lundi 31 août 2026

#UCSN DANS LA PRESSE !

Suite à l'annonce de la sortie de mon 7ème livre, voici les premiers articles de presse dans Le Miroir de la Soule, La République des Pyrénées et Sud-Ouest Béarn et Soule, que je remercie tous du fond du cœur d'avoir joué le jeu : 



Vous avez raté la souscription et vous ne savez pas comment acquérir mon roman ? 

Quatre solutions s'offrent à vous :

1/ faites-le commander → par votre libraire favori ou
2/ commandez-le en direct → dans notre boutique en ligne ou
3/ achetez-le sur notre stand au marché de Mauléon-Licharre le samedi 12/09 (prochaine date sauf temps pluvieux) ou
4/ si vous me connaissez / me fréquentez régulièrement, demandez-le moi !

vendredi 14 août 2026

RENCONTRES/DÉDICACES CHEZ TANDEM ET À L'ESPACE CULTUREL E. LECLERC D'OLORON-SAINTE-MARIE

Hello hello !! 

Le livre (Un Cauchemar sans nom) n'est même pas encore arrivé dans nos locaux que les premières dates de rencontres/ dédicaces sont d'ores et déjà posées-

Retrouvez-moi le : 

SAMEDI 29 AOÛT 2026

de 9h30 à 12h30
à la librairie Tandem à Mauléon-Licharre

et de 14h à 18h
à l'Espace Culturel E. Leclerc à Oloron-Sainte-Marie

Pour mémoire et en 280 caractères, ce roman raconte l'histoire d'Un homme découvre que ses cauchemars peuvent réécrire la réalité. Traqué par des forces qui cherchent à contenir les mondes qu'il engendre malgré lui, il doit comprendre l'origine de son pouvoir avant que ses rêves ne condamnent l'ensemble des réalités.  


PS : je serai aussi demain le 15 août 2026 toute la journée sur le stand des éditions Astobelarra à la fête de l'espadrille à Mauléon-Licharre ! Mais sans Un Cauchemar sans nom...

mercredi 12 août 2026

LA DOUBLE VIE DE "PAPY JEAN"...

Mon grand-père – Jean Boyer, ou Papy Jean pour les intimes – était un type tout ce qu'il y a de plus normal. Ancien fonctionnaire communal, il était petit, trapu ; il portait une casquette de vieux pour cacher sa calvitie et était toujours habillé de gris ou de beige tirant sur le gris. C'était un homme plein de principes, hypocondriaque et maniaque de la propreté. Il était éduqué, intelligent, il avait l'œil pétillant, mais c'était quand même un Français ordinaire, sans histoire. Du moins en apparence.

Et comme pour contredire les statistiques, il était devenu veuf à 65 ans. Il avait connu la guerre et le STO mais nous avons rarement parlé de cet aspect de son passé. Il était plutôt taiseux à ce sujet. Sauf la fois où il m'a raconté que les préservatifs de son époque étaient en boyau de porc et qu'ils étaient lavables et réutilisables ! J’aurais préféré ignorer cette précision sordide…
Pour être honnête, je ne savais pas grand-chose de son existence, à part quelques détails insignifiants. Par exemple, je savais qu’il avait arrêté de fumer il y avait longtemps et qu’il cachait un paquet de GSF intact dans la boîte à gants de sa Citroën Visa vert métallisé (qu'il pilotait tambour battant, n’hésitant jamais à doubler en virage et en côte, comme si l'éventualité d'avoir un accident mortel n'était pas envisageable – et peut-être était-ce le cas, du reste ?). « C’est pour ne jamais oublier », m’avait-il avoué, penaud, le jour où j’avais par hasard découvert le pot aux roses, un ou deux ans avant que le crabe ne finisse par lui dévorer les entrailles. J’avais envié sa force de caractère, moi qui venais de me mettre à cette très mauvaise habitude et qui allais la faire perdurer « on and off » pendant les vingt années suivantes.

