Comme je l’ai déjà dit dans des articles précédents, à quelques exceptions près, les marchés de Noël et autres salons du livres se sont révélés assez décevants, cette année, en termes de retours financiers. La faute à beaucoup de choses qui s’entrecroisent, comme :
Un climat humide qui nous a empêché de sortir les samedis matins de juin et juillet au marché de Mauléon ;
Trop d’événements à suivre pendant l’automne (quelle idée de programmer tous les salons du livre locaux à la même période !!!) ;
La crise du livre (on a été trop bien habitués à la période faste de 2020/2021, lorsque les librairies étaient considérées comme des commerces essentiels) ;
La crise géopolitique mondiale (guerres en Ukraine et en Palestine, guerre commerciale entre les USA, la Chine et le reste du monde…) ;
La crise politique française (qui laisse entrevoir des fins de mois difficiles pour l’année prochaine) ;
Grandes maisons d’édition rachetées par des milliardaires cherchant à promouvoir des projets de société d’extrême droite, où la diversité culturelle n’a pas sa place ;
Offre littéraire digne d’un tsunami (près de 82 000 titres publiés en 2022), qui balaie tout le reste sur son passage, avec une augmentation du segment e-books, mais également des livres conçus par ou avec l’IA, ainsi qu’une énorme production en autoédition (environ 30% des parts de marché, selon chat GPT) ;
Trop de distractions (les écrans : les applis, les plateformes de streaming, les réseaux sociaux…) qui prennent de plus en plus la place de la lecture ;
Notre statut associatif, composé de bénévoles passionnés, certes, mais qui ne nous confère pas la force de frappe d’une véritable entreprise ;
Notre difficulté à rendre nos stands encore plus attractifs (notamment dans les salons où nous sommes littéralement noyés dans la masse)…
Alors oui, je rentre généralement avec un bilan très mitigé de nos sorties ces derniers temps. Cela dit, tout n’est pas si noir. Chaque marché, chaque salon réserve son moment de grâce.
Par exemple : lorsqu’une lectrice vient s’assoir à notre table et me pose des questions pertinentes sur des points précis de mon dernier roman (« Le Moment ou jamais », qu’elle rachète pour une amie) ; lorsqu’une autre vient me dire à quel point elle a adoré ce livre, malgré une couverture effrayante (qu’elle mettait à l’envers sur sa table de nuit, au cas où Roger viendrait la hanter)… lorsque je reçois une carte d’une lectrice qui a lu et aimé tout ce que j’ai écrit ; ou encore, plus rarement, lorsqu’un client fait chauffer sa carte bleue pour prendre toute ma bibliographie d’un seul coup !
Parfois, la rencontre se déroule fortuitement, au détour d’un rayon de supermarché ou dans la queue à la boulangerie. Hier, c’est l’ancienne institutrice de ma compagne qui lui a dit qu’elle avait particulièrement apprécié #LMOJ.
J’avoue que c’est parfois un peu envahissant, mais en même temps, c’est une sensation géniale. Ça me touche au cœur. J’ai l’impression d’avoir écrit un truc qui compte. Un truc qui reste. Et que je ne fais pas tout ça pour rien.
Alors à toutes ces personnes croisées une fois ou plus souvent et qui me soutiennent, j’adresse un merci sincère. Et je leur donne rendez-vous très bientôt pour la suite !
Ma mère a lu#LeMomentOuJamaiset elle a aimé. Je ne vous dis pas cela parce que je pense que l'avis de ma mère a une importance universelle (elle en a juste pour moi et c'est déjà ça), mais parce que la suite est amusante. Après avoir tourné la dernière page, elle m'a envoyé un sms pour me féliciter et me demander que je la rappelle. Je l'ai fait le soir même. Elle avait des questions au sujet du livre (quelques éclaircissements/confirmations sur des points de l'intrigue) mais aussi au sujet de mon travail de romancier.
Alors je lui ai expliqué. Comme vous le savez sans doute, écrire des romans n'est pas mon métier principal, celui qui m'apporte de l'argent, de quoi remplir mon frigo et payer mes factures. Mais c'est mon occupation principale quand même : celle qui me motive chaque jour, pour laquelle je suis engagé à 100% (même plus, si c'était possible). Car lorsque je ne suis pas pris de frénésie à pianoter sur le clavier de mon PC, je suis investi à fond dans la gestion de ma maison d'édition. Je dis "MA", mais c'est parce que c'est elle qui me publie depuis le début. Elle ne m'appartient pas plus qu'aux autres auteurs.
Bref, j'écris depuis tout petit. Je le dois à la ténacité de ma mère, qui m'a inculqué les bases de la langue à coup de lectures, d'exercices de conjugaison et de grammaire, sans quoi j'aurais sûrement lâché l'école à 13 ans. J'ai commencé par faire des résumés de films ou de livres, puis rédiger des articles pour un journal de lycée, puis des scenarii de BD, puis des chroniques pour un journal de quartier... En 2000, mes écrits sont devenus publics, du moins localement (j'ai publié quelques feuilles d'actualité locale sur le Miroir de la Soule). En 2001, je suis devenu correspondant local de presse pour le quotidien "Sud-Ouest édition Béarn et Soule" et l'hebdomadaire "la Semaine du Pays basque". En 2003, j'ai ouvert mon premier blog. En 2005, j'ai co-créé et animéle premier webdo en ligne du Pays basque nord : Euskobizia. J'ai refermé la page journalisme en 2009, mais j'ai continuer à sévir sur mon blog, sur les réseaux sociaux, et dans deschroniques radiophoniques sur Xiberoko Botza.
Obsessions
C'est ainsi, au fil du temps, que j'ai pu travailler et améliorer ma plume. En 2007, j'ai raconté sur mon blog mon parcours de berger dans les Pyrénées. C'est comme ça quela maison d'édition Astobelarram'a recruté. Mais tout ça, ma mère le savait déjà. Elle imaginait bien aussi l'immense engagement que nécessite l'écriture d'un roman. Ce dont elle ne se doutait pas, c'est que mes personnages m'habitent et me hantent, comme ils peuvent le faire chez un comédien qui apprend un rôle. La différence, c'est que mes personnages, c'est moi. Ils sont en moi. Je les ai construits, couvés, choyés. Ils ne proviennent pas du scénario d'un autre.
