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lundi 27 janvier 2014

Mon ami Dahmer...

Mon ami Dahmer - Derf Backderf
Comme vous devez le savoir si vous lisez ce blog, je me documente énormément en ce moment sur le sujet intarissable des tueurs en série dans le cadre du tome 2 de L'infection, puisque l'un de mes personnages principaux, Gros-Sam Bonini, en est un (et un bon!). C'est un type un peu atypique et j'ai vraiment besoin de le rendre le plus crédible possible. Donc toute la bibliographie (ou presque) de Bourgoin y est passée, et je lis (et visionne) tout ce qui a un rapport - de près ou de loin - avec mon sujet. 

Or, si je trouve le parcours d'un Ed Kemper plutôt intéressant (quoi qu'assez classique - pour un serial killer), ou celui d'un Albert Fish carrément déstabilisant (il défie vraiment les lois de l'imaginaire, ce gars...), c'est surtout celui de Jeffrey Dahmer (le cannibale de Milwaukee) qui m'inspire le plus. Certainement parce que j'étais là-bas à l'époque où il sévissait (Pâques 1990) et que j'ai visité la chocolaterie Ambrosia, où il travaillait (peut-être même l'ai-je croisé ce jour-là, qui sait)?

Ce qui est particulièrement intéressant, chez Dahmer, contrairement à tout un tas d'autres meurtriers en série de son espèce (comme Ted Bundy, par exemple), c'est que dès qu'il a été arrêté, il a tout avoué, sans mentir, sans en rajouter et sans se vanter ; ce simple fait le rendant (presque) sympathique... (Je rappelle que Jeffrey Dahmer a tué 17 personnes - je ne vais pas plus loin dans les descriptions, je vous laisse le soin de vous documenter sur le bonhomme - avant d'être arrêté en juillet 1991 et a fini par être assassiné par un codétenu en prison, en novembre 1994).

Et puis il y a eu foison de reportages ou d'écrits sur sa vie, son "œuvre", beaucoup de matière où puiser, donc. Le dernier document en date est une bande dessinée intitulée Mon ami Dahmer, par Derf Backderf (éditions ça-et-là), qui est un ancien camarade de classe du psychopathe. Il y décrit la jeunesse de Dahmer (de son point de vue et en se fiant à des témoignages du Serial Killer himself ou de proches, d'anciens profs, de journalistes locaux, etc.), avant qu'il ne devienne le monstre que l'on sait. Ce livre est un vrai chef d’œuvre et l'on sent parfaitement que l'auteur a été marqué en profondeur par cette "proximité" avec Dahmer. Le regard vide du personnage central est en effet vraiment effrayant. On sent la confusion et la peur qu'il inspirait à Backderf...

Il faut considérer cet excellent livre (en sélection officielle au festival de la bande dessinée d'Angoulème 2014) comme un exercice cathartique, un exorcisme très réussi plutôt qu'une ultime tentative voyeuriste de faire du fric sur le dos de celui que les américains ont parfois coutume de surnommer "le pire serial killer de tous les temps".
Je vous conseille donc de l'acheter et de "le dévorer", sans plus tarder!

mardi 16 avril 2013

Et encore des tueurs en série!

En ce moment, je continue mes recherches sur les tueurs en série, car l'un de mes personnages principaux dans le tome 2 de L'infection en est un (et je ne parle pas de Beau Smart, qui serait plus un tueur de masse).
Je sais que j'ai moi même des idées un peu morbides, parfois, mais il y a deux choses que je n'ai pas en commun avec ce type de citoyen : et c'est une conscience et un don d'empathie très prononcé que ça en devient même une malédiction, par moments.
En bref : je ne suis pas un serial killer. Et donc, pour rendre mon personnage le plus crédible possible, j'ai besoin de me documenter, au même titre que j'ai éprouvé le besoin de le faire lorsque j'ai commencé à aborder des aspects scientifiques pour le volume 1 de ma trilogie.

