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vendredi 10 avril 2015

Un court passage sur Coyote wells (California)


Ressources en eau à Coyote Wells
source Yellow Maps
Au sud-est de Coyote Wells, au beau milieu de Molitar road, Natalie louait à prix d'or à un vilain chicano grêlé et outrageusement tatoué d'Ocotillo (paiement content et en espèces - moyennant quoi personne ne posait de questions) une petite parcelle de sable, de poussière et de caillasses de couleur indéfinissable, d'environ 6400m² et sans clôture, parsemée de buissons divers, en majorité des variétés de yuccas et de cactus du désert. Une terre ingrate et désolée, sans ombre ni eau, ne convenant généralement qu'à de charmantes créatures plus ou moins endémiques, tels scorpions, lézards, fourmis, busards et autres tarentules, et donc relativement éloignée de toute activité humaine...
Elle avait bien quelques voisins un peu "sauvages", par ci-par là, le plus souvent vivant dans des bicoques en taule sordides, de vieux mobile-homes rongés par le sel ou des caravanes d'une autre époque, le tout entouré de montagnes de déchets divers et de pick-up rouillés, mais chacun menait sa petite vie tranquille sans s'occuper de celle des autres, et cela lui convenait parfaitement pour passer l'hiver. 

Elle se ravitaillait rarement, et lorsqu'elle faisait le plein de nourriture, de livres et de rhum - son triptyque survivaliste, c'était chaque fois dans des localités et des boutiques différentes (à Calexico, El Centro, Holtville, poussant même jusqu'à Brawley, quitte à avaler un peu plus de bitume craquelé), payant systématiquement en liquide afin de rester la plus discrète possible, ce qui, bien sûr, était loin d'être évident dans la mesure où les belles étrangères, même lorsqu'elles ne portent pas de mini-jupe et de talons aiguilles ne passent jamais inaperçues dans cette partie du désert californien, à portée de 9 mm de la frontière méxicaine. Mais sa froideur naturelle avait jusqu'ici toujours eu raison des ardeurs des lourdeaux du sud comme du nord de l'Amérique. 


(Coyote Wells - California - Source Google Maps)

samedi 27 juillet 2013

Cinq jours à San Francisco

Golden Gate Bridge dans le brouillard.
26-7-13. Voilà, mon séjour à Frisco (où il fait relativement frisquet, genre 20°C maximum en journée et 13 le matin...) est en train de se terminer. J'aime beaucoup cette ville et j'oserai le dire : plus que New York. Pourquoi? Difficile à dire. D'abord, le climat est beaucoup plus supportable. La chaleur de NYC est abominable, et les kilomètres y semblent plus longs. J'ai aussi dépassé la moitié de mon séjour aux States cette semaine...

A San Francisco, ce qui frappe en premier lieu, c'est le taux de mendicité. Il y a des "sans domicile fixe" partout, et spécialement dans le quartier de mon hôtel qui s'appelle "Tenderloin". Ce n'est pas qu'on se sente en danger (même s'il y a eu un mort par arme à feu au coin de la rue il y a une semaine - une sordide histoire de drogue, il parait), mais ça met dans une position très inconfortable. 
Alcatraz
En tant que voyageur, C'est à dire ayant certains moyens, je me sens complètement incapable de leur venir en aide. Alors je distribue des cigarettes, mais ça ne m'empêche pas de me sentir très mal à l'aise. Un certain nombre d'entre eux semble en très mauvais état. Abîmés par la vie, alcool, drogue, maladie. On n'a vraiment pas envie d'être mis en face de nos responsabilités quand on part en vacances, et puis surtout, on ne s'attend pas à un tel décalage dans un pays évolué comme les States et encore moins dans une ville aussi chouette que "Frisco". On voudrait que tout soit beau, calme, on voudrait être constamment heureux. Mais dans ce cadre, même si j'ai passé un excellent séjour (je vous recommande l'International Hostelling d'Ellis Street), c'est quand même relativement difficile. 

Enfin bref, J'ai fait énormément de marche à San Francisco (entre 15 et 30 km par jour). Je suis allé 4 fois autour de Fisherman's Wharf, au moins 3 à Chinatown, je suis allé à Russian Hill, au Golden Gate Bridge, au Golden Gate Park, à l'océan Pacifique, aux maison victoriennes à Alamo Square (il y en a partout, en fait), à Twin Peaks (un quartier de SF avec deux - voire trois - pics jumeaux), j'ai visité le sous-marin de la seconde guerre mondiale USS Pampanito, le musée de la mécanique, je suis allé au French Market... Bref, j'ai pas chômé. 
Devant l'immeuble de Linden Lab (ça paie pas de mine, hein?)
Je n'ai pas couru, par contre. La méga ampoule à mon pied gauche est en train de guérir, et je ne voulais pas empêcher davantage ce processus de guérison. 
Je vais donc quitter SF avec regret (je n'ai pas tout vu, mais j'ai vu ce que j'étais venu voir : la maison de Natalie Kay (aka Natalie Linden), celle de Jaimie Perkins (aka Jay Linden), ainsi que le siège de Linden Lab. J'ai recueilli plein d'impressions, d'odeurs, de sensations, d'images. C'est ce que j'étais venu chercher ici. 