Et comme je l'ai découvert à mes dépens après ce 6ème livre, certains d'entre eux ne meurent pas vraiment lorsque le roman est enfin terminé et publié. Pendant quelques temps, a subsisté dans mon esprit comme le parfum altéré de leur essence. La nuit, il m'est arrivé de me retourner car je sentais encore une présence, comme dissimulée dans quelque venelle obscure. C'était clairement le cas juste après la sortie de#LeMomentOuJamais. Pas parce que le récit est particulièrement horrible (par moments), mais parce que les personnages sont forts.
En fait, j'ai surtout eu du mal à me relever de la présence quotidienne (et pendant deux ans) de "Roger Barbeau" dans mon cerveau. Parfois, lorsque j'écrivais son histoire, il lui arrivait même de déteindre sur moi, de prendre temporairement le contrôle de mon être. Ma fille m'a vu à l'œuvre, la pauvre. Mais elle s'en remettra. Après tout, ce n'est rien d'extraordinaire : je suppose que c'est ce que tout écrivain impliqué doit vivre, lorsqu'il est en processus de création. J'ai néanmoins senti poindre une petite inquiétude dans la voix de ma mère, alors que je lui expliquais le phénomène.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous partager ces extraits du premier numéro de Surso, dernier né des journaux gratuits (papier et numérique) du BAB. Mon dernier roman "Le moment ou jamais" y est chroniqué, mais Astobelarra figure également en bonne place.
Ce samedi 28 septembre, Marcel Bedaxagar a publié cet article au sujet de mon nouveau roman "Le Moment ou jamais" dans le quotidien régional SudOuest, édition Béarn et Soule et Pays basque.
Comme toujours, si vous souhaitez le lire, il suffit de faire un clic-droit sur l'image et de choisir "ouvrir l'image dans un nouvel onglet". Cela vous donnera accès à la loupe.
Bonne lecture !
Ah oui, et si vous avez lu (et aimé) le livre, vous pouvez laisser une petite chronique sur le site de Babélio ici ! Merci ^^
Mathilde Agor, correspondante locale de Soule à la République des Pyrénées est venue me rendre visite alors que je dédicaçais à la librairie Tandem, à Mauléon-Licharre, le samedi 14 septembre dernier.
Il en a résulté cet article que je vous partage aujourd'hui. Cliquez sur l'image pour le lire, ou faites un clic-droit dessus, puis "ouvrir l'image dans un nouvel onglet". Vous pourrez ainsi utiliser la loupe pour l'agrandir, si nécessaire.
J'ai été "passé à la question" par Inesa Decung sur les ondes de la radio souletine Xiberoko Botza. C'est toujours un exercice de style, pour quelqu'un comme moi, qui suis moyennement à l'aise à l'oral. J'ai du mal avec ma voix (notamment mes hésitations, mes intonations et mes tics, que je trouve insupportables) et je suis facilement déconcentré (par le moindre mouvement périphérique, le moindre bruit parasite). Du coup, j'ai souvent l'impression de dire de grosses conneries (alors que non, en fait).
Le plus compliqué, c'est quand, malgré ta propension à tout prévoir, tu n'avais pas prévu qu'on te poserait LA question à laquelle tu ne sais pas trop quoi répondre. Et puis je fais beaucoup trop de digressions, j'en dis trop... Bref, parler à la radio, c'est pas trop mon truc, en fait (même si je l'ai fait pendant 4 ans sur Mendililia ; mais ce n'est pas pareil : tout était préparé, ou presque. Il y avait très peu de place pour l'improvisation).
"Le Moment ou jamais". Enfin jusqu'au 1er aout 2024...
Aujourd'hui, je vais vous raconter une petite anecdote (moyennement rigolote)... On va aborder le sujet de la création graphique.
Je n'en parle pas beaucoup, mais mon vrai métier, celui qui me permet de remplir mon frigo, ce n'est pas romancier, mais communicant en entreprise.
Et mon travail consiste essentiellement (mais pas que) à créer des visuels graphiques pour la communication interne et externe de mon employeur.
Bref, je mets bénévolement ces compétences, acquises en plus de 22 ans de pratique professionnelle, au service de mon éditeur, Astobelarra.
Je n'ai pas réalisé toutes nos couvertures et celles qui sont de moi ne sont pas toutes parfaites, loin de là, mais je trouve que je m'améliore avec le temps. À force de veille et de travail, je peaufine ma technique et il me semble que ça se voit. Mais je ne suis pas là pour me passer la brosse à reluire. Et encore moins aujourd'hui, à l'heure où je me suis rendu coupable d'une honteuse erreur de débutant...
Je vais vous parler de la genèse de la couverture de mon dernier roman, "Le moment ou jamais" (actuellement en précommande ici : http://tinyurl.com/LMOJ2024).
LA TECHNIQUE
Vous aurez remarqué qu'elle ne laisse pas indifférent, entre ceux qu'elle rebute ("elle fait trop flipper", "on dirait un singe", etc.) et ceux qu'elle enchante ("elle est génialement horrible"). Pas de juste milieu. Alors comment ai-je procédé pour la créer ?
Déjà, comme vous le savez si vous lisez ce blog (ou mes livres, on peut toujours rêver...), je fonctionne beaucoup par analogies ou par concepts. Les associations d'idées me viennent à l'esprit en rêve (pendant mon sommeil) ou en flash (rêve éveillé). Ça a été le cas pour l'histoire que je raconte dans ce thriller, mais également pour celles des précédents romans.
Lorsque j'ai imaginé la trame de "Le Moment ou jamais", j'avais également en tête une vision très claire de ce que je voulais comme couverture. Je voyais le visage triste ou fâché d'un papy qui porterait les stigmates de la mort. Je me suis donc mis en recherche iconographique. Pour cela, je commence par fouiller sur des banques d'images payantes, pour me composer un "moodboard" qui me permet de suivre une ligne directrice. À ce moment-là, je n'achète pas de photos. Le moodboard est destiné à un usage strictement interne et donc non commercial.