Et dans le domaine des tueurs déjantés, qui mieux que Stéphane Bourgoin pouvait me donner de la matière? Je viens d'acheter (et de dévorer, lol) son petit dernier, "999 ans de serial killers" paru chez Ring. A l'intérieur, 365 portraits de tueurs en série existant ou ayant existé (1 par jour) qui permettent d'avoir une vision globale des fantasmes glauques et des dérapages de ces monstres bien réel.
Âmes sensibles : s'abstenir, car comme toujours dans les livres de Bourgoin, on est sur du glauquissime, du très cru, des choses relativement difficiles à supporter. Au sortir de cet inventaire (qu'on subodore non exhaustif), on a la sinistre impression que tout un chacun peut un jour croiser la route d'un de ces tristes personnages, car il y en a potentiellement à tous les coins de rue... 
C'est vraiment effrayant, souvent écœurant même, mais c'est un documentaire de très grande valeur (à mes yeux, du moins). Grâce à lui, je peux affiner très nettement les lignes de caractère de Gros-Sam Bonini, le rendre beaucoup plus vraisemblable et terrifiant. 

Je viens donc de commencer un nouveau livre, toujours dans la même veine. Ce coup-ci, c'est "Dans la peau de Luka Magnotta, le Web Killer" de Karl Zéro (Ed. Fayard). C'est une œuvre fictionnelle basée sur la vie (bien réelle, pour le coup) de celui que la presse à scandales a tôt fait de surnommer "le dépeceur de Montréal", et qui a publié en ligne une vidéo abominable de lui-même en pleine action.
Je n'en suis qu'au début, mais c'est vraiment passionnant. L'auteur écrit à la première personne du singulier, comme s'il était le tueur lui-même, ce qui met un petit peu mal à l'aise. 
Là où le parcours de Luka Magnotta m'intéressait, c'est qu'il a énormément de similitudes avec celui de Gros-Sam. Comme quoi, je n'ai rien inventé, même si la création de mon personnage - tel qu'il est aujourd'hui - est antérieure (7 juillet 2011) aux actes de barbarie médiatisés à outrance de Magnotta (25 mai 2012)... 
Comme lui, il ne vit que grâce à Internet, il vient du Québec, il est mégalomane, mythomane et très "dérangé", c'est un tueur en série en puissance (on arrêté Magnotta avant qu'il ne tue plus d'une victime). La différence, c'est que mon serial killer n'est pas tout seul et qu'il a un petit plus, qui le rend virtuellement insaisissable.
Je ne vous en dis pas plus, mais c'est l'outil indispensable à sa fonction, que seul le cadre d'un roman fantastique pouvait autoriser. Fort heureusement pour nous tous, dirais-je... ;-)

dimanche 7 avril 2013

Fake humans, real robots and serial killers!

Je voudrais vous parler de deux séries TV que j'ai particulièrement appréciées ces dernières semaines. Eh oui, j'ai un peu de retard à rattraper dans le domaine, on va dire, et comme j'ai beaucoup de mal à me concentrer pour écrire et que - en ce moment du moins - j'évite par tous les moyens de sortir de chez moi sans une bonne raison, je lis énormément et je regarde des séries ;-)
La première, c'est "Real Humans" ("Akta Manniskor" en suédois), qui est actuellement diffusée sur Arte (et rediffusée sur Arte Replay). Cette histoire d'androïdes flippants qui se rebellent contre leurs créateurs ne pouvait que me plaire, d'autant qu'un des personnages (un robot qui évolue au contact des humains) s'appelle "Beau", et une des héroïnes s'appelle "Matilda"! Et les similitudes ne s'arrêtent pas là, mais je ne vais pas vous spoiler davantage. En dehors de ça, je trouve l'image très "nordique" (au sens positif du terme : lumineuse, claire, propre). Les personnages (humains comme robots) sont assez attachants, les idées philosophiques et sociétales bien abordées, tandis que le suspense est plutôt prenant, même si par moment ça peut être assez statique. Il y a aussi quelques petites "erreurs scénaristiques" à mon sens. Rien de rédhibitoire, mais il fallait le noter.

La seconde, c'est "Dexter", l'histoire d'un serial killer qui tue des serial killers. Une série palpitante et jubilatoire en 8 saisons (la huitième, prévue pour l'an prochain, est censée être la dernière), truffée de cliffhangers et de rebondissements inattendus. Là aussi il y a parfois quelques longueurs, quelques petites invraisemblances, mais c'est de la fiction, alors ne soyons pas trop exigeant!
La perfection n'existe pas en la matière : même "Twin Peaks", l'une des toutes premières séries du genre (et ma référence ultime) a ses propres failles et incohérences.


