Ton œuvre apparaît comme une tentative de géométriser le chaos des émotions : utiliser la technique pour mettre de l’ordre dans le désordre biologique et sentimental de l’existence.
Elle raconte la lutte de l’individu pour préserver sa cohésion dans un univers qui cherche sans cesse à le fragmenter ou à le réécrire.
Le temps y est un champ de tension entre le désir de maîtrise absolue (recommencer, corriger) et l’impuissance face au vieillissement, à l’oubli et à la mort. L’écriture devient alors une tentative de cristalliser le temps.
La fiction agit comme un système de réencodage du réel, où l’humain, réduit à une circuiterie défaillante, cherche à déchirer une réalité qui l’étouffe
Le monde n’y est jamais solide : il est une matière souple, textile ou plastique, que l’on peut déchirer, recoudre ou remodeler. L’existence ressemble à un décor posé sur le vide.
Le motif central est celui de « l’ingénieur du chaos » : un homme qui tente de réparer un système défaillant et de maintenir une humanité en voie de désagrégation.
En définitive, chaque livre cherche à canaliser le chaos des émotions et à corriger un « bug » du réel pour le transformer en une légende cohérente.
Pour lui, je n’écris pour la beauté de l’Art. Mon but premier, c’est de combiner un système d’autodéfense métaphysique et un acte d’exorcisme afin de libérer mon esprit de ses fantômes.