Ensuite, quatre possibilités s'offrent à moi :
1/ soit je trouve l'image (ou les images) que je recherche, et alors je les achète (c'est ce qu'on a fait pour "Westerlies T1", de Constance Dufort, qui est une composition à partir de 5 images différentes achetées sur istockphoto),
2/ soit je fais moi-même les photos (ou une partie des photos) qui composent le visuel (comme pour "L'infection T3"),
3/ soit je fais appel à un artiste (ça a été le cas pour "Les Sens hors des nerfs", de Thomas Ponté, mais d'autres livres aussi, comme "Marie n'a plus d'amis", de Caroline Herrera).
4/ soit je trouve mon bonheur sur des bibliothèques d'images gratuites et libres de droit. Ce fut le cas pour "Mémoires vives" de Martin Koppe, mais également pour "Le Moment ou jamais".
MAUVAISE PIOCHE
J'ai trouvé l'image parfaite sur le site Pixabay.com en 2022. Je l'ai téléchargée et j'ai réalisé mes premiers visuels en suivant. En avril 2023, les "terms of service" de Pixabay ont changé, faisant apparaître cette notion : "Si le contenu contient des marques, logos ou marques reconnaissables, vous ne pouvez pas utiliser ce contenu à des fins commerciales en relation avec des biens et services. En particulier, vous ne pouvez pas imprimer ce contenu sur des marchandises ou d'autres produits physiques à vendre." Mais évidemment, je n'ai vu ces changements que fin juillet 2024. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai tout à coup eu la présence d'esprit d'aller vérifier tout ça au dernier moment... Heureusement que je l'ai fait avant d'envoyer à imprimer !
J'ai illico contacté l'autrice de l'image, pour voir si on pouvait convenir d'un arrangement (je lui aurais acheté la photo sans problème), mais après plusieurs jours sans nouvelles, voici ce qu'elle m'a répondu ce matin : "Bonjour, désolée mais ce n'est pas possible, mon grand-père est décédé et j'essaie d'effacer cette photo depuis plusieurs mois maintenant. J'ai déjà contacté Pixabay à ce sujet, ils ne l'ont pas encore effacée, mais nous sommes dessus."
Je comprends parfaitement qu'elle ne souhaite pas que l'image de son grand-père mort soit utilisée à des fins commerciales. Je pense que j'aurais eu la même réaction, même si, de mon plus strict point de vue, c'est bien dommage. Mais voilà, je ne suis pas friand de procès en justice. Notez bien que la photographe ne m'a pour l'instant formulé aucune menace en ce sens, mais je me suis quand même senti contraint de modifier ma couverture au tout dernier moment. J'ai donc choisi l'option 1 : achat sur une banque d'images...
MISE À JOUR
Le plus compliqué, quand on a lancé sa campagne de com, c'est de devoir modifier ses créations graphiques. J'avais soit le choix de partir sur autre chose, soit celui de garder le concept originel et de changer l'image de base. J'ai choisi la seconde option. Pas que je manque d'inspiration pour créer quelque chose de nouveau, mais plus parce que j'aime ce concept, et aussi par flemme (J'ai gardé tous les fichiers de travail, la modification ne m'a pas pris plus d'une heure). Je suis donc allé chercher une image sur istockphoto en tapant "mean old man" dans le champ de recherche, et j'en ai choisi deux du même modèle, dans des positions différentes.
Voici, à suivre, les deux essais. Lequel préférez-vous ? Le vilain tout plein 👿 ou l'ahuri effrayé 😱 ?
Cet entretien exclusif est paru sur le blog des éditions Astobelarra. Il me semblait opportun de le republier ici, sur mon propre blog :
Le nouveau roman d'Etienne H. Boyer s'apprête à sortir dans le courant du mois de septembre 2024, aux éditions Astobelarra. Mais le livre est déjà en précommande à 13€, frais de port inclus (ici : https://tinyurl.com/LMOJ2024) jusqu'au 17 août prochain. À sa sortie, le livre fera 248 pages et sera au prix de 14€.
L'auteur a bien voulu nous en dire un peu plus sur ses projets et ce nouveau roman, intitulé "Le Moment ou jamais" :
Astobelarra : Comment a été accueilli ton précédent roman, "Les Routes du crépuscule"?
Etienne H. BOYER : Super bien ! J'ai eu une majorité de très bons retours des lecteurs et lectrices. Beaucoup de gens m'en reparlent encore, plus de deux ans après sa sortie (la page 13 a visiblement marqué les esprits).
Et le roman a même été primé au salon du livre de Navarrenx en 2023. J'en suis très heureux ! Mais c'est presque de l'histoire ancienne. Aujourdhui, on parle de "Le Moment ou jamais !"
Astobelarra :
Pourquoi ce titre, "Le Moment ou jamais" ?
Etienne H. BOYER : C’est une phrase populaire, un tic de langage qu’on entend
partout et tout le temps. Je la ressens comme une injonction, en forme d’autohypnose,
à faire les choses sans délai, à vivre à fond le moment présent quitte à le
regretter amèrement plus tard. Je trouvais que ça faisait un bon titre pour un thriller
horrifique ! Mon personnage principal, Roger Barbeau, en fait son mantra
personnel pour accomplir sa destinée.
Astobelarra : De quoi parle ce nouveau roman ?
Etienne H. BOYER : Alors là, on change complètement de registre : c'est l'histoire de Roger Barbeau, un vieillard qui est sur le point de mourir. Il se rend compte qu'en devenant méchant, il pourrait vivre plus longtemps et en bonne santé. Alors il laisse le salopard qui dort en lui prendre les rênes de sa vie. Évidemment, tout cela a un coût, et plutôt élevé.
Astobelarra : C'est un roman d'horreur ?
Etienne H. BOYER : On peut dire ça, bien que ce soit un peu réducteur. L'épouvante est un prétexte pour aborder des sujets de société graves, comme la vieillesse, le déclin, la peur de partir trop tôt, ou de finir épave dans un Ehpad.
Astobelarra : C'est quelque chose qui t'effraie personnellement ?
