tient une certaine importance.
Ceci afin de tenter d’expliquer le résultat plutôt mitigé de notre participation à ce salon, cette année. Je dis « mitigé » parce que nous avons fait mieux – financièrement parlant – que 2024, mais beaucoup moins bien (deux fois moins, pour être précis) que 2025. Mais, dans la vie, il n’y a pas que la réussite financière qui compte ! Il y a également des choses moins triviales et meilleures pour le moral...
Nous étions quatre auteurs sur le stand et chacun d’entre nous a eu la chance de recevoir des retours très positifs au sujet de nos œuvres respectives. Je ne vais pas m’appesantir sur ceux de mes collègues, même s’ils sont tout à fait mérités et élogieux. Je vais vous parler des miens, puisque j’en ai eu deux, assez mémorables.
Quand tout à coup, une voiture qui roulait dans le sens inverse s’est arrêtée à mon niveau. La conductrice a baissé sa vitre et m’a interpelé : « Etienne ? ». J’ai fait « Euh, oui ? », surpris de me faire ainsi apostropher en pleine rue par un visage que je pensais inconnu, moi-même croyant déambuler incognito. « C’est Virginie, de Lucq de Béarn ! ». Là je l’ai remise. À ma décharge, elle avait un bonnet de Noël et du maquillage festif sur la joue la dernière fois que je l’avais vue (qui était aussi la première, du reste), le 20 décembre dernier.
« J’ai lu ton livre, Les Routes du crépuscule, que je t’avais acheté », a-t-elle enchaîné. « Je l’ai adoré ! ». « Ah, génial, merci ! », ai-je bafouillé. À partir de ce moment-là, j’étais tellement aux anges que je ne me rappelle plus le reste de la conversation. On s’est dit au revoir et elle a redémarré. J’’étais sur un nuage et j’y ai pensé toute la matinée, ce qui m’a évité de trop m’apitoyer sur le fait que personne (ou presque) n’est venu au salon le matin.
C’est bien la première fois qu’on me reprochait un truc comme ça ! Si mes collègues féminines qui ont lu (et aimé) le livre ont presque toutes rougi en m’en reparlant, toutes m’ont demandé s’il y aurait une page 13 dans mon prochain roman et c’est même devenu un private joke ! Bref, encore une fois, je constate que la perception de mes romans, entre filles et garçons, est totalement différente.
Cela dit, Michel a peut-être raison sur un point : j’aime les mélanges de genres. Dans Les Routes du crépuscule, il y a des éléments typiques des romans fantastiques, un peu de « nature writing », de la violence comme dans un « thriller », de la romance et du sexe comme dans la « New Adult » et plein d’autres trucs… Et c’est peut-être ça qui perturbe certains lecteurs : le petit côté inclassable de l’œuvre.
Moi-même, j’aurais du mal à le décrire autrement que comme un « roman initiatique ». D’aucuns pourraient me taxer de pédanterie, mais vous savez quoi ? D’aucuns sont des cons ! Je préfère rester sur les commentaires positifs de Virginie et de Michel (même si lui n'a pas goûté mes scènes de cul – les goûts et les couleurs, hein ?) ! Il est là, le sel de notre passion !








