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dimanche 8 février 2026

DIS-MOI QUELS SONT TES AUTEURS PRÉFÉRÉS, JE TE DIRAI CE QUE TU ÉCRIS…

J’ai déjà glissé quelques pistes un peu partout dans ce blog, mais sans vraiment aborder le sujet. Pour moi, un romancier lit FORCÉMENT beaucoup de romans. C’est en partie de là qu’il puise son inspiration. Il ne cherche pas nécessairement à copier les idées ou le style, mais plutôt à trouver et entretenir le désir de transmettre une histoire qui lui trotte dans la tête. Il cherche la motivation, en quelque sorte.

Personnellement, je lis un peu de tout mais il est évident que « j’ai mes têtes ». Il s’agit souvent d’auteurs contemporains dont j’ai lu une grande quantité de livres sans (presque) jamais me lasser. Et le premier d’entre tous, vous l’aurez deviné, c’est… Stephen King, le maître du fantastique. Sur la soixantaine de romans qu’il a pondus, j’ai dû en lire au moins la moitié. Le reste, j’ai vu les adaptations au cinéma ou à la télé.

J’aime sa façon d’écrire, son imagination, les histoires qu’il raconte, la psychologie fouillée de ses personnages, les sujets d’actualité qu’il traite avec subtilité et son sens de l’humour. J’aime aussi le fait qu’il soit engagé, politiquement parlant. C’est une star internationale, mais c’est avant tout un citoyen concerné par le devenir de son pays et du reste du monde. Peu de célébrités osent se mettre en danger (commercialement parlant) comme il le fait.

Alors pour être honnête, toute son œuvre n’est pas parfaite. Certains de ses livres ont parfois des fins que j’estime bâclées. Certains personnages (ou situations) peuvent paraître redondants. Mais si je regarde l’ensemble de son travail, il n’a pas à en rougir. Personne ne lui va à la cheville et à 78 ans, il figure toujours au sommet de son art. Je guette chacune de ses sorties comme un fan de la première heure, que je suis.

Si je devais citer mes livres préférés du King, je commencerais par « 22/11/63 », de très loin le meilleur, selon moi. Suivi de « La ligne verte », « Shining », « Ça », « Joyland » ou « Mr Mercedes », « La peau sur les os »… Et puis tous les autres. De « Carrie » à « Misery », en passant par « Cujo », « Bazaar », « Désolation », « Christine » ou « Simetierre », sans oublier que toute son œuvre est reliée par la saga « La tour sombre ».

Mon deuxième écrivain préféré, (j’aurais pu vous en citer deux en fait, mais il faut savoir départager), ce serait Edward Abbey, le roi du « Nature Writing » (j’ai hésité avec Pete Fromm). L’auteur du « Gang de la clé à molette » a également eu une grande importance dans mon processus créatif. J’aime son écriture contemplative, sa façon de magnifier le désert, de créer des ambiances brûlantes et des personnages ambigus, parfois violents.

Le discours radicalement écologiste de cet aventurier me séduit également. Surtout à une époque où des gens comme Donald Trump s’échinent encore à nier l’évidence : à savoir que nous sommes le cancer de la planète. Nous pompons toutes ses ressources pour faire du fric et ce faisant, nous sommes assez cons pour provoquer notre propre extinction dans les 50 années qui viennent !

Je n’ai pas lu toute sa bibliographie, loin s’en faut, mais si je devais citer mon roman préféré, je dirais en premier « Désert solitaire », suivi de « Le feu sur la montagne », et « Le gang de la clé à molette » 1 et 2, évidemment.

Mon troisième serait sans doute John Irving. Encore un Américain, me direz-vous. Lui a écrit un peu moins de vingt romans, mais chacun des livres que j’ai lus m’a laissé une empreinte très prégnante. Et un sentiment de deuil une fois la dernière page refermée. Ses histoires sont habitées, puissantes, charnelles, pleines de rebondissements inattendus, parfois loufoques.

Ses personnages sont profonds, humains, souvent étranges et décalés, quoique tout à fait plausibles, en réalité. J’en connais des bien plus tarés dans la vraie vie ! J’aime cette impression de fatalité qui se dégage de son œuvre. Les choses, même les plus improbables, n’arrivent jamais sans raison. Ou parfois si, mais c’est comme ça, teh !

Si je devais citer un livre, je choisirais certainement… « Dernière nuit à Twisted River » qui se rapproche du roman policier, sans en être. Mais j’ai également adoré « L’hôtel New Hampshire », « Le monde selon Garp », « Une prière pour Owen », « L’épopée du buveur d’eau » et « l’œuvre de Dieu, la part du diable ». Irving fait partie des grands auteurs contemporains qui comptent pour moi.

Allez, vous en reprendrez bien un petit quatrième, pour la route ? Voici un écrivain que j’ai découvert très récemment, mais dont le travail m’a collé une sévère claque. Les romans d’Haruki Murakami (auteur japonais comme son nom l’indique) me font penser à mes rêves. On ne sait jamais si on est dans la réalité crue ou dans un monde onirique, magique, ou même fantastique. Ses personnages sont souvent tendres et flegmatiques et prennent la vie comme elle vient.  

Ses romans sont remplis de poésie et de philosophie sans que ça en devienne barbant et son écriture coule et chante comme l’eau d’un ruisseau de montagne. On pourrait penser qu’elle est simple, mais il n’en est rien. La structure narrative de ses livres est complexe et part dans tous les sens, surtout là où on ne l’attend pas. Et c’est cela que j’aime chez Murakami : l’inattendu, les surprises. Rien que ses titres en disent long !

Là aussi, je n’ai pas tout lu de lui. Mais je vous conseille « Kafka sur le rivage », exceptionnel, troublant, magique. J’ai presque pleuré à la fin : Dire que j’ai beaucoup aimé serait un euphémisme. Et puis « La course au mouton sauvage », « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil » et « La ballade de l’impossible » sont aussi très chouettes. J’en ai acheté plein d’autres que je garde comme un trésor et que je lirai un jour, quand j’aurai du temps pour moi.