Etienne H. BOYER : C'est surtout la façon dont notre société gère ses anciens qui m'effraie. Certaines de ces "maisons de retraite" sont des mouroirs. Des prisons pour pépés et mémés rendus inutiles et dangereux pour eux-mêmes. Il suffit de se rendre dans l'un de ces établissements pour s'en rendre compte et voir toutes ces personnes âgées laissées à l'abandon, l'œil vide et dodelinant de la tête comme des jouets cassés, sans autre perspective que d'attendre chaque jour que la mort les soulage de leur ennui. Personne, même le pire des salauds, ne mérite d'y finir ses jours. Cette marchandisation déshumanisée de la vieillesse m'horripile. Il y aurait tout un système, toute une société à revoir.
Astobelarra : Comment t'est venue l'idée de cette histoire ?
Etienne H. BOYER : C'est arrivé au lendemain de l'enterrement de ma grand-mère, en décembre 2020. Je me souviens que dans son sermon, le curé a dit quelque chose que j'ai interprété comme "ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier". Ma grand-mère est partie à l'âge très avancé de 98 ans, a vécu les 14 dernières années de sa vie en Ehpad, et j'ai trouvé ironique qu'on puisse penser que c'était trop tôt pour partir. De là, je me suis dit que si les meilleurs partent les premiers, ceux qui restent c'est quoi, alors ? Et voilà comment on trouve un sujet de roman !
Astobelarra : D'accord, mais le roman ne raconte pas l'histoire de ta grand-mère, si ?
Etienne H. BOYER : Pas du tout. La grande majorité de la trame du livre provient de cauchemars que je fais la nuit. Parfois, il arrive qu'ils se suivent. Ce sont des rêves qui sont tellement forts, tellement réels (mais pas forcément réalistes) qu'ils en deviennent des souvenirs. Parfois, j'arrive à les assembler en une histoire cohérente. Ensuite, j'ajoute des personnages, des événements à l'arc narratif principal.
Souvent, je les élabore pendant mes trajets en allant au boulot. Je me mets derrière un camion ou un SUV et je n'en bouge plus jusqu'à ce que j'arrive à destination. Ça me permet de rouler de façon semi-automatique tout en imaginant les scènes que je vais ensuite écrire. C'est un genre d'autohypnose.
C'est flippant de savoir que vous pourriez me croiser sur la route, n'est-ce pas ? 😁
Astobelarra : "Le moment ou jamais" se déroule en Soule, tout comme tes précédentes œuvres... Pourquoi donc ?
Etienne H. BOYER : On ne parle bien que de ce qu'on connaît. Je vis en Soule depuis 1997. C'est à dire depuis plus longtemps que partout ailleurs où j'ai vécu, en comptant Cognac, la ville où je suis né, où j'ai grandi. La Soule, c'est le pays où j'ai choisi de vivre. Elle a été un révélateur : c'est ici que j'ai trouvé mes marques, compris qui j'étais et ce que je voulais faire de ma vie. La mettre en scène dans mes romans, c'est une façon de la remercier. Même si je ne décris pas exactement la Soule telle qu'on l'a connaît, mais plus un monde parallèle où le réel et le cauchemar le plus brut se mêlent. "Qui aime bien châtie bien", dit-on...
Astobelarra : Il y a ce "Polichinelle", un personnage onirique récurrent dans le roman. De quoi s'agit-il ?
Etienne H. BOYER : Au départ, je l'ai conçu comme une personnification de la démence sénile de Roger. Ce personnage excentrique permet de comprendre pourquoi Roger fait les choix qu'il fait. Mais finalement, au fil de l'écriture, j'ai décidé de brouiller les pistes afin que le lecteur ne sache pas s'il s'agit d'une simple hallucination liée à sa pathologie, d'un double maléfique qui devient tangible ou d'une véritable entité diabolique avec laquelle Roger a signé un genre de pacte faustien. Chacun décidera, en son âme et conscience...
Astobelarra : Et puis il y a Hervé, le chihuahua de Roger...
Etienne H. BOYER : Ah oui. Eh bien dans tous les dessins animés de Disney, Pixar, Dreamworks ou autres (même les trucs japonais), le personnage principal est toujours affublé d'au moins un "petit animal mignon", servant de faire-valoir au héros. C'est la recette immuable du succès de ces histoires. Bambi et Panpan, Shrek et l'âne, Wall-E et son cafard, Pocahontas et son colibri, Manny et Sid, Candy et Capucin, Sacha et Pikatchu... etc. En plus d'être un clin d'œil à tous ces personnages secondaires de dessins animés, Hervé, c'est un peu le miroir déformant de Roger. Son Pikatchu mais en négatif.
Astobelarra : Sans divulgacher le grand final de ce roman, y aura-t-il une suite, comme ce fut le cas pour la trilogie fantastique l'Infection ?
Etienne H. BOYER : Trop tôt pour le dire. Pour le moment, j'ai juste prévu une année sabbatique pendant laquelle je n'écrirai rien. La gestation et l'accouchement de "Le moment où jamais" m'ont littéralement épuisé. Je suis allé chercher très profondément des choses, une noirceur, que je ne pensais pas avoir en moi. Ou du moins, que je savais que j'avais mais que je ne voulais pas voir. Je me suis comme auto empoisonné l'esprit en écrivant ce roman, pour ainsi dire. Je compare l'expérience à celle de certains acteurs, tellement bien ancrés dans leur rôle qu'ils en perdent corps et âme.
Bref, je suis rincé et j'ai besoin de me purifier la tête, de ranger le costume de Roger dans un placard et d'en oublier son emplacement.
Astobelarra : D'autres projets en tête, sinon ?
Etienne H. BOYER : J'ai toujours quelques idées, bien sûr, mais rien d'assez mûr. Je me vois bien donner une suite à l'Infection : c'est mon projet le plus abouti à ce jour. Ou alors sortir un recueil d'anecdotes improbables et rigolotes que j'ai vraiment vécues, traitées comme des nouvelles... mais si ça se trouve, je vais carrément passer à un tout autre genre littéraire ; qui sait de quoi l'avenir est fait ?
Quelques avis de primo-lecteurs sur "Le moment ou jamais", pour vous faire saliver :
Mayie : Bon roman ! J’irais même jusqu’à dire que c’est ton meilleur. Ton style s’affine vraiment et ça a de la gueule.
Thomas : J’ai bien tripé ! T’as vu : je l’ai bouffé, ton livre !
