Après le boum du Covid, (souvenez-vous : le livre était subitement devenu une denrée essentielle) on dirait que tout le marché est désormais en train de se casser la gueule. Des librairies indépendantes ouvertes il y a à peine 5 ans tirent la sonnette d'alarme et ont recours au crowdfunding pour se refaire une trésorerie, et nos précommandes en ligne ont perdu la moitié de leurs souscripteurs par rapport au début, en 2017. Les rencontres/dédicaces auxquelles nous participons sont systématiquement boudées. Même les espaces culturels qui, d'ordinaire, drainent un monde dingue ne font plus le plein ! Mais qu'est-ce qui se passe ?
GLISSEMENT CULTUREL.
À cela, pas la peine de chercher une raison fallacieuse : "il pleut, les gens ne sortent pas de chez eux", "il faut beau, les gens vont se promener dehors", "dommage, mais il y avait un autre événement culturel à moins de 30 km (SPOILER ALERT : il y en a toujours un)", "tu peux pas test : il y avait un match de foot/rugby à la télé en même temps", "comme par hasard, la date est tombée en même temps que le grand nettoyage de printemps", "on n'a pas idée d'organiser un truc pareil le jour où on fait les courses", bref, il y en a toujours une bonne.
Mais pour moi, il y a trop de faisceaux convergents qui indiquent de manière très claire que les gens ne lisent plus de livres. Pour le coup, il y a plusieurs raisons à cela (fatigue cognitive, perte de pouvoir d'achat, saturation culturelle, vieillissement du lectorat...), mais à mon avis, LE grand coupable, c'est ce putain de smartphone qui est en train de nous rendre tous complètement débiles ! J'en deviendrais (presque) vulgaire...
UN PRÉDATEUR COGNITIF.
Mais en même temps, il suffit de regarder les gens dans la rue, au travail, parfois même en voiture (les cons !) pour comprendre que cet instrument du quotidien est devenu tellement essentiel à nos petites vies. Nous sommes littéralement hypnotisées par les écrans bleus. Nous passons nos journées à scroller et à partager des vidéos de merde dont les trois quarts ont été produites par une IA, si bien qu'on ne sait plus démêler le vrai du faux. On est à la limite de l'orgasme dès qu'on obtient un like et on se ronge les ongles jusqu'au sang lorsque le nombre de vues de nos posts Linkedin n'augmente pas de façon significative. Et quand ce n'est pas ça, nous interrogeons ChatGPT afin de savoir si le baril de pétrole va augmenter ou si Donald Trump a lancé la guerre en Iran pour mieux cacher des fichiers compromettants de l'affaire Epstein... Sans oublier le pouvoir d'addiction de ces nuisibles applis de jeux... Oui, oui, on dirait bien un vieux qui parle !
Certains vont affirmer que j'exagère, que je fais des généralités et que je deviens un vieux con, comme tous ceux qui, en leur temps, accusaient les jeux de rôles, les comics et le Heavy Metal de fabriquer des générations de sauvageons abrutis ou d'extrémistes satanistes. Mais je sais très bien que je suis dans le vrai parce que mon propre cerveau est complètement phagocyté par le smartphone. Cet instrument diabolique est tellement addictif que même le soir, avant de m'endormir, il m'est presque impossible de le lâcher.
Ce n'est pas que je n'aie pas de bons livres sur ma table de chevet, hein ? Pour ça, merci, j'ai tout ce qu'il me faut. J'ai même une étagère remplie de bouquins neufs qui attendent que je les dévore. Mais je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à décrocher de cette saloperie électronique. Une vraie drogue dure. J'en viens presque à espérer que Marrack Obaba balance ses bombes électromagnétiques tout autour du globe afin de couper tous les réseaux (CF ma trilogie L'infection) !
NOTRE RAPPORT AU MONDE A CHANGÉ.
Au départ, le téléphone portable n'était pas une mauvaise invention en soi. Le fait de pouvoir communiquer avec nos proches n'importe quand et où que nous soyons, c'est vraiment génial. Mais le smartphone, tel qu'il existe aujourd'hui, nous vole notre vie, notre temps libre, notre imagination, nos passions, nos désirs, nos amis, nos amours, notre santé mentale. Il fait de nous des esclaves accros à l'égotrip et perméables à la connerie la plus crasse, la plus inutile. Le smartphone est, en quelque sorte, pire que #BeauSmart (CF ma trilogie L'infection, encore). Il fait de nous des zombies déprimés et dépravés. Mais surtout, il nous détourne d'une véritable et infinie source de félicité, de culture et d'enrichissement personnel : la lecture.
Malheureusement, je ne peux que constater que le livre est en train de mourir et ça me fait mal. Et je souffre encore plus quand je réalise que je fais partie intégrante du problème. Pourtant, je continue à écrire et à y croire.

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