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dimanche 2 juin 2024

J'AI ADORÉ "DARK MATTER", DE BLAKE CROUCH

Je viens de terminer "Dark Matter", le roman de Blake Crouch, publié aux éditions Gallmeister. Un livre qui me restera en mémoire, aussi profondément ancré que le Replay" de Ken Grimwood. 

Loin de moi l'idée de vouloir vous spoiler : cette histoire parle des choix que nous faisons, des chemins que nous prenons (ou des aléas de la vie que nous subissons) et qui nous transforment et déterminent notre réalité. Ça parle donc de ce qui pourrait (ou pourrait ne pas) être, mais aussi de voyage dimensionnel et de multivers. Autant de sujets qui résonnent en moi et que j'essaye de développer dans mes propres romans, à mon très humble niveau.

"Dark Matter", c'est un thriller fantastique passionnant qui fait réfléchir au sens de la vie, jusqu'au vertige. Ce livre est tellement bon qu'il a été adapté en série, actuellement diffusée sur Amazon Prime.

Sans vouloir me la péter, j'y trouve quelques similitudes narrative avec "Les routes du crépuscule". Mon roman sorti en 2022 met en scène un homme qui tente de "réparer" ses erreurs passées, de sauver son couple brisé, et donc de "reconstruire" sa vie, subitement partie en morceaux. J'y fais également référence aux mondes parallèles. 

Pour terminer, Blake Crouch est l'auteur de la trilogie "Wayward Pines" (aussi adaptée en série, avec Matt Dillon), que je vous conseille également, si vous aimez les histoires avec des milliardaires complètement givrés, fanas d'eugénisme. Gallmeister a aussi publié "Upgrade", du même auteur, disponible en grand format.

dimanche 12 mars 2023

LES TROIS LIVRES QUI ONT CHANGÉ MA VIE !


Dans notre société, actuellement phagocytée, intellectuellement parlant, par les réseaux sociaux, Netflix et la Playstation, on aurait tendance à sous-estimer le pouvoir des livres, voire à carrément oublier leur existence. Pourtant, en ce qui me concerne, l'arrivée de la lecture dans ma vie a été un immense bouleversement. Si je n'avais pas commencé à lire des livres, je n'aurais jamais écrit quoi que ce soit.

Je l'ai déjà dit un peu partout ici, je dois cette passion de la lecture essentiellement à ma mère (et à ma marraine) qui ont lourdement insisté pour que je m'y mette. Mais parmi tous les bouquins que j'ai pu lire depuis que je suis en âge de le faire, il en est trois qui ont été plus que déterminants.

J'aurais pu vous en citer des centaines. Des polars, des romans fantastiques, des romans d'aventure ou de terroir, des classiques ou des romans de gare, mais aussi des mangas, des bandes dessinées ou même des magazines... Mais à un moment donné, il faut bien faire un choix. Alors, quels sont les trois livres qui ont changé ma vie et pourquoi ? 

1/ "Le manoir de l'enfer", de Steve Jackson

Un livre d'horreur dont vous êtes le héros qui m'a donné le goût de lire à une époque où ce n'était pas d'actualité. C'est Florence, l'une des filles de ma marraine qui m'a initié aux livre de rôles lorsque j'avais 14 ans. Je me rappelle très bien qu'elle m'avait prêté "le Labyrinthe de la Mort" de Ian Livingstone tout en m'exhibant le fameux dé à 20 faces utilisé dans les parties de Donjons et Dragons. J'avais trouvé ça tellement génial que je m'y suis mis illico en rentrant à la maison. Certes, ce n'était pas de la très grande littérature, mais j'ai été immédiatement pris par le jeu, le suspense et l'univers développés.
Le concept de ces livres : le récit est divisé en paragraphes numérotés. En fonction des choix que vous faites (vous choisissez le café, allez au n°285 ou le cognac, rendez-vous au n°17 ?) et/ou du tirage que vous obtenez avec trois dés, vous poursuivez l'aventure ou vous mourrez et il faut tout recommencer à zéro. 
Inutile de préciser que j'en ai par la suite dévoré un paquet, de ces livres dont vous êtes le héros. Mais celui qui m'a le plus marqué, c'est bien "le manoir de l'enfer" qui, en plus des points de VIE et D'ENDURANCE, avait la particularité de cumuler des points de PEUR. C'était donc mon premier livre d'épouvante, avec ambiance glauque, zombies, démons, secte sataniste et psychopathes tortionnaires ! J'ai adoré. Ma mère sans doute moins, mais c'était quand même de la lecture et j'y passais des heures...

