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dimanche 29 mars 2026

ÉCRIRE, LA MUSIQUE COMME FIL D'ARIANE.


Comme vous le savez déjà, j’ai besoin de musique pour écrire. Cela me permet de me concentrer sur mon monde intérieur, de m’enfermer dans ma bulle. Et puis c’est aussi le fil d’Ariane qui me retient accroché au monde réel, tandis que je m’aventure dans les recoins les plus sombres de mon âme. La musique m’empêche de me perdre. 

Elle me sert aussi de guide d’ambiance : je n’écoute jamais la même chose, selon ce que j’écris. Je ne suis pas le seul romancier à le faire. Je pense d’ailleurs que c’est un trait commun à la profession. Nombreux sont ceux qui créent avec de la musique classique en fond sonore. Moi, c’est en fonction de la scène que je vois à un instant T, plus que de l’humeur du moment.

Par exemple, si j’écris un passage sombre, une scène brutale, des choses horribles que je fais subir à mes personnages, alors je vais plutôt écouter du black Metal ou du Thrash.
Lorsque je dois décrire un passage une peu épique, comme une course poursuite ou un combat, je me passe en boucle un album de Power Metal.
Si j’écris une scène de la vie courante, quelque chose d’un peu chill, qui permet de relier un épisode à un autre, ce sera alors quelque chose de léger comme de la Synthwave, de l’Hyperpop, voire de la Soul.
Et quand je retranscris un de mes rêves, j’utilise de la musique à l’avenant : c’est-à-dire souvent une composition plutôt instrumentale ou alors quelque chose de complètement déstructuré, ou les deux à la fois.

Mais toutes ces musiques, aussi différentes soient-elles, ont un point en commun : je les connais toutes par cœur. Cela me permet de rester concentré, de ne pas être perturbé par un son que je découvrirais de manière impromptue et qui pourrait me faire perdre le fil de ce que je suis en train d’écrire. Alors puisque vous ne me l’avez pas demandé, voici les douze disques que j’ai écoutés pendant l’écriture de Un Cauchemar sans nom :

 

jeudi 22 juillet 2021

La musique adoucit les meurtres…

J’ai lu un article qui prétend qu’écouter de la musique des années 80 préviendrait de la déprime et donc rendrait heureux. C’est pas faux. Je suis moi-même un grand fan de musiques de ces années, surtout les titres anglophones. Je pense avoir dans mon disque dur une liste presque exhaustive de tous les tubes de mon adolescence, que j’écoute régulièrement, quand j’ai un petit coup de spleen. Mais du coup, comme chaque morceau est intimement lié à ma vie passée, ça me fait très vite penser à plein de moments malaisants vécus à cette époque. Et la nostalgie, ça va un moment… C’est pour cette raison que je n’en écoute pas quand j’écris.

J’ai déjà pas mal disserté (ici, , , et encore ici) sur mon besoin quotidien de musique pour écrire, travailler ou vivre, tout simplement. L’infection T3 Sepsis, je l’ai écrit avec la discographie d’Omnia et les deux derniers albums de Conception entre les esgourdes. Pour Les routes du crépuscule, J’avais besoin de me retrouver plongé dans une ambiance de la fin des années 80, début des années 90. Alors c’est évidemment les groupes grunges comme Pixies, Nirvana, Foo Fighters, les groupes de rock alternatif anglais (Happy Mondays, EMF…) ou français (la Mano Negra, les VRP…) qui m’ont inspiré, mais aussi énormément la synthwave (genre qui, d'après Wikipédia, serait né après 2010, curieusement). Pour moi, le meilleur album du genre (et surtout datant de la bonne époque !), c’est la musique du film le jour des morts vivants, de John Harrison, que je vous conseille absolument !

La synthwave, c’est quoi ? Tout simplement le meilleur de la pop des années 80/90 (paroles positives à base de « love » et de « sunset », voix éthérées, nappes de synthés, batteries électroniques à la Kajagoogoo, solos de guitare et de saxophone, et décorum lasergrid, palmiers et Camaro rose fluo sur fond de coucher de soleil vaporeux…), mais mixé à la sauce d’aujourd’hui. J’en écoute sans arrêt en ce moment (notamment les groupes The Midnight, Gunship et FM84…), au grand dam de mon fils qui ne comprend pas pourquoi je repousse la nouvelle galette de Gojira (que j’aime bien, en fait, mais bon… je fais style que, pour le faire rager). La synthwave, c’est absolument parfait pour se téléporter dans l’insouciance du passé, le temps des boums, des "jeans neige", des kilos de bombecs pour 10 francs et des mulets et permanentes overlaquées (pour ceux qui ont encore des cheveux ailleurs que dans le slip). Pas besoin de se concentrer pour en écouter, ça coule tout seul dans les oreilles, comme le jus acidulé et écœurant de sucre d’un Tubble Gum dans la gorge.