Alors qu’en 1995, je regardais son corps amaigri, flétri et qui avait pris la même teinte que ses vêtements favoris, reposer dans sa dernière bière, je me suis rendu compte que, même si je l’avais toujours aimé, je ne l’avais jamais vraiment connu. Aussi, me bornerai-je à décrire ce que je savais de lui.

Depuis le milieu des années 80, il vivait seul dans la grande maison qu'il avait fait construire avec feue ma grand-mère, quelque part au centre de la rue Montesquieu, à Cognac. Ce couple de protestants y avait élevé quatre enfants, dont mon père, Etienne, premier du nom et troisième arrivé en ce monde. Voilà pour le contexte.

La maison de mon grand-père était située sur un terrain rectangulaire en contrebas de la rue, avec une petite cour gravillonnée à l'avant et un grand jardin fourni à l'arrière. Enfin, il était grand pour mes six ans, mais petit pour mes vingt-quatre, lorsque Papy Jean nous a quittés.

La maison comportait deux niveaux. Dans la partie basse, on trouvait deux grands espaces sombres et frais dont l'un servait de garage pour une voiture, l'autre de lieu de stockage pour tout un bazar hétéroclite et inimaginable, allant des piles de vieux journaux aux cages pour les chiens, en passant par des boîtes de conserve et autres bocaux vides ou pleins. Mon grand-père conservait religieusement dans cet endroit – qui nous était bien sûr interdit – tout un bric-à-brac dont il a fallu se séparer, après qu’il a disparu.
Il régnait là-dedans une odeur caractéristique, mélange de poussière et de graisse à outil que je n’ai jamais oubliée. Proust avait sa madeleine, moi l'odeur du garage de Papy. On ne naît pas tous égaux, dans la vie.

Au fond, une porte menait à une troisième partie, composée d'une buanderie, des WC et une grande chambre/salle de jeux qui a accueilli à peu près tous les enfants et petits-enfants de la famille. Un escalier central menait à l'étage, mais avant de monter, on pouvait accéder au jardin à l'arrière, par la véranda. Ce jardin clos était scindé en deux îlots séparés par trois allées bétonnées. La partie gauche était entretenue alors que celle de droite était presque impraticable, un peu comme si elle était envahie de bosquets de noisetiers très denses. Aussi, n'en parlerai-je pas plus avant. 
À gauche, donc, dans de petites clairières savamment organisées, on trouvait un portique de balançoire d'un autre âge (sans les planches et cordes car mon grand-père était terrifié à l'idée que l'un d'entre nous puisse se blesser en tombant), mais curieusement, la perspective que l'un de nous puisse se noyer dans la mare à poissons rouges ne l'avait pas poussé à fortifier le lieu avec barbelés et miradors. Quelques allées transversales, surplombées de treilles fleuries de roses, menaient aux côtés du jardin. Au fond, un moulin en plastique de plus d'un mètre de haut constituait la dernière chose intéressante à voir dans cette partie du terrain.
Si l'on poursuivait à droite, on trouvait un long bâtiment en béton contenant un ancien poulailler et un ancien clapier à lapins. Je me souviens y avoir vu des animaux (dont des faisans), lorsque j'étais tout petit, quand ma grand-mère était toujours de ce monde. Ils ont disparu par la suite. Dans le prolongement de ce bâtiment, on trouvait une autre pièce (sombre, vide, poussiéreuse et oppressante dans mes souvenirs) dont une porte latérale menait à un autre garage, lequel donnait sur la rue Montesquieu, au bout d'une petite allée gravillonnée.

