lundi 10 janvier 2022

#LRDC : l'interview pour Astobelarra !

La Newsletter de Janvier 2022 des Editions Astobelarra est sortie. Vous pourrez (entre autres) y lire cette interview de moi :

>> Souscrivez ici ! << 
Astobelarra : Les routes du crépuscule, de quoi s’agit-il ? 
Etienne H. BOYER : C’est mon nouveau (et cinquième) livre à paraître le jour du printemps 2022 aux éditions Astobelarra ! Je l’ai écrit pendant les différents confinements du Covid, à partir de 2020. Bien plus qu’un roman d’amour un peu fantastique, c’est surtout une parabole sur les regrets, le deuil et la résilience. 

Astobelarra : Et ça parle de quoi ? 
EHB : En résumé, c’est l’histoire d’un couple à la dérive, dont le mari organise un second voyage de noce dit « de la dernière chance », ceci afin d’essayer de sauver sa famille au bord de l’éclatement. Les deux partent donc au Vietnam et là-bas, rien ne se passe comme prévu. Ils sont confrontés à des événements peu ordinaires qui changeront leurs vies à jamais. En dire plus serait divulgacher le reste du roman ! ^^ 

Astobelarra : C’est un roman autobiographique ? 
EHB : Dire que je n’ai rien puisé de ma propre expérience pour l’écrire serait un mensonge. Je pense que tous les auteurs s’inspirent de leur vraie vie, des gens qu’ils croisent, des paysages qu’ils ont arpentés, de ce qu’ils ont vécu et de leurs fantasmes (ou terreurs) pour écrire leurs œuvres. Je ne déroge pas à la règle et c’était déjà le cas pour L’infection. Cependant, et j’insiste : Les routes du crépuscule est une fiction. Hormis de rares célébrités que chacun reconnaîtra, aucun des personnages du livre n’existe ou n’a existé. L’histoire est totalement inventée. D’ailleurs, je ne suis JAMAIS allé au Vietnam !
 
Astobelarra : Alors qu’est-ce qui t’a inspiré pour ce livre ? 
EHB : A l'origine, c'est une question qu'on se pose (ou qu'on se posera) tous un jour et qui, personnellement, me taraude depuis des années : "et si c'était à refaire, est-ce que je le referais de la même façon ou prendrais-je une autre direction ?" Inutile de vous dire que celui ou celle qui a la réponse n'est pas de ce monde. Mais pour tout dire, le fil conducteur de l’histoire m’est intégralement apparu en rêve, tout comme pour ma trilogie fantastique L’infection. Je fais régulièrement ce type de rêves, qui semblent tellement réalistes qu’ils laissent une empreinte profonde après le réveil, un peu comme des souvenirs, comme s’ils avaient été réels. Je note tout, même les anecdotes qui paraissent moins intéressantes. Parfois je les utilise, parfois non. Ensuite, j’écris d’abord une ligne directrice, à laquelle je greffe des personnages et des lieux au fur et à mesure que l’histoire prend forme. Il arrive parfois que le texte terminé diffère sensiblement de la ligne directrice initiale car je me laisse guider par mon instinct. C’était le cas pour celui-ci : le final est différent (et bien meilleur) de celui que j’avais prévu dans le premier jet. PS : ON NE SE JETTE PAS SUR LA FIN POUR LIRE !!! 

Astobelarra : Dans quelles conditions écris-tu ? 
EHB : De temps en temps, j’écris quelques notes soit sur un carnet, soit dans un logiciel de prise de notes sur mon smartphone, que je peaufine avant de me les transférer par email, au cas où. Ensuite, lorsque je suis prêt, je passe à la rédaction à proprement parler. Déjà, il faut que je n’aie que ça à faire. C’est-à-dire que j’écris après le ménage, la vaisselle, la promenade des chiens, etc. Ensuite, il faut que la maison soit vide : personne ne doit venir interférer avec ma concentration, sinon, c'est foutu. Je m’installe dans la pièce où je suis le plus à l’aise. En l’occurrence, c’est dans ma salle à manger que tout se passe. Elle a la bonne lumière et il y a de la musique ! Je me choisis une playlist en fonction de mon humeur du moment (c’est souvent des musiques que je connais par cœur, pour éviter les baisses de concentration – pour ce livre, c’était essentiellement une playlist de Synthwave sur Deezer, pour le petit côté retour planant aux 90’), je me cale les écouteurs sur les oreilles et zou ! Les mots coulent comme une diarrhée amibienne ! 