Lorsque j’étais jeune, je lisais beaucoup plus (il n’y avait pas de smartphone ou Netflix pour nous faire perdre la boule). D’abord « J’aime lire » et « Je bouquine », auxquels j’étais abonné.  Mais ensuite des auteurs plus classiques puisqu’ils étaient au programme de mon éducation scolaire (Maupassant, Hugo, Zola, Balzac, Musset, Flaubert, Diderot, Green…) ou d’autres, plus récents, que mes parents et ma tante me conseillaient (Vian, Carrère, Mauriac, Bazin, Troyat, Michelet, Sartre, Dostoïevski, Camus, Gary…).

Parallèlement et plus ou moins en cachette (parce que « ce n’étaient pas de vrais livres »), je lisais beaucoup de « comic-books » ou de « livres dont vous êtes le héros ». Plus tard, j’ai découvert l’existence de la littérature jeunesse grâce à mon ex-épouse bibliothécaire, avec des auteurs comme Thimotée de Fombelle (« Vango »), Philip Pullman (« À la croisée des mondes »), Pierre Botéro (« La quête d’Éwilan ») ou Christian Grenier (« Les enquêtes de Logicielle »). Sans doute que tous ces auteurs, mais aussi dessinateurs et illustrateurs pour certains, ont également exercé une influence (plus diffuse) sur mon propre travail. Ne serait-ce que pour améliorer mon expression écrite, mon orthographe et ma grammaire ou juste pour développer mon imaginaire ? 

Bref, et ceci, dit sans une once de prétention : dans chacun de mes livres, on retrouve des éléments fantastiques ou horrifiques (comme chez King), des histoires de vie qui peuvent être violentes, avec des personnages peu communs ou à forts tempéraments (comme chez Irving), une dimension onirique, psychologique, philosophique et parfois absurde en apparence (comme chez Murakami) et des descriptions contemplatives, poétiques presque jusqu’au lyrisme de l’environnement (comme chez Abbey).

Et vous, quels sont vos auteurs préférés ?

lundi 6 novembre 2023

#LMOJ : PETIT ÉTAT DES LIEUX

Juste un petit mot pour vous dire où j’en suis de mon nouveau roman Soyons clairs : je suis en période de mûrissement. C’est-à-dire que pour l’instant, je n’écris plus rien, mais je laisse les idées infuser en tâche de fond. Tout le plan est rédigé, bien qu’il m’arrive encore de noter quelques petites anecdotes qui nourriront le texte. Globalement, je sais tout ce qui va se dérouler dans les cinq prochains (et derniers) chapitres de « Le moment où jamais ». Les idées sont bien posées, il n’y a plus qu’à s’y mettre sérieusement. Mais…

La vérité, c’est que ces jours-ci, je n’ai pas de temps à consacrer à l’écriture. Quand je lis que certains auteurs écrivent systématiquement quatre à six heures par jour tous les jours (cf. Stephen King ou Bernard Werber), je ne sais vraiment pas comment ils font ! Moi j’ai besoin de m’y plonger plusieurs jours d’affilée pour que ça avance. Pas quatre heures par-ci ou par-là, en pointillés. Or, actuellement, je n’ai pas plusieurs jours d’affilée à consacrer exclusivement à mon livre.

Le truc, c’est que je ne suis pas romancier à 100%. J’ai un travail prenant (mais qui me convient à la perfection), huit heures par jours ouvrés (sans compter la route pour aller au bureau) et qui ne me laisse que les week-ends pour décompresser. Et comme vous le savez, l’automne est une saison chargée pour Astobelarra. Nous avons couru les salons en septembre et octobre, et nous avons lancé une souscription en simultané (le nouveau roman de Constance Dufort).

Sans oublier la mise en page d’un texte que nous allons publier sous la marque Vasconimedia (l’édition à compte d’auteur d’Astobelarra). Bref, je n’ai pas chômé, au cours des derniers week-ends. Pour vous dire : je n’ai même pas eu le temps de m’occuper de mon jardin, qui ressemble à un terrain vague mangé par les ronces. Alors écrire, pensez-vous !!! J’en viens presque à regretter le confinem… Non, je déconne.

J’ai posé deux semaines à Noël. J’espère bien pouvoir consacrer quelques jours à l’écriture de ces cinq derniers chapitres à ce moment-là. Une fois que ce sera fait, je ferai circuler le manuscrit dans notre comité de lecture pour avis et corrections, en espérant qu’il plaise assez pour envisager une publication à la rentrée de septembre. Si je rate cette occasion, il faudra attendre les prochains congés, ce qui rallongera d’autant le délai de sortie du livre.

C’est pas si facile, la vie de romancier, que j’vous dis !

mercredi 7 décembre 2022

VIS MA VIE D'ECRIVAIN (#1)...

J'ai vécu ça un paquet de fois :

- les séances de dédicaces où personne ne vient, ou alors deux pelés et un tondu, mais pas pour toi,

- celle où tu te fais engueuler par un type qui n'a même pas lu ton livre juste parce que le titre ne lui revient pas : "Mauvais berger ! C'est quoi ce titre débile ? Ça n'existe pas les mauvais bergers, grrr...",

- celle où il y a du monde, mais où ton voisin, confrère "mais néanmoins ami" de la "maison d'édition concurrente", truste tous les visiteurs (quand il ne vient pas les chercher directement sur ton stand, parfois en dénigrant ouvertement ta production - lire ici !)... 😱

- Celle où un type vient te tenir la jambe pendant des heures, à te raconter sa vie, pour finalement partir sans te prendre ton putain de bouquin.

- Celle où la lectrice "intéressée" s'aperçoit soudain qu'elle n'a pas de monnaie pour payer, te dit qu'elle "va retirer au distributeur et qu'elle revient en suivant". J'ai fini par cesser de l'attendre.

- J'ai connu des salons du livre où tu te tapes 150 bornes/aller pour revenir bredouille, désespéré et désargenté le lendemain,

- et ceux où tu vois bien que les gens qui viennent ne viennent pas du tout pour les livres, mais pour s'abriter du froid ou de la pluie...

