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mercredi 24 juin 2026

#UCSN : INTERVIEW JUIN 2026

#LMOJ, mon livre précédent !

À la veille (presque) de la sortie de mon nouveau roman Un Cauchemar sans nom, Thomas Ponté (également auteur et membre actif de notre maison d'édition) a bien voulu se prêter au jeu de l’intervieweur pour le compte des éditions Astobelarra et tenter de me tirer les vers du nez. Je pense qu’il s’en est bien sorti ! En tout cas, ses questions sont beaucoup plus naturelles et incitatives que celles de n’importe quelle IA que j’ai pu solliciter… Et lui au moins, il a lu mes livres et il est capable de faire des comparaisons et des liens logiques ! Quant à mes réponses, à vous de juger si vous apprenez quelque chose de nouveau, ou pas :

Thomas Ponté : Quel est ton pire souvenir, en tant qu'écrivain ?

Etienne H. BOYER : On va commencer par le meilleur, si tu veux bien ! Si je devais en choisir un, je dirais que mon meilleur souvenir en tant qu’auteur, c’est lorsque l’imprimeur m’a livré la première édition de Mauvais berger ! Les voir, là, comme ça, dans leurs cartons, tous bien rangés en rang comme des petits soldats, ça m’a fait bizarre. Un peu comme lorsque mes vrais enfants ont vu le jour.
À 37 ans, j’avais (enfin) donné vie à un livre !
Le pire souvenir, ce serait le jour de la sortie de Les Routes du crépuscule, je pense. Nous sommes allés à cinq, Thomas Ponté, Constance Dufort, Caroline Herrera et moi-même au salon du livre d’Hendaye. Nous étions placés tout au fond de la salle, l’entrée pour les visiteurs était payante et consécutivement, il n’y a pas eu grand monde. Résultat : 120 kilomètres, presque deux heures de route et huit heures de présence… pour qu’aucun d’entre nous ne dédicace un seul livre ! La Bérézina, comme on dit !
Plus jamais ça !!!

Thomas Ponté : Au-delà de l'aspect technique de l'écriture au sens strict, quelles peuvent être les étapes mentales par lesquelles il t'arrive de passer ? 

Etienne H. BOYER : Lorsque j’ai un roman en tête, plus rien d’autre ne compte. Mon cerveau est sans cesse noyé de pensées invasives (en rapport avec l’histoire). Et lorsqu’enfin j’arrive à me forcer à me concentrer sur autre chose, je sens que ça travaille toujours en tâche de fond. C’est assez compliqué à gérer, car il faut composer avec le travail, la famille, les amis, la maison d’édition, les besoins essentiels… On ne doit faire l’impasse sur rien. Mais ça demande beaucoup d’énergie et je suis généralement une loque, une fois que le livre est terminé.
L’autre moment difficile, c’est lorsque mon manuscrit est partagé au comité de lecture. C’est là (et seulement là) que le doute me prend. Et si c’était nul ? Et si ça ne plaisait pas ? Et si j’avais travaillé pour rien ?
Mais tout n’est pas négatif : par exemple, il y a ces périodes de créativité intense au cours desquelles les vannes du flow sont ouvertes. La dopamine coule à flots dans mes veines et écrire devient alors comme une drogue, jusqu’à s’en oublier. Plus rien ne compte, autour. Je peux passer 20 heures sans manger, sans ressentir la moindre fatigue, le moindre manque, la moindre douleur physique dans une espèce d’euphorie électrisante. Quand vous lirez Un Cauchemar sans nom, vous retrouverez sûrement les chapitres qui ont été écrits dans le >flow.

Thomas Ponté : Tous tes romans appartiennent au fantastique et à la SF ; d'où te vient cet attrait particulier pour ce genre ? Et est-ce que tu te sentirais d'écrire un roman purement réaliste ? 

