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dimanche 12 mars 2023

LES TROIS LIVRES QUI ONT CHANGÉ MA VIE !


Dans notre société, actuellement phagocytée, intellectuellement parlant, par les réseaux sociaux, Netflix et la Playstation, on aurait tendance à sous-estimer le pouvoir des livres, voire à carrément oublier leur existence. Pourtant, en ce qui me concerne, l'arrivée de la lecture dans ma vie a été un immense bouleversement. Si je n'avais pas commencé à lire des livres, je n'aurais jamais écrit quoi que ce soit.

Je l'ai déjà dit un peu partout ici, je dois cette passion de la lecture essentiellement à ma mère (et à ma marraine) qui ont lourdement insisté pour que je m'y mette. Mais parmi tous les bouquins que j'ai pu lire depuis que je suis en âge de le faire, il en est trois qui ont été plus que déterminants.

J'aurais pu vous en citer des centaines. Des polars, des romans fantastiques, des romans d'aventure ou de terroir, des classiques ou des romans de gare, mais aussi des mangas, des bandes dessinées ou même des magazines... Mais à un moment donné, il faut bien faire un choix. Alors, quels sont les trois livres qui ont changé ma vie et pourquoi ? 

1/ "Le manoir de l'enfer", de Steve Jackson

Un livre d'horreur dont vous êtes le héros qui m'a donné le goût de lire à une époque où ce n'était pas d'actualité. C'est Florence, l'une des filles de ma marraine qui m'a initié aux livre de rôles lorsque j'avais 14 ans. Je me rappelle très bien qu'elle m'avait prêté "le Labyrinthe de la Mort" de Ian Livingstone tout en m'exhibant le fameux dé à 20 faces utilisé dans les parties de Donjons et Dragons. J'avais trouvé ça tellement génial que je m'y suis mis illico en rentrant à la maison. Certes, ce n'était pas de la très grande littérature, mais j'ai été immédiatement pris par le jeu, le suspense et l'univers développés.
Le concept de ces livres : le récit est divisé en paragraphes numérotés. En fonction des choix que vous faites (vous choisissez le café, allez au n°285 ou le cognac, rendez-vous au n°17 ?) et/ou du tirage que vous obtenez avec trois dés, vous poursuivez l'aventure ou vous mourrez et il faut tout recommencer à zéro. 
Inutile de préciser que j'en ai par la suite dévoré un paquet, de ces livres dont vous êtes le héros. Mais celui qui m'a le plus marqué, c'est bien "le manoir de l'enfer" qui, en plus des points de VIE et D'ENDURANCE, avait la particularité de cumuler des points de PEUR. C'était donc mon premier livre d'épouvante, avec ambiance glauque, zombies, démons, secte sataniste et psychopathes tortionnaires ! J'ai adoré. Ma mère sans doute moins, mais c'était quand même de la lecture et j'y passais des heures...

2/ "La dernière chance", de Robert Newton Peck

Un roman jeunesse d'aventure qui m'a donné le goût de la vie sauvage et encabanée, des grands espaces naturels, de la marche en montagne, de la forêt la nuit, de la solitude, de la contemplation et de l'introspection, etc. C'est de là, je pense, que vient mon "trip survivaliste". En tout état de cause, c'est pour cette raison que j'ai quitté ma Charente natale pour me rapprocher des Pyrénées (à l'origine, je visais l'Ariège, mais les basques m'ont très bien accueilli, alors je suis resté). Et c'est également pour ça que je me suis choisi une maison la plus éloignée possible de la civilisation (tout en ne restant pas trop loin quand même - faut pas déconner). Dès lors, il ne faut pas s'étonner si on retrouve tous ces aspects dans chacun de mes livres.
Je n'ai pas encore décidé si j'intégrerai un de ces éléments dans "Le moment ou jamais", mon prochain roman en cours d'écriture, mais je me dis que si je me pose la question, c'est que c'est plus qu'une probabilité ^^

3) "Replay" de Ken Grimwood.

C'est l'histoire de Jeff, qui meurt à 43 ans d'un arrêt cardiaque au boulot. On pourrait croire que l'histoire va se terminer ici, mais en fait non. Il se réveille dans sa chambre d'étudiant, 25 ans auparavant, en ayant gardé en mémoire sa vie précédente. Il va d'abord essayer de changer le continuum temporel en vain (il ne peut pas empêcher J-F. Kennedy de se faire décalotter le crâne en 1963), puis tenter d'améliorer sa propre vie, jusqu'à ce qu'il atteigne ses 43 ans. Et là rebelote. Il re-meurt, puis revit, puis re-meurt, puis revit encore et ainsi de suite. Sauf que les fois suivantes, il revient à la vie de plus en plus tard et de façon exponentielle. Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, pour ne pas trop divulgâcher, mais outre l'intérêt du prétexte fantastique, notre héros va vivre sa vie de façon différente à chaque fois et rencontrer un autre être comme lui, jusqu'à ce que le moment de sa renaissance se confonde avec celui de sa mort.
L'histoire fait se poser un tas de questions philosophiques sur ce qu'on est au fond de nous, ce qu'on voudrait changer de nos propres vies, ce qu'on revivrait avec plaisir, etc. Ce n'est pas pour rien si c'est également le thème de mon dernier roman "Les routes du crépuscule", primé au salon du livre de Navarrenx 2023.