- J'ai quelque fois bravé les éléments dans des marchés en plein hiver pour ne vendre qu'un pauvre livre à 3€ et choper une angine en prime.*

- Et puis j'ai aussi connu les conférences de presse où, malgré un arrosage en grandes pompes deux semaines avant, avec distribution généreuse de "services presse", aucun journaliste ne vient... Aucun article ne sort. Jamais.

Alors je ne serai sans doute jamais aussi célèbre que Stephen King ou même Bernard Werber (notez que ça n'a jamais été mon ambition), mais je pourrais raconter tellement d'autres anecdotes croustillantes autour de la sortie de mes 5 livres, si vous saviez... Mais à quoi bon remuer la fosse à purin ? C'était marrant quand j'étais jeune. Aujourd'hui, si j'ai gardé un côté provocateur, j'aspire à davantage de sérénité dans ma vie quotidienne.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il ne faut pas se décourager et qu'il ne faut conserver aucune aigreur, aucun ressentiment. Ça fait partie du lot de tous les auteurs, qu'ils soient grands requins blancs des tréfonds du Pacifique ou petites crevettes grises des ruisseaux de montagne.
Il faut juste croire en ce qu'on fait et d'ailleurs, ce qu'on fait, on le fait d'abord pour soi. 
La sauce finira par prendre, ou pas.

En ce qui me concerne, je saurai me contenter d'une minuscule trace de mon passage sur terre laissée dans quelque bibliothèque familiale anonyme. Ou dans quelque obscure boîte à lire rurale. 😋

*J'ai aussi connu des marchés de Noël où j'ai vendu tout mon stock de livres en une heure et où j'ai dédicacé "à tour de bras" (toutes proportions gardées). Ces moments-là, de pure félicité, compensent voire éclipsent tous les autres !

mercredi 5 juin 2019

Preum's dans la gazette le daily Verdoyer !


Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais l'an dernier, nous sommes allés, Constance Dufort, Thomas Ponté et moi-même au premier salon du livre organisé au camping **** Le Verdoyer, dans le Périgord vert, chez mon pote Floris Ausems. Je n'avais pas fait de compte-rendu de l’événement dans ce blog, mais ça s'était tellement bien passé que je me suis juré d'y retourner s'il y en avait un prochain. Eh bien voilà : c'est programmé pour le 11 août ! En attendant, Raphaël Grangier, auteur de polars que j'ai eu le plaisir de rencontrer là-bas et co-organisateur du salon m'a passé à la question pour la gazette "le daily Verdoyer", histoire de communiquer un peu sur ce salon du livre naissant et prometteur. Je suis même le premier à y être passé !
Pour des questions de référencement sur les moteurs de recherches, je vous copie-colle les questions/réponses ci-après. La gazette originale est téléchargeable ici !

— Etienne, comment allez-vous ?
— Ben bien ! Il fait beau, c’est bientôt l’été. On ne va pas se plaindre !?

— C’est la première fois que vous venez sur le salon du Verdoyer ?
— Non, la seconde. Je suis venu l’an dernier avec Constance Dufort et Thomas Ponté, de la team Astobelarra (maison d’édition souletine). C’était bien chouette de partager ces moments avec la team Cairn, dans un cadre aussi sympa que celui du Verdoyer!

— Qu’est-ce qui vous a donné envie de revivre cette aventure ?
— Bon, déjà, je connais Floris (Ausems, le patron du camping Le Verdoyer) depuis l’âge de 11 ans. On était au collège ensemble à Cognac. Je viens le voir, lui et sa petite famille, depuis quelques années. En fait, depuis qu’on s’est retrouvés grâce à Facebook ! Donc quand il m’a parlé du premier salon (l’an dernier), j’ai évidemment sauté sur l’occasion et personne n’a regretté, dans la team !

— Parlons un peu de vous… Vous êtes plutôt plage ou montagne ?
— Je vis à la montagne (en Soule, au Pays basque). Mais pour répondre à la question, je préfère la montagne. J’adore randonner, dormir dans la Nature, m’isoler en cabane de berger, marcher jusqu’à puer le fennec… Tout le contraire des vacances à la plage !!! Mais je ne vais pas cracher dans la soupe : j’aime bien aussi ne rien faire d’autre que lire pendant des heures, allongé sur une serviette sous un parasol, avec le ronflement de l’océan en musique de fond. 

— Littérature noire ou littérature blanche ?
— Plutôt noire. Mais je lis de tout. En dehors des recommandations d’amis ou de France Inter, lorsque je choisis un livre au hasard, c’est très souvent au visuel, à la lecture de la quatrième de couv’ et surtout à l’odeur de ses pages. Avec ce système, il arrive que je sois déçu, mais ça reste rare… En ce moment, je lis pas mal d’ouvrages sur la survie et le survivalisme. C’est essentiellement à but instructif, avec dans l’idée de rendre plus réaliste mon prochain livre…

— Quel est le dernier roman que vous ayez lu ?
— Je suis en train de lire « Fin de ronde », de Stephen King. C’est le dernier volume de l’excellente trilogie « Mr Mercedes ». Grosso modo, c’est du policier avec quelques incursions fantastiques (dans ce tome, précisément). Sans vouloir divulgâcher (ou me la jouer), j’y trouve quelques similitudes avec ma propre trilogie « L’infection ». Je ne pense pas que ce soit un hasard, du reste. Pas que King ait pompé sur mon histoire (faudrait-il qu’il sache que mes livres existent, lol) ou l’inverse d’ailleurs, loin s’en faut. Cela dit, c’est logique : c’est mon auteur préféré et moi aussi je fais dans le fantastique. Donc fatalement, il y aura des sujets qui se recouperont à un moment ou un autre…

— Le dernier que vous ayez écrit ?
L’infection T2 : Pandémie (septembre 2017 – Astobelarra). Je suis actuellement sur la rédaction du troisième et dernier tome de la saga. A chaque fois, il m’a fallu 5 ans pour écrire les deux premiers. J’aimerais faire plus vite pour celui-ci, mais… C’est compliqué quand on bosse à côté !