En tout cas, ces deux séries constituent une bonne base documentaire pour le tome 2 de ma trilogie, puisqu'on va y trouver une palanquée de "robots fous" ainsi qu'un serial killer insaisissable...

mercredi 19 septembre 2012

Illusions perdues...

En l'an 2000, j'écrivais des textes en prose sur le vieux PC (sous Windows 3.1, lol) que m'avait refilé mon père. J'étais particulièrement fier de celui là, "Illusions perdues", qui était une projection des pensées du personnage de Gros-Sam, dans la BD que nous devions réaliser, mon copain Pascal Mercier et moi-même (un jour?). Pour tout dire, j'avais l'intention de placer cette tirade au moment du jugement du bonhomme, tout à la fin de la BD. 

Aujourd'hui, lorsque je le relis, je rigole doucement. En même temps, le fond de l'idée développée n'a pas changé. Dans "L'infection T2 : Pandémie", Gros-Sam Bonini pense exactement comme ça. 
Alors pour la nostalgie, pour le fun, je vous le publie tel quel ci-dessous :
 
Au dehors, il n'y a rien...
Rien... Tout n'est qu'illusion,
création virtuelle de mon inconscient
pour rassurer ma solitude.
J'ai créé ce monde fictif de toutes pièces, sans le savoir, et sans contrôle.
Je suis le grand tout, unique, original, indivisible et pourtant si impuissant.
Peur, douleur, haine, bonté,
sexe, amour, gloire et beauté :
de foutus mensonges éhontés.
Ma chair, les sens,
l'histoire, la science,
la vie, le béton,
les hommes, les avions :
du vide, du vent que mon esprit aliéné façonne afin de justifier son existence...
Quelle importance que j'aie massacré,
détruit, pillé, violé, ASSAINI et purifié
cet ersatz d'univers préfabriqué
où la culpabilité ne représente qu'un mot,
un garde-fou du conscient
sans valeur réelle ?
Je suis jugé par mes pairs ?
par qui, par quoi ?
Je n’ai tué que des images.
Innocence ? Mais qu'est-ce que l'innocence dans ce non-sens ?
Un mot de plus, crée pour camoufler à la conscience l'horrible vérité...
La chaise électrique ? La porte de sortie,
mais aussi la fin du monde.
 
Le néant, omniprésent
et infini. Que du blanc...
Misérables et malheureux mortels,
en me condamnant vous signez votre génocide...

Du blanc, rien que du blanc...

mercredi 1 août 2012

Dans la planque du tueur…

Quand on écrit un livre, tout peut servir d’idée. Du comportement des gens qu’on fréquente aux lieux dans lesquels on se rend, tout peut être à la base d’une inspiration, à partir de laquelle on brode les mots. Ceux qui ont lu Contage et qui me connaissent, ou connaissent mon environnement l’auront certainement remarqué.
Je fonctionne énormément au ressenti, à l’intuition. Si je n’écris pas tous les jours (c’est le cas ces dernières semaines), je gamberge beaucoup : ça parle tout le temps dans ma tête. N’allez pas croire que je suis fou. C’est le procédé normal de création chez moi. La moindre anecdote peut me servir.
Par exemple, j’ai découvert ça cet été, sur l’île d’Oléron :

Dans la planque du tueur en série...
C’est une caravane abandonnée dans un terrain arboré qui jouxte notre camping et donne directement sur les sanitaires. Les fenêtres sont cassées et elle est ouverte aux quatre vents. Elle a un petit côté lugubre, et je disais à mon épouse que si j’étais un tueur en série en cavale, je pense que je choisirais un endroit pareil pour me planquer quelques temps. Ou pour observer mes futures victimes ;-)
Du coup, j’ai bien envie de réutiliser cette idée pour le tome 3 de L’infection. Eh oui, j’y pense déjà, alors que le 2 est à peine commencé! Il faut bien, si je veux garder une cohérence entre les trois volumes!

dimanche 16 octobre 2011

L’été à Concrete, l’hiver à Coyote Wells…

Dans le tome 2 de L’infection, Nathalie Kay passe l’été dans les montagnes à proximité de Concrete (Wa), et l’hiver sur les pistes ensablées de Coyote Wells (Ca). Je fais allusion à cet endroit dans le texte que je suis en train d’écrire, et qui se situe à peu près à la moitié de Pandémie.