2/ "La dernière chance", de Robert Newton Peck

Un roman jeunesse d'aventure qui m'a donné le goût de la vie sauvage et encabanée, des grands espaces naturels, de la marche en montagne, de la forêt la nuit, de la solitude, de la contemplation et de l'introspection, etc. C'est de là, je pense, que vient mon "trip survivaliste". En tout état de cause, c'est pour cette raison que j'ai quitté ma Charente natale pour me rapprocher des Pyrénées (à l'origine, je visais l'Ariège, mais les basques m'ont très bien accueilli, alors je suis resté). Et c'est également pour ça que je me suis choisi une maison la plus éloignée possible de la civilisation (tout en ne restant pas trop loin quand même - faut pas déconner). Dès lors, il ne faut pas s'étonner si on retrouve tous ces aspects dans chacun de mes livres.
Je n'ai pas encore décidé si j'intégrerai un de ces éléments dans "Le moment ou jamais", mon prochain roman en cours d'écriture, mais je me dis que si je me pose la question, c'est que c'est plus qu'une probabilité ^^

3) "Replay" de Ken Grimwood.

C'est l'histoire de Jeff, qui meurt à 43 ans d'un arrêt cardiaque au boulot. On pourrait croire que l'histoire va se terminer ici, mais en fait non. Il se réveille dans sa chambre d'étudiant, 25 ans auparavant, en ayant gardé en mémoire sa vie précédente. Il va d'abord essayer de changer le continuum temporel en vain (il ne peut pas empêcher J-F. Kennedy de se faire décalotter le crâne en 1963), puis tenter d'améliorer sa propre vie, jusqu'à ce qu'il atteigne ses 43 ans. Et là rebelote. Il re-meurt, puis revit, puis re-meurt, puis revit encore et ainsi de suite. Sauf que les fois suivantes, il revient à la vie de plus en plus tard et de façon exponentielle. Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, pour ne pas trop divulgâcher, mais outre l'intérêt du prétexte fantastique, notre héros va vivre sa vie de façon différente à chaque fois et rencontrer un autre être comme lui, jusqu'à ce que le moment de sa renaissance se confonde avec celui de sa mort.
L'histoire fait se poser un tas de questions philosophiques sur ce qu'on est au fond de nous, ce qu'on voudrait changer de nos propres vies, ce qu'on revivrait avec plaisir, etc. Ce n'est pas pour rien si c'est également le thème de mon dernier roman "Les routes du crépuscule", primé au salon du livre de Navarrenx 2023.

Voilà pourquoi je chéris particulièrement ces trois livres plus que n'importe quel autre : on retrouve les trois thématiques qu'ils développent (l'épouvante, le gore, le trash - l'aventure et la contemplation de la nature sauvage - le fantastique soft) et un style plutôt "facile à lire" dans toute "mon œuvre" (lol). Même dans la tranche de vie "Mauvais berger !", qui raconte une histoire vraie !

vendredi 18 décembre 2015

22/11/63, de Stephen King, l'un de mes livres préférés.

Ouh! Vivement que cette merdique année 2015 se termine. Quoi que, cette réflexion que je partage avec beaucoup de monde n'est-elle pas un peu vaine? Après tout, qui sait ce qui nous attend pour 2016 et les années suivantes?

Cette petite introduction pour vous parler du temps (celui qui passe ou qui arrive) et d'une chose qui m'a vraiment marqué cette année (hormis le lot de catastrophes que l'on sait), et c'est la lecture de "22/11/63", de Stephen King, que je considère de très loin comme le meilleur livre du King que j'aie pu lire à ce jour (avec "la ligne verte"). Et vous allez voir illico pourquoi!

Le pitch, c'est un gars qui, pour rendre service à un ami mourant, va retourner dans le passé pour tenter d'empêcher le meurtre de John Fitzgerald Kennedy, espérant ainsi changer le monde. Evidemment, il lui arrive tout un tas d'aventures passionnantes en marge du fil principal. Ce roman (assez épais, mais que j'ai lu avec frénésie en quelques jours) m'a pas mal rappelé "Replay", de Ken Grimwood (dont je vous ai déjà parlé ici), qui est aussi l'un de mes livres préférés de tout temps et qui fonctionne également sur le thème du "what if?"

En effet, que ce serait-il passé si on avait neutralisé Lee Harvey Oswald avant qu'il ne descende JFK (si tant est que ce soit bien lui, le meurtrier - le saura-t-on jamais?)?
Ce qui me fait me demander : et que se serait-il passé si on avait tué Hitler avant 1936? Que se serait-il passé si on avait laissé Saddam Hussein tranquille dans son pays? Que se serait-il passé si on avait mis les frères Kouachi hors d'état de nuire en décembre 2014? Avec des "si", on met Paris en bouteille, diront les rigolos...

Plus centré autour de mon petit nombril, que se serait-il passé si, au lieu d'avoir un accident du travail en octobre 92 (à l'époque, je faisais un job d'ouvrier agricole / cueilleur de pommes et je suis tombé d'un arbre, d'une hauteur de 5 mètres), j'étais parti à l'armée le mois suivant comme prévu? Que se serait-il passé si, au lieu de quitter la fac d'anglais pour aller faire mon service militaire, j'étais parti randonner une année aux USA - en Alaska, comme j'en avais eu envie (sans en avoir les moyens, ou plutôt sans être capable de m'en donner les moyens...)? Serais-je mort au "Magic bus", à la place de Chris McCandless, ou est-ce que je l'aurais sauvé?