Astobelarra : Pas de syndrome de la page blanche ? 
EHB : Ne jamais dire jamais. Mais lorsque je cale, c’est rarement parce que je ne sais pas QUOI écrire et plus souvent parce que je ne sais pas COMMENT l’écrire (je n’ai pas les mots ou la forme de la phrase à l’instant T). Dans ce cas, soit j'écris comme ça me vient pour ne pas perdre le fil, quitte à corriger plus tard, soit je passe à un autre paragraphe et l’histoire finit pas se régler toute seule au bout du compte, comme par magie ! Mais de toute façon, je reviens régulièrement sur ce que j’ai écrit pour corriger, réécrire, rajouter du contenu ou en enlever, et ce jusqu’au dernier moment. 

Astobelarra : Parle-nous des décors de ton livre... 
EHB : L'intrigue se déroule globalement en France (dans les Landes, le Gers, les Pyrénées Atlantique, l'Ariège, Paris et Bordeaux), mais également au Vietnam (à Hô Chi Minh ville et à Mỹ Tho) et à Londres (dans le quartier Camden town). Concernant ces deux derniers pays, je n'ai pas, cette-fois-ci, eu la possibilité de me rendre sur place. Comme je l'ai dit plus tôt, je ne suis même jamais allé au Vietnam de ma vie. Heureusement, il y a toujours Google Maps et le Guide du Routard si on a besoin de précisions, d'anecdotes, etc.. 

Astobelarra : La Soule tient encore une fois un rôle très important dans les routes du Crépuscule. Pourquoi ? 
EHB : En septembre prochain, ça fera 25 ans que je vis ici. Exactement la moitié de ma vie. C'est l'endroit où j'ai vécu le plus. Plus qu'à Cognac où j'ai vécu 18 ans ! Je considère la Soule comme mon vrai pays. Celui qui m'a accueilli quand je n'avais rien. Celui que j'ai choisi et dans lequel j'ai - je pense - trouvé ma place. J'aime ses gens curieux et chaleureux, son ambiance colorée et festive, la beauté extraordinaire de ses paysages, mais aussi sa sauvagerie, son âpreté parfois, sa tranquillité et sa langue étrange qui m'est devenue familière, à force de l'entendre... Évidemment, il y a aussi des choses qui m'agacent (ça se retrouve dans l'histoire, d'ailleurs), mais c'est ce qui - à mon sens - rend ce territoire aussi parfait. En quelque sorte, et sans aucune prétention de ma part, la Soule, c'est le fil conducteur de "mon œuvre" (jusqu'à aujourd'hui) ; c'est mon véritable personnage principal. Et j'essaye de lui rendre hommage, à ma façon. 

Astobelarra : Comment as-tu préparé ton roman ? 
EHB : J'ai fait pas mal de recherches en ligne, notamment pour les itinéraires de mes personnages. Certes j'avais la contrainte des différentes époques pendant lesquelles l'intrigue se déroule, mais ça n'a pas été trop compliqué à mettre en place : je les ai moi-même vécues ! Parallèlement, j'ai acheté et lu un certain nombre de livres sur les sujets que je développe, comme la survie en milieu hostile, la vie isolée en cabane, la construction de huttes en bois... La principale difficulté, c'était de ne pas transformer ma fiction en catalogue exhaustif de toutes ces pratiques. Je voulais que ça reste un cadre pour l'histoire que je voulais raconter, un prétexte, pas l'essentiel du sujet. 

Astobelarra : Parle nous du style littéraire... 
EHB : Je ne cherche pas à faire de la grande littérature. Il y a des gens qui font ça très bien et je leur laisse bien volontiers. Mon travail, à moi, c'est de raconter des histoires et de faire en sorte que le lecteur aille au bout de ce que j'ai à lui dire. Donc j'ai tenté de faire simple, dans un français presque parlé, parfois même familier. Et j'ai choisi le présent de l'indicatif pour que l'expérience du lecteur soit davantage immersive et pour brouiller les pistes, rendre le récit très actuel, malgré les sauts temporels. Un peu comme si on était dans une histoire vraie. En ce sens, il y a quelques similitudes avec "Mauvais berger !". Techniquement, les chapitres sont découpés de façon à suivre alternativement les trajectoires de vie des deux personnages principaux. 