Coyote Wells (Ca)
Pourquoi j’ai choisi cette ville? Eh bien il me faillait un lieu désertique, loin de la population et proche de la frontière mexicaine. Donc comme d’habitude : un petit coup de Google Maps, et en suivant la Highway 8 depuis la côte, je suis tombé sur ce bled perdu au nom si typique. Donc voilà l’histoire!
Oui, Ce n’est pas parce que ce passage de l’histoire se trouve à la moitié du roman que j’en suis déjà là, hein ? En fait, en attendant les réponses des éditeurs, comme je n’arrivais pas à me motiver pour recommencer à écrire le tome 2, je me suis mis à écrire un passage qui me faisait envie. J’ai écrit 4 pages ce week-end. Ce n’est pas beaucoup, mais je n’ai pas fait que ça, je vous rassure ;-)

mardi 6 septembre 2011

“Dans la tête du tueur” et du profileur…

Toujours dans ma quête d’approfondir mon sujet au maximum, et après avoir dévoré (pour ne pas dire “cannibalisé” lol) le livre noir de Stéphane Bourgoin cet été, je me suis dit qu’il pourrait être pas mal d’observer le phénomène des Serial Killers du point de vue de l’enquêteur.
Ce livre de Jean-François Abgrall, ancien de la section de recherches de la Gendarmerie Nationale, retrace le parcours de Francis Heaulme, “le routard du crime“, et la longue enquête (qui s’étale sur plusieurs années) pour le traquer et qui a finalement abouti par la mise sous les verrous du tueur (qui on l’espère : y restera jusqu’à la fin de sa vie).
L’intérêt du livre réside dans la description détaillée et méthodique de l’enquête menée par l’auteur, mais aussi et surtout dans la façon dont sa hiérarchie de l’époque lui a mis les bâtons dans les roues, permettant du même coup à Heaulme de passer au travers des mailles du filet, voire même de manipuler et  narguer ses poursuivants.
Je ne sais pas si un tueur en série d’aujourd’hui bénéficierait des mêmes facilités pour poursuivre tranquillement ses activités, car les méthodes de profilage, le partage des données et l’expérience des policiers ont sensiblement évolué depuis. Ce livre est néanmoins un témoignage capital pour comprendre tous les rouages d’une affaire criminelle de ce type, et effectivement, ce qui se passe dans la tête du tueur et de l’enquêteur…
A priori, après lecture, je peux affirmer que Heaulme n’était pas un tueur du même calibre que Jeffrey Dahmer (Le cannibale de Milwaukee), le couple Ottis Toole et Henry Lee Lucas, Albert De Salvo (l’étrangleur de Boston), Ed Kemper (l’ogre de Santa Cruz), ou même l’un des pires monstres qui ait jamais existé : Albert Fish. Ses pulsions étaient d’un autre ordre, du genre incontrôlables et non-organisées. Il ne partait pas en chasse, contrairement aux autres : il n’y avait pas spécifiquement de préméditation. “La mouche” le prenait plus ou moins au dépourvu, et il utilisait les moyens du bord (caillou, Opinel) pour accomplir ses actes de violence et ses meurtres.
Un téléfilm très intéressant réalisé en 2004 (avec Thierry Frémont -à contre emploi, mais carrément effrayant dans le rôle de Heaulme- et Bernard Giraudeau -égal à lui même dans le rôle de l’enquêteur-) interprète ce livre en images.
* * * * *

Le site Tueursenserie.org répertorie un très grand nombre de ces meurtriers qui défrayent régulièrement la chronique. Pour les besoins de construction de mon personnage (Gros-Sam Bonini), j’ai lu une grande quantité de ces biographies à dresser les cheveux sur la tête. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il n’y a pas de profil type, et pas de modus operandi plus affectionné qu’un autre. Certains d’entre eux sont insoupçonnables, ont une vie sociale (souvent de façade), sont mariés et/ou ont des enfants (A. Fish, Peter Kürten ou John Wayne Gacy); d’autres sont des célibataires, solitaires et noctambules (J. Dahmer, E. Kemper), d’autres vivent ensemble et tuent à deux (O. Toole et H.L.Lucas). N’importe qui, en fonction de son éducation, de son expérience de la vie, de sa personnalité intrinsèque et de son environnement peut un jour déraper et devenir un tueur en série.
Dans “Pandémie”,  le tome 2 de L’infection, ce sera le cas de Gros-Sam Bonini.

samedi 23 juillet 2011

Les tueurs en série : un sujet qui m’interpelle depuis… Mon adolescence!