Etienne H. BOYER : Alors ça, je pense que ça vient de mon éducation. Je suis un enfant des seventies, donc j’ai baigné dans la culture Goldorak, San ku Kai, Star Wars, puis les livres dont vous êtes le héros, Orwell, Barjavel, Lovecraft, Poe, Stephen King, Mad Movies, Fluide Glacial, les comics, et puis les BD comme Druuna ou le Mercenaire… Puis il y a eu les séries télé comme V, Code Quantum, les X-Files et surtout Twin Peaks, et le cinéma avec Terminator, Freddy Krueger, The Shining, les films de zombie, la pop music et le Heavy Metal. En fait, si vous voulez un résumé assez bien vu de cette période, il vous faut regarder les cinq saisons de Stranger Things, des frères Duffer.
Donc ma culture générale, c’est celle-là. Je ne suis pas spécialement nostalgique de la période, mais elle fait partie de moi. Quand on prend tous ces ingrédients, qu’on les mets dans un mixer et qu’on appuie sur le bouton, ça donne un curieux gaspacho à base de dystopie fantastique, de pop culture, de pulp, de gore et de sexe.

Thomas Ponté : Dans LRDC, ton héros se retrouve projeté dans sa jeunesse ; si tu devais tout recommencer toi aussi, en tant qu'auteur, garderais-tu le même cap, ou changerais-tu ton approche de l'écriture ?

Etienne H. BOYER : Si je pouvais retourner dans le passé tout en gardant la mémoire de mon vécu, comme Maxime, je me mettrais à écrire (pour être lu) beaucoup plus tôt. J’écris depuis longtemps, mais ça restait plus ou moins d’ordre privé. J’avais déjà des histoires qui me trottaient dans la tête et que j’avais commencé à rédiger dans un cahier (essentiellement des scenarii de BD parce que plus jeune, je rêvais de devenir dessinateur de BD) mais sans oser aller plus loin. Manque de maturité et de confiance en moi, sans doute ?
En fait, c’est vraiment mon passage en tant que correspondant local de presse chez Sud-Ouest qui a débloqué cette évolution, je pense. Mais cette période est intervenue assez tard dans ma vie. J’avais déjà 30 ans. 

Thomas Ponté : Quel serait pour toi le roman ultime que tu rêverais d'écrire ?

Etienne H. BOYER : J’adorerais écrire un gros roman comme le fait John Irving. Avec une vraie histoire au long cours qui donne du rêve et qui ne serait pas un roman fantastique ni un polar. Un truc qui plairait enfin à ma mère… Mais ce n’est pas ce que je fais.
Je sais que c’est un pari assez risqué, commercialement parlant, de se cantonner aux romans de genre (c’est un peu un public de niche), mais bon. Moi je fais dans le divertissement, le thriller fantastique, le gore. J’écris ce que je suis, ce que j’ai dans la tête, ce que j’aime lire. 

Thomas Ponté : Tes intrigues sont toujours le fruit de rêves que tu fais, mais est-ce qu'à l'inverse ta vie d'écrivain se retrouve parfois dans tes rêves ?

Etienne H. BOYER : Étrangement, les deux univers ne sont pas poreux entre eux. Je rêve de tas de choses différentes qui finissent souvent dans mes romans, mais jamais que j’écris (ou que je participe à un salon du livre), jusqu’à aujourd’hui. Du moins, pas que je me souvienne parce que, comme tout un chacun, je ne me souviens pas toujours de tous mes rêves.

Thomas Ponté : Y'a-t-il des choses qui peuvent te mettre la pression quand tu écris ?

Etienne H. BOYER : Ce qui me met la pression, c’est le temps qui passe, durant lequel je ne peux pas écrire (ou travailler sur mon livre en cours) parce que je suis au boulot, parce que ma famille ou mes amis ont besoin de moi, parce que je dois consacrer du temps à Astobelarra, etc. Pour pouvoir écrire sereinement, j’ai besoin de conditions spécifiques. Le temps disponible est l’élément essentiel, (je n’aime pas me mettre à écrire si je n’ai pas au moins huit heures devant moi) mais il y en a d’autres, comme la solitude, l’isolement, la musique…

Thomas Ponté : S'agissant de ton travail, quelle est la question ou la remarque que tu ne supportes plus d'entendre ?