Ludivine : C’est un bon livre que tu tiens là !
Nathalie : Je voulais te dire que j’adore la couverture, elle est absolument horrible, géniale ! Je te félicite d’avoir, une nouvelle fois, mené à bien une aventure littéraire, bravo, bravo, bravo !
Marjorie : C’est ton meilleur : il est plus léché au niveau de l’écriture et la psychologie du personnage est très intéressante.
Caroline : Niveau écriture et intrigue, il est très bien mené. Tu peux en être fier !
Karine : J'ai adoré. Je l'ai littéralement dévoré et j'étais tellement happée par l'histoire que j'avais du mal à lâcher. En toute sincérité, ça fait longtemps que je n'ai pas été autant emballée par un roman !
J'ai profité de ces quelques semaines de repos forcé (je me suis cassé le poignet...) pour terminer les corrections de mon nouveau roman, "Le Moment ou jamais". Le livre est fin prêt et le BAT est même en cours de production. Je devrais le recevoir dans le courant de la semaine, si tout va bien !
Et comme je voudrais que le roman sorte pour les salons du livre de l'automne, j'ai mis en ligne une campagne de souscription : http://tinyurl.com/LMOJ2024. Cette campagne, qui durera jusqu'au 17 aout, vous permet de précommander le livre à 13€ au lieu de 14€ le jour de sa sortie ; vous recevrez votre exemplaire dédicacé chez vous (ou en main propre, selon le cas) et les frais de port sont inclus. Le nom des souscripteurs figurera dans les remerciements du livre à la page 241.*
Voici les détails techniques que je peux d'ores et déjà vous communiquer :
ISBN : 9791090126459 - Nombre de pages : 248 - Prix unitaire : 14€ - Sortie officielle septembre 2024.
* Beaucoup d'entre vous pourraient être tentés de zapper la souscription pour prendre le livre au moment de sa sortie. "Je préfère te le prendre à toi, tu auras un euro de plus, etc..." Sachez que même si vous me le prenez à moi, l'argent va directement à l'association : je ne touche pas de royalties sur mes œuvres littéraires. C'est un choix personnel auquel je me suis toujours tenu, et ce depuis la publication de mon premier livre.
Pourquoi je fais ça ?
1/ Je ne suis pas sensible à l'appât du gain. Et j'ai déjà un employeur qui me paie pour mon travail. Ceci n'est pas une critique à peine voilée à l'endroit de mes confrères auteurs. Chacun fait ses choix et tous sont respectables ; le mien, c'est de laisser tout à mon éditeur.
2/ Et puis même si je vends mes livres, les sommes gagnées seraient tellement dérisoires que ça me mettrait mal à l'aise (lire ici pour info).
3/ Je n'écris pas pour gagner de la thune, mais pour mon plaisir personnel (et le vôtre aussi, j'espère).
4/ Le fait de savoir que mes livres seront lus (et peut-être même appréciés) par des générations d'êtres humains bien après mon passage sur cette Terre suffit à mon bonheur. Un peu de moi restera et c'est tout ce qui compte, même si c'est très vain.
5/ Cet argent récolté, c'est aussi pour que les autres auteurs de l'association (qui sont tous nettement plus talentueux que moi), puissent sortir leurs propres œuvres dans des conditions acceptables. Je ne le fais pas par esprit de sacrifice, mais parce qu'ils le méritent. Parce que cette maison d'édition associative le mérite.
Donc voilà, si vous voulez vraiment nous aider à continuer, c'est en répondant positivement à nos appels à souscription. Avec HelloAsso, vous avez la garantie que toutes les sommes récoltées iront à Astobelarra, et que toutes les souscriptions seront honorées. Personne n'a eu à se plaindre jusqu'à aujourd'hui ! Merci de votre attention et n'oubliez pas : http://tinyurl.com/LMOJ2024 !!!
Dans une
semaine, je suis en congés pour un mois complet. Je fais souvent ça, en mai. D’abord
parce que c’est un mois plein de jours fériés, ce qui fait que j’épuise moins
vite mon capital annuel de vacances (je rappelle que je ne vis pas de mes écrits : j'ai un vrai travail salarié), mais surtout : c’est un mois de merde
où il pleut tout le temps souvent et où il fait encore assez froid. C’est
donc le moment idéal pour s’enfermer dans sa forteresse de solitude avec l’ordinateur,
de la bonne musique, un truc alcoolisé à boire pour ouvrir les vannes du délire
et zou ! En avant les histoires !
Je ne sais pas si c’est toujours bien compris de tous mes collègues de boulot,
mais heureusement, j’ai la chance d’avoir un job (et de travailler dans une
équipe en or) qui permet ce genre de fantaisie.
Cette fois-ci,
j’ai bien l’intention de terminer la rédaction de Le moment où jamais, mon dernier projet en cours d’écriture depuis
deux ans, maintenant. Pour ceux qui ont raté l’info : Le moment où jamais, c’est l’histoire Roger, un petit papy tout
gentil qui sent qu’il va passer l’arme à gauche, parce que, comme le dit le
proverbe, « ce sont toujours les
meilleurs qui partent les premiers… ». Sauf qu’il n’a pas envie de claquer
alors qu’il n’a pas vécu la moitié des choses qu’il aurait voulu vivre. Alors
il va devenir de plus en plus mauvais pour tenter de retarder l’échéance. Mais
malheureusement, tout a un prix. Combien sera-t-il prêt à payer pour quelques
instants de plus ?
Vous l’aurez
compris, Le moment où jamais est un
roman fantastique qui balance entre le terroir (ça se passe à Mauléon-Licharre, en
Soule) et l’épouvante (Roger est contraint de monter le curseur de l’horreur au
maximum s’il veut survivre). J’ai prévu d’écrire quinze chapitres et un
épilogue. Pour le moment, j’ai quasiment écrit jusqu’à la fin du chapitre treize.
Mais il me reste des tas de choses à corriger car j’ai rajouté des actions au
fil du récit qui ne peuvent s’accomplir que si un postulat de départ est
modifié. Donc il me reste beaucoup de travail. Je n’aurai pas trop d’un mois
pour mettre tout ça d’équerre et livrer un manuscrit propre à Astobelarra. En
espérant qu’ils le prennent !