— Le pitch, en quelques mots ?
— C’est l’histoire d’un mec… un pauvre mec, même, qui échange son âme avec une intelligence artificielle pour conquérir sa belle. Sauf que l’intelligence artificielle en question a un autre projet : elle veut détruire l’humanité (comme de bien entendu). Dans le premier tome, « Contage », elle fait ses armes. Dans le second, « Pandémie », elle met le souk partout sur la planète. Dans le troisième, « Sepsis », la résistance s’organise pour mettre fin à l’IA diabolique, dans un monde défiguré à jamais. Mais les humains vont-ils réussir à sauver leur espèce ? 

— Vous concernant, quelles seraient votre principale qualité et votre principal défaut ?
— En tant que personne ? Je suis un gars gentil… C’est ma principale qualité. Mais c’est aussi mon défaut principal : je me fais souvent avoir par les autres. Du coup je fais le vide et on m’en veut à mort ensuite. Alors je culpabilise et j’essaye d’être encore plus gentil… Bref : l’éternelle histoire du serpent qui se mord la queue.
En tant qu’auteur ? Je n’ai aucune idée de ce qui ferait ma principale qualité. Peut-être que j’aime raconter des histoires et que je prends un malin plaisir à mettre le lecteur en PLS à chaque chapitre ? Mon principal défaut, c’est que je suis trop lent et trop perfectionniste. D’où les 5 ans par bouquins !

— Et si l’on doit retenir quelque chose de particulier vous concernant, ce serait quoi et pourquoi ?
— Pour écrire, j’ai besoin de me mettre dans une sorte « d’état de transe ». Je pense que c’est pareil pour toute personne qui crée dans tous les domaines artistiques existants. 
Mais moi, le premier, je l’ai écrit à 80% aux chiottes (lol - véridique) ou dans le train. Mais comme j’ai changé de métier entretemps et que je ne peux quand même pas passer ma journée sur le trône (c’est mauvais pour la circulation sanguine), j’ai dû changer de méthode pour le second. Mais le résultat est le même : j’ai besoin d’être seul chez moi, mais également de m’enfermer dans ma tête. Donc je crée une sorte de « mur mental ». Pour cela, je me mets le casque audio sur la tête et je me programme une playlist de musiques que je connais par cœur (pas besoin de réfléchir aux paroles ou d’écouter les mélodies, puisque je les connais déjà). Ça peut être de la techno comme du métal ou de l’ambiant… ça dépend du chapitre sur lequel je suis. Mais on s’en fout, en vrai, à partir du moment où ça me coupe du monde. Ensuite, un ou deux (ou trois) petits verres de Jack Daniel’s pour anesthésier les douleurs physiques et surtout morales de la vraie vie, et c’est parti pour une nuit de créativité. Quand ces conditions sont réunies, je peux écrire plusieurs chapitres à la suite. 
Je raconte tout cela et bien plus sur mon blog auteur : http://etiennehboyer.blogspot.com/

— Le mot de la fin ?
— Ah oui ! Sinon j’ai aussi écrit « Mauvais berger ! » (2007 - Astobelarra), une tranche de vie dans laquelle je raconte ma courte et douloureuse expérience d’apprenti berger dans les Pyrénées ^^. En fait, c’est celui-là, mon premier livre. Lui, je l’ai écrit la nuit pendant le boulot, en 3-4 jours. Bizarrement, c’est un de nos best sellers. A croire que les histoires vraies plaisent davantage que le fantastique ?! M’en fous : moi je fais ce que j’aime et je le fais d’abord pour moi ! Mais si je suis lu et apprécié, alors tant mieux ^^

— Etienne, merci de vous être prêté au jeu, et à bientôt, donc !
— Oui, merci à vous et à très bientôt ! Il me tarde ! Ça voudra dire que je débute (enfin) mes congés d’été !

vendredi 18 décembre 2015

22/11/63, de Stephen King, l'un de mes livres préférés.

Ouh! Vivement que cette merdique année 2015 se termine. Quoi que, cette réflexion que je partage avec beaucoup de monde n'est-elle pas un peu vaine? Après tout, qui sait ce qui nous attend pour 2016 et les années suivantes?

Cette petite introduction pour vous parler du temps (celui qui passe ou qui arrive) et d'une chose qui m'a vraiment marqué cette année (hormis le lot de catastrophes que l'on sait), et c'est la lecture de "22/11/63", de Stephen King, que je considère de très loin comme le meilleur livre du King que j'aie pu lire à ce jour (avec "la ligne verte"). Et vous allez voir illico pourquoi!

Le pitch, c'est un gars qui, pour rendre service à un ami mourant, va retourner dans le passé pour tenter d'empêcher le meurtre de John Fitzgerald Kennedy, espérant ainsi changer le monde. Evidemment, il lui arrive tout un tas d'aventures passionnantes en marge du fil principal. Ce roman (assez épais, mais que j'ai lu avec frénésie en quelques jours) m'a pas mal rappelé "Replay", de Ken Grimwood (dont je vous ai déjà parlé ici), qui est aussi l'un de mes livres préférés de tout temps et qui fonctionne également sur le thème du "what if?"

En effet, que ce serait-il passé si on avait neutralisé Lee Harvey Oswald avant qu'il ne descende JFK (si tant est que ce soit bien lui, le meurtrier - le saura-t-on jamais?)?
Ce qui me fait me demander : et que se serait-il passé si on avait tué Hitler avant 1936? Que se serait-il passé si on avait laissé Saddam Hussein tranquille dans son pays? Que se serait-il passé si on avait mis les frères Kouachi hors d'état de nuire en décembre 2014? Avec des "si", on met Paris en bouteille, diront les rigolos...

Plus centré autour de mon petit nombril, que se serait-il passé si, au lieu d'avoir un accident du travail en octobre 92 (à l'époque, je faisais un job d'ouvrier agricole / cueilleur de pommes et je suis tombé d'un arbre, d'une hauteur de 5 mètres), j'étais parti à l'armée le mois suivant comme prévu? Que se serait-il passé si, au lieu de quitter la fac d'anglais pour aller faire mon service militaire, j'étais parti randonner une année aux USA - en Alaska, comme j'en avais eu envie (sans en avoir les moyens, ou plutôt sans être capable de m'en donner les moyens...)? Serais-je mort au "Magic bus", à la place de Chris McCandless, ou est-ce que je l'aurais sauvé?

