vendredi 26 mars 2010

État de travail…

Pfouuu… Il a fallu que je remette un peu d’ordre dans mes écrits, parce que je ne savais plus trop où j’en étais… J’ai donc remis mes chapitres dans le bon ordre, les ai nommés et numérotés. Comprenez-moi bien : ce n’est pas encore fini, mais j’ai déjà écrit une petite quinzaine de chapitres de L’infection, pour un livre qui en contiendra a priori une vingtaine (au minimum 250 pages en tout).
Voilà ce que donne le plan pour le moment :

Première partie

Chapitre 1 : La petite nouvelle… (écrit)
Chapitre 2 : La cigarette du condamné. (écrit)
Chapitre 3 : La fille qui venait d’ailleurs. (écrit)
Chapitre 4 : L’addiction. (écrit)
Chapitre 5 : Coup de foudre. (en cours de rédaction)

Seconde Partie

Chapitre 6 : Coïncidences troublantes. (écrit)
Chapitre 7 : La proposition. (écrit)
Chapitre 8 : Les petites lignes du contrat. (écrit)
Chapitre 9 : Renaissance. (écrit)
Chapitre 10 : L’espoir fait vivre. (écrit)

Troisième partie

Chapitre 11 : La mort dans l’âme. (en cours de rédaction)
Chapitre 12 : Transcriptions. (écrit)
Chapitre 13 : Le renvoi. (écrit)
Chapitre 14 : L’interrogatoire. (écrit)
Chapitre 15 : L’enfer sur terre. (titre de travail)

Quatrième partie

Chapitre 16 : Intervention (titre de travail)
Chapitre 17 : Échec (titre de travail)
Chapitre 18 : Ambition (titre de travail)
Chapitre 19 : Arrestation (titre de travail)
Chapitre 20 : La chasse (titre de travail)

Epilogue…

Rien que de poser ça par écrit, j’ai l’impression d’y voir beaucoup plus clair, maintenant!
Bon, quand je dis “(écrit)”, ça veut dire que le chapitre est déjà bien abouti, mais qu’il méritera certainement une bonne relecture, et puis aussi probablement quelques  retouches et aménagements de la dernière heure… En gros, ce qu’on appelle des “arrangements” en musique ;-)

Allez, au boulot, maintenant!

samedi 13 mars 2010

L’infection, merci à eux :

Bon, je sais, je n’ai pas encore terminé le bouquin, et je commence déjà à parler de sources et de remerciements. Ne vous inquiétez pas, ça fait partie du processus de teasing que j’ai mis en place depuis le début de cette grande aventure, en novembre 2008.
Et puis, on ne sait jamais de quoi la vie est faite : si je mourais demain (si c’était le cas, le livre ne serait jamais terminé), je tenais à ce que tous les gens que je vais citer ci-après sachent combien ils comptent pour moi dans le cadre de la réalisation de ce premier vrai roman, mais aussi pour certains, dans la vie de tous les jours.

Donc L’infection, ce sera -comme je l’ai déjà dit ailleurs- l’œuvre de ma vie. Mais cette histoire n’aurait jamais pu voir le jour sans les personnes ci-dessous:

- David Castéra, le boss d’Immersive Lab. Je ne le cite pas pour avoir une augmentation, ni même parce que j’espère qu’il va embaucher des copains (ou des copines), mais parce que s’il ne m’avait pas fait découvrir Second Life en 2006, jamais je n’aurais eu l’idée d’écrire une histoire pareille. Je le remercie doublement, parce que le poste qu’il m’a offert dans son entreprise m’a permis de rencontrer les personnes ci-dessous, qui m’ont passablement aidées; certaines d’entre elles n’ont d’ailleurs probablement pas conscience à quel point :

- Willow Ahn aka Sigrid Daune (photographiste de grand talent),
- Lynet Lytton aka Hélène Courage (ma “soeur de lait” in SL),
- YannMinh McDowwll
aka Yann Minh (pape du Cyberpunk in SL, écrivain, graphiste…),
- Claire Pascale
(New order of Jedi in SL),
- Rafale Kamachi aka Ariane Dupleich ( Sail Away Project),
- Fredylajoie Merlin (SEXploratrice virtuelle),
- Serena Parisi (exploratrice virtuelle),
- Mariaka Nishi aka Anne Astier (artiste omnidimensionnelle), et tant d’autres que je n’ai pas cités, mais qui se reconnaîtront.