Etienne H. BOYER : « Pourquoi tu te fais chier avec tout ça ? C’est une perte de temps ! » Ce que je fais, que ce soit écrire des romans, éditer les livres d’autres auteurs et les vendre sur le marché de Mauléon-Licharre, ce n’est pas pour devenir millionnaire ; c’est par pure passion (et par besoin viscéral de partager ce qui me trotte dans le crâne). Et la passion, c’est forcément déraisonnable pour ceux qui ne la comprennent pas. Au pire tu passes pour un fou, au mieux pour un François Pignon.

Thomas Ponté : As-tu écrit quelque chose que tu as du mal à assumer, avec le recul ?

Etienne H. BOYER : J’assume tout ce que j’ai écrit. Cela dit, si j’avais le temps et la force, je réécrirais le tome 1 de L’infection. Pas que je ne l’aime pas, mais on va dire qu’aujourd’hui, 14 ans plus tard, je ne l’aurais pas écrit comme ça, avec tous ces anglicismes et ces termes techniques. Je supprimerais le lexique et je rendrais le texte plus fluide. Bon, je ne le ferai jamais, en vérité. Car contrairement à Mauvais berger !, qui était incomplet, puisque je lui ai rajouté un paquet d’anecdotes qui me sont revenues après coup, L’infection T1 Contage, s’il n’est pas absolument parfait, est tel qu’il devait être : c’est un premier roman, avec ses qualités et ses défauts. J’en reste très fier et il est la première pierre à « mon édifice ».  

Thomas Ponté : Dans ton nouveau roman à paraître, UCSN, tu crées des ponts avec tous tes autres livres (y compris Mauvais berger !). Est-ce qu'il faut forcément avoir lu tes précédents travaux pour pouvoir suivre ?

Etienne H. BOYER : Pas du tout. C’est un roman à plusieurs niveaux de lecture et donc chacun y trouvera ce qu’il veut. Celui ou celle qui n’a pas lu mes précédents efforts ne sera pas perdu car j’explique ce qui doit l’être en temps voulu. Quant à ceux qui connaissent le reste de mes livres, ils y trouveront de nombreux clins d’œil, certains évidents, d’autres plus subtils. Ce sera un peu comme une partie de « Mais où est Charlie », pour eux !   

Thomas Ponté : Les rêves de ton personnage modifient la réalité. Il en est victime mais en devient également l'horloger conscient, aux dépens de son entourage. Comment as-tu jonglé avec cette dualité ? Et penses-tu que tu te conduirais de façon plus responsable ?

Etienne H. BOYER : Comme aurait dit Lord Acton, je pense que « le pouvoir tend à corrompre et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Il suffit de regarder les hommes politiques, de par le monde, pour s’en convaincre. Mon personnage ne déroge pas à la règle. Il a une base égocentrée, immature, cynique. Il n’est pas particulièrement sympathique, pour un héros romanesque. D’ailleurs, ce n’en est pas un, malgré ses pouvoirs. C’est juste un homme faible et névrosé qui tente de s’adapter au changement et essaye de modifier sa réalité, parfois même au détriment du reste de la planète, parce qu’il en a les capacités. Mais il n’est pas foncièrement méchant. Il est juste médiocre. Un peu comme nous tous, non ?
Quant à savoir ce que je ferais si j’avais ses pouvoirs… puisque ce personnage vient de mon cerveau, j’imagine que je ne ferais pas mieux que lui ?

Thomas Ponté : Dans UCSN, on passe de rêves et de leurs conséquences prosaïques pour glisser vers l'extraordinaire. Comment peut-on interpréter cette escalade ?