C'est le thème du destin. Le destin existe t-il? Est-il inamovible? Peut-on lutter, revenir en arrière pour réparer ses erreurs, celles des autres? Et est-ce que si je répare mes erreurs, je ne vais pas en commettre d'autres, plus graves encore? Peut-on empêcher des évènements au retentissement international?

Ces questions me hantent presque chaque jour.
Je ne vais pas dire que je vis dans le regret perpétuel ; je pars du principe que ce qui est fait est fait. Il faut aller de l'avant parce que si on est réaliste et honnête avec soi-même, c'est le seul chemin possible.
Ce que je veux dire, c'est : "si on me donnait la chance de pouvoir revivre ma vie, est-ce que je la vivrais différemment ou est-ce que je suivrais exactement la même ligne? Est-ce que les évènements qui ont jalonné ma vie arriveront quand même, même si les décisions que je prends sont différentes?" On est davantage sur une question d'homme (de quoi est-on vraiment fait - qu'a t-on dans les tripes) que sur une question de science fiction (de paradoxe temporel), vous voyez où je veux en venir?

Bref, voilà pourquoi j'ai adoré ce livre, qui pose toutes ces questions et tant d'autres et essaye de donner des réponses (qui forcément sont fausses, puisqu'il s'agit d'une fiction et qu'il est impossible de voyager dans le temps - pour le moment, du moins). C'est ce genre de livre qui m'inspire et me donne envie d'écrire, moi aussi.

Et pour ceux d'entre vous qui ne lisent pas mais préfèrent l'hypnose télévisuelle, sachez que le livre est adapté en série de 8 épisodes d'une heure réalisés par J.J. Abrams (#StarWars7), avec James Franco dans le rôle principal, série qui sera diffusée à partir du 15 février prochain sur Hulu... Matez le teaser :


vendredi 17 juillet 2015

Ces vieux démons qui refont surface, on ne sait pas pourquoi...

A la bonne vôtre!
Hemingway, mais aussi Stephen King (il aurait arrêté, cela dit), et tant d'autres. On dirait que les écrivains sont abonnés à l'excès d'alcool.
Depuis que je suis en âge de boire, j'ai toujours aimé picoler un peu. Je ne dirais pas que je suis alcoolique (je ne bois pas tous les jours et n'en éprouve pas la nécessité), ni même "alcoolique mondain" (je ne me mets pas la mine tous les week-ends) ou encore "alcoophile" (l'excuse, tsé?). Je suis juste un "bon vivant". Je dirais, selon l'expression consacrée (par de sacrés cons?), que ça "m'ouvre les chakras".
Disons plutôt que ça "embue" la réalité. Du coup, j'ai l'impression (mais est-ce que c'est une impression, seulement?) de pouvoir aller plus facilement aux tréfonds de mon âme, voir ce qui s'y trouve. C'est presque le même processus que pour la musique, finalement : l'alcool aide à faire apparaître cette espèce de mur propice à la créativité. C'est pour ça que la bouteille de Jay-Dee n°7 n'est jamais bien loin de mon clavier, quand je me mets à écrire...

Au début, j'ai commencé par la bière et le vin, et puis j'ai insensiblement dérivé vers les alcools plus forts. Pendant quelques années, je tournais au Ti'punch en soirée. Mais le rhum et le sucre de canne, ça encrasse le foie, ça monte trop vite à la tête et j'ai du mal à m'arrêter dans mon élan. Après, je deviens carrément improductif.
Quand je suis allé aux USA en 2013, j'ai commencé à boire du bourbon (Jack Daniel's, pour ne citer que celui-là - sec et sans glace), notamment lors d'une soirée assez mémorable (comprendre : "typiquement américaine") au pub "Hub", à Concrete (WA). Bon, j'avoue, "Anonyme", l'auteur de la saga du Bourbon Kid a forcément dû contribuer à me donner l'envie d'y goûter...
Je me suis aperçu que non seulement j'aimais ça, que je pouvais en boire beaucoup, mais que je pouvais également m'arrêter bien avant de perdre complètement la tête. Je dose la tisane, quoi... Et je ne fais plus jamais de mélanges. J'ai compris avec le temps que non seulement ça produisait exactement le contraire de l'effet recherché, mais qu'en plus ça mettait le crâne et le foie en compote pour le lendemain (et les jours suivants, parfois) ! Et plus je vieillis et moins c'est facile de récupérer, même en faisant du sport...

Le pub de Concrete...
Je n'ai pas l'alcool agressif, comme un certain nombre de personnes de ma connaissance qui deviennent rapidement toxiques voire dangereuses après quelques verres bien tassés (on appelle ça avoir "l'alcool mauvais" ; c'est la circonstance atténuante qu'on donne généralement pour pouvoir foutre sa femme - ou ses gosses - sur le carreau, en tout impunité).
Non, moi, je l'aurais plutôt "réfléchi", conscient, quoi que détendu et rigolo. Bon, évidemment, à partir d'un certain stade, je suis comme tout le monde : absolument débile... Mais j'atteins rarement ce niveau-là. Par exemple, je n'ai jamais été saoul au point de faire un black-out ou de commettre des actes insensés (comme me jeter de la fenêtre, par exemple...). Certes, je ne me souviens pas toujours de tout ou de l'ordre dans lequel les choses se sont déroulées, mais il suffit qu'on m'en parle pour que je me rappelle ce que j'ai fait ou dit et que je constate qu'on est parfois vraiment débile, quand on a bu.
Bref, là n'est pas le propos de ce billet. 

