On me demande souvent comment je m'y prends pour écrire mes histoires. J'ai déjà expliqué ici (et même à plusieurs reprises, puisque je radote) que mes idées proviennent majoritairement de rêves que je fais la nuit.
Parfois ces rêves sont mémorables et, coup de chance, sont articulables entre eux par association d'idées, parfois ce sont juste des one-shots dont je ne ferai rien de plus qu'un billet de blog ou un post sur Instagram, s'ils le méritent.
Donc on peut dire que mes romans ont souvent une trame fixe, plus ou moins téléguidée par mes rêves. Il me faut obligatoirement au moins un début, un milieu et une fin. C'est seulement lorsque j'ai défini ces trois principaux moments charnières que je sais que je tiens potentiellement un futur livre. Mais il y a une constante : tout ce qui se passe entre ces principaux jalons – les liaisons, les personnages secondaires, tertiaires et quaternaires – reste à créer. Il subsiste donc un fort pourcentage d'improvisation dans mon travail.
Et ce sont souvent les personnages qui jouissent de cette liberté, parce que même si leur destinée est plus ou moins décidée à l'avance à travers cette ligne directrice que je m'impose dès le départ, leurs actions, leurs décisions, la sympathie ou l'antipathie que j'éprouve à leur égard ou parfois même les discussions que je peux avoir avec mes proches à leur sujet peuvent modifier leurs trajectoires, in fine. Ça a été le cas pour pratiquement tous mes livres. Sauf "Mauvais berger !" qui est une histoire vraie.
Par exemple, je n'avais pas décidé de tuer GrosSam Bonini, Sébastien Régent et Serena dès le départ, dans le tome 3 de ma saga "L'infection". Ça s'est imposé logiquement, au fil du récit. De même, je n'avais pas entrevu le final de "Les Routes du Crépuscule" six mois avant d'en terminer l'écriture. Je vais même aller jusqu'à dire que je n'avais aucun plan fixé pour ce roman. Tout m'est venu au fil des mots, presque de manière automatique. Pour "Le Moment ou jamais", j'ai fait brainstormer mes collègues de boulot pour trouver la meilleure fin possible.
Et pour "Un Cauchemar sans nom", j'ai carrément interrogé l'IA afin de peaufiner certains concepts techno-scientifiques développés dans l’histoire, en plus de m'informer auprès de vrais sachants ou en puisant dans des livres. Ce fonctionnement m'a permis de gagner un temps précieux sans pour autant toucher l'âme du roman. On l'a vu : il existe une grande part d’imprévu dans mon processus créatif et je ne crains absolument pas de rechercher mes sources et mes informations de toutes les manières possibles, ce qui inclut – de fait – l’utilisation de LLMs.
Mais je tiens à vous rassurer : aucune phrase de mes romans ne provient de ChatGPT (ou autre IA). Je pense qu'utiliser une IA pour comprendre quelque chose est différent de lui demander d’écrire quelque chose. Et comme tout le monde, j’ai appris à écrire à l’école et je ne suis pas encore prêt à laisser un robot le faire à ma place.