Astobelarra : Quels sont les principaux éléments narratifs qu'on peut retrouver dans #LRDC ? 
EHB : Il y a de l'amour un peu, du sexe aussi. De l'aventure. Et puis de la contemplation, de l'introspection, de la violence parfois et beaucoup d'humour (noir), malgré tout. Et puis du fantastique, évidemment. 

Astobelarra : Ensuite, comment ça se passe une fois que le texte est terminé, et avec l’éditeur ? 
EHB : Je choisis un panel d’amis ou de gens de ma famille dont je sais qu’ils liront mon texte avec attention et sans le diffuser avant l’heure. L’équipe d’Astobelarra (qui me publie depuis 2008) n’est pas en reste. Elle fait des propositions, des suggestions de corrections, revoit les règles d’ortho/typo car au bout d’un moment, j’ai tellement la tête dans le guidon que je ne vois plus les nids de poule… Eux si ! Ensuite, le comité de lecture de la maison d’édition décide si le livre peut être publié et quand. Et voilà ! Petite précision : lorsque j’ai voulu sortir le premier tome de L’infection, j’ai envoyé des manuscrits à 30 maisons d’édition. Après une succession d'échecs, une seule s’est montrée intéressée, au Québec. Mais j’ai lâché l’affaire parce que l’éditeur me demandait de tout réécrire, pour que les lecteurs québécois ne soient pas perdus par mon français. Depuis, je suis fidèle à Astobelarra et c’est réciproque. 

Astobelarra : Et la suite, c’est quoi ? 
EHB : J’ai eu un nouveau rêve en avril dernier. J’ai rêvé d’une histoire qui m’excite déjà, comme un enfant qui sait qu’il va avoir une glace à la fraise et un tour de manège ! Cela se déroulera dans le même univers que celui de L’infection. Ce ne sera pas une suite à proprement parler, mais plus un spin-off, c’est-à-dire un dérivé de l’histoire principale, avec des personnages que je n’ai pas voulu voir disparaître à tout jamais… En outre, j’ai volontairement laissé quelques indices non résolus dans le tome 3 de ma saga (ceux qui l’ont lu avec attention savent de quoi je veux parler). Il va bien falloir que tout cela retombe sur ses pattes ! Bref, ce sera probablement un polar fantastique assez noir. La suite au prochain numéro !

mercredi 5 janvier 2022

Souscrivez à mon nouveau roman : LES ROUTES DU CRÉPUSCULE

Voici venu le temps des rires et des chants de vous rabattre un peu les oreilles avec mon bouquin. En effet, nous venons de lancer la souscription en ligne le 26 décembre dernier. Certes, elle se terminera le 28 février 2022, mais cela ne veut pas dire qu'il faille attendre le dernier moment pour s'en souvenir ! 
Aujourd'hui, on est à 9 donateurs pour 216 € de collectés (soit 14% du budget), c'est très bien mais il faut continuer à souscrire ! Quand je regarde les stats de ma précédente souscription (47 contributeurs et 1555 € de collectés pour L'infection T2 Pandémie), je vois bien qu'on peut faire encore mieux ! Alors allez-y, vous ne le regretterez pas, c'est promis !

Ça veut dire quoi, souscrire ? 
Ce n'est pas du sponsoring ou du mécénat. L'argent que vous donnez vous donne droit à des contreparties. Souscrire, ça veut dire que vous précommandez le livre avant sa sortie, ce qui permet à mon éditeur (Astobelarra) de le financer et de mesurer l'adhésion du public à son projet (à mon livre, en l'occurrence). Ça permet aussi de communiquer sur le livre avant sa sortie car Astobelarra n'a pas les moyens de le faire à la hauteur de ce que pourrait faire une maison d'édition classique (une entreprise), qui dispose de partenariats, de réseaux et de financements que nous n'aurons jamais, puisque nous sommes une association Loi 1901.