Je me suis rendu compte que lorsque j'écris, mes vieux démons cherchent à me rattraper alors même que j'ai pris de bonnes résolutions. Pour "Mauvais Berger!", j'étais sobre, mais j'ai écrit sous la fièvre de me débarrasser de cette histoire qui me polluait la vie depuis dix ans. Pour "Contage", c'était la douleur et le désespoir qui me hantaient. Je pense que ça se ressent un peu trop à la lecture, d'ailleurs... Pour "Pandémie"? Ben écoutez, je suis heureux, calme, serein... Alors pour atteindre cet état de fébrilité créatrice, je bois (pour les chakras, remember?) et je fume (du tabac, jamais de drogue - je recherche juste l'ivresse, pas le cimetière). Même ma libido augmente sensiblement (ce qui n'est pas super cool, car quand j'écris, je cherche surtout à m'isoler du reste du monde, de ma famille, etc. afin de ne pas être distrait). Et donc j'essaye de compenser tous ces vices - assouvis ou non - en faisant du sport, tôt le matin. S'agirait pas que mon corps se dégrade trop vite, déjà que je serais facilement sujet à l'embonpoint!
Dès fois, ça m'arrive d'abuser un chouillat du fameux Whiskey du Tennessee.
Mais curieusement, quand je me réveille le matin tout nauséeux, avec cette haleine de vieux cendrier et que je relis ce que j'ai pondu dans mon état de semi-transe, je trouve rarement des choses à jeter. Je ne dis pas que tout est parfait, hein? Bien sûr que les fautes d'inattention sont plus fréquentes, tout ça... Mais ce que je cherchais à exprimer à l'instant T (et sous l'empire de l'alcool) est rarement à reprendre. A l'inverse, il m'arrive fréquemment d'avoir envie de balancer par la fenêtre mon manuscrit (et l'écrivaillon) quand j'ai écrit à jeûn. Car il y manque presque toujours ce petit grain de folie qui doit certainement se trouver à l'intérieur même des grains de céréales distillés... ^^

mercredi 25 février 2015

Je suis un écrivaillon...

source : http://teespring.com/writer-warning
"Je suis un écrivain. Tout ce que vous pourrez dire ou faire pourra être utilisé dans une histoire..." Cette phrase que j'ai lue dans une pub sur Facebook (reproduite ci-contre) est archi-vraie. Elle l'est pour un géant comme Stephen King (lire ou relire "Écriture, mémoire d'un métier"), elle l'est pour un "microbe" comme moi.

Absolument tout (ou presque) ce qui se trouve dans l'Infection provient de situations que j'ai vécues ou vues, de comportements, de gens, ou de paysages observés. Je n'ai RIEN inventé. 
Ma seule invention, c'est d'avoir compilé toutes ces informations, de les avoir mixées, puis recrachées à ma sauce, c'est à dire en forçant un peu le trait (j'avoue). 

Bon, ce n'est pas de la "caricature" au sens propre du terme. Je n'ai pas écrit ce livre (et les suivants/futurs) dans le but spécifique de me moquer, ou pour que le lecteur rusé essaye de reconnaître des personnes réelles. Comme je l'ai déjà écrit ici, tous mes personnages SONT DES PERSONNAGES. Hormis Niko Etxart auquel je fais allusion dans un passage du tome 1, aucun n'existe pour de vrai. 
Allande et Antton Aguer, par exemple, sont des mix de plusieurs personnes rencontrées à des époques et des lieux différents.
Encore que... Ce ne soit pas exactement des personnes en question dont il s'agisse, mais plus d'une empreinte, une trace que ces gens-là ont laissée dans mon esprit. Une image déformée par mon ressenti personnel (et assumée comme telle), un souvenir plus ou moins altéré par la mémoire, mais qui est forcément réducteur par rapport à la réalité de ces personnes. Réalité que seuls les intéressés peuvent connaître (et encore... se connaît t-on toujours soi-même?).

De fait, ces personnages sont plus des parties de l'auteur qu'autre chose. Et c'est ça, ma grande peur : qu'ils soient tous trop lissés, en définitive. En tout cas assez pour que le lecteur s'aperçoive que chacun d'entre eux n'est en réalité qu'une facette de moi même.

mercredi 10 décembre 2014

Lettre à ma Maman...

"Pourquoi cette fascination pour l'horreur? Oui, pourquoi? Alors que tu pourrais écrire des choses tellement plus belles?" C'est une question que ma mère m'a posée à plusieurs reprises. 
La réponse est simple : c'est la faute de ton frère, de ta belle-mère, de ton mari et des frères Bogdanoff, Maman! ^^

Mon premier contact avec le fantastique et l'horreur, ce devait être autour du Noël de ma onzième année. Mon oncle punk Jean-Rémy - qui ne l'était pas encore à l'époque, mais écoutait essentiellement du Heavy-Metal - m'avait offert un 33 tour qui devait me marquer à jamais. C'était "The Number of the beast", de Iron Maiden. Sur la pochette du disque, très colorée et violente (pour l'époque et pour mon âge) on voyait un mort-vivant chevelu jouer à la marionnette avec le Diable. J'étais fasciné et par le graphisme et par les grosses guitares de cet album d'anthologie. C'est ainsi que ma passion pour l'horreur coïncide depuis tout petit avec celle du Metal! J'ai toujours trouvé que les deux faisaient la paire. Il n'y a qu'à écouter Dimmu Borgir, Rob Zombie, King Diamond ou Cradle of Filth et même Kamelot pour s'en persuader...

Parallèlement, mon père s'était mis en tête de revoir tous les vieux films de la Hammer qu'il avait vus au cinéma, du temps de ses études. Il estimait que j'avais amplement l'âge requis pour découvrir l'étrange univers de Dracula, Frankenstein et autre monstre sacré du cinéma des années 30 à 70. Ainsi, j'ai eu droit à quelques Bela Lugosi, Boris Karloff et autre Christopher Lee. Au début, j'ai eu un peu peur, j'avoue. Autant Lugosi était ridicule, autant je trouvais Lee vraiment effrayant et crédible dans le rôle du comte Dracula! Avec l'arrivée de l'adolescence, la trouille indicible qui me poussait à faire le tour de tous les coins et recoins de ma chambre avant d'aller me coucher s'est muée en excitation et en curiosité. 
Je me souviens que, dans le même temps, mon père m'avait offert une maquette bien flippante (du moins la voyais-je ainsi du haut de mes 11 ans) du fantôme de l'opéra qu'il avait construite quelques années auparavant. Cette maquette trône toujours sur mon étagère, dans mon ancienne chambre chez mes parents. Cet objet a pendant un temps relativement long cristallisé toutes mes peurs d'enfant! Aujourd'hui, j'en rigole, mais évidemment, je me suis bien gardé de raconter tout cela à mon paternel ou même à ma mère, qui lui aurait sûrement arraché les yeux, si elle avait su... 