Le scénario de Attention plutons! Collector!
Ceux qui découvrent ce blog aujourd’hui doivent se demander quel genre de cinglé le tient. C’est vrai, mes préoccupations sont bizarres, j’ai souvent un double langage (je navigue constamment entre l’écolo de base et l’adepte des TIC), je parle de meurtres au premier degré, de mondes virtuels délirants, de zombies, de trous noirs… J’écoute des musiques qui donneraient la diarrhée à n’importe quel quidam à peu près normal… Mais vous savez quoi? Aussi loin que ma mémoire remonte, j’ai toujours été plus ou moins comme ça, à aimer les sujets un peu glauques. C’est mon truc.
En même temps, je n’ai encore jamais tué personne, et je ne jouis pas lorsque je tombe sur un article de presse qui raconte les dernières péripéties d’un maniaque en liberté…
Donc pas de panique ;-)

Je me rappelle au lycée, déjà, j’étais fasciné par Freddy Krueger et Norman Bates. Il me plaisait de terroriser les filles de ma classe (un prêté pour un rendu, après toutes les ignominies subies depuis le collège), de me montrer sous un jour déroutant, inquiétant, de leur faire croire que j’avais des penchants sadiques et suicidaires affirmés. J’avoue que, par contre, ça c’était jouissif… ça m’a valu de rester puceau longtemps, mais au moins, j’avais une compensation (heh heh).

Bien avant ça, lorsque j’ai monté le club BD du Lycée Jean Monnet (Cognac) avec mon camarade de classe de l’époque, Sylvain Pillet, mes premiers scenarii abordaient déjà le thème inépuisable des tueurs en série, des meurtres horribles et du Gore. Le tout premier que j’aie écrit dans cette veine (en 1988 et destiné à être dessiné en 20 planches) s’appelait “Attention Pluton!” (lol). Il racontait l’histoire de Jock, un métis meurtrier (mi-homme, mi-plutonien) qui s’amusait à assassiner les gens en leur plantant un burin dans le crâne avec un marteau… Ce serait trop long à expliquer, mais au départ, son geste était motivé par une expérience scientifique entamée par son père plutonien (mort 10 ans plus tôt), dans le but de fabriquer une machine à faire éclater les têtes à distance, afin de détruire la population humaine (tiens, ça aussi je l’avais déjà en tête à l’époque), ceci avec l’espoir de coloniser la planète, à terme. En théorie, seule une dizaine de sujets différents auraient suffit; mais lorsque Jock a entendu le craquement sinistre de la première fracture du crâne au moment où il a frappé, il est devenu fou : ce bruit est devenu son calmant, sa drogue…
Je n’ai jamais dessiné cette histoire un peu trop bancale, mais j’ai gardé quelques idées, au cas où…

J'avais même fait le découpage des vignettes!

L’année du bac, je faisais option dessin (au cas où ça m’aurait rapporté des points pour contrebalancer les caisses en philo, en histoire-géo et en maths, que j’étais certain d’obtenir). Le jour de l’examen, le sujet très déroutant ne m’a pas inspiré plus que ça : “dessinez la boutique de vos rêves…“.
A deux pas de moi, je voyais Coline Ordonnaud (une de mes camarades de classe, je crois bien que c’était elle) qui griffonnait avec passion et frénésie sur sa feuille de canson A3. D’autres avaient l’air plus ou moins inspirés. Mais moi, franchement, à l’époque, je n’avais aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir produire! Je ne me rappelle plus combien de temps on avait pour venir à bout de cette épreuve, mais je crois que c’était 3 heures, pas plus. Au bout d’une heure et demie à rêver, j’ai eu une illumination : Mais oui! Je vais faire une boutique des horreurs! Celle d’un psychopathe qui vendrait les têtes coupées et embaumées de ses victimes, plantées sur des piquets dans des jardinières! Au fond de la boutique, il y aurait une porte blindée avec un gros hublot derrière lequel brûlerait un brasier infernal! Oh oui, oh oui! Comment ça pourrait être cool!
J’ai donc fait le décor avec de l’encre de chine très diluée à l’eau et une éponge, pour donner une texture de béton (Concrete, lol) aux murs de l’échoppe, et j’ai dessiné (au Rotring) puis découpé et collé les produits en vente sur des étagères grossièrement stylisées au fusain à même le fond. Malheureusement, comme j’avais perdu du temps à rêvasser, je n’ai pas eu le loisir de finir mon chef-d’œuvre morbide.
Verdict : 5/20 (quand même, lol)!