Concrètement, il se passe quoi si je souscris ?
Une fois précommandé, vous recevrez le livre chez vous dédicacé avant sa sortie officielle (donc avant le 21 mars 2022) et les frais de port sont inclus dans le prix. Il y a 5 paliers de contreparties et ça va de 14 à 85 €. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise souscription. Comme je dis, le tout, c'est de participer !
Et en ce qui concerne le paiement, pas de crainte à avoir : c'est simple et sécurisé. 

Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas suivi, Les routes du crépuscule, c'est quoi au juste ? 
C'est mon nouveau roman. Le pitch est simple : 

C'est l'histoire d'un couple qui ne va pas bien. La femme est en pleine crise de la quarantaine et le mari tente, plutôt mal que bien, d'empêcher une séparation qui semble de plus en plus inéluctable. Alors pour sauver sa famille et protéger ses deux enfants qu'il aime par dessus tout, il emmène sa moitié au Vietnam, dans ce qu'il présente comme "un second voyage de noces", ou plutôt une dernière chance de sauver ce qui peut l'être. Mais ce qu'ils vont découvrir là-bas va changer leurs vies à tout jamais, pour le meilleur et pour le pire.

Alors oui, c'est bien une histoire d'amour, mais avec un fond fantastique (comme toujours, car c'est là que je puise mon inspiration. Le fantastique, c'est mes racines), mais c'est surtout une parabole sur les regrets, le deuil et la résilience. Car au fond, la question qu'elle sous-tend, c'est "et si vous pouviez revivre votre vie, referiez-vous les mêmes erreurs ou tenteriez-vous de devenir celui ou celle que vous avez toujours rêvé d'être ?" Qui ne s'est jamais fait cette vaine réflexion "ah, si j'avais su...", devant un constat d'échec cuisant ? C'est à cela que j'ai tenté de répondre, de façon très subjective, tandis que j'écrivais ces chapitres. 
Si vous voulez plus de détails, lisez
Et merci à ceux qui ont déjà souscrit >> ici << et à ceux qui le feront !

mercredi 24 novembre 2021

Ecrire, d'abord pour se libérer de... soi-même !

@pedrofigueras - pixabay.com

J'écoutais, l'autre jour sur France Inter, Clara Dupont-Monod, récipiendaire du prix Femina 2021 pour son livre "S'adapter" - que je n'ai pas encore acheté mais dont le sujet me tente bien - parler des raisons pour lesquelles elle écrit. Elle a eu cette curieuse, mais ô combien judicieuse comparaison et que je vous retranscris d'après mes souvenirs, ici : "C'est un peu comme lorsque vous êtes au lit et que vous avez terriblement envie de faire pipi. Vous pouvez dormir, mais vous dormirez mal. vous dormirez mieux une fois que vous vous serez soulagé. Je vis mieux depuis que je j'écris ce qui me trotte dans la tête". On ne pouvait pas trouver meilleure métaphore, non ?

Dans la saga "Harry Potter", Albus Dumbledore arrache des souvenirs enfouis de son cerveau pour les revoir (et les partager) dans une Pensine. Image plus poétique, quoi que plus ésotérique. 

Récemment, une de mes collègue m'a demandé pourquoi j'écrivais des "romans de genre". Pourquoi tout ce sang, cette violence, ces morts ? Ma réponse a semblé l'effarer : "D'abord parce que j'en ai envie, évidemment, mais également parce que je ne sais pas ce qui pourrait advenir si je ne sortais pas toute cette merde qui virevolte dans ma tête... Il faut donc considérer que je fais œuvre de bienfaisance pour la société, en écrivant ces livres". Ce disant, j'ai exécuté une grimace perverse et lâché un vieux rire sadique. Effets visibles (et très amusants) garantis !

Plus sérieusement, c'est bien de cela qu'il s'agit : j'écris d'abord pour me libérer de moi-même, de toutes ces pensées folles qui me viennent, m'habitent et me tourmentent. C'est un exutoire, une thérapie. C'était le cas pour "Mauvais berger !" mais aussi pour la trilogie fantastique "L'infection". C'est également le cas pour "Les routes du crépuscule". Car avouons-le : une fois que c'est sur papier, ce n'est plus dans ma tête, mais potentiellement dans la vôtre. 😁

Des personnages, pas des personnes réelles !