Voilà pourquoi je chéris particulièrement ces trois livres plus que n'importe quel autre : on retrouve les trois thématiques qu'ils développent (l'épouvante, le gore, le trash - l'aventure et la contemplation de la nature sauvage - le fantastique soft) et un style plutôt "facile à lire" dans toute "mon œuvre" (lol). Même dans la tranche de vie "Mauvais berger !", qui raconte une histoire vraie !

jeudi 18 mars 2021

La dernière chance, mais ce fut la première, pour moi.

Souvent, j'essaye de me rappeler du pourquoi du comment des choses. Par exemple, pourquoi j'ai toujours été attiré par la Nature, les grands espaces, la montagne, la vie sauvage, la randonnée, la survie, la solitude ? Pourquoi retrouve-t-on ces éléments dans chacun de mes livres ? Est-ce que c'est un inné ou un acquis ? 

Du plus loin que je me souvienne, le détonateur, encore une fois, c'est ma mère. Non qu'elle soit elle-même une grande aventurière, mais c'est elle qui m'a choisi les livres qui m'ont petit à petit amené à ces passions. Le premier de ces livres - bien avant Désert Solitaire (Edward Abbey), Into The wild (John Krakauer), Wild (Cheryl Strayed), Dans les forêts de Sibérie (Sylvain Tesson) ou même le récent Encabanée (Gabrielle Filtau-Chiba), que j'ai lus et relus bien plus tard, parce que ma mère a su me donner le goût de la lecture lorsque je peinais à l'école - c'était La dernière chance, de Robert Newton-Peck. Ce roman jeunesse publié chez Castor Poche Flammarion raconte l'histoire de Collin, un jeune ado indiscipliné que son père envoie dans les montagnes du Vermont, chez un certain Monsieur Kirk, un vieux trappeur solitaire qui lui apprendra les rudiments de la vie et accessoirement à devenir un homme. 

Je me souviens avoir adoré ce roman initiatique et l'avoir lu au moins deux fois. J'en garde un excellent souvenir, alors je me suis dit que j'allais me le racheter et le relire à l'âge adulte, pour voir si c'était si bon que ça. Et verdict : c'est un passionnant roman pour adolescents, malgré quelques faiblesses dans la narration (essentiellement des redondances : "Han, je marche tout seul dans la nuit, perdu dans la neige, avec un fusil très lourd, j'ai peur, je suis fatigué, mais quel exploit ! Je me demande ce que dirait mon ancien prof de sport s'il me voyait aujourd'hui" reformulé au moins 3 fois dans le même chapitre) ou dans le réalisme de l'histoire (le gamin qui fout rien à l'école mais qui se souvient parfaitement d'où se situe l'appendice et de comment y accéder, malgré la fatigue et la panique. Il pense à l’asepsie et à recoudre tout bien comme il faut, comme un vrai petit chirurgien). Je me souvenais vaguement des personnages principaux, du fil conducteur, de l'ambiance générale, mais pas de tout les petits à-côtés. Reste que j'ai quand même passé un bon moment à le relire, ces derniers jours et ça m'a fait comme une madeleine de Proust. Quelque part, je ne peux m'empêcher de penser qu'en m'offrant ce livre, ma mère a semé, sans le vouloir, la petite graine qui a fait que j'ai quitté ma Charente natale pour venir vivre dans les Pyrénées. La rencontre avec mon ex, 11 ans plus tard, et son amour inconditionnel pour l'Ariège n'ont fait que faire germer et pousser la plante.

Est-ce que c'était écrit ? Est-ce que j'avais mon libre arbitre dans tout ce cheminement ? Je n'en sais trop rien et quand j'y pense aujourd'hui, à l'aube de mes cinquante ans, je trouve tout ceci tellement vertigineux que je me force immédiatement à penser à autre chose.
Toujours est-il que mon prochain roman, dont le titre de travail est, je le rappelle, Les routes du crépuscule, se déroulera également en partie dans les Pyrénées, notamment en Ariège mais aussi en Soule. En écrivant ses histoires, un auteur se met à nu et livre tout ce qui est en lui. Je ne déroge pas à cette règle : les montagnes et les forêts souletines coulent dans mes veines et font battre mon coeur depuis 24 ans. Mais en vérité, j'ai presque l'impression que c'est depuis toujours.