les bosses de Jones Street (Russian Hill)
Je n'ai pas pu aller voir Alcatraz : tout était déjà bloqué jusqu'au 14 août. Normalement, je serai de retour en France à cette date là. J'aurais dû réserver depuis chez moi, mais je me suis dit que ça passerait. ça m'apprendra, pour le prochain voyage! Je n'ai pas mangé de sandwich au crabe sur Fisherman's Wharf non plus, ni cette ignoble sauce au poisson dans un pain rond de chez Boudin : ça ne me faisait pas envie en voyant à quoi ça ressemblait en vrai. Je me suis contenté de Sushis, de bananes et de Beef Jerks (Pémikan). D'ailleurs, je ne crois pas avoir pris un gramme depuis mon arrivée aux States. J'ai même du perdre encore un peu, malgré les Happy Hours dans les divers hôtels que j'ai fréquentés. Enfin, je vous dirai ça au retour, lol. 
Sinon, j'ai goûté à peu près toutes les bières de l'hôtel, et ai terminé ma dernière soirée (donc en ce moment même) au Pinot noir Californien. ça fait aussi partie du voyage, des spécialités locales que je voulais tester... 

USS Pampanito
Par contre, je n'ai toujours pas avancé dans l'écriture du tome 2 de L'infection. J'ai pas mal réfléchi, rassemblé mes idées, mais rien de concret n'est encore sorti. Peut-être aurais-je davantage de temps à y consacrer à mon retour au pays? 

Les images de mon séjour à San Francisco ici, et encore là. J'ai vraisemblablement perdu celles d'aujourd'hui suite à une manipulation malencontreuse de mon téléphone portable, qui a failli passer par la fenêtre... Dommage, mais pas grave en soi.

EDIT 1/9/13 : en fait non... je les ai retrouvées ici!

Demain matin, je pars très tôt pour l'aéroport et je serai normalement à Concrete dans la soirée, après un passage obligé aux Snoqualmie Falls.  

vendredi 18 novembre 2011

Et de deux nouveaux chapitres sur Concrete (Wa)!

Vue du Shuksan Lake trail (Photo John Boggs)
Vous l’avez lu dans le titre : je viens de terminer deux chapitres du tome deux de L’infection qui se déroulent dans (et aux abords de) la petite ville du nord de l’Amérique, Concrete (Wa), dont je vous ai déjà entretenu il y quelques mois. Cette partie de l’histoire se passe dans la première moitié du livre. J’étais plein de bons sentiments, tout feu tout flamme, je voulais m’imposer une certaine rigueur (c’est à la mode) dans ma façon d’écrire, mais en fait, je n’ai pas pu.

Comme je suis en attente de réponses des éditeurs auxquels j’ai envoyé le manuscrit du tome 1, je n’arrivais pas à démarrer. Il me fallait un truc pour amorcer la pompe, quelque chose qui me donnerait envie de me lancer. Une fois que c’est parti, après, je sais que le reste va suivre. Mais sans cette accroche, je partais pour une longue et désespérante traversée du désert. Alors comme j’avais tous les éléments du passage qui se déroule à Concrete (grâce à John Boggs et Jason Miller, en particulier) je me suis dit que je pourrais commencer par ça. Et voilà, c’est pondu!

Bon, je ne dis pas que c’est du définitif -parce que je me connais : j’ai toujours des trucs à rajouter en dernière minute- mais j’ai pas loin de 30 pages (format A5) rédigées, avec des cliffhangers de toute beauté! J’ai pris un immense plaisir à écrire ces deux chapitres que j’ai appelés Natalie, et Baker Lake (les titres sont non-contractuels).

J’ai envie de les traduire en anglais pour les envoyer à mes deux sources précitées, histoire de voir avec eux s’il n’y a pas des incohérences au niveau “du décor”, mais franchement, je crois que j’ai trop perdu pour m’atteler à pareille tâche. Et Google Translate, ben bof…

Je demanderais bien à mon père (prof d’anglais à la retraite), s’il ne voudrait pas me le faire, en fait ;-)

dimanche 16 octobre 2011

L’été à Concrete, l’hiver à Coyote Wells…

Dans le tome 2 de L’infection, Nathalie Kay passe l’été dans les montagnes à proximité de Concrete (Wa), et l’hiver sur les pistes ensablées de Coyote Wells (Ca). Je fais allusion à cet endroit dans le texte que je suis en train d’écrire, et qui se situe à peu près à la moitié de Pandémie.