Aujourd'hui, un certain nombre de personnes (notamment des familiers ou des collègues auteurs d'Astobelarra) ont lu le manuscrit de "Les routes du crépuscule" et m'ont fait leurs premiers retours, plutôt positifs. Cela dit, quelques-uns ont cru reconnaître des personnes de mon entourage au fil de l'histoire. "C'est ton ex, ça, c'est évident ! Et ça c'est toi !" Et inévitablement, je me retrouve dans le peau de Christian Clavier dans "Mes meilleurs copains", à devoir expliquer que "non, non et non, ce n'est qu'un roman, une œuvre de fiction et que ce ne sont que des personnages, pas de vraies personnes, etc... d'ailleurs elle est blonde !
On m'avait déjà fait le coup avec "L'infection". Il faut dire que j'ai commencé par raconter une tranche de vie dans "Mauvais berger !", alors du coup, forcément, j'ai donné de mauvaises habitudes ! Mais là, comme il s'agit d'un récit plus réaliste, les comparaisons sont encore plus flagrantes et faciles à faire.

Soyons honnête : je ne peux pas nier que mes personnages s'inspirent de personnes réelles, ou du moins de l'empreinte (souvent déformée par le temps) qu'ils/elles m'ont laissé. Mais ce sont généralement des mélanges de traits de caractère, de personnalités - parfois jusqu'à la caricature, j'en conviens - et de choses que j'ai vraiment vécues ou ressenties, rien de plus.

"L'empreinte de l'ours dans la neige, ce n'est pas l'ours, de même qu'on ne peut pas résumer une personne au pet - fut-il infâme - qu'elle a laissé sous la couette."

Bref, je sors tous ces trucs de ma tête pour m'en débarrasser, pour mieux vivre au quotidien et pas par vengeance ni pour qu'on dise "oh le pauvre, comme il a souffert !" ou "oh quel fragile, celui-là !". Et je me dis que, vu que nous sommes tous des êtres humains (certains plus que d'autres, il est vrai), peut-être se trouvera-t-il des gens parmi mes lecteurs chez qui cette histoire aura une résonnance toute particulière. 

Quelque chose me dit qu'un jour ou l'autre, on s'est tous posé (ou on se posera) cette même question : "si tu avais la possibilité de tout recommencer, que ferais-tu ? Exactement la même chose ou tenterais-tu de devenir celui ou celle que tu as toujours rêvé d'être ?"
Celui ou celle qui me fait une réponse honnête sans se fracturer le cerveau a gagné. ^^

dimanche 10 octobre 2021

Le teaser de "Les routes du Crépuscule"

Bonjour à tous ! 

Ce fut un dimanche matin fructueux... J'espère que ce teaser/trailer de mon prochain roman vous plaira. 
Je me suis donné à fond. Le livre est évidemment encore mieux. J'espère qu'il vous laissera tous sur le cul !

A bientôt !

EHB.

samedi 11 septembre 2021

Les routes du crépuscule : ça se précise...

Je viens enfin de terminer le premier jet de Les routes du crépuscule, hier soir. Je me sens vidé, mais également libéré, délivré (pardon...😁). 

Tout n'est pas fini, hein ? J'ai encore tout à relire, à rajouter ou supprimer des passages, et à vérifier qu'il n'y a plus de fautes et surtout d'incohérence dans le récit. 

Le tapuscrit a été envoyé au comité de lecture des Éditions Astobelarra ce matin. Il me tarde de lire les premières réactions. ou pas... 😱

Le programme de ces prochaines semaines : je vais laisser tout ça reposer tranquillement et me remettre à lire des tas de livres d'autres auteurs, histoire de prendre un peu de recul. Ensuite, je m'y remettrai avant Noël. 

En attendant, sachez que j'ai déjà le fil conducteur d'un prochain roman qui sera un spin off de ma trilogie fantastique, L'infection. Je crois que je l'ai déjà écrit quelque part, mais si le cycle Beau Smart est bel et bien terminé, il reste encore des petites choses à élucider et des personnages secondaires auxquels faire vivre des aventures inédites autant que passionnantes.

