J’ai déjà glissé quelques pistes un peu partout dans ce blog, mais sans vraiment aborder le sujet. Pour moi, un romancier lit FORCÉMENT beaucoup de romans. C’est en partie de là qu’il puise son inspiration. Il ne cherche pas nécessairement à copier les idées ou le style, mais plutôt à trouver et entretenir le désir de transmettre une histoire qui lui trotte dans la tête. Il cherche la motivation, en quelque sorte.
Personnellement, je lis un peu de tout mais il est évident que « j’ai mes têtes ». Il s’agit souvent d’auteurs contemporains dont j’ai lu une grande quantité de livres sans (presque) jamais me lasser. Et le premier d’entre tous, vous l’aurez deviné, c’est… Stephen King, le maître du fantastique. Sur la soixantaine de romans qu’il a pondus, j’ai dû en lire au moins la moitié. Le reste, j’ai vu les adaptations au cinéma ou à la télé.
Alors pour être honnête, toute son œuvre n’est pas parfaite. Certains de ses livres ont parfois des fins que j’estime bâclées. Certains personnages (ou situations) peuvent paraître redondants. Mais si je regarde l’ensemble de son travail, il n’a pas à en rougir. Personne ne lui va à la cheville et à 78 ans, il figure toujours au sommet de son art. Je guette chacune de ses sorties comme un fan de la première heure, que je suis.
Si je devais citer mes livres préférés du King, je commencerais par « 22/11/63 », de très loin le meilleur, selon moi. Suivi de « La ligne verte », « Shining », « Ça », « Joyland » ou « Mr Mercedes », « La peau sur les os »… Et puis tous les autres. De « Carrie » à « Misery », en passant par « Cujo », « Bazaar », « Désolation », « Christine » ou « Simetierre », sans oublier que toute son œuvre est reliée par la saga « La tour sombre ».
Mon deuxième écrivain préféré, (j’aurais pu vous en citer deux en fait, mais il faut savoir départager), ce serait Edward Abbey, le roi du « Nature Writing » (j’ai hésité avec Pete Fromm). L’auteur du « Gang de la clé à molette » a également eu une grande importance dans mon processus créatif. J’aime son écriture contemplative, sa façon de magnifier le désert, de créer des ambiances brûlantes et des personnages ambigus, parfois violents.
Je n’ai pas lu toute sa bibliographie, loin s’en faut, mais si je devais citer mon roman préféré, je dirais en premier « Désert solitaire », suivi de « Le feu sur la montagne », et « Le gang de la clé à molette » 1 et 2, évidemment.
Mon troisième serait sans doute John Irving. Encore un Américain, me direz-vous. Lui a écrit un peu moins de vingt romans, mais chacun des livres que j’ai lus m’a laissé une empreinte très prégnante. Et un sentiment de deuil une fois la dernière page refermée. Ses histoires sont habitées, puissantes, charnelles, pleines de rebondissements inattendus, parfois loufoques.
Si je devais citer un livre, je choisirais certainement… « Dernière nuit à Twisted River » qui se rapproche du roman policier, sans en être. Mais j’ai également adoré « L’hôtel New Hampshire », « Le monde selon Garp », « Une prière pour Owen », « L’épopée du buveur d’eau » et « l’œuvre de Dieu, la part du diable ». Irving fait partie des grands auteurs contemporains qui comptent pour moi.
Allez, vous en reprendrez bien un petit quatrième, pour la route ? Voici un écrivain que j’ai découvert très récemment, mais dont le travail m’a collé une sévère claque. Les romans d’Haruki Murakami (auteur japonais comme son nom l’indique) me font penser à mes rêves. On ne sait jamais si on est dans la réalité crue ou dans un monde onirique, magique, ou même fantastique. Ses personnages sont souvent tendres et flegmatiques et prennent la vie comme elle vient.
Ses romans sont remplis de poésie et de philosophie sans que ça en devienne barbant et son écriture coule et chante comme l’eau d’un ruisseau de montagne. On pourrait penser qu’elle est simple, mais il n’en est rien. La structure narrative de ses livres est complexe et part dans tous les sens, surtout là où on ne l’attend pas. Et c’est cela que j’aime chez Murakami : l’inattendu, les surprises. Rien que ses titres en disent long !
Lorsque j’étais jeune, je lisais beaucoup plus (il n’y avait pas de smartphone ou Netflix pour nous faire perdre la boule). D’abord « J’aime lire » et « Je bouquine », auxquels j’étais abonné. Mais ensuite des auteurs plus classiques puisqu’ils étaient au programme de mon éducation scolaire (Maupassant, Hugo, Zola, Balzac, Musset, Flaubert, Diderot, Green…) ou d’autres, plus récents, que mes parents et ma tante me conseillaient (Vian, Carrère, Mauriac, Bazin, Troyat, Michelet, Sartre, Dostoïevski, Camus, Gary…).
Parallèlement et plus ou moins en cachette (parce que « ce n’étaient pas de vrais livres »), je lisais beaucoup de « comic-books » ou de « livres dont vous êtes le héros ». Plus tard, j’ai découvert l’existence de la littérature jeunesse grâce à mon ex-épouse bibliothécaire, avec des auteurs comme Thimotée de Fombelle (« Vango »), Philip Pullman (« À la croisée des mondes »), Pierre Botéro (« La quête d’Éwilan ») ou Christian Grenier (« Les enquêtes de Logicielle »). Sans doute que tous ces auteurs, mais aussi dessinateurs et illustrateurs pour certains, ont également exercé une influence (plus diffuse) sur mon propre travail. Ne serait-ce que pour améliorer mon expression écrite, mon orthographe et ma grammaire ou juste pour développer mon imaginaire ?
Bref, et ceci, dit sans une once de prétention : dans chacun de mes livres, on retrouve des éléments fantastiques ou horrifiques (comme chez King), des histoires de vie qui peuvent être violentes, avec des personnages peu communs ou à forts tempéraments (comme chez Irving), une dimension onirique, psychologique, philosophique et parfois absurde en apparence (comme chez Murakami) et des descriptions contemplatives, poétiques presque jusqu’au lyrisme de l’environnement (comme chez Abbey).
Et vous, quels sont vos auteurs préférés ?











