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mercredi 11 mars 2026

SUIS-JE LE SEUL À TROUVER QUE LE LIVRE SE CASSE LA FIGURE ?

Voilà un an que je constate que les salons du livres sont de plus en plus désertés. Celui du week-end dernier ne fait malheureusement pas exception. Pour tout vous dire, il y avait plus d'auteurs que de lecteurs !
Après le boum du Covid, (souvenez-vous : le livre était subitement devenu une denrée essentielle) on dirait que tout le marché est désormais en train de se casser la gueule. Des librairies indépendantes ouvertes il y a à peine 5 ans tirent la sonnette d'alarme et ont recours au crowdfunding pour se refaire une trésorerie, et nos précommandes en ligne ont perdu la moitié de leurs souscripteurs par rapport au début, en 2017. Les rencontres/dédicaces auxquelles nous participons sont systématiquement boudées. Même les espaces culturels qui, d'ordinaire, drainent un monde dingue ne font plus le plein ! Mais qu'est-ce qui se passe ? 

GLISSEMENT CULTUREL.

À cela, pas la peine de chercher une raison fallacieuse : "il pleut, les gens ne sortent pas de chez eux", "il faut beau, les gens vont se promener dehors", "dommage, mais il y avait un autre événement culturel à moins de 30 km (SPOILER ALERT : il y en a toujours un)", "tu peux pas test : il y avait un match de foot/rugby à la télé en même temps", "comme par hasard, la date est tombée en même temps que le grand nettoyage de printemps", "on n'a pas idée d'organiser un truc pareil le jour où on fait les courses", bref, il y en a toujours une bonne.
Mais pour moi, il y a trop de faisceaux convergents qui indiquent de manière très claire que les gens ne lisent plus de livres. Pour le coup, il y a plusieurs raisons à cela (fatigue cognitive, perte de pouvoir d'achat, saturation culturelle, vieillissement du lectorat...), mais à mon avis, LE grand coupable, c'est ce putain de smartphone qui est en train de nous rendre tous complètement débiles ! J'en deviendrais (presque) vulgaire...

UN PRÉDATEUR COGNITIF.

Mais en même temps, il suffit de regarder les gens dans la rue, au travail, parfois même en voiture (les cons !) pour comprendre que cet instrument du quotidien est devenu tellement essentiel à nos petites vies. Nous sommes littéralement hypnotisées par les écrans bleus. Nous passons nos journées à scroller et à partager des vidéos de merde dont les trois quarts ont été produites par une IA, si bien qu'on ne sait plus démêler le vrai du faux. On est à la limite de l'orgasme dès qu'on obtient un like et on se ronge les ongles jusqu'au sang lorsque le nombre de vues de nos posts Linkedin n'augmente pas de façon significative. Et quand ce n'est pas ça, nous interrogeons ChatGPT afin de savoir si le baril de pétrole va augmenter ou si Donald Trump a lancé la guerre en Iran pour mieux cacher des fichiers compromettants de l'affaire Epstein... Sans oublier le pouvoir d'addiction de ces nuisibles applis de jeux... Oui, oui, on dirait bien un vieux qui parle !  

Certains vont affirmer que j'exagère, que je fais des généralités et que je deviens un vieux con, comme tous ceux qui, en leur temps, accusaient les jeux de rôles, les comics et le Heavy Metal de fabriquer des générations de sauvageons abrutis ou d'extrémistes satanistes. Mais je sais très bien que je suis dans le vrai parce que mon propre cerveau est complètement phagocyté par le smartphone. Cet instrument diabolique est tellement addictif que même le soir, avant de m'endormir, il m'est presque impossible de le lâcher.
Ce n'est pas que je n'aie pas de bons livres sur ma table de chevet, hein ? Pour ça, merci, j'ai tout ce qu'il me faut. J'ai même une étagère remplie de bouquins neufs qui attendent que je les dévore. Mais je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à décrocher de cette saloperie électronique. Une vraie drogue dure. J'en viens presque à espérer que Marrack Obaba balance ses bombes électromagnétiques tout autour du globe afin de couper tous les réseaux (CF ma trilogie L'infection) ! 

NOTRE RAPPORT AU MONDE A CHANGÉ.

Au départ, le téléphone portable n'était pas une mauvaise invention en soi. Le fait de pouvoir communiquer avec nos proches n'importe quand et où que nous soyons, c'est vraiment génial. Mais le smartphone, tel qu'il existe aujourd'hui, nous vole notre vie, notre temps libre, notre imagination, nos passions, nos désirs, nos amis, nos amours, notre santé mentale. Il fait de nous des esclaves accros à l'égotrip et perméables à la connerie la plus crasse, la plus inutile. Le smartphone est, en quelque sorte, pire que #BeauSmart (CF ma trilogie L'infection, encore). Il fait de nous des zombies déprimés et dépravés. Mais surtout, il nous détourne d'une véritable et infinie source de félicité, de culture et d'enrichissement personnel : la lecture.
Malheureusement, je ne peux que constater que le livre est en train de mourir et ça me fait mal. Et je souffre encore plus quand je réalise que je fais partie intégrante du problème. Pourtant, je continue à écrire et à y croire. 

lundi 19 avril 2021

Pourquoi faut-il lire des livres ?