Etienne H. BOYER : Le personnage perd peu à peu pied avec le réel. Et son pouvoir, qu’il contrôle mal mais qui est incommensurable – puisqu’il crée, malgré lui, de nouvelles dimensions et des personnages eux aussi blindés de pouvoirs – lui échappe en une espèce d’accélération exponentielle. Plus il dort, plus il rêve, et plus il modifie sa réalité (et celle des autres en même temps).
C’est une métaphore du pouvoir (quel qu’il soit : argent, autorité, politique, patronal, etc.), qui, s’il est entre les mains d’un irresponsable incapable de le maîtriser, peut dévier et s’emballer, et fatalement créer des désastres.

Thomas Ponté : Sartre disait « l’enfer, c’est les autres ». Est-ce que ton héros ne ferait pas justement partie de ces autres qui imposent leurs vues sur le monde ? Et est-ce que ce « cauchemar sans nom » ne serait pas, finalement, celui des autres qui subissent les lubies d’un être en manque de repères ?

Etienne H. BOYER : C’est un des niveaux de lecture et je pense qu’il y en a autant que de lecteurs ! Mais oui, on peut voir ce personnage comme une sorte d’architecte quantique complètement inconscient, ou au pire comme un démiurge désinvolte, dont le seul but est de satisfaire son égo. Pas si différent d’un Donald Trump, finalement… Mais contrairement à l’actuel président américain, il est également victime de son pouvoir. C’est, je crois, ce qui le sauve.

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dimanche 28 juillet 2024

UNE INTERVIEW EXCLUSIVE SUR LE BLOG D'ASTOBELARRA

Cet entretien exclusif est paru sur le blog des éditions Astobelarra. Il me semblait opportun de le republier ici, sur mon propre blog :

Le nouveau roman d'Etienne H. Boyer s'apprête à sortir dans le courant du mois de septembre 2024, aux éditions Astobelarra. Mais le livre est déjà en précommande à 13€, frais de port inclus (ici :
https://tinyurl.com/LMOJ2024) jusqu'au 17 août prochain. À sa sortie, le livre fera 248 pages et sera au prix de 14€.
L'auteur a bien voulu nous en dire un peu plus sur ses projets et ce nouveau roman, intitulé "Le Moment ou jamais" : 

Astobelarra : Comment a été accueilli ton précédent roman, "Les Routes du crépuscule"?

Etienne H. BOYER : Super bien ! J'ai eu une majorité de très bons retours des lecteurs et lectrices. Beaucoup de gens m'en reparlent encore, plus de deux ans après sa sortie (la page 13 a visiblement marqué les esprits).
Et le roman a même été primé au salon du livre de Navarrenx en 2023. J'en suis très heureux ! Mais c'est presque de l'histoire ancienne. Aujourdhui, on parle de "Le Moment ou jamais !"

Astobelarra : Pourquoi ce titre, "Le Moment ou jamais" ?

Etienne H. BOYER : C’est une phrase populaire, un tic de langage qu’on entend partout et tout le temps. Je la ressens comme une injonction, en forme d’autohypnose, à faire les choses sans délai, à vivre à fond le moment présent quitte à le regretter amèrement plus tard. Je trouvais que ça faisait un bon titre pour un thriller horrifique ! Mon personnage principal, Roger Barbeau, en fait son mantra personnel pour accomplir sa destinée.

Astobelarra : De quoi parle ce nouveau roman ?

Etienne H. BOYER : Alors là, on change complètement de registre : c'est l'histoire de Roger Barbeau, un vieillard qui est sur le point de mourir. Il se rend compte qu'en devenant méchant, il pourrait vivre plus longtemps et en bonne santé. Alors il laisse le salopard qui dort en lui prendre les rênes de sa vie. Évidemment, tout cela a un coût, et plutôt élevé.