Et la suite, c’est
quoi ? Ensuite, J’ai encore plein d’autres projets fifous dans ma besace.
Mais avant de me lancer, je pense que je vais prendre une année sabbatique
(sans écrire) pour assurer la promo de Le
moment où jamais, mais également pour me reposer. Je vous avoue que je suis
passablement épuisé ces derniers temps et j’aimerais en profiter pour NE RIEN
FAIRE de constructif pendant mes prochaines vacances ! Voilà les nouvelles !
Vous n’en aurez pas d’autres avant début juin !
J’en ai déjà parlé dans un billet précédent, mais ces
derniers temps, j’éprouve une drôle de sensation, que je connais pour l’avoir
déjà vécue cinq fois, que j’adore mais que je redoute également ! Je veux
parler de cet état d’excitation intense, de fébrilité qui m’étreint lorsque je
suis sur le point de me lancer dans l’écriture d’un nouveau livre, ou alors de poser
le point final à un manuscrit en cours. Et c’est cette deuxième raison qui m’obsède
en ce moment.
C’est tellement fort que j’ai l’impression que toutes les
molécules de mon corps vibrent à l’unisson, tandis que mon cerveau baigne dans
une espèce de lave glaciale et gluante. Cette sensation de repli sur soi est si dingue qu’on
dirait que mon esprit s’avale lui-même, un peu comme si l’univers tout entier implosait,
s’auto-aspirant vers un point gravitationnel central irrésistible. C’est totalement
grisant, mais malheureusement, le revers de la médaille est à l’avenant.
Je ne pense qu’à ce livre, sans arrêt, au détriment de tout
le reste. Impossible de me concentrer plus de quelques minutes sur autre chose.
Je fais tout machinalement, sans y penser, par pur automatisme. Dans ces moments-là, même mon
travail peut passer en tâche de fond. Toute mon essence turbine à 100%
pour Le moment ou jamais ; et tous les
autres aspects de ma vie quotidienne, dont certains vitaux, passent au second
plan.
Mon corps m’échappe. Pour vous donner un exemple concret :
je dois parcourir 74 km en voiture pour aller au bureau. Dès que j’ai rejoint
la route, je me mets en mode « pilotage automatique » sans même m’en
rendre compte et je « ne vois plus rien » jusqu’à ce que j’arrive à
destination. Je conduis, bien sûr, mais sans vraiment voir la route. Parfois un
danger intempestif me tire de ma transe, mais c’est pour mieux y replonger,
encore plus profondément, quelques instants plus tard.
Je ne vous cache pas que ce n’est pas facile à vivre, mais c’est
surtout pour l’entourage que c’est le plus compliqué. J’écoute sans écouter, je
réponds aux sollicitations mais souvent par onomatopées, ou à côté de la plaque…
Mon ex-épouse, que cela horripilait, me disait « tu es là mais en fait, tu n’es pas là ». C’est une bonne
description du phénomène. C’est probablement une des raisons qui a fait qu’aujourd’hui,
je parle d’elle comme de « mon ex ».
Dans ces moments difficiles, je vous jure que je lutte
contre moi-même. Je m’épuise à tenter de garder un pied dans le monde réel, parce
que je n’ai pas envie que ça recommence. J’aime ma compagne et je ne veux en
aucun cas lui faire de la peine. Mais c’est plus fort que moi. Mes pensées m’assaillent
et m’enveloppent comme un linceul sinistre, et cela me demande une énergie
folle de les contenir.
Alors pour temporiser, je m’accroche au jalon de mes
prochaines vacances, qui s’approchent lentement, mais sûrement. Noël et le
premier de l’an ne seront qu’un détail sans importance, cette année car j’ai l’intention
de consacrer le plus clair de mon temps à terminer ce projet que j’ai entrepris
il y a deux ans. Entretemps, j’essaye de garder tant bien que mal la tête hors de
l’eau mais combien de temps encore, avant que je ne me noie ?
Un roman, et notamment un "thriller", ça ne s'écrit pas à la légère. Il vaut mieux savoir de quoi on parle, surtout lorsque le sujet développé est un peu technique, histoire de rendre le récit un minimum crédible et de ne pas passer pour un idiot auprès d'un lectorat un peu plus avisé que la moyenne. C'est pour cette raison que je passe énormément de temps à rechercher et corroborer des sources, à interviewer des spécialistes et à prendre des notes sur tous les sujets pour lesquels je sens que mes connaissances sont approximatives... Bref, c'est un vrai travail journalistique, mais qui est véritablement essentiel.
J'ai eu à faire cette recherche pour chacun de mes romans. Pour la trilogie L'infection (au sujet de l'intelligence artificielle, mais également des trous noirs et de l'espace-temps, de l'armement militaire, des missions et actions de la Gendarmerie, des différentes forces de police aux USA, de ce qui se passerait en termes d'environnement en cas de guerre nucléaire... Je suis même allé jusqu'à visiter de lieux emblématiques du roman dans le monde réel ainsi que via Google Streetview...) mais aussi pour Les routes du crépuscule (renseignements pris sur les hôpitaux psychiatriques en France, effets de l'usage de stupéfiants, repérages de lieux que je n'ai jamais vus comme le Vietnam ou le quartier Camden Town à Londres, etc.). La question ne s'est pas posée avec Mauvais berger ! car il s'agit d'un récit autobiographique, et donc tout ce que j'y raconte est vrai. De mon point de vue, s'entend.
Le moment ou jamais ne déroge pas à la règle. Par exemple, l'un de mes personnages se retrouve tétraplégique avec un syndrome d'enfermement, après un accident de voiture. Je suis d'abord allé chercher une spécialiste (ma cousine, infirmière de métier, m'a donné les bons termes médicaux). Mais il me fallait plus de détails pour la suite que j'imaginais, car la scène que je décris (et que vous découvrirez à la sortie du livre) se doit d'être réalisable et surtout réaliste, notamment pour éviter de distraire le lecteur, dont je souhaite qu'il soit uniquement assailli par un sentiment d'horreur. J'ai donc été chercher de la documentation en ligne sur la façon de nourrir ou désaltérer une personne dans cette situation (cf vidéo ci-dessous).