La suite au prochain épisode ? 😉

jeudi 22 juillet 2021

La musique adoucit les meurtres…

J’ai lu un article qui prétend qu’écouter de la musique des années 80 préviendrait de la déprime et donc rendrait heureux. C’est pas faux. Je suis moi-même un grand fan de musiques de ces années, surtout les titres anglophones. Je pense avoir dans mon disque dur une liste presque exhaustive de tous les tubes de mon adolescence, que j’écoute régulièrement, quand j’ai un petit coup de spleen. Mais du coup, comme chaque morceau est intimement lié à ma vie passée, ça me fait très vite penser à plein de moments malaisants vécus à cette époque. Et la nostalgie, ça va un moment… C’est pour cette raison que je n’en écoute pas quand j’écris.

J’ai déjà pas mal disserté (ici, , , et encore ici) sur mon besoin quotidien de musique pour écrire, travailler ou vivre, tout simplement. L’infection T3 Sepsis, je l’ai écrit avec la discographie d’Omnia et les deux derniers albums de Conception entre les esgourdes. Pour Les routes du crépuscule, J’avais besoin de me retrouver plongé dans une ambiance de la fin des années 80, début des années 90. Alors c’est évidemment les groupes grunges comme Pixies, Nirvana, Foo Fighters, les groupes de rock alternatif anglais (Happy Mondays, EMF…) ou français (la Mano Negra, les VRP…) qui m’ont inspiré, mais aussi énormément la synthwave (genre qui, d'après Wikipédia, serait né après 2010, curieusement). Pour moi, le meilleur album du genre (et surtout datant de la bonne époque !), c’est la musique du film le jour des morts vivants, de John Harrison, que je vous conseille absolument !

La synthwave, c’est quoi ? Tout simplement le meilleur de la pop des années 80/90 (paroles positives à base de « love » et de « sunset », voix éthérées, nappes de synthés, batteries électroniques à la Kajagoogoo, solos de guitare et de saxophone, et décorum lasergrid, palmiers et Camaro rose fluo sur fond de coucher de soleil vaporeux…), mais mixé à la sauce d’aujourd’hui. J’en écoute sans arrêt en ce moment (notamment les groupes The Midnight, Gunship et FM84…), au grand dam de mon fils qui ne comprend pas pourquoi je repousse la nouvelle galette de Gojira (que j’aime bien, en fait, mais bon… je fais style que, pour le faire rager). La synthwave, c’est absolument parfait pour se téléporter dans l’insouciance du passé, le temps des boums, des "jeans neige", des kilos de bombecs pour 10 francs et des mulets et permanentes overlaquées (pour ceux qui ont encore des cheveux ailleurs que dans le slip). Pas besoin de se concentrer pour en écouter, ça coule tout seul dans les oreilles, comme le jus acidulé et écœurant de sucre d’un Tubble Gum dans la gorge.

Bref, la synthwave me propulse directement dans une ambiance de « K2000 » mâtinée de « Sauvé par le gong », un genre d’univers futuriste désuet très « Retour vers le futur » qui colle à la perfection à mon nouveau roman :
Les routes du crépuscule. Et je ne crois pas si bien dire ^^
Du coup : pas de meurtre ignoble dans ce livre, peu d’hémoglobine et presque pas de caca, même si ce n’est pas toujours de tout repos, vous verrez. J’espère qu’il vous divertira au moins autant que mes précédents efforts littéraires ! Bon, c'est pas tout ça, mais il me reste encore 2 chapitres à écrire... Allez, zou : les écouteurs et on y va !

mercredi 7 juillet 2021

La muraille des médiocres

Apparemment, on fête en ce moment même les 400 ans de Jean de La fontaine. Le gars, non seulement il a écrit des fables mettant en scène des mouches, des fourmis, des grenouilles et des fromages, le tout en portant une ridicule autant qu'infâme perruque à bigoudis, mais en plus, sa célébrité est toujours aussi vive aujourd’hui ! Chacun d’entre nous a forcément une anecdote liée à son œuvre. C’est juste impressionnant. Tellement que même les clowns Pit et Rik l’ont ressorti à leur sauce, dans les années 70 !

Bon, je charrie. C’est un grand auteur et certaines de ses fables sont toujours autant d’actualité (et résonnent toujours en moi), comme le loup et le chien, par exemple. Alors pourquoi vous parler de lui aujourd’hui, sur ce petit ton du gars blasé ?