Deux années plus tard, lorsque j’étais en deuxième année de fac crise d’adolescence attardée, j’ai fait un rêve bizarre. D’ailleurs une grande partie de mes idées proviennent de mes rêves (alcoolisés, caféinés, ou juste “naturels”…). Dans celui-ci, il y avait un personnage terrifiant (un genre de monstre cannibale) qui pouvait dématérialiser son corps et se déplacer sous la forme d’un gros papillon violet. Ce fut les premières bases d’un gros projet de scénario appelé “Doc Mortem“, dans lequel j’avais réussi à embringuer mon ami d’enfance Pascal Mercier en tant que co-scénariste et co-dessinateur. Le fil conducteur de l’histoire était plutôt dans la veine fantastique (je crois que j’ai gardé un paquet de dessins originaux de l’époque, dont certains sont publiés ici), mais tirait aussi sur le thriller avec slasher, car j’avais rajouté un second rôle important, sensé dérouter les enquêteurs. C’était la première version de Gros-Sam Bonini (il me semble que j’ai déjà abordé ce sujet précédemment, donc je ne vais pas radoter).
Comme le précédent, ce projet n’a pas abouti, mais j’ai gardé les idées pour une autre fois (qui serait la bonne).

Et bien m’en a pris. 20 ans plus tard, après un rêve délirant, naissaient dans mon esprit les premiers rushes de la trilogie L’infection, dont le tome 1, Contage, est “prêt à imprimer”, et le second, Pandémie, bien avancé, est en cours de création…

jeudi 21 juillet 2011

Recette du parfait petit tueur en série!

Toujours dans le but de rendre mon récit le plus crédible possible, je me documente sur tous les sujets que je vais aborder. Notamment ceux -techniques- qui ne souffrent pas la médiocrité. L’un des thèmes dont je vais abondamment parler dans le tome 2 de L’infection, c’est celui du tueur en série (à ne pas confondre avec le tueur de masse, autre sujet très intéressant dont je vous entretiendrai ultérieurement). Je ne peux pas me contenter des idées reçues en la matière. Il me faut l’avis d’un professionnel. Je ne vais quand même pas pousser jusqu’à aller cuisiner Ed Kemper dans sa cellule à la prison d’état de Vacaville (CA), mais “si tu ne veux pas parler à Dieu, adresse-toi plutôt à ses saints“, aurais-je envie de détourner ;-) 

J’ai donc décidé de (re)lire l’excellent documentaire de Stéphane Bourgoin le livre noir des serial killers, afin de mieux comprendre le fonctionnement interne de ces prédateurs sociopathes; sachant pertinemment que -s’il y a effectivement des points communs et des modus operandi récurrents entre chacun des six cas étudiés en profondeur dans le livre- il n’y a pas de recette miracle pour faire “un bon” tueur en série.  Il faut bien se dire qu’avec ce genre de personnage, tout (ou presque) est possible…

Tout ça pour dire que ce livre ne contredit absolument pas l’idée que je m’étais faite de Gros-Sam Bonini, bien au contraire. Je vais même pouvoir peaufiner certains aspect psychologiques de cet anti-héros, qui restaient jusqu’alors encore un peu flous dans ma tête.  Je précise, pour ceux qui auraient eux aussi envie de lire ce livre carrément “possédé” et passionnant, qu’il n’est vraiment pas à mettre entre toutes mains!
Mieux vaut être un minimum équilibré. Un homme averti en vaut deux, il parait…

jeudi 7 juillet 2011

Premier extrait de “L’infection Tome 2, Pandémie”…

ATTENTION : Spoiler!
Voici un petit état de travail du premier chapitre de Pandémie, le tome 2 de L’infection. Je pense que ça peut vous plaire… 
EDIT 29/9/2012 : Ce texte sera modifié car il a été écrit à une époque où le tome 1 se terminait différemment. Il n'est donc plus compatible avec la version publiée. Il va néanmoins vous donner quelques pistes pour le tome 2.
 