Bref, la synthwave me propulse directement dans une ambiance de « K2000 » mâtinée de « Sauvé par le gong », un genre d’univers futuriste désuet très « Retour vers le futur » qui colle à la perfection à mon nouveau roman :
Les routes du crépuscule. Et je ne crois pas si bien dire ^^
Du coup : pas de meurtre ignoble dans ce livre, peu d’hémoglobine et presque pas de caca, même si ce n’est pas toujours de tout repos, vous verrez. J’espère qu’il vous divertira au moins autant que mes précédents efforts littéraires ! Bon, c'est pas tout ça, mais il me reste encore 2 chapitres à écrire... Allez, zou : les écouteurs et on y va !

lundi 22 juin 2015

L'infection T2 Pandémie en musique (part 1)

Au risque de faire jaser certains "puristes", je tenais à vous faire partager la musique que j'ai écoutée lorsque j'ai écrit "Pandémie", le tome 2 de L'infection. Ce billet fera l'objet d'une seconde partie ultérieurement, car comme vous le savez si vous suivez, je n'ai pas encore tout à fait terminé.^^
La musique est indissociable de mes créations écrites. Elle sert essentiellement à créer un mur pour m'isoler du reste du monde, faire le vide dans ma tête. Elle sert aussi à distiller des ambiances, ou symbolise des personnages récurrents. Je l'écoute surtout au casque, ou alors à volume très bas sur mon poste de travail. 

Si vous regardez les articles précédents sur le même sujet, vous constaterez que les musiques que j'écoutais alors étaient bien plus sombres, bien plus mélancoliques. C'était mon état d'esprit d'alors, car elles correspondent à un moment de ma vraie vie où tout partait en live sans que je puisse rien contrôler. Aujourd'hui, je suis en "mode reconstruction" et donc j'écoute des choses relativement positives et beaucoup moins violentes et perturbées (hormis "Agalloch", c'est vrai). Et tiens, puisqu'on en parle :

Agalloch : Ashes against the grain. J'ai découvert l'existence de ce groupe à l'auberge de jeunesse de Tenderloin, à San Francisco, en juillet 2013. Le gars tout chevelu qui tenait le standard à 5 heures du matin écoutait ça à plein tube dans le hall de l'hôtel. J'ai adoré le contraste entre la musique assez mélodique et le côté dépressif du chant. Je l'écoute quand je me mets dans la peau de GrosSam Bonini ou de Patrice Bodin. On sent un petit côté dépressif, désespéré, déconnecté de la réalité. Un trait de caractère qu'on retrouve à divers degrés chez ces deux personnages. 

Tears for Fears : discographie intégrale. Tears for Fears et moi, c'est une histoire de longue date. J'adore ce groupe depuis toujours ("songs from the big chair" est le premier disque que j'aie acheté) et j'écoute régulièrement tous leurs albums. Le dernier est un peu plus faiblard, très inspiré Beatles, mais ça reste de la bonne musique quand même. Comme ce sont des disques que je connais par cœur, ils me servent surtout à recréer "le mur du son" nécessaire à trouver la concentration optimale pour écrire. Il y a un indéniable petit côté nostalgique du passé aussi, qui me pousse à réécouter ces vieilleries, toujours très actuelles finalement...

Foo Fighters : Sonic Highways. Un album et un groupe nouveaux, pour moi. Je connaissais Foo Fighters (Dave Grohl) de réputation, mais j'ai craqué sur la pochette de ce disque, alors je l'ai acheté. Et là, surprise : c'est un excellent disque bien punchy. "I am a river", le morceau que je vous ai choisi (dans la playlist ci-dessous) est un truc bien américain, bien planant et qui m'évoque des paysages sauvages et grandioses. Exactement le genre de zique que j'ai envie d'écouter en ce moment.
J'ai toujours été fasciné par la nature et les grands espaces, les montagnes, les déserts, les longues routes de solitude...

