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lundi 29 juin 2026

TTUN-TTUN AGUER, PERSONNAGE RECURRENT

Si vous avez lu mes précédents livres, alors vous connaissez Antton Aguer, dit Ttun-ttun. Antton, c’est l’archétype du petit patron local, imbu de pouvoir, et doté d'un égo surdimensionné, méprisant et pourri jusqu’à la moëlle. Un type ne reculant devant aucune exaction pour obtenir ce qu'il convoite et qui n’a qu’un plaisir dans sa vie : tenir celle des autres entre ses doigts.

C’est un entrepreneur autoritaire à la limite de la psychopathie, dont les activités industrielles sont philosophiquement très discutables. C'est également un petit notable de province, un politicien véreux et sans morale qui ne supporte pas la contradiction ou la mise en dérision de sa personne.

Au fond, Ttun-ttun est comme tout le monde. Il voudrait laisser une trace de son passage sur terre et qu’on le considère comme un bienfaiteur (il rêve d’avoir une rue à son nom, mais n’aura que les chiottes publiques) alors qu’en réalité, sa spécialité, c’est la prise illégale d’intérêts, la manipulation des faits, le mensonge, la menace, voire la violence si rien d’autre ne fonctionne.

En fait, sous une croûte superficielle sèche, dure et amère, c’est un faible, un enfant gâté qui veut tout et tout de suite. Je vous l’avoue, je prends un malin plaisir à l’humilier dans mes romans (dans la trilogie L’infection, dans Le Moment ou jamais et, bien entendu, dans Un Cauchemar sans nom –  toujours en précommande ici, à ce jour), au nom cette forme de justice poétique dont je suis friand.

Évidemment, mon Antton Aguer n’existe pas dans la réalité. C’est une caricature absolue. Le réceptacle de toutes les tares que j’ai pu rencontrer dans ma vraie vie professionnelle et personnelle, chez mes congénères (du moins ceux qui jouissent d’une petite autorité, quelle qu’elle soit). Dans ma tête, je trouve qu’il ressemble physiquement à Aimé De Mesmaeker (dans Gaston Lagaffe).

C’est un pratiquant invétéré des sept péchés capitaux (je pense qu’il y en a plus que sept chez Ttun-ttun) qui représente l’humanité dans ce qu’elle a de plus crasse, de plus vulgaire, de plus indigne. C’est un personnage qu’on aime détester tout en le trouvant ridicule. Un genre de polichinelle bête et méchant, mais qui s’ignore.

Vous l'aurez compris, Antton sert de démiurge social contre lequel se débattent mes autres personnages. Il est l’obstacle, la figure d’autorité qu’il faut renverser ou ridiculiser afin de s’émanciper du chaos social, par opposition au chaos narratif que j’invente et décris en parallèle, dans mes romans.

Enfin, si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez précommander à prix d'ami (vous économiserez 5,70€) Un Cauchemar sans nom dès aujourd'hui ! ↴
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mercredi 25 février 2015

Je suis un écrivaillon...

source : http://teespring.com/writer-warning
"Je suis un écrivain. Tout ce que vous pourrez dire ou faire pourra être utilisé dans une histoire..." Cette phrase que j'ai lue dans une pub sur Facebook (reproduite ci-contre) est archi-vraie. Elle l'est pour un géant comme Stephen King (lire ou relire "Écriture, mémoire d'un métier"), elle l'est pour un "microbe" comme moi.

Absolument tout (ou presque) ce qui se trouve dans l'Infection provient de situations que j'ai vécues ou vues, de comportements, de gens, ou de paysages observés. Je n'ai RIEN inventé. 
Ma seule invention, c'est d'avoir compilé toutes ces informations, de les avoir mixées, puis recrachées à ma sauce, c'est à dire en forçant un peu le trait (j'avoue). 

Bon, ce n'est pas de la "caricature" au sens propre du terme. Je n'ai pas écrit ce livre (et les suivants/futurs) dans le but spécifique de me moquer, ou pour que le lecteur rusé essaye de reconnaître des personnes réelles. Comme je l'ai déjà écrit ici, tous mes personnages SONT DES PERSONNAGES. Hormis Niko Etxart auquel je fais allusion dans un passage du tome 1, aucun n'existe pour de vrai. 
Allande et Antton Aguer, par exemple, sont des mix de plusieurs personnes rencontrées à des époques et des lieux différents.
Encore que... Ce ne soit pas exactement des personnes en question dont il s'agisse, mais plus d'une empreinte, une trace que ces gens-là ont laissée dans mon esprit. Une image déformée par mon ressenti personnel (et assumée comme telle), un souvenir plus ou moins altéré par la mémoire, mais qui est forcément réducteur par rapport à la réalité de ces personnes. Réalité que seuls les intéressés peuvent connaître (et encore... se connaît t-on toujours soi-même?).

De fait, ces personnages sont plus des parties de l'auteur qu'autre chose. Et c'est ça, ma grande peur : qu'ils soient tous trop lissés, en définitive. En tout cas assez pour que le lecteur s'aperçoive que chacun d'entre eux n'est en réalité qu'une facette de moi même.