Bonne lecture quand même!

Bienvenue sur le blog de Gros-Sam Bonini…

Posté le 23/4/2012
J’ai toujours rêvé de m’appeler Samuel. Je trouve que le diminutif “Sam” a de la gueule. C’est un prénom de super-héros, vous ne trouvez pas? Mes parents ont préféré Eddie, comme la mascotte zombie du groupe de Hard-Rock Iron Maiden. Allez savoir comment ça a pu leur venir à l’esprit…
Je suis né à Gatineau, au Québec, pile à la frontière avec le canada anglophone, juste à côté de la capitale Ottawa, d’où vient mon paternel. Ce qui explique mon patronyme à consonances anglaises, que je ne vous citerai pas ici, par soucis de préserver mon anonymat. En attendant, vous pouvez toujours m’appeler Gros-Sam Bonini, de mon nom d’avatar Second Life. Grâce à cet univers virtuel, j’ai découvert que je pouvais m’adonner à tous mes fantasmes, et notamment à la satisfaction de pouvoir enfin prendre ma revanche sur l’humanité…

En 2009, j’ai été contacté par une intelligence artificielle vivant dans SL. Ou plutôt dans une SIM parallèle à SL appelée Infection. Cette entité nommée Beau Smart m’a offert de réaliser mon plus grand rêve : celui de devenir une personne importante, incontournable.  Elle attirait d’autres avatars tandis que moi, j’étais chargé d’opérer une gigantesque chasse à l’homme au sein de l’île virtuelle qu’elle administrait. Je collectionnais les têtes de mes victimes comme trophées et j’en avais exactement 37, plantées sur des piquets dans des jardinières exposées dans mon QG secret. J’ai pris un plaisir phénoménal à cette expérience inédite pendant des semaines, et je suis même devenu un expert en la matière. Jusqu’au jour où un certain Anthony Marshall est arrivé sur la SIM.
J’ai bien failli le couper en morceau dès que je suis tombé dessus la première fois, mais ma connexion pourrie de l’époque m’a éjectée et il m’a échappé. Quelques jours plus tard, Beau Smart m’a rappelé pour me demander de terminer le boulot. Mais ce coup-ci, Anthony Marshall avait prévu le coup et m’a forcé à le poursuivre dans une ruelle où il avait tendu un guet-apens, rien que pour moi. Résultat : je me suis fait bouffer par une horde de putréfiés qui traînait dans les parages, et mon avatar, mort, a été éjecté d’Infection.

Depuis, j’ai appris par la presse que Beau Smart avait été pourchassé et liquidé par Linden Lab, et ma vie est ensuite redevenue morne, terne, insipide… Je n’ai pas de travail, aucune formation; je ne suis pas marié, je n’ai pas d’enfants et plus aucune attache. Je me suis rendu compte que je ne pourrais plus vivre sans les sensations exquises que j’ai éprouvées sur Infection, et qui me donnaient une véritable raison d’être. Alors, comme tout est bridé sur le Second Life classique, j’ai décidé de poursuivre mon œuvre dans… le monde réel.
Vous savez, j’ai tout juste 18 ans, mais je n’ai pas eu une vie facile. Mes géniteurs sont de parfaits alcooliques vivant aux crochets de la société, habitués des hôpitaux psychiatriques et des cellules de dégrisement, et moi… Ben je ne suis pas bon à grand chose non plus. Je n’ai pas ce qu’on peut appeler un « physique facile », et dans le ciboulot, c’est pas mieux. En plus, la nature m’a affublé d’une de ces tares génétiques incurables qui me donne -entre autre joies- une voix de gringalet, impossible à prendre au sérieux!
Côté éducation, à part à m’apprendre de force à écrire à peu près convenablement, l’école -qui aurait pu être le seul cadre équilibré de vie- ne m’a pas été d’une grande utilité. Au contraire, j’ai passé mon enfance, puis mon adolescence à me faire tabasser et racketter par les plus grands, et à me faire foutre de moi par les filles ; ce qui fait que j’ai fini par tout laisser tomber pour vivre dans la crasse, la bouffe graisseuse, la solitude et Internet…

