samedi 14 mars 2026

TOUTE RESSEMBLANCE SERAIT-ELLE PUREMENT FORTUITE ? OU PAS...

Depuis que j'ai sorti Mauvais berger !, je dois répondre à chaque fois à la même sempiternelle question : "est-ce que tu racontes encore ton histoire dans ce nouveau livre ?" C'est d'ailleurs souvent les tenants de la presse locale qui la posent, tout friands qu'ils sont de ragots et autres micro scandales susceptibles de faire décoller les ventes. Ma réponse est toujours la même : non, la trilogie L'infection, ce n'est pas une tranche de vie qui raconte l'atmosphère du "placard à boudins" une fois que j'en suis sorti, après avoir assouvi une grosse envie biquotidienne. 

Non, Les Routes du crépuscule, ce n'est pas l'histoire de mon divorce. Je ne suis pas Maxime et Valentine n'est pas mon ex. Non, Le Moment ou jamais ne raconte pas la triste fin de ma grand-mère dans quelque EHPAD miteux. Ce sont toutes des histoires complètement inventées avec des personnages tout aussi inventés. Seul Mauvais berger ! raconte un véritable passage de ma vie, dans de véritables lieux et avec de vraies personnes (dont j'ai changé les noms). 

Il en va de même avec mon nouveau roman : Un Cauchemar sans nom. Le narrateur, personnage principal du roman, n'existe pas dans la réalité ; idem pour Amélie, Karine, Elinor, Misty, "Maman", miss Diamond, Ghislain Haristoy ou Ttun-Ttun Aguer. Tout ce petit monde ainsi que leurs (mes)aventures a entièrement été inventé par votre serviteur. Aucun n'existe dans la vraie vie. Donc inutile d'essayer de deviner qui est qui. La réponse, c'est : personne ! Tout le monde ! Ou alors c'est seulement moi, l'auteur, qui me cache derrière ces prête-noms. 

Comme le dit l'avertissement consacré, imprimé en première page de nombreux livres : "toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence". On croirait entendre Christian Clavier dans "Mes meilleurs copains"Mais je mentirais si je disais que je n'ai pas glissé, ça-et-là dans mes romans, des petits traits de caractère, des particularités physiques, des bouts de dialogues ou des anecdotes croustillantes concernant des personnes que j'ai rencontrées tout au long de ma vie. Bien sûr que oui et pas qu'une fois ! Je pense que tous les romanciers le font. On écrit bien que de ce qu'on connaît.

La différence, c'est qu'il ne s'agit pas de portraits fidèles, mais d'empreintes subtilement laissées par les autres dans mes souvenirs. Empreintes que j'ai ensuite remaniées, additionnées, parfois jusqu'à la caricature, pour mon propre compte. Ces traces, infimes ou anciennes, proviennent soit de gens dont j'ai perdu la trace depuis des années, ou soit ces personnes évoluent toujours dans mon environnement immédiat, dans la temporalité actuelle. Toutefois, le rôle de l'écrivain n'est pas de dénoncer ses contemporains mais de décrire des situations, des comportements qui sonnent justes. Et on les perçoit comme tels parce qu'ils ont été vécus pour de vrai. Et comme ils se déroulent dans un lieu présumé réel (une Mauléon-Licharre et une Soule alternatifs), cela renchérit le doute.

Ensuite, que le lecteur imagine reconnaître untel ou untel entre mes lignes, je considère que c'est une interprétation d'ordre purement subjectif. Si on va par là, tout le monde peut se reconnaître dans un patron odieux, une femme (ou un homme) adultère ou un psychanalyste véreux, dans une fiction. Ces comparaisons n'engagent que celles et ceux qui veulent y croire et c'est tant mieux. Un proverbe dit : "celui qui se sent morveux, qu'il se mouche !"  

Et moi, j'aurais pu exorciser des choses à ma façon, sans violence ni éclat, et sans vexation. 😉

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