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dimanche 2 juin 2024

J'AI ADORÉ "DARK MATTER", DE BLAKE CROUCH

Je viens de terminer "Dark Matter", le roman de Blake Crouch, publié aux éditions Gallmeister. Un livre qui me restera en mémoire, aussi profondément ancré que le Replay" de Ken Grimwood. 

Loin de moi l'idée de vouloir vous spoiler : cette histoire parle des choix que nous faisons, des chemins que nous prenons (ou des aléas de la vie que nous subissons) et qui nous transforment et déterminent notre réalité. Ça parle donc de ce qui pourrait (ou pourrait ne pas) être, mais aussi de voyage dimensionnel et de multivers. Autant de sujets qui résonnent en moi et que j'essaye de développer dans mes propres romans, à mon très humble niveau.

"Dark Matter", c'est un thriller fantastique passionnant qui fait réfléchir au sens de la vie, jusqu'au vertige. Ce livre est tellement bon qu'il a été adapté en série, actuellement diffusée sur Amazon Prime.

Sans vouloir me la péter, j'y trouve quelques similitudes narrative avec "Les routes du crépuscule". Mon roman sorti en 2022 met en scène un homme qui tente de "réparer" ses erreurs passées, de sauver son couple brisé, et donc de "reconstruire" sa vie, subitement partie en morceaux. J'y fais également référence aux mondes parallèles. 

Pour terminer, Blake Crouch est l'auteur de la trilogie "Wayward Pines" (aussi adaptée en série, avec Matt Dillon), que je vous conseille également, si vous aimez les histoires avec des milliardaires complètement givrés, fanas d'eugénisme. Gallmeister a aussi publié "Upgrade", du même auteur, disponible en grand format.

vendredi 18 décembre 2015

22/11/63, de Stephen King, l'un de mes livres préférés.

Ouh! Vivement que cette merdique année 2015 se termine. Quoi que, cette réflexion que je partage avec beaucoup de monde n'est-elle pas un peu vaine? Après tout, qui sait ce qui nous attend pour 2016 et les années suivantes?

Cette petite introduction pour vous parler du temps (celui qui passe ou qui arrive) et d'une chose qui m'a vraiment marqué cette année (hormis le lot de catastrophes que l'on sait), et c'est la lecture de "22/11/63", de Stephen King, que je considère de très loin comme le meilleur livre du King que j'aie pu lire à ce jour (avec "la ligne verte"). Et vous allez voir illico pourquoi!

Le pitch, c'est un gars qui, pour rendre service à un ami mourant, va retourner dans le passé pour tenter d'empêcher le meurtre de John Fitzgerald Kennedy, espérant ainsi changer le monde. Evidemment, il lui arrive tout un tas d'aventures passionnantes en marge du fil principal. Ce roman (assez épais, mais que j'ai lu avec frénésie en quelques jours) m'a pas mal rappelé "Replay", de Ken Grimwood (dont je vous ai déjà parlé ici), qui est aussi l'un de mes livres préférés de tout temps et qui fonctionne également sur le thème du "what if?"

En effet, que ce serait-il passé si on avait neutralisé Lee Harvey Oswald avant qu'il ne descende JFK (si tant est que ce soit bien lui, le meurtrier - le saura-t-on jamais?)?
Ce qui me fait me demander : et que se serait-il passé si on avait tué Hitler avant 1936? Que se serait-il passé si on avait laissé Saddam Hussein tranquille dans son pays? Que se serait-il passé si on avait mis les frères Kouachi hors d'état de nuire en décembre 2014? Avec des "si", on met Paris en bouteille, diront les rigolos...

Plus centré autour de mon petit nombril, que se serait-il passé si, au lieu d'avoir un accident du travail en octobre 92 (à l'époque, je faisais un job d'ouvrier agricole / cueilleur de pommes et je suis tombé d'un arbre, d'une hauteur de 5 mètres), j'étais parti à l'armée le mois suivant comme prévu? Que se serait-il passé si, au lieu de quitter la fac d'anglais pour aller faire mon service militaire, j'étais parti randonner une année aux USA - en Alaska, comme j'en avais eu envie (sans en avoir les moyens, ou plutôt sans être capable de m'en donner les moyens...)? Serais-je mort au "Magic bus", à la place de Chris McCandless, ou est-ce que je l'aurais sauvé?

C'est le thème du destin. Le destin existe t-il? Est-il inamovible? Peut-on lutter, revenir en arrière pour réparer ses erreurs, celles des autres? Et est-ce que si je répare mes erreurs, je ne vais pas en commettre d'autres, plus graves encore? Peut-on empêcher des évènements au retentissement international?