C'est le thème du destin. Le destin existe t-il? Est-il inamovible? Peut-on lutter, revenir en arrière pour réparer ses erreurs, celles des autres? Et est-ce que si je répare mes erreurs, je ne vais pas en commettre d'autres, plus graves encore? Peut-on empêcher des évènements au retentissement international?

Ces questions me hantent presque chaque jour.
Je ne vais pas dire que je vis dans le regret perpétuel ; je pars du principe que ce qui est fait est fait. Il faut aller de l'avant parce que si on est réaliste et honnête avec soi-même, c'est le seul chemin possible.
Ce que je veux dire, c'est : "si on me donnait la chance de pouvoir revivre ma vie, est-ce que je la vivrais différemment ou est-ce que je suivrais exactement la même ligne? Est-ce que les évènements qui ont jalonné ma vie arriveront quand même, même si les décisions que je prends sont différentes?" On est davantage sur une question d'homme (de quoi est-on vraiment fait - qu'a t-on dans les tripes) que sur une question de science fiction (de paradoxe temporel), vous voyez où je veux en venir?

Bref, voilà pourquoi j'ai adoré ce livre, qui pose toutes ces questions et tant d'autres et essaye de donner des réponses (qui forcément sont fausses, puisqu'il s'agit d'une fiction et qu'il est impossible de voyager dans le temps - pour le moment, du moins). C'est ce genre de livre qui m'inspire et me donne envie d'écrire, moi aussi.

Et pour ceux d'entre vous qui ne lisent pas mais préfèrent l'hypnose télévisuelle, sachez que le livre est adapté en série de 8 épisodes d'une heure réalisés par J.J. Abrams (#StarWars7), avec James Franco dans le rôle principal, série qui sera diffusée à partir du 15 février prochain sur Hulu... Matez le teaser :


jeudi 10 janvier 2013

Le revers de la médaille de la création


Non, mais arrêtez! Je n'ai pas disparu!
Je suis toujours là, quoi...
Comme je l’ai sûrement déjà écrit en filigrane par là, le fait de créer quelque chose (je parle de création artistique, comme l'écriture d'un livre, par exemple) peut avoir des conséquences à fort impact sur la vie quotidienne.

Je m’explique : si j’ai écrit le tome 1 de « L’infection », c’est d’abord parce que ça me faisait envie. 
Ensuite, et je ne vais pas le nier, c’était aussi une forme d’auto-thérapie, censée m’aider à éjecter tout ce qui me polluait l’esprit depuis des années. Je pensais (avec raison) que le fait de sortir de moi et de partager toutes ces pensées qui me hantaient me permettrait d’évoluer, de devenir meilleur. 
Un meilleur père, un meilleur mari, un meilleur ami.

Alors je m’y suis attelé, j’y ai mis toute ma concentration, toute mon énergie, tout mon temps libre. J’ai travaillé très dur pour ce livre. Je suis entré en immersion quasi totale pendant presque trois ans et ma foi, au vu du résultat (et même si ce n’est pas - jamais - absolument parfait), c’était nécessaire. D’une nécessité absolue. 
Cela m’a guéri de certaines angoisses, pulsions dangereuses ; cela m’a redonné de la confiance en moi-même et m’a rendu plus fort.

Mais il y a eu un revers de la médaille, un dommage collatéral et de taille : à trop rester dans mon monde, j’en ai temporairement perdu le sens de la réalité et des priorités. Je me suis laissé vampiriser par le livre pour mieux me soigner, un peu comme le corps qui fait monter sa température pour déclencher son système immunitaire, en cas d’infection, justement… 
A tel point que je n’ai pas vu, ou pas voulu voir, que mon monde (réel - lui) changeait, que mes proches, et plus particulièrement mon épouse, s’éloignaient inéluctablement de moi.

Moi qui justement, avait écrit ce livre pour arranger les choses, n’ai finalement pas réussi à modifier mon destin. Il y a des forces contre lesquelles on ne peut pas lutter. Peu importe le chemin qu’on prend, le résultat est toujours le même.
Ironiquement, ça me rappelle l’excellent livre de Ken Grimwood, « Replay ». Le héros y revit continuellement sa vie et cherche à modifier des évènements importants (comme l’assassinat de J.F. Kennedy, par exemple) pour essayer de rendre le monde meilleur. 
Mais peu importe les moyens qu’il emploie, Kennedy finit invariablement avec une balle dans la tête, à Dallas le 22/11/1963…

Je ne suis pas en train de vous dire que je regrette quoi que ce soit, ni que le livre est la cause de tout.
Je ne regrette rien. J’essaye juste de prendre les choses avec philosophie. Si notre relation s'est dégradée, si on en est arrivé là, c’est que ça ne pouvait pas être autrement. Tôt ou tard, on en serait arrivé au même résultat, de toute façon.
Parfois, on ne peut pas recoller un vase cassé. Il ne reste qu’à jeter les morceaux à la déchetterie et éventuellement à racheter un vase neuf. 
Ou alors, on peut aussi arrêter de cueillir des fleurs… Elles peuvent très bien vivre sans nous.

Ceci dit, il faut maintenant rebondir et se remettre au boulot. Le tome 2 attend avec impatience que je le termine…