Dream Theater : Lines in the sand. Ce morceau de DT est dans la droite lignée de celui dont je vous parle dans le précédent paragraphe. La voix de tête de James Labrie m'énerve au plus haut point, mais sinon, c'est musicalement parfait. Quand j'écoute ce genre de morceau, je me vois marchant au sommet d'une montagne, je ressens les parfums des plantes, de la terre humide de rosée, les égratignures des conifères... J'entends le ronronnement du torrent, le hululement du grand Duc, les sifflements des moustiques. 
Je suis encore au Shuksan Lake, sous un soleil de plomb. 

Owl City : Up all night. Dans le genre pop-dance électro, je trouve que ce "groupe" (c'est Adam Young, un mec tout seul en fait) est ce qui se fait de mieux en ce moment. C'est catchy, bouncy, très propre et hormis les bondieuseries des textes, c'est de la bonne camelote. 
J'écoute régulièrement tous les disques d'Owl City (avec une préférence pour les deux premiers), ils me servent surtout à recréer le fameux "mur" propice à la créativité. C'est aussi une musique positive qui donne la pèche, c'est très motivant pour le running, ça et la Trance...

Eddie Vedder : BOF into the wild. Into the wild, c'est probablement mon film préféré de tous temps. Le livre de Jon Krakauer dont Sean Penn l'a tiré est aussi une vraie bible pour moi. L'histoire de Chris MacCandless aurait pu être la mienne. A la même époque (1992-1993), j'ai vraiment hésité à partir sur les routes, sans rien, comme lui. A la place, je suis parti faire mon service militaire... Le disque d'Eddie Vedder n'a qu'un seul défaut : il est trop court. Sinon, c'est juste un vrai bonheur. tout en l'écoutant, je me revois en 2013 sur la route de Monument Valley, posant au bord des Snoqualmie Falls, ou arpentant les rues de San Francisco ou de Seattle avec mes sacs à dos. 

Pyramaze : Disciples of the sun. Je vous ai déjà parlé de ce groupe dans un précédent article. J'adore Pyramaze, ce groupe de power métal mélodique avec des incursions progressives. Après des années de vide créatif (le groupe s'est séparé après la sortie du 3ième opus), il revient enfin avec un nouveau line-up et un nouvel album. Une renaissance réussie, alors qu'on ne donnait plus cher d'eux, malgré des débuts très prometteurs (les deux premiers albums étaient de pures merveilles). Je viens de l'acheter, alors je m'en imprègne le plus possible. Les parties épiques inspireront sûrement les passages de batailles du livre. 

Devin Townsend Project : Sky blue. C'est un des deux disques sortis avec le tant attendu Ziltoïd². Plus calme que son jumeau, il contient quelques perles mélodiques, comme le morceau éponyme. Si vous me suivez, vous le savez, je suis fan de Townsend. J'ai du mal à ne pas aimer ce qu'il fait (ça arrive pourtant, parfois. Comme l'abum "Physicist" ou le récent "deconstruction", que j'ai trouvé vraiment too much). Il y a de la majesté, de la puissance dans l'oeuvre du canadien. Un côté planant aussi, si si, écoutez bien : entre les hurlements et les guitares saturées!
La voix extraordinaire de Devin Townsend me poursuit depuis 1992. Une constance assez inhabituelle pour un type comme moi.^^ 

vendredi 23 avril 2010

Let the music play!

Encore un petit lot de disques très propices à l’inspiration. Je les écoute régulièrement, notamment lorsque j’ai besoin d’imaginer des ambiances ou des scènes d’action.

The Melancholy Beast, de Pyramaze. De l’excellent Metal mélodique, épique (avec quelques incursions gothique) germano-américain. J’ai découvert cet album a sa sortie en 2004, et depuis, je ne m’en suis jamais lassé. Comme pour Kamelot, la (très récente) discographie de ce groupe (3 albums) est de grande qualité, surtout les deux premier albums (The Melancholy Beast et Legend Of The Bone Carver), d’ailleurs. Les hamonies vocales de Lance King sont à tomber par terre et filent la chair de poule. Dommage que le chanteur ait finalement été remplacé!
Ce disque est bien pratique pour quitter les affres du monde réel et aller affronter les choses qui vivent au plus profond de nous…

The city, par Vangelis. Un album instrumental plein de sons synthétiques et de mélodies ambiant comme sait les composer le célèbre auteur de la bande originale des films “Blade Runner“, “Porté disparu“, “Les chariots de feu“, ou “Les révoltés du Bounty” (entre autres). Le disque -qui pourrait bien être l’hymne de toutes les grandes villes du monde moderne- date de mes années fac (90-91), mais garde un son relativement actuel. On y entend par moment la voix de Roman Polansky (qui était sans doute loin de s’imaginer qu’il tomberait en disgrâce par la suite). Idéal pour se relaxer, faire le vide, et se mettre en état de créativité.