Ces questions me hantent presque chaque jour.
Je ne vais pas dire que je vis dans le regret perpétuel ; je pars du principe que ce qui est fait est fait. Il faut aller de l'avant parce que si on est réaliste et honnête avec soi-même, c'est le seul chemin possible.
Ce que je veux dire, c'est : "si on me donnait la chance de pouvoir revivre ma vie, est-ce que je la vivrais différemment ou est-ce que je suivrais exactement la même ligne? Est-ce que les évènements qui ont jalonné ma vie arriveront quand même, même si les décisions que je prends sont différentes?" On est davantage sur une question d'homme (de quoi est-on vraiment fait - qu'a t-on dans les tripes) que sur une question de science fiction (de paradoxe temporel), vous voyez où je veux en venir?

Bref, voilà pourquoi j'ai adoré ce livre, qui pose toutes ces questions et tant d'autres et essaye de donner des réponses (qui forcément sont fausses, puisqu'il s'agit d'une fiction et qu'il est impossible de voyager dans le temps - pour le moment, du moins). C'est ce genre de livre qui m'inspire et me donne envie d'écrire, moi aussi.

Et pour ceux d'entre vous qui ne lisent pas mais préfèrent l'hypnose télévisuelle, sachez que le livre est adapté en série de 8 épisodes d'une heure réalisés par J.J. Abrams (#StarWars7), avec James Franco dans le rôle principal, série qui sera diffusée à partir du 15 février prochain sur Hulu... Matez le teaser :


jeudi 10 janvier 2013

Le revers de la médaille de la création


Non, mais arrêtez! Je n'ai pas disparu!
Je suis toujours là, quoi...
Comme je l’ai sûrement déjà écrit en filigrane par là, le fait de créer quelque chose (je parle de création artistique, comme l'écriture d'un livre, par exemple) peut avoir des conséquences à fort impact sur la vie quotidienne.

Je m’explique : si j’ai écrit le tome 1 de « L’infection », c’est d’abord parce que ça me faisait envie. 
Ensuite, et je ne vais pas le nier, c’était aussi une forme d’auto-thérapie, censée m’aider à éjecter tout ce qui me polluait l’esprit depuis des années. Je pensais (avec raison) que le fait de sortir de moi et de partager toutes ces pensées qui me hantaient me permettrait d’évoluer, de devenir meilleur. 
Un meilleur père, un meilleur mari, un meilleur ami.

Alors je m’y suis attelé, j’y ai mis toute ma concentration, toute mon énergie, tout mon temps libre. J’ai travaillé très dur pour ce livre. Je suis entré en immersion quasi totale pendant presque trois ans et ma foi, au vu du résultat (et même si ce n’est pas - jamais - absolument parfait), c’était nécessaire. D’une nécessité absolue. 
Cela m’a guéri de certaines angoisses, pulsions dangereuses ; cela m’a redonné de la confiance en moi-même et m’a rendu plus fort.

Mais il y a eu un revers de la médaille, un dommage collatéral et de taille : à trop rester dans mon monde, j’en ai temporairement perdu le sens de la réalité et des priorités. Je me suis laissé vampiriser par le livre pour mieux me soigner, un peu comme le corps qui fait monter sa température pour déclencher son système immunitaire, en cas d’infection, justement… 
A tel point que je n’ai pas vu, ou pas voulu voir, que mon monde (réel - lui) changeait, que mes proches, et plus particulièrement mon épouse, s’éloignaient inéluctablement de moi.

Moi qui justement, avait écrit ce livre pour arranger les choses, n’ai finalement pas réussi à modifier mon destin. Il y a des forces contre lesquelles on ne peut pas lutter. Peu importe le chemin qu’on prend, le résultat est toujours le même.
Ironiquement, ça me rappelle l’excellent livre de Ken Grimwood, « Replay ». Le héros y revit continuellement sa vie et cherche à modifier des évènements importants (comme l’assassinat de J.F. Kennedy, par exemple) pour essayer de rendre le monde meilleur. 
Mais peu importe les moyens qu’il emploie, Kennedy finit invariablement avec une balle dans la tête, à Dallas le 22/11/1963…

Je ne suis pas en train de vous dire que je regrette quoi que ce soit, ni que le livre est la cause de tout.
Je ne regrette rien. J’essaye juste de prendre les choses avec philosophie. Si notre relation s'est dégradée, si on en est arrivé là, c’est que ça ne pouvait pas être autrement. Tôt ou tard, on en serait arrivé au même résultat, de toute façon.
Parfois, on ne peut pas recoller un vase cassé. Il ne reste qu’à jeter les morceaux à la déchetterie et éventuellement à racheter un vase neuf. 
Ou alors, on peut aussi arrêter de cueillir des fleurs… Elles peuvent très bien vivre sans nous.

Ceci dit, il faut maintenant rebondir et se remettre au boulot. Le tome 2 attend avec impatience que je le termine…