Parce que La Fontaine, ou du moins l’une de ses fables, a bien failli me fâcher définitivement avec la littérature. D’ailleurs il n’est pas le seul : Jacques Prévert a également été à deux doigts de me faire haïr les livres et la poésie, mais on y reviendra plus loin…

Connaissez-vous le laboureur et ses enfants ? J’ai une petite anecdote à vous raconter à ce sujet…
Je ne sais pas si ça se fait toujours, mais lorsque j’étais à l’école primaire, nos instituteurs prenaient un malin plaisir à nous forcer à apprendre par cœur des textes d’auteurs et à les réciter debout, tout contre leur bureau, face aux autres élèves qui attendaient leur tour. Apprendre un truc par cœur (juste pour apprendre par cœur), j’ai toujours trouvé ça con. Mais devoir en plus le restituer devant tout le monde, c’était pour moi à la limite de l’héroïsme. Je détestais ça, cette mise en scène, la compétition, le jugement, et pour finir, la sanction, inévitable…
Je me souviens que cette fable-ci, en particulier, je n’ai jamais réussi à l’apprendre. Je ne comprenais pas pourquoi, à l’époque.

Aujourd’hui je sais : un poème qui se termine par l’affirmation « le travail est un trésor », c’est comment dire… une ode à l’école qui formate les esprits, qui met les enfants dans des moules, et qui éjecte ceux qui refusent de se conformer. C’est un hymne au système qui encourage le minutieux sacrifice de sa précieuse personne et de sa courte vie, dans le but d'enrichir davantage les puissants. Je vais oser le dire : cette fable pourrait être le credo du MEDEF et de la Macronie. Je la déteste.

Combien de fois ai-je dû descendre les escaliers de ma chambre jusqu’au salon, où je retrouvais mon père qui me faisait réciter, et me renvoyait invariablement avec pertes et fracas au bout de quelques minutes parce que je « ne la savais pas » ! 

— Tu la sais pas ! 
— Mais si je la sais ! Regarde : "Le laboureur et ses enfants, de Jacques Prévert". (Grande inspiration, hésitation, tremblements, puis avec une voix chevrotante :) "Travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins..." euh...
— Y'a pas de "euh". Tu la sais pas. Reprends...
— (Voix chevrotante :) Depuis le début ? 
— Oui, depuis le début...

Et ce cinéma durait pendant de longues minutes avant que mon père ne finisse par me lancer mon cahier entre les mains et ne me montre le chemin vers l'étage.
Je remontais alors en larmes, marmonnant quelque insulte bien sentie (ou esquissant une salve de bras d’honneur en direction du salon) tout en tapant bien fort du pied sur les marches, avant de claquer la porte et de me jeter sur mon lit. J’y sanglotais pendant trois-quarts d’heure, avant de me résigner à essayer de me faire rentrer les vers de La Fontaine à grand coup de cahier sur le crâne… Mais rien à faire. J’y ai passé tout un mercredi et probablement le restant de la semaine avant le jour J, sans jamais réussir à l’apprendre. Et devinez quoi ? 

L’instit ne m’a jamais interrogé…

Pareil pour Le cancre, de Prévert. Et je sais parfaitement pourquoi : ce poème me mettait en scène, MOI, le nul en maths et en dictée, celui qui était abonné aux « médiocre ! » sur tous ses bulletins de notes, presque jusqu'au bac. L’idée de le réciter devant toute la classe me révulsait littéralement. Pour moi, c’était comme dans ces cauchemars dans lesquels je me rendais à l’école cul-nu ! Mais je ne savais pas exprimer ce malaise, à l’époque. Pas sûr qu'on m'aurait écouté, de toute façon... Et donc il me fut impossible de l’apprendre : le verrou mental était trop solide.
Lorsque mon tour est venu de le réciter en classe, j’ai bafouillé, j’ai rougi, j’ai pleuré, j’ai fini au coin et le maître m’a collé un beau zéro tout rond dans mon carnet.

Tout ceci explique peut-être pourquoi, si je sais parfaitement reconnaître le génie d’un poète, son œuvre me restera totalement absconse. Pour moi, la poésie, c’est juste l’art de savoir faire chier les gamins à l’école. Et ça, c’est l’indestructible muraille qui protège ma médiocrité. Pour toujours...