Engines of Creation, de Joe Satriani. Lorsqu’un guitariste rock virtuose décide de faire une incursion dans les musiques électroniques et les rythmes technoïdes, ça donne ça! Un album grandiose que j’ai adoré dès la première écoute à sa sortie, en 2000. On surfe constamment entre les riffs Heavy Metal (auxquels il nous a habitués depuis ses début) et la ritournelle pour jeux vidéos, et c’est tout simplement bluffant, complètement dépaysant (des tympans)! C’est ce genre de compositions que j’écoute lorsque je veux décrire une scène de fuite ou de poursuite dans L’infection.

Cyberpunk, de Billy Idol. Comme son nom l’indique, ce disque (qui date de 1993 – mes années “service militaire”) est particulièrement approprié pour les ambiances “RolePlay”. A l’écoute de tous les morceaux, on imagine parfaitement des hordes beuglantes de cyborgs-zombies, errant dans des ruelles sordides et sales d’une mégalopole dans un monde post-apocalyptique, envahi de fumées glauques et empoisonnées. On voit (comme si on y était) les égouts putrides, les usines désaffectées, les grandes avenues désertes, jonchées de détritus et de carcasses de voitures fumantes, les rats. Bref, ce disque est une illustration parfaite de mondes (comme Toxian City, The Wastelands, Leros, ou Midian City) que l’on peut parfois trouver dans Second Life.

Twisted, par Hallucinogen. Dans un monde où l’informatique est reine, où les ordinateurs font la loi, il faut bien que même la musique soit phagocytée par les instruments de synthèse! Cet album de Techno-Transe (datant de 1995), à l’image de sa pochette psychédélique et planante, est absolument phénoménal! C’est une invitation au voyage multidimensionnel au pays des pixels, des loops et du code binaire. Évidemment, il faut déjà être ouvert à la musique électronique pour encaisser d’un seul coup un tel délire, mais le jeu en vaut la chandelle! Imaginez ça : un vrai trip complet sans prendre de drogue et sans mauvais lendemain, pour moins de 15 euros?

The Ultra Zone, de Steve Vai. Je ne m’en suis jamais caché, la guitare électrique est mon instrument favori. J’en suis fan depuis mon premier disque d’Iron Maiden, qui doit dater de euh… 1982? Donc c’est en toute logique que je me suis mis à chercher des musiciens “instrumentalistes” qui feraient du Hard Rock sans chanteur. J’ai découvert Satriani au début des 90′, puis Steve Vai a suivi en 92. Et là, ça a été la révélation! Ce type est non seulement un virtuose, mais c’est en plus un magicien en symbiose parfaite avec son instrument : la musique coule sous ses doigts comme le Ti Punch dans mon gosier… Ce disque là est vraiment différent des précédents (qui eux-mêmes sont tous différents les uns des autres). Il comporte une dimension universelle et technologique qui résume bien le concept des mondes virtuels.

Ashes to ashes – Dub to dub, de Brain Damage. Le dub, c’est un genre de musique ambiante pleine d’échos et d’instruments du genre “culturel”, avec de grosses rythmiques reggae et une basse omniprésente. Brain Damage ne déroge pas à la règle, et ce disque très typé, presque hypnotique (en particulier la seconde partie de remixes dub) est l’un de mes préférés. Je ne sais pas si justement, c’est dû au son lourd ou à l’atmosphère hallucinatoire, mais quand j’écoute cet album, j’ai l’impression de me retrouver dans un bar à concerts enfumé (comme avant la mise en application de la loi Evin), en train de picoler des bières, entouré de gens aux yeux très brillants et absents qui se dandinent lymphatiquement en rythme, d’avant en arrière…

Je me sens détendu moi aussi, et ça me permet de sortir de mon carcan individuel pour acquérir une sorte d’état de grâce prompt à la créativité!

Une chose -commune à tous ces albums- et que vous avez dû noter, cependant : c’est la laideur ignoble (et probablement assumée par leurs auteurs) de toute les pochettes! Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine ;-)
Allez, quelques extraits pour la forme… Enjoy!

Découvrez la playlist Infection2 avec Steve Vai