Verdict : cela va supposer des petits aménagements pour que ma vision de la scène colle avec le réalisme imposé par la situation, mais comme le dit le proverbe : à cœur vaillant, rien d'impossible !
Soyons clairs : inutile de tout vérifier pour rendre une histoire crédible, surtout lorsqu'il s'agit d'une fiction avec des incursions fantastiques car c'est un genre littéraire qui autorise un minimum de fantaisie. Par exemple : j'ai situé la première partie du roman au château de Libarrenx. Mais ce n'est pas exactement pour l'usage qui en est fait dans la réalité : j'ai transformé la bâtisse en Ehpad. Je me suis donc permis certaines libertés concernant l'agencement des pièces, couloirs et autres commodités. Ce qui ne m'empêchera pas d'aller voir sur place à l'occasion, maintenant que le texte est écrit, davantage par curiosité personnelle que par souci du strict respect de la réalité.
Mais on ne peut pas faire n'importe quoi non plus ! C'est un mélange subtil entre fantastique et réalisme et l'un ne doit pas nuire à l'autre. En ce qui me concerne, tout doit paraître plausible. Je pense que je suis dans la bonne direction avec Le moment ou jamais. Vous m'en direz des nouvelles, le moment venu ! ^^
Juste un petit mot pour vous dire où j’en suis de mon
nouveau roman
Soyons clairs : je suis en période de mûrissement. C’est-à-dire que pour l’instant,
je n’écris plus rien, mais je laisse les idées infuser en tâche de fond. Tout
le plan est rédigé, bien qu’il m’arrive encore de noter quelques petites
anecdotes qui nourriront le texte. Globalement, je sais tout ce qui va se dérouler
dans les cinq prochains (et derniers) chapitres de « Le moment où jamais ». Les idées sont bien posées, il n’y a
plus qu’à s’y mettre sérieusement. Mais…
La vérité, c’est que ces jours-ci, je n’ai pas de temps à
consacrer à l’écriture. Quand je lis que certains auteurs écrivent
systématiquement quatre à six heures par jour tous les jours (cf. Stephen King
ou Bernard Werber), je ne sais vraiment pas comment ils font ! Moi j’ai
besoin de m’y plonger plusieurs jours d’affilée pour que ça avance. Pas quatre
heures par-ci ou par-là, en pointillés. Or, actuellement, je n’ai pas plusieurs
jours d’affilée à consacrer exclusivement à mon livre.
Le truc, c’est que je ne suis pas romancier à 100%. J’ai un
travail prenant (mais qui me convient à la perfection), huit heures par jours
ouvrés (sans compter la route pour aller au bureau) et qui ne me laisse que les
week-ends pour décompresser. Et comme vous le savez, l’automne est une saison
chargée pour Astobelarra. Nous avons couru les salons en septembre et octobre,
et nous avons lancé une souscription en simultané (le nouveau roman de
Constance Dufort).
Sans oublier la mise en page d’un texte que nous allons
publier sous la marque Vasconimedia
(l’édition à compte d’auteur d’Astobelarra). Bref, je n’ai pas chômé, au cours
des derniers week-ends. Pour vous dire : je n’ai même pas eu le temps de m’occuper
de mon jardin, qui ressemble à un terrain vague mangé par les ronces. Alors
écrire, pensez-vous !!! J’en viens presque à regretter le confinem… Non,
je déconne.
J’ai posé deux semaines à Noël. J’espère bien pouvoir
consacrer quelques jours à l’écriture de ces cinq derniers chapitres à ce
moment-là. Une fois que ce sera fait, je ferai circuler le manuscrit dans notre
comité de lecture pour avis et corrections, en espérant qu’il plaise assez pour
envisager une publication à la rentrée de septembre. Si je rate cette occasion,
il faudra attendre les prochains congés, ce qui rallongera d’autant le délai de
sortie du livre.
C’est pas si facile, la vie de romancier, que j’vous
dis !
Qui n'a pas encore entendu parler de #chatGPT ? Pour les ignares ou ceux qui n'ont ni radio ni télé, il s'agit d'une intelligence artificielle qui permet de rédiger des textes sur demande. C'est assez bluffant pour tout ce qui est texte institutionnel, lettres, etc. Pour ce qui est de la fiction pure, je pense que les auteurs de chair et d'os ont encore de beaux jours devant eux ^^
J'ai essayé de tester la machine avec le pitch qui m'a inspiré mon prochain livre, en cours d'écriture. Le résultat n'est pas mauvais, mais c'est plat : ça manque un peu d'imagination et de cynisme. Et il y a des répétitions. Je vous partage ce qu'à pondu #chatGPT :
Pas super concluant, hein ?
Et sinon, pour vous donner des nouvelles, j'ai écrit les six premiers chapitres de "Le moment ou jamais". Ça avance pas mal. Pas aussi vite que je le voudrais, mais bon. Rome ne s'est pas faite en un jour !
Je l’ai déjà dit quelque part dans ce blog, mais écrire un
roman, c’est un processus très particulier. Je n’hésiterai pas à le comparer
avec le travail du comédien, qui doit totalement entrer dans son personnage
pour le jouer avec justesse. Pour moi, cela nécessite que je me concentre
exclusivement sur mon histoire et mes personnages et que je laisse tout le
reste au second voire au troisième plan.
Pour écrire dans de bonnes conditions, il y a cinq règles à
respecter :
1/ s’isoler du monde extérieur, des siens, des réseaux
sociaux, bref, de tout ce qui pourrait déranger, perturber le processus de
création. Ensuite, chacun sa recette, qui suis-je pour juger la vôtre 😁…
2/ réduire ses besoins vitaux au strict minimum pour gagner
un maximum de temps disponible et une concentration optimale. Si vous avez quelqu’un
pour vous faire à manger, la vaisselle, votre lessive, et surtout qui comprend la
nécessité impérieuse de vous laisser tranquille dans ces moments-là, c’est le
mieux.
3/ Laisser l’histoire et les personnages vous pénétrer l’esprit.
En fait, ils doivent devenir vous durant le lapse de temps que vous leur consacrez.
De cette faculté d’imprégnation va dépendre la crédibilité de votre œuvre.