Mais revenons à la maison et son escalier central, très raide et dangereux (ma grand-mère et ma cousine Nathalie en avaient fait les frais…). Ses maudites marches débouchaient sur un long couloir à l'étage, presque en face de la cuisine. À droite, un dégagement, une chambre, dans laquelle mon grand-père s'adonnait à des activités sportives (vélo d'appartement, tapis roulant... qu'il martyrisait au son de marches militaires allemandes – "pas par nostalgie du 3ème Reich, hein ? Mais parce que c'est bien rythmé et entraînant", s'était-il presque excusé).
Je me suis toujours demandé pourquoi Papy Jean persistait à vouloir se maintenir en forme, après la mort de Mamie Lucie. Pour moi, ça n'avait aucun sens : pourquoi perdre son temps et faire autant d'efforts lorsque ça n'est pas nécessaire ?
Ma mère soupçonnait qu'il s'entraînait parce qu'il avait "une habitude" (selon l'expression consacrée de François Mauriac – dans son roman Génitrix) et le charriait régulièrement avec ça, prêchant le faux pour savoir le vrai, mais Papy a toujours su éluder. Il était malin et protégeait sa vie privée. On n'a jamais su ce qu'il faisait lorsqu'il partait en vadrouille pendant des jours, seul ou avec son copain "Tintin". Allait-il aux putes à Dantxaria ou avait-il simplement une maîtresse, quelque part dans les environs ?

Naturellement, je ne savais pas non plus ce que je viens de conscientiser, aujourd'hui-même. Car mon grand-père était bien plus que ce petit bonhomme gris et passe-partout à casquette. Et il avait une raison beaucoup moins triviale de se maintenir alerte. 

Mais revenons à la maison : du même côté du couloir, on trouvait une minuscule salle de bain avec baignoire, et enfin des toilettes séparées. La cuisine pouvait être isolée du couloir au moyen de portes coulissantes vitrées. Le fond de la cuisine donnait sur une petite terrasse couverte qui fut transformée en véranda par la suite. La table de la cuisine était recouverte d'une toile cirée jaune et usée par endroits, elle-même encombrée de papiers, ustensiles et robots ménagers divers et inutiles. Car mon grand-père, en plus de tout garder au cas où ça pourrait servir, était un acheteur compulsif.

Ce qui me reste en mémoire de cette pièce, dans laquelle j'ai pris le goûter, fait mes devoirs, joué aux dames, aux dominos et aux petits chevaux, puis à la console Atari avec mon frère cadet et mes cousins, ce sont surtout deux objets qui recelaient quelque chose de magique, pour mes jeunes yeux : le canif de mon grand-père avec son manche en corne de vache sombre, toujours propre, bien aiguisé, prêt à l'emploi, allongé dans le tiroir des couverts aux côtés de son jumeau plus clair (celui de ma grand-mère décédée), et le décapsuleur fantaisie, sur le frigo, qui représentait un mexicain jouant de la guitare électrique (dont j'ai fini par hériter, des années plus tard, au grand dam de mon cousin Stéphane. Cet ouvre-bouteille exotique est devenu mon "totem d'immunité" contre le quotidien routinier).

Au fond à gauche, une double porte vitrée ouvrait sur une salle à manger carrée, aux meubles chargés de bibelots et de vieilles photos familiales. Nous y échangions nos cadeaux de Noël avec la famille élargie chaque premier janvier. Une cloison avait été abattue en face afin d’accéder au salon, dans lequel s'étalait l'imposant piano de mon arrière-grand-mère (Sophie, la musicienne, que je n'ai pas connue), une commode rococo sur laquelle trônait une énorme télévision à tube cathodique, quelques fauteuils et un guéridon avec une photo en noir et blanc de mon père enfant, qui jaunissait dans un cadre doré.
Entre le piano et la télé, une porte ouvrait sur le couloir central, qui repartait à gauche vers la chambre de mon grand-père et la partie cuisine. À droite, c'était la porte d'entrée, suivie d'un escalier extérieur en béton qui menait à la cour avant et au portail. En face, une porte condamnée. Du moins c'est ce que tout le monde m'affirme, même encore aujourd'hui.
Mais moi je sais ce que j'ai vu.

Cette ouverture permettait d'accéder à l'ancienne chambre de Gérard, l'aîné de la famille. Elle jouxtait celle de mes grands-parents. Une fois les enfants partis de la maison, mon grand-père avait fait abattre la cloison entre sa chambre et celle de Gérard afin de créer une sorte de « suite parentale ». C'est un grand mot. La porte était restée là, dans le couloir, mais nous avions l'interdiction de l'ouvrir.