L'année d'après, c'était la première diffusion en France (dans le programme de l'émission cultissime "Champs-Elysées") de "Thriller", le clip de Michael Jackson que j'ai visionné derrière le grillage pas très efficace de mes doigts comprimés sur mes paupières, pelotonné contre ma grand-mère, qui roulait de grands yeux hallucinés en nous voyant totalement terrorisés, mon frère et moi! Ce fut mon premier contact avec un loup-garou et des zombies relativement réalistes... Merci au "King of Pop", pour cet immense souvenir qui m'a hanté pour des années!
Après ça, je pouvais regarder le "Temps X" des frères Bogdanoff "en toute sérénité", ce que je ne me suis pas privé de faire! C'est comme ça que j'ai découvert toutes les déclinaisons du cinéma fantastique et horrifique, de "Hidden" à "Street Trash", de "Damien la malédiction" à "l'exorciste" et de "Terminator" à "Shining", en passant par "Freddy Krueger" ou "Mad Max" et ce, bien avant de commencer à feuilleter (en cachette, comme il se doit) le magazine "Mad Movies" ou d'avaler la bibliographie de Stephen King. De cette période, je garde gravé à jamais dans un coin crasseux de mon esprit cet extrait de "l'abominable docteur Phibes"... 

Ce n'est que vers l'âge de 13-14 ans que je suis tombé sur LE film d'horreur ultime! "Le jour des morts vivants", de George Romero. Là encore, j'ai été marqué à vie par mes tout premiers "vrais" putréfiés sanguinolents. Du coup, au fil des ans, je n'ai eu de cesse que de les voir tous. Vous pensez bien que lorsque le phénomène est enfin devenu à la mode, avec l'apparition de séries télé comme "The Walking Dead" ou la plus récente "Z Nation", j'ai atteint un état proche du nirvana! 

Voilà, Maman. Tu sais tout. Maintenant, tu sais pourquoi j'écris des histoires affreuses avec des litres d'hémoglobine qui dégoulinent, des intestins qui explosent, des cerveaux qui fondent par les oreilles et autres réjouissances au "contenu graphique", comme disent les américains... Mais ne t'inquiète pas! Je ne vais pas passer à l'acte. Beau Smart, ce n'est pas moi! Enfin si, mais pas réellement! 
Si j'écris ce genre d'histoire, c'est parce que tout d'abord : ça me plait ; ça me défoule ; je passe mes petits messages écolo-simplistes en filigrane ; et surtout : j'aime faire peur, provoquer des réactions de dégoût. Mais de ce dégoût qui donne quand même envie de lire la suite jusqu'au bout (tant qu'à faire). Et puis, comme je viens de te le démontrer, ce sont des émotions faciles à créer et qui laissent de profondes traces. 

Par contre, si tu crois avoir tout lu avec "Contage", le tome 1 de "l'infection", tu peux ressortir la cuvette à vomi car "Pandémie" sera bien pire (et bien mieux à la fois) ! ^^

lundi 8 décembre 2014

Comment j'en suis arrivé à vouloir écrire...

En ce moment, je suis en train de lire "Écriture, mémoires d'un métier", par le grand Stephen King. C'est, comme toujours chez cet auteur, un livre captivant ; on n'est plus dans le roman mais plutôt entre la tranche de vie et l'essai, cette fois-ci. 
Pour le moment, et bien que je n'aie pas le tiers du quart de la moitié du talent de cet auteur génialissime (un de mes modèles, assurément), je trouve ce texte très rassurant. En gros, il y raconte la genèse de sa passion pour l'écriture, ou comment Stephen King est un jour devenu Stephen King... C'est rassurant parce que dans son parcours, je vois des choses, des indices qui font écho au mien, aussi insignifiant soit-il. 

Alors j'ai réfléchi. De quand pouvait bien dater ma propre passion pour l'écriture? Quels sont les indices que j'aurais dû voir et qui auraient dû me permettre de comprendre plus tôt vers quoi je me dirigeais? 

Du plus loin que je me souvienne, je devais avoir 9 ans la première fois. C'était quelque part entre Noël et le premier janvier. A l'époque, il y avait toujours des vieux Péplums plein de Charlton Heston qui passaient à la télé, à cette période de l'année. Celui dont je parle se passait en Egypte ou en Grèce, mais je serais bien en peine de vous en donner le titre... 
Toujours est-il que j'avais regardé cette histoire avec grand intérêt, en pyjama/robe de chambre, lové sur le canapé du salon entre mon grand-père et mon arrière grand-mère maternels. Dès que le générique de fin est apparu à l'écran, je me suis rué dans les WC pour récupérer quelques cartons de PQ (en ce temps-là, mes parents n'achetaient pas des rouleaux de papier-toilettes, mais des paquets entourés de cellophane et rigidifiés au moyen de deux petits cartons de 10 cm par 15, qui me servaient à faire plein de trucs créatifs autant qu'utiles, comme un bruiteur de mobylette pour mon vélo ou encore de faux étrons, par exemple). 
Et c'est ainsi que, assis à même la moquette et à l'aide de mon meilleur crayon à papier HB, j'ai commencé à retranscrire soigneusement tout le film, du moins tout ce que j'en avais compris avec mon cerveau d'enfant. Dans mes souvenirs, c'était un vrai roman, écrit comme du Vernes ou du Hugo (bien qu'à l'époque, je n'aie sans doute encore pas lu un seul de leurs livres)... J'ai dû remplir une dizaine de cartons, recto-verso de cette vilaine écriture de pattes de mouche dont j'ai le secret. 
Tout fier de moi, je suis allé montrer le fruit de mon travail à mon grand-père, qui somnolait sur le canapé où je l'avais laissé une paire d'heures plus tôt. Celui-ci m'a lancé un regard cotonneux, puis a consenti à feuilleter distraitement mon oeuvre. "C'est très bien tout ça, m'a t-il dit. Mais pourquoi tu n'écris pas une vraie histoire de ton invention?" Je n'ai pas su trouver de réponse. Dans son livre, King, lui, écrit ceci : "l'imitation précède la création" et il avait raison.
Je ne sais pas ce que j'ai fait de ces cartons. Ils ont dû finir à la poubelle un jour de grand rangement. A moins que ma mère ne les ait trouvés et conservés quelque part?