Coyote Wells (Ca)
Pourquoi j’ai choisi cette ville? Eh bien il me faillait un lieu désertique, loin de la population et proche de la frontière mexicaine. Donc comme d’habitude : un petit coup de Google Maps, et en suivant la Highway 8 depuis la côte, je suis tombé sur ce bled perdu au nom si typique. Donc voilà l’histoire!
Oui, Ce n’est pas parce que ce passage de l’histoire se trouve à la moitié du roman que j’en suis déjà là, hein ? En fait, en attendant les réponses des éditeurs, comme je n’arrivais pas à me motiver pour recommencer à écrire le tome 2, je me suis mis à écrire un passage qui me faisait envie. J’ai écrit 4 pages ce week-end. Ce n’est pas beaucoup, mais je n’ai pas fait que ça, je vous rassure ;-)

dimanche 17 avril 2011

“L’infection”, extrait de “La chasse”, chapitre 20…

Rappelez-vous, le 29 novembre dernier, je vous parlais de cette maison bleue à San Francisco… Voici un court extrait du chapitre 20 de L’infection, intitulé “la chasse”, où je parle de ce lieu. Résumé : Natalie Kay et Al Ramos de Linden Lab, rendent visite à leur collègue développeur agoraphobe Jaimie Perkins (vivant seul dans sa maison située à l’angle de la 48ième avenue et de Battery street), qui ne donne plus signe de vie depuis plusieurs semaines…

(…)

Lorsqu’elle gara enfin sa Ford Mustang noire, il était 19h38. Le ciel commençait à s’assombrir, les rues s’étaient vidées, et l’on entendait distinctement le grondement sourd du Pacifique, au loin.
La demeure de Jaimie Perkins était une petite maison bleu-ciel qui ne payait pas de mine, avec sa peinture écaillée par endroits, et ses grilles de sécurité en fer forgé sur presque toutes les ouvertures du rez-de-chaussée. A l’arrière, une palissade en bois enduit abritait un minuscule jardinet dans lequel le propriétaire des lieux avait entreposé tout un bazar hétéroclite d’objets devenus inutiles, comme de vieux écrans cathodiques, des tours d’ordinateurs vides et autres déchets électroniques à recycler.
La façade ouest de la maison, qui donnait sur la 48ème comportait deux entrées. L’une était un petit garage verrouillé d’une lourde porte métallique coulissante, l’autre était un portillon en fer forgé donnant sur une allée pavée qui longeait la maison et aboutissait au jardin. D’épais rideaux de tulle blanc derrière les larges fenêtres à l’étage masquaient l’intérieur de la maison, mais leur aspect relativement neuf laissait à penser qu’elle était habitée. Al repéra la sonnette et appuya longuement sur le bouton. Natalie lui fit cesser son petit jeu d’une tape à l’épaule.
Tiens-toi bien, andouille ! Ne me fais pas regretter de t’avoir emmené.
Rhooo, si on peut même plus rigoler, hein ?
Tu sais bien que c’est un garçon un peu perturbé ! Il ne manquerait plus qu’il nous accueille à coup de Desert Eagle !
C’est pas le genre à avoir un vrai flingue chez lui, à mon avis ! C’est un gamer* impénitent! lui, son arme, c’est le joystick, sans mauvais jeu de mots…
Hah, hah… Bon, ça ne répond pas. On fait quoi ?
La nuit était en train de s’installer peu à peu. En observant davantage, elle constata différentes variations de lumière à l’étage. Elles provenaient probablement d’un poste de télévision ou d’un ordinateur. Il y avait bien quelqu’un ici. Elle résolut d’en avoir le cœur net, et poussa Al vers le portillon. La grille n’était pas fermée à clé, et ils pénétrèrent dans l’allée. A mi-chemin, ils trouvèrent une porte en bois avec une trappe à lettres.
Natalie frappa plusieurs fois en vain, tandis qu’Al entrouvrait la trappe.
Hum, il y a un gros tas de courrier par terre. M’est avis qu’il doit avoir un paquet de factures en retard, le Jay !
La jeune femme posa sa main sur la poignée, et la porte s’ouvrit sans forcer, en couinant légèrement. Ils furent accueillis par une forte odeur de poussière et de renfermé.
Étrange qu’un type qui a fait grillager ses fenêtres puisse laisser sa porte d’entrée ouverte, pensa t-elle, en fronçant imperceptiblement les narines.
Au moins ça sent pas le crevé, c’est déjà ça…
Ça suffit Al ! Bon… On entre ?
Allez, soyons fous ! Jay ? Jaimie ? C’est Al Ramos et Natalie Kay, de LL. Tu es là mon grand ?
Al reçut une nouvelle tape excédée sur l’épaule. Natalie n’en finissait pas de s’essuyer les pieds sur le paillasson usagé, qui arborait un « Welcome » à moitié effacé et peu accueillant.
Jaimie ? On peut entrer ? Comme on n’a pas eu de vos nouvelles depuis un moment et que vous ne répondiez pas au téléphone, on s’inquiétait…

(...)
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*Gamer : joueur (ici, il s’agit d’un joueur en réseau ou sur consoles de jeux)