Plus que tout autre, je bénéficie de toutes les circonstances atténuantes du monde pour devenir le plus redouté des tueurs en série de tous les temps !
J’ai donc repris mon look esselien (je me suis fabriqué un masque assez thrash pour faire rater une couvée de singes et j’ai fourbi mes plus grands couteaux de cuisine à découper) et mes bonnes vieilles habitudes de trappeur. Le problème de la vraie vie, par rapport à Infection, c’est qu’il y a des flics à tous les coins de rue, et que mon agilité laisse à désirer. Et comme je ne veux pas me faire attraper, je vais devoir ruser. Oh, je sais : je viens de vous donner suffisamment d’indices pour que les plus malins d’entre vous finissent par remonter jusqu’à moi, un jour. Dites-vous que je l’ai peut-être fait exprès… Aussi, pour que le plaisir dure le plus longtemps possible, il va falloir que je choisisse mes proies dans le monde entier, que je me déplace souvent et que j’entre en clandestinité. Qui sait, peut-être nous rencontrerons-nous ? En tout cas, ça risque d’être fun ;-)
Je vous donnerai régulièrement de mes nouvelles et vous tiendrai au courant de mes pérégrinations au travers de ce blog. Vous allez voir : vous n’avez pas fini d’en entendre parler !

Ceci est un message à la population mondiale : surveillez vos arrières, rentrez vos enfants et fermez bien vos portes de maisons, car Gros-Sam Bonini est là dehors, qui vous attend! Alors à bientôt, les petits amis!

lundi 27 juillet 2009

Je recycle mes vieilleries pour “L’infection”!

Introducing : Gros-Sam Bonini!
L’infection” avance toujours à son rythme (En gros, j’écris quand je vais aux WC, au boulot. Ce qui fait dire à mes collègues narquois que “ce sera certainement un livre de merde!“).

J’en suis actuellement à un chapitre “à sensations fortes” qui se déroule dans Second Life, avec l’arrivée d’un nouveau personnage : “Gros-Sam Bonini“.
Gros-Sam“, c’est le personnage que vous voyez en bas à gauche, sur ce draft qui date de, euh… 1998!!! Le personnage, lui, date de 1992!
Il est tiré d’un scénario de Bande Dessinée fantastico-comique que mon pote Pascal Mercier rédigeait à partir d’un synopsis que je lui avais fourni, et que j’avais intitulé “Doc Mortem“.

Ce qui est amusant, c’est que comme pour “L’infection“, toute l’histoire m’est apparue en rêve, par étapes, pendant mon sommeil.
En résumé, c’était celle d’un savant fou (le docteur Mortemuse) qui réveille un mort pour en faire une machine à tuer pour l’armée. Mais malheureusement, la créature lui échappe, et commet des meurtres sanglants. Bien sûr, la police s’en mêle, et le héros (le policier Marco Tenado) est capturé par le savant, puis à son tour transformé en monstre. Sauf que lui, comme il était vivant, il a conservé une part d’humanité. Il devient alors “Killer-Butterfly“, un anti-héros violent qui va réussir à neutraliser la première créature, puis un autre monstre “Gros-Sam” (qui n’a pas subit de transformation, génétique, lui, mais dont l’histoire suit les tribulations en parallèle du fil principal), et enfin son “père” le doc Mortemuse, qui s’est injecté le sérum amélioré, devenant à son tour une monstruosité.

Pascal et moi étions censés faire les dessins ensemble, (moi les gros plans, lui les décors) et j’avais même fait quelques mises en situation (ici, , , encore , par ici, et !), et puis bon… Je suis parti à l’armée, pendant que lui passait son concours pour être prof d’histoire-géographie. La vie nous a plus ou moins séparés, même si on se revoit toujours avec plaisir, de temps en temps (au moins sur Facebook)!
Lorsque je me suis mis à réfléchir à des personnages pour peupler mon roman (notamment la partie qui se déroule dans Second Life), Sam Bonini (à peu près tel que je l’imaginais lorsque j’étais encore à la fac) m’est apparu comme LE rôle secondaire que je devais exploiter. Un gros slasher encagoulé, porteur d’immenses couteaux de boucher, et collectionneur de têtes réduites fabriquées maison!

Bien sûr, il a fallu que j’adapte et que je modifie mon bonhomme en fonction de son “environnement naturel” digital, que je lui créée une identité dans notre réalité, etc. Mais sachez que ce personnage très “folklorique” pourrait bien réapparaître dans les deux autres tomes de “L’infection“.
Affaire à suivre ;-)