Astobelarra : C'est un roman d'horreur ?

Etienne H. BOYER : On peut dire ça, bien que ce soit un peu réducteur. L'épouvante est un prétexte pour aborder des sujets de société graves, comme la vieillesse, le déclin, la peur de partir trop tôt, ou de finir épave dans un Ehpad.

Astobelarra : C'est quelque chose qui t'effraie personnellement ?

Etienne H. BOYER : C'est surtout la façon dont notre société gère ses anciens qui m'effraie. Certaines de ces "maisons de retraite" sont des mouroirs. Des prisons pour pépés et mémés rendus inutiles et dangereux pour eux-mêmes. Il suffit de se rendre dans l'un de ces établissements pour s'en rendre compte et voir toutes ces personnes âgées laissées à l'abandon, l'œil vide et dodelinant de la tête comme des jouets cassés, sans autre perspective que d'attendre chaque jour que la mort les soulage de leur ennui. Personne, même le pire des salauds, ne mérite d'y finir ses jours. Cette marchandisation déshumanisée de la vieillesse m'horripile. Il y aurait tout un système, toute une société à revoir.


Astobelarra : Comment t'est venue l'idée de cette histoire ?

Etienne H. BOYER : C'est arrivé au lendemain de l'enterrement de ma grand-mère, en décembre 2020. Je me souviens que dans son sermon, le curé a dit quelque chose que j'ai interprété comme "ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier". Ma grand-mère est partie à l'âge très avancé de 98 ans, a vécu les 14 dernières années de sa vie en Ehpad, et j'ai trouvé ironique qu'on puisse penser que c'était trop tôt pour partir. De là, je me suis dit que si les meilleurs partent les premiers, ceux qui restent c'est quoi, alors ? Et voilà comment on trouve un sujet de roman !

Astobelarra : D'accord, mais le roman ne raconte pas l'histoire de ta grand-mère, si ?

Etienne H. BOYER : Pas du tout. La grande majorité de la trame du livre provient de cauchemars que je fais la nuit. Parfois, il arrive qu'ils se suivent. Ce sont des rêves qui sont tellement forts, tellement réels (mais pas forcément réalistes) qu'ils en deviennent des souvenirs. Parfois, j'arrive à les assembler en une histoire cohérente. Ensuite, j'ajoute des personnages, des événements à l'arc narratif principal.
Souvent, je les élabore pendant mes trajets en allant au boulot. Je me mets derrière un camion ou un SUV et je n'en bouge plus jusqu'à ce que j'arrive à destination. Ça me permet de rouler de façon semi-automatique tout en imaginant les scènes que je vais ensuite écrire. C'est un genre d'autohypnose.
C'est flippant de savoir que vous pourriez me croiser sur la route, n'est-ce pas ? 😁

Astobelarra : "Le moment ou jamais" se déroule en Soule, tout comme tes précédentes œuvres... Pourquoi donc ?

Etienne H. BOYER : On ne parle bien que de ce qu'on connaît. Je vis en Soule depuis 1997. C'est à dire depuis plus longtemps que partout ailleurs où j'ai vécu, en comptant Cognac, la ville où je suis né, où j'ai grandi. La Soule, c'est le pays où j'ai choisi de vivre. Elle a été un révélateur : c'est ici que j'ai trouvé mes marques, compris qui j'étais et ce que je voulais faire de ma vie. La mettre en scène dans mes romans, c'est une façon de la remercier. Même si je ne décris pas exactement la Soule telle qu'on l'a connaît, mais plus un monde parallèle où le réel et le cauchemar le plus brut se mêlent. "Qui aime bien châtie bien", dit-on...

Astobelarra : Il y a ce "Polichinelle", un personnage onirique récurrent dans le roman. De quoi s'agit-il ?