Sauf qu'un jour – je devais avoir six ou sept ans – j'ai vu mon grand-père sortir par cette porte. L'espace d'un instant, j'ai eu l'occasion d'apercevoir ce qu'il y avait dans la « pseudo pièce », derrière lui. Et j'y ai vu une petite salle sombre, sans fenêtre et toute en longueur, comme une extension perpendiculaire du couloir, mais de laquelle exhalait un air glacial, poussiéreux et glauque. L’endroit m'a paru engorgé d'objets mystérieux que je n'ai pas su reconnaître. Mis à part un fusil à pompe, probablement chargé et prêt à être utilisé, posé contre une étagère branlante. Cette vision n'a duré qu'un court instant mais l'endroit a éveillé ma curiosité autant que mon effroi. Quelque chose d'anormal venait de se produire juste sous mes yeux mais mon cerveau refusait de l'admettre. Papy Jean possédait un "passage dimensionnel" dans sa maison. Je n'aurais pas su le nommer ni le décrire, à ce moment-là, autrement que comme un « cagibi magique », mais j'avais parfaitement compris, intuitivement et malgré mon jeune âge, de quoi il s'agissait.
Mon grand-père a eu l'air surpris de me trouver là, la bouche ouverte, témoin fortuit de sa double vie. Puis, contrarié par mon indiscrétion enfantine, il m'avait chassé du couloir sans ménagement (mais sans violence).

Les années ont passé. J'ai grandi et je n'ai jamais reparlé de cet épisode avec lui. Chacun a droit à son jardin secret. Et depuis, Papy Jean nous a malheureusement quittés. Ses héritiers directs ont vendu sa maison, dont personne ne voulait, si bien que je ne saurai jamais si tout cela a existé, si c'était une hallucination, les réminiscences d'un rêve ou un souvenir reconstruit. Pire : je ne saurai jamais si quelqu'un d'autre que moi connaissait la vérité.

Bien plus tard, j'ai demandé à mon père et à ma cousine si cette pièce interdite leur disait quelque chose, mais il semblerait que je sois le seul à l'avoir jamais vue ouverte. Pour eux, elle était condamnée, d'autant plus que mon grand-père avait placé une armoire devant la porte, côté chambre à coucher. Pour eux, cette porte dans le couloir central n'était que le reliquat d'une ancienne chambre, rien de plus.

Mais pour moi, ce gourbi hors de l'espace et du temps que j'avais aperçu, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, était bien réel. Et il le restera, jusqu’à preuve irréfutable du contraire.

mardi 28 juillet 2026

#UCSN : DES PERSONNAGES FÉMININS PUISSANTS


Je me suis rendu compte récemment que, depuis que je publie des livres, j’ai toujours imaginé des personnages féminins puissants. Hormis dans Mauvais berger ! où je n’ai pas eu besoin puisque Nanette la bergère est une personne réelle, à la base, c’est le cas dans la trilogie L’infection (Mathilde/Antivirus X, Serena, Sophie Régent…) dans Les Routes du crépuscule (Valentine, Jessica, Karine…) et dans Le Moment ou jamais (Sandrine, Isabelle, Milena…). 

Dans Un Cauchemar sans nom, il y en a aussi une tripotée : Amélie, Karine, Ghislaine mais aussi et surtout Élinor, Misty, Miss Diamond et « Maman ». Toutes sont des femmes avec un fort caractère et donnent du fil à retordre à mon personnage principal, le narrateur. Il faut dire qu'à lui seul, il cumule beaucoup de tares : c’est un adulescent égocentré et manipulateur au caractère obsessionnel, affublé d’un terrible pouvoir dont l’utilisation a des conséquences désastreuses. 