4/ savoir sortir de l’écriture de votre roman pour aller
assouvir des besoins naturels essentiels (manger, boire, dormir, aller aux
toilettes, marcher une ou deux heures tout en réfléchissant à votre livre ou au
sens de la vie, pourquoi pas ?). Ça a l'air d'entrer en pleine contradiction avec le point n°2, mais en fait non.
5/ ne pas laisser vos personnages envahir votre personnalité
propre. Une fois que vous posez le stylo ou le clavier, ça doit s’arrêter.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que je rentre
de deux semaines de congé pendant lesquelles je me suis consacré à l’écriture
de mon nouveau roman « Le moment ou jamais » #LMOJ. Pour ce faire, je
me suis isolé chez mes parents, qui ont géré toute la partie logistique de mon
séjour, sans que j’aie à y mettre le nez (ils ont été adorables et
compréhensifs, comme toujours <3). Je me suis plongé dans mes personnages et
notamment dans le principal : Roger
Barbeau, un gentil papi qui devient un vilain vieux (et je ne vous en dirai
pas plus sur la trame du roman). Je suis tellement bien rentré dans le rôle que
Roger a transpiré dans mon
comportement (un cognaçais en voiture - qui m’avait refusé la priorité - en a fait
les frais), et est même resté coincé plusieurs jours après mon retour. Je sens
encore sa présence à l’heure où j’écris ces lignes, bien qu’elle s’atténue avec
le temps. Rendez-vous compte : j’ai écrit les cinq premiers chapitres, à
coup de six heures par jour.
Depuis que j’ai repris le boulot, je n’ai pas eu l’occasion
(ou la force ?) de m’y remettre sérieusement, mais je note toujours des
idées ou des modifications éventuelles dans un petit carnet qui me servira de
pense-bête, pour la prochaine fois. Et la prochaine fois que j’aurais du temps
et les bonnes conditions pour m’y replonger, justement, ce sera dans six
semaines et demi ! Je me suis fixé l’été prochain, comme deadline, pour
fournir le manuscrit quasi définitif à mon éditrice. L’avenir dira si j’ai tenu
les délais.
D’ici-là, j’espère ne pas être devenu Roger, définitivement…👹
Aujourd'hui, on va parler de mon nouveau projet de roman. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont déjà vu passer le visuel ci-contre. Pour ceux qui le découvrent, vous l'aurez compris, mon prochain livre ne sera pas le fameux spin-off de "L'infection" dont j'ai déjà parlé ici. En effet, après mûre réflexion, j'ai décidé de laisser passer un peu de temps entre ma première trilogie et cette "suite" (qui a priori n'en sera pas une). On va dire que cette histoire n'est pas encore tout à fait calée dans ma tête et que j'ai vraiment besoin de souffler après un gros morceau comme ça. Mais ce n'est pas annulé. Juste ajourné, qu'on se le dise ! Il se trouve que j'ai une autre histoire plus mûre à raconter.
Donc mon nouveau projet a (pour l'instant) le titre de travail "Le moment ou jamais" (#LMOJ). Ça pourra évoluer, quoique l'expérience m'a montré que la première idée était presque toujours la bonne. Par exemple, ce matin, dans la voiture, j'ai pensé à "Un mal pour un bien" ; mais évidemment, ce titre très bateau (pour ne pas dire mièvre) a déjà été pris par une certaine Danielle Steel. Faudrait pas qu'on puisse malencontreusement penser que j'ai écrit un livre à l'eau de rose...
De quoi ça va parler ?
Je ne peux pas vous en dire trop, au risque de divulgâcher l'intrigue, mais l'idée m'est venue grâce au proverbe "ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers", qui m'a sauté à l'esprit lors d'un récent enterrement auquel j'ai assisté. Sous entendu : "ceux qui restent sont forcément les salauds"... En gros, "Le moment ou jamais", c'est l'histoire d'un vilain vieux. Ce sera un roman noir, mais avec un humour très grinçant, entre "L'infection" et "Les routes du crépuscule", avec un twist final inattendu.
Où ça va se dérouler ?
En Soule, évidemment. Pourquoi ? Parce que comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, la Soule, c'est le "personnage récurrent" de mon œuvre. Lui donner une telle importance, c'est ma façon à moi de rendre hommage à ce petit pays qui m'a accueilli sans réserve, il y a 25 ans. Et je trouve qu'elle mérite qu'on la mette en valeur, même si cette version alternative de mon cru relève plus du cauchemar que du petit paradis qu'elle est, en réalité.
C'est pour quand, la sortie ?
Eh, je viens de publier "Les routes du crépuscule" ! Vous allez patienter encore un peu, hein ? 😁 En vrai, je ne sais pas. Écrire demande beaucoup de temps pour soi. Il faut se brusquer, s'isoler, se concentrer, ne pas être dérangé... C'est peu compatible avec un travail salarié et une vie de famille. Et sinon, c'est au prix d'immenses sacrifices. J'en appellerai presque à un nouveau confinement ! Presque... 😧 Alors j'écrirai à mon rythme, sans prise de tête. Mais si ça peut vous rassurer, ça va se faire ! Un jour prochain !
La création graphique, pourquoi si tôt ?
Comme toujours dans ces moments de frénésie où je me lance dans un nouveau projet, j'ai besoin de m'encourager moi-même. Ça me permet de me donner une direction artistique conceptuelle, une idée générale vers laquelle je dois tendre, histoire de ne pas perdre le fil conducteur. Donc là, il s'agit d'un montage photo réalisé par mes soins à partir d'une image libre de droits récupérée sur le site Pixabay. J'y ai appliqué quelques filtres de couleur et des ombrés pour donner un air aigri et inquiétant à mon personnage. J'ai accentué les cernes et les contours du visage pour lui donner comme une "tête de mort", je lui ai collé des yeux délavés pour un rendu encore plus troublant et le titre en blanc, posé sur les lèvres, ressemble à des rides "code-barre" ou à la mandibule/maxillaire d'un crâne humain passé à la javel. Vous avez raison : c'est une allégorie de la Mort. Mais une Mort qui n'en a pas fini avec la vie... Et je n'en dirai pas plus pour aujourd'hui !