Etienne H. BOYER : Au départ, je l'ai conçu comme une personnification de la démence sénile de Roger. Ce personnage excentrique permet de comprendre pourquoi Roger fait les choix qu'il fait. Mais finalement, au fil de l'écriture, j'ai décidé de brouiller les pistes afin que le lecteur ne sache pas s'il s'agit d'une simple hallucination liée à sa pathologie, d'un double maléfique qui devient tangible ou d'une véritable entité diabolique avec laquelle Roger a signé un genre de pacte faustien. Chacun décidera, en son âme et conscience...

Astobelarra : Et puis il y a Hervé, le chihuahua de Roger...

Etienne H. BOYER : Ah oui. Eh bien dans tous les dessins animés de Disney, Pixar, Dreamworks ou autres (même les trucs japonais), le personnage principal est toujours affublé d'au moins un "petit animal mignon", servant de faire-valoir au héros. C'est la recette immuable du succès de ces histoires. Bambi et Panpan, Shrek et l'âne, Wall-E et son cafard, Pocahontas et son colibri, Manny et Sid, Candy et Capucin, Sacha et Pikatchu... etc. En plus d'être un clin d'œil à tous ces personnages secondaires de dessins animés, Hervé, c'est un peu le miroir déformant de Roger. Son Pikatchu mais en négatif.

Astobelarra : Sans divulgacher le grand final de ce roman, y aura-t-il une suite, comme ce fut le cas pour la trilogie fantastique l'Infection ?

Etienne H. BOYER : Trop tôt pour le dire. Pour le moment, j'ai juste prévu une année sabbatique pendant laquelle je n'écrirai rien. La gestation et l'accouchement de "Le moment où jamais" m'ont littéralement épuisé. Je suis allé chercher très profondément des choses, une noirceur, que je ne pensais pas avoir en moi. Ou du moins, que je savais que j'avais mais que je ne voulais pas voir. Je me suis comme auto empoisonné l'esprit en écrivant ce roman, pour ainsi dire. Je compare l'expérience à celle de certains acteurs, tellement bien ancrés dans leur rôle qu'ils en perdent corps et âme.
Bref, je suis rincé et j'ai besoin de me purifier la tête, de ranger le costume de Roger dans un placard et d'en oublier son emplacement.

Astobelarra : D'autres projets en tête, sinon ?

Etienne H. BOYER : J'ai toujours quelques idées, bien sûr, mais rien d'assez mûr. Je me vois bien donner une suite à l'Infection : c'est mon projet le plus abouti à ce jour. Ou alors sortir un recueil d'anecdotes improbables et rigolotes que j'ai vraiment vécues, traitées comme des nouvelles... mais si ça se trouve, je vais carrément passer à un tout autre genre littéraire ; qui sait de quoi l'avenir est fait ? 


Quelques avis de primo-lecteurs sur "Le moment ou jamais", pour vous faire saliver :

Mayie : Bon roman ! J’irais même jusqu’à dire que c’est ton meilleur. Ton style s’affine vraiment et ça a de la gueule.  

Thomas : J’ai bien tripé ! T’as vu : je l’ai bouffé, ton livre !  

Ludivine : C’est un bon livre que tu tiens là !  

Nathalie : Je voulais te dire que j’adore la couverture, elle est absolument horrible, géniale ! Je te félicite d’avoir, une nouvelle fois, mené à bien une aventure littéraire, bravo, bravo, bravo !  

Marjorie : C’est ton meilleur : il est plus léché au niveau de l’écriture et la psychologie du personnage est très intéressante.   

Caroline : Niveau écriture et intrigue, il est très bien mené. Tu peux en être fier ! 

Karine : J'ai adoré. Je l'ai littéralement dévoré et j'étais tellement happée par l'histoire que j'avais du mal à lâcher. En toute sincérité, ça fait longtemps que je n'ai pas été autant emballée par un roman !


RAPPEL : pour précommander le roman, c'est par ici : https://tinyurl.com/LMOJ2024)