Même si elles ont toutes des faiblesses propres à leur caractère, ce sont des femmes fortes, mues par leurs objectifs personnels ou leurs sentiments, qui n’hésitent pas à s’opposer à la volonté ou aux ambitions du héros (qui est davantage un antihéros, en fait). Ce dernier croit pouvoir en faire ce qu’il veut, mais c’est sans compter sur leur résistance active et leur ruse pour les unes, leur force d’inertie ou leur courage pour les autres. 

Ce ne sont pas des héroïnes, à proprement parler. Elles ne gagnent pas à la fin (le narrateur non plus, du reste) et leurs desseins ne sont pas toujours altruistes (litote). Ce sont juste des personnes/antagonistes avec les défauts de leurs qualités. Il se trouve que, hormis Antton Aguer dont je vous ai déjà parlé ici et Roger Barbeau, ce sont quasiment tous des personnages de sexe féminin. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien moi-même. Il le fallait, c'est tout !

lundi 27 juillet 2026

#UCSN : LE DOSSIER DE PRESSE + LES 2 PREMIERS CHAPITRES

À l’occasion de la sortie prochaine de mon nouveau roman Un Cauchemar sans nom (le 27/08/2026 chez les éditions Astobelarra), j’ai, pour la première fois, créé un dossier de presse complet, dans les règles de l’art. Je n’avais jamais fait ça auparavant. D’ordinaire, je fabrique des fiches techniques (comme celle-ci) que j’envoie à la presse et éventuellement aux libraires. Mais ce n’est pas aussi complet et ça ne donne pas autant envie. 

Je sais que ça se fait chez les grandes maisons d’édition (mais elles ont généralement un service communication dédié, là où nous sommes tous bénévoles) alors je me suis dit qu’on allait commencer à faire les choses comme il faut, nous aussi. On en a les compétences et, quand même, après 20 ans d’existence et presque 60 livres publiés, il était temps qu’on apprenne à se vendre… On tâchera de faire le même travail pour nos prochaines sorties. 

En tout cas, j’espère que ce dossier de presse vous donnera envie d’en savoir plus sur mon livre.
Et si c’est le cas, vous pouvez lire ici les deux premiers chapitres ! Enfin... Avant de vous précipiter sur le bon de commande (ici) le jour j ! 

mercredi 8 juillet 2026

C'EST PAS SORCIER, MAIS C'EST OBSESSIONNEL !


Lorsque je vends nos livres sur le stand des éditions Astobelarra, on me demande souvent comment j’écris les miens. Apparemment, écrire des romans, ça semble être une prouesse pour le commun des mortels, mais en ce qui me concerne (et sans vouloir passer pour un petit prétentieux), il n’y a rien d’extraordinaire : ce sont juste des idées, un carnet, un stylo et surtout beaucoup de temps. Le reste, il y a de grandes chances pour que vous l’ayez appris à l’école ou dans les livres que vous lisez (si vous lisez). Comme je l’ai déjà écrit ici, les rêves que je fais la nuit sont ma principale source d’inspiration ; ce qui se prête bien à mon genre de prédilection : le fantastique. Mais ensuite, comment ça se passe ?

Il n’y a pas de recette type. Chaque écrivain possède son propre mode de fonctionnement, qui ne conviendrait sans doute pas à un autre. L'enjeu étant de trouver lequel est le sien propre. Moi j’ai compris comment je fonctionnais après Pandémie, le tome 2 de L’infection (mon troisième livre). Ce dont il faut bien être conscient, c’est que tout est une histoire de… temps qu’on consacre à son œuvre. Et de passion. J’écris tous les jours, que ce soit pour mes romans, mon blog, ou autres…

Par exemple, j’écris en détail tous mes rêves dans un calepin ou sur Notes, une appli de mon smartphone. Je les mets en forme et soit je les garde pour moi, si c’est trop intime, soit je les publie sur Instagram ou sur mon blog quand ça le mérite. Parfois, ces historiettes en restent là. Parfois, mon cerveau arrive à faire des liens entre elles et alors une trame émerge du brouillard. Je distingue un semblant de chemin.