C'est une question que je me pose, alors que nous sommes tous plus ou moins parasités par nos smartphones, les jeux en réseaux et les séries Netflix. Oui, pourquoi donc lire des livres, alors qu'il y a tellement plus facile à faire ? Tellement plus divertissant ? Lire demande un effort psychologique, de la concentration, du temps disponible, et surtout nous laisse le choix vertigineux de ce qu'on peut lire, tandis que les écrans, eux, nous déversent tout, tout cuit dans le bec sans qu'on ait besoin de se casser la tête : il suffit de se laisser bercer par le défilement des images et le doux ronronnement des bandes sons (des hurlements, des crissements de pneus et des mitrailleuses)...
A quoi ça peut bien servir, de lire des livres (et en particulier les romans) aujourd'hui, à l'heure du tout numérique ? 

1) Lire sert à entraîner votre capacité d'imagination. Contrairement à tous les autres supports, le livre ne fait pas de vous un simple consommateur d'entertainment prémaché, mais un véritable acteur de l'histoire que vous lisez. Vous vivez l'aventure avec les personnages, vous visualisez les décors dans votre tête (chaque lecteur aura sa propre vision de l'oeuvre, en fonction de sa sensibilité), bref, l'auteur vous guide mais vous gardez le libre arbitre pour beaucoup de choses. 

2) Lire améliore votre champ lexical et votre orthographe de manière passive, par l'exemple. 
Lorsque vous écrivez sans faute, lorsque vous savez nuancer et vous exprimer pour être compris par les autres, vous avez fait la moitié du chemin. C'est valable en société comme dans le milieu du travail. Plus vous êtes lettré, mieux vous êtes considéré et pris au sérieux. Plus vous lirez, meilleur vous serez et plus vous trouverez de portes ouvertes. C'est une évidence et j'en suis la preuve vivante : vous allez dire que je me la raconte et que je radote, mais encore une fois, si ma mère ne m'avait pas donné le goût de la lecture dès le plus jeune âge, je ne sais pas ce que je ferais de ma vie aujourd'hui... Sûrement rien de bien folichon. Je n'aurais jamais eu accès aux métiers que j'ai pu exercer depuis que je suis en âge de travailler (et qui m'éclatent) et en tout cas, il est certain que je n'aurais jamais écrit un livre de ma vie.

3) Lire vous donne accès à des idées (scientifiques, philosophiques, spirituelles...) auxquelles vous n'auriez peut-être jamais pensé par vous même. En lisant, on apprend, on se cultive, on picore un peu partout et cela permet de se construire soi-même un bagage culturel, pilier d'une identité propre. 
Et puis lire divertit, mais pas que. Je ne dis pas qu'il faut arrêter de jouer à Grand Theft Auto 5Assassin's Creed ou Cyberpunk ni de regarder The Walking Dead (et LuciferResident AlienThe boysInvincible, etc.), mais il est important de se ménager du temps quotidien pour se poser et lire, pour les raisons évoquées plus haut (et plus bas), mais aussi parce que le livre, à la différence de tous les autres médias, cultive et ouvre l'esprit. Et son champ des possibilités est presque infini.

4) L'offre littéraire est pléthorique, bien plus variée que l'offre télévisuelle. Sans compter qu'une très grande majorité des œuvres numériques, que ce soient des séries ou des jeux (pour ne parler que des plus importantes) sont des dérivés de la littérature dite classique. Il y a donc beaucoup plus de choix au rayon livres qu'au rayon PS5 ou dans les catalogues de Netflix et Amazon TV réunis. 

5) Lire fait travailler toutes vos émotions et remet de l'humain dans nos vies robotisées/lobotomisées par la bagnole, le travail, la société, les factures, les divorces, la maladie, la vieillesse et la mort. Lire, c'est l'antidote au stress et à la peur de vivre. Quand on lit un livre, on se pose, notre cœur ralentit, le poids de la vie s'estompe et on sort complètement de notre quotidien stressant pour un voyage intérieur reposant et d'une grande richesse. Et lorsqu'on repose le livre, on n'a qu'une envie : tout envoyer balader pour s'y replonger au plus vite !

6) On l'a vu avec les années Covid-19, lire des livres, c'est tout ce qui nous restera quand il n'y aura plus rien. Je vous laisse méditer sur cette phrase qu'André Cazetien m'avait soufflée à l'oreille lors d'un salon du livre à Navarrenx, il y a quelques années.

Il y a sûrement d'autres très bonnes raisons pour lire un livre et que je n'ai pas citées ici. Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à les mentionner en commentaires ! Et si vous ne connaissez pas encore Astobelarra - Le Grand Chardon, notre petite maison d'édition souletine qui publie des auteurs locaux (du grand Sud-Ouest) et qui distribue directement du producteur au consommateur, allez faire un tour dans sa boutique en ligne. Nul doute que vous y trouverez votre bonheur pour les prochaines années !