Des années plus tard, toujours à Noël (il me semble), il y a eu l'épisode avec mon copain Eric, puis la rédaction scolaire qui m'ont ouvert les yeux. J'ai déjà raconté ces histoires ici. La même année, je me rappelle avoir participé à un salon du livre à Cognac. J'avais été interviewé par un correspondant local de Sud-Ouest auquel j'avais raconté "mon admiration pour l'intégrale de l'oeuvre de Zola". J'avais tout juste dû lire (et encore : avec quelques difficultés) la quatrième de couverture d'un des volumes de la saga Rougon-Macquart! Quel "grand conteur d'histoires" j'étais, quand même. ^^
Puis, en classe de seconde, j'ai participé au journal de mon lycée qui s'appelait la "Glossolalie" et qu'on vendait 5 francs (un peu moins d'un euro) l'unité dans la cour de récréation, en tant qu'illustrateur d'abord, puis en tant que rédacteur dans un numéro préparé pendant l'année de première mais qui n'est jamais sorti, faute de cohésion et de motivation du reste du groupe. 
Quelques années plus tard, autour de 1995, j'ai contacté le journal du quartier où je vivais (le "Can'Arlacais" à Mérignac Arlac, en banlieue bordelaise) pour y créer un petit personnage emblématique (un canard, en toute logique) ainsi que pour y publier quelques chroniques de bandes dessinées à la rubrique "le bédévore".
Ce n'est que bien plus tard encore, à l'horizon 2000 (j'allais sur mes 30 ans), lorsque j'ai commencé à collaborer au journal Sud-Ouest (édition Béarn et Soule) et à "la semaine du Pays basque" que j'ai enfin compris ce que j'aimais faire, ce que je voulais faire de ma vie. Je voulais raconter des histoires, d'article en portrait, de chronique en compte-rendu. 

La suite, vous la connaissez : j'ai commencé par raconter la mienne (Mauvais berger!) que j'ai rédigée en quelques nuits sur un coin de table. J'ai poursuivi par le premier tome de L'infection, roman fantastique que j'ai travaillé et mûri pendant trois ans et demi, de novembre 2008 à mai 2012. Le tome 2 devait paraître en 2014, mais...
Après des mois de procrastination pendant lesquels j'oscillais entre mauvaise foi, fainéantise et nécessité (bien réelle) de créer une nouvelle vie de famille, j'ai décidé de me remettre à l'écriture de ma trilogie. C'est décidé, je m'y replonge pendant les congés de Noël... J'ai tellement d'autres histoires folles à inventer!!!

mercredi 29 juin 2011

Un peu plus sur Concrete (WA) et les North Cascades…

Hôtel de ville de Concrete (WA)
C’est fou tout ce qu’on trouve sur le web, comme info, quand on veut vraiment investiguer… Je suis toujours sur mes recherches à propos de Concrete (Wa) et la région des North Cascades, et voici ce que j’ai trouvé :

- Un site qui ne parle QUE de la région nord-ouest et montagneuse des US, sous l’angle touristique.
- Un site plus technique sur les forêts de Snoqualmie autour du mont Baker.
- une autre page Flickr sur le Baker Lake et ses alentours.
- Un vidéo montage d’un défilé de vieilles voitures en 2007, en plein Main Street.
- La page Wikipedia sur le Mont Baker, au pied duquel s’étend le lac Baker…
- et enfin (pour le moment)  le journal local, le Concrete Herald nouvelle version, tenu depuis 2009 par Jason Miller.

C’est ce dernier qui m’a donné une photo du centre ville (pas celle qui illustre ce post), très importante pour la suite de mon histoire. Il va me falloir d’autres détails techniques tout aussi importants, comme à quoi ressemble le poste de police local, quels sont les services proposés par l’antenne de la Columbia Bank, s’il y a des moyens de passer inaperçu ou de se mettre à l’affut dans le centre ville…
Evidemment, ce n’est pas pour y organiser un hold-up, mais pour rendre mon récit le plus crédible possible!

Donc je me suis abonné à plein de blogs, de pages facebook, etc., et j’ai frénétiquement arrosé plusieurs personnes de mails de demande d’info entre hier et aujourd’hui (la mairie, la chambre des commerce, le CEO de la banque, le parc national, le Concrete Herald…), et je sais -notamment par Jason Miller- que certains de ces courriels ont déjà fait le tour de la petite communauté. C’est marrant, d’ailleurs : que ce soit ici en Soule où là bas, il y a des choses qui ne changent pas!

Concrete city center map.
N’empêche : je me demande quel genre d’hurluberlu ils doivent penser que je suis! Si ça se trouve, ils ont lancé le FBI à mes trousses, histoire de vérifier que je ne suis pas un maniaque en passe de venir mettre la ville à feu et à sang (lol)? Ou encore, leur légendaire désinvolture toute américaine fait qu’ils s’en foutent comme de leur première chemise, de ce petit français sans gêne et curieux comme une belette (après-tout, je ne suis pas Stephen King)… Au mieux trouvent t-ils mon projet sympa et intéressant (d’autant que je me tue à communiquer exclusivement en anglais) et sont vraiment contents de m’aider.

En tout cas, je peux vous dire que tout ceci est très excitant, et me rappelle en bien des points la période où j’étais correspondant local de presse : les investigations, les interviews, les dessins, les photos, les vidéos et la restitution de l’information. Parfois, j’avoue que ça me manque un peu, surtout la période Euskobizia, puis celle de Territoire Digital, deux supports web qui me permettaient une très grande marge de manœuvre dans le traitement des articles. Je pense que je vais d’ailleurs utiliser ce blog pour republier certains des papiers “intemporels” que j’ai écrits entre 2001 et 2008.

En fait, plus les heures passent, et plus j’aimerais trouver des sponsors (ou des mécènes) qui me paieraient le voyage pour aller là bas, ce qui me permettrait de mener mon enquête comme je l’entendrais… Mais bon, je crois qu’il ne faut pas trop rêver dans la vie!