Une sorte de ligne temporelle sur laquelle des événements se placent de façon plus ou moins logique. Au départ, c’est souvent un début, un milieu et une fin. Parfois quelques jalons timides se calent entre chacun de ces trois principaux cairns. Ce sont soit des rêves, soit des personnages, soit des anecdotes réellement vécues (par moi ou un/une autre) et que je modifie et transpose dans le récit.

En général, cette timeline très succincte me suffit pour ressentir les premiers soubresauts électriques du flow dans mes entrailles, sous ma peau. Je commence comme ça. Et peu à peu, au gré du temps qui passe, de mes trajets professionnels pendant lesquels je laisse mon esprit vaquer divaguer (j’effectue plus de 30 000km par an pour mon travail, alors vous savez, j’ai du temps pour réfléchir), les choses se mettent en place.

Comme je l’ai dit ailleurs sur ce blog, j’ai beaucoup de mal à me mettre à rédiger au long cours, si je n’ai pas au moins huit heures d’affilée disponibles. C’est pour ça que j’écris mes romans essentiellement pendant mes congés ou week-end. Mais tout se joue dans mon cerveau en tâche de fond. En gros, je préécris mes livres dans ma tête. Je construis mes personnages, je trouve mes mots, j’agence mes phrases de manière virtuelle avant de les coucher sur mon ordinateur (et de les réarranger si nécessaire – et croyez-moi, ça l’est !).

Il me faut environ un an à un an et demi pour terminer un premier jet. Ensuite, je laisse « reposer la pâte ». Parce que lorsque j’écris, c’est comme une course de vélo : je suis le nez dans le guidon et je ne vois que ma roue avant et les 10 prochains mètres. Souvent, la route est lisse et calme, mais gare aux chausse-trappes et à la pluie ! Je trouve cette métaphore très classique mais appropriée (et d’actualité).

LA PASSION, COMME FRANÇOIS PIGNON

Un à deux mois plus tard, je reprends mon manuscrit : je relis, je corrige, je rajoute, je supprime, je peaufine avec un esprit frais. Ça me prend à peu près un mois de plus (quand je ne le fais pas pendant mes congés, sinon, deux semaines suffisent). Ensuite, j’envoie ce premier jet corrigé au comité de lecture, afin d’avoir leur avis. Un mois plus tard, j’ai obtenu leurs retours constructifs et je me remets à l’ouvrage, précisant ceci, reformulant cela… car j’ai toujours du mal à lever le nez du guidon ! À ce propos, avez-vous remarqué à quel point c’est compliqué de se relire ? C’est comme si notre cerveau refusait de le faire : « Nan, je sais déjà ce que ça raconte, pas la peine que je me casse le cul. Allez, salut ! ».

Mais je ne suis pas toujours tous les conseils des collègues d’Astobelarra à la lettre parce que je suis le seul à savoir vraiment ce que j’ai en tête. Et comme je ne révèle jamais tout (notamment dans mon dernier livre, qui aura une suite), leur jugement peut parfois être biaisé… Mais je prends ce qu’il y a à prendre. J’en ai à peu près pour un mois de travail supplémentaire avant de pouvoir dire sans honte : ça y est, je suis prêt !   

Vous voyez : il n’y a rien de sorcier. C’est juste une histoire de passion (la même que celle qui anime François Pignon avec ses cathédrales en allumettes, dans Le Dîner de cons, pour ceux qui n’auraient pas la réf.) et d’organisation du temps de travail. Comme toute médaille, il y a un revers… Tout ce temps, si précieux, qu’on consacre à son œuvre, on le vole forcément à quelqu’un. Oui, ça ne doit pas être de la tarte de me supporter au quotidien, dans mes périodes de créativité.

J’en ai bien conscience et j’en suis désolé pour toutes les victimes collatérales (essentiellement mes proches et mes collègues de boulot). Mais ça va avec ce que je suis : on prend le tout (le bonhomme et ses défauts) ou on ne prend rien. J’ai encore des tas d’histoires à raconter et je ne suis pas prêt à en sacrifier une seule.

En fait, je réalise que j’ai beaucoup de similitudes avec le personnage principal de mon nouveau roman, Un Cauchemar sans nom : je suis un grand adulescent totalement égocentré, au comportement addictif et obsessionnel. Malheureusement, je crois bien que ce sont aussi quelques unes des « qualités » nécessaires pour écrire des romans. Ou, plus largement, pour créer quoi que ce soit d’artistique.

Envie d'en savoir plus ? Jusqu'au 20 juillet 2026, vous pouvez précommander mon dernier roman (véritable métaphore du métier d'écrivain – je précise) à cet endroit précis ! Non seulement vous filerez un petit coup de pouce aux Éditions Astobelarra, mais en plus, vous économiserez 5,70€ (frais de port inclus) car après cette date, ce sera plein tarif pour tout le monde ! Alors on arrête de tergiverser et on sort sa CB ! 😁 

lundi 29 juin 2026

TTUN-TTUN AGUER, PERSONNAGE RECURRENT

Si vous avez lu mes précédents livres, alors vous connaissez Antton Aguer, dit Ttun-ttun. Antton, c’est l’archétype du petit patron local, imbu de pouvoir, et doté d'un égo surdimensionné, méprisant et pourri jusqu’à la moëlle. Un type ne reculant devant aucune exaction pour obtenir ce qu'il convoite et qui n’a qu’un plaisir dans sa vie : tenir celle des autres entre ses doigts.

C’est un entrepreneur autoritaire à la limite de la psychopathie, dont les activités industrielles sont philosophiquement très discutables. C'est également un petit notable de province, un politicien véreux et sans morale qui ne supporte pas la contradiction ou la mise en dérision de sa personne.

Au fond, Ttun-ttun est comme tout le monde. Il voudrait laisser une trace de son passage sur terre et qu’on le considère comme un bienfaiteur (il rêve d’avoir une rue à son nom, mais n’aura que les chiottes publiques) alors qu’en réalité, sa spécialité, c’est la prise illégale d’intérêts, la manipulation des faits, le mensonge, la menace, voire la violence si rien d’autre ne fonctionne.

En fait, sous une croûte superficielle sèche, dure et amère, c’est un faible, un enfant gâté qui veut tout et tout de suite. Je vous l’avoue, je prends un malin plaisir à l’humilier dans mes romans (dans la trilogie L’infection, dans Le Moment ou jamais et, bien entendu, dans Un Cauchemar sans nom –  toujours en précommande ici, à ce jour), au nom cette forme de justice poétique dont je suis friand.

Évidemment, mon Antton Aguer n’existe pas dans la réalité. C’est une caricature absolue. Le réceptacle de toutes les tares que j’ai pu rencontrer dans ma vraie vie professionnelle et personnelle, chez mes congénères (du moins ceux qui jouissent d’une petite autorité, quelle qu’elle soit). Dans ma tête, je trouve qu’il ressemble physiquement à Aimé De Mesmaeker (dans Gaston Lagaffe).

C’est un pratiquant invétéré des sept péchés capitaux (je pense qu’il y en a plus que sept chez Ttun-ttun) qui représente l’humanité dans ce qu’elle a de plus crasse, de plus vulgaire, de plus indigne. C’est un personnage qu’on aime détester tout en le trouvant ridicule. Un genre de polichinelle bête et méchant, mais qui s’ignore.

Vous l'aurez compris, Antton sert de démiurge social contre lequel se débattent mes autres personnages. Il est l’obstacle, la figure d’autorité qu’il faut renverser ou ridiculiser afin de s’émanciper du chaos social, par opposition au chaos narratif que j’invente et décris en parallèle, dans mes romans.

Enfin, si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez précommander à prix d'ami (vous économiserez 5,70€) Un Cauchemar sans nom dès aujourd'hui ! ↴
https://www.helloasso.com/associations/astobelarra-le-grand-chardon/collectes/reservez-un-cauchemar-sans-nom-le-nouveau-roman-d-etienne-h-boyer