Je tiens aussi à remercier mes support techniques, qui m’ont permis de pas mal dégrossir certains aspects plus ou moins pointus de l’intrigue :

- Fairyverse Magic aka Henri Morlaye (Fairyverse), pour ce long entretien au sujet des intelligences artificielles, qui a été déterminant pour la construction de la trame du roman.
- Daniel Oberhausen (Priartem), pour ses précieuses précisions au sujet des ondes électromagnétiques,
- Elsa Oliarj, étudiante en master de cinéma à la Sorbonne, qui m’a permis de crédibiliser le mensonge de mon personnage principal.
- Claude Durang, pour ses précisions sur les méthodes d’enquête de la Gendarmerie Nationale.
- Matthew Tyas, Stéphane Martin, Mickaël Lebon, Jean-Pierre Etchegoyhen, et Simon Ramu pour d’autres conseils et renseignements concernant Second Life, les mondes virtuels en général, et Internet.
- Je n’oublie pas le reste de la DreamTeam, Richard, Yannick, Riton, Vincent et Pette, qui me font bien marrer tous les jours, et qui m’inspirent aussi, mais (je suppose) sans qu’ils en aient conscience ;-)

Enfin, je remercie tout ceux sans qui je n’aurais jamais eu la force de me lancer dans un truc pareil :

- Mon épouse Fabienne et mes enfants Louis et Jodie, qui supportent mes caprices de sale gosse égoïste et mal élevé à longueur de journée, et continuent à me soutenir malgré tout!
- La Soule, mon vert pays d’adoption, qui ne cesse de me surprendre chaque jour qui passe…
- Laurent Caudine, mon pote d’Astobelarra, qui suit tout ça de loin, mais avec intérêt.
- Enfin, je remercie Magali Flouzat pour sa confiance, ses encouragements, et surtout pour l’inspiration. Tu me manques, miss ;-)

Respect, peace & love to you all…

La souris qui a bouffé mes bottes…

Un matin, la rosée est tellement pénétrante que je décide de troquer mes chaussures de montagne contre la paire de demi-bottes en caoutchouc noire de chez Etche-Sécurité que j’ai achetée avant de partir à l’estive. Ça fait plusieurs jours que je ne les ai pas portées, et je les retrouve donc posées en vrac dans un coin de poussière, dans ma chambre.

Ce n’est qu’en sortant dans la lumière du jour que je m’aperçois qu’elles sont trouées au bout! Deux énormes trous, dont je ne comprends vraiment pas comment j’ai pu les faire sans m’en rendre compte! Christophe, à qui je montre l’étendue des dégâts ricane, crâne : «  c’est les souris! Elles t-ont bouffé tes bottes! Ça ne serait pas arrivé si tu avais acheté des Aigles! »

Ben merde alors! Au prix où je les ai payées en plus! Me voilà condamné à patauger tout l’été en espadrilles dans le purin des cochons, qui ont transformé les alentours de la cabane en fosse sceptique à ciel ouvert!

L’arroseur arrosé…

Au printemps, fort de mon diplôme de BPO (Brevet Professionnel Ovin) et de ma première saison d’estives globalement réussie, je suis repassé en Ariège avec mon épouse afin de rencontrer les éleveurs qui employaient le vieux Miguel. Je voulais me présenter moi-même aux propriétaires pour leur proposer mes services. Une candidature spontanée, en quelque sorte…

Mais je me suis vite aperçu, devant l’accueil plus que froid des agriculteurs de là bas que je n’étais pas le bienvenu. Autant les touristes de passage (qui dépensent leurs salaires sur place, soutenant ainsi l’économie locale) sont relativement bien perçus par les habitants (qui les accueillent à bras ouverts dans leurs gîtes ruraux tout confort), autant un petit jeune issu de la ville et qui veut « faire le berger », est de suite catalogué comme un rigolo, un doux rêveur un peu flemmard, bref, un « indien » crevard qui va faire tâche dans la vallée et déranger les bonnes vieilles habitudes.

Ne vous méprenez pas! Je ne suis pas en train de casser du sucre sur le dos des ariégeois, ni même des Pyrénéens en général. Ce comportement sauvage est typique de tous les pays de France un peu « enclavés », isolés et protégés de la folie des métropoles. On veut y garder ses racines, ses repères, ses coutumes villageoise, sans qu’un « étranger » (toute personne qui n’a pas au moins trois générations au cimetière est implicitement considéré comme tel) ne vienne fourrer son nez dans des affaires qui ne le concernent pas…

Donc après cette visite peu encourageante, notre installation en Ariège nous a parue bien compromise. Pour autant, il n’était pas question que nous restions au Pays Basque : nous étions encore pétris de préjugés, inculqués de manière plus ou moins subliminale par les médias nationaux, qui -hors des « frontières » basco-basques- s’acharnent encore aujourd’hui à n’en montrer que les côtés radicaux et violents.

Je me rappelle avoir eu de très dures conversations à ce sujet avec Miren Aire, une jeune bergère d’Urepel avec qui j’ai suivi les cours du BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole) durant l’année 1999. Mais à l’époque, j’étais encore dans le déni, imperméable aux idées des autonomistes (même modérés), bref, dans la plus complète et ignorante répulsion de la différence. En fait, à ma façon, je ne me comportais pas mieux avec les basques qui m’avaient accueillis que les éleveurs ariégeois ne l’avaient fait avec moi!
Comme quoi, l’enclavement, c’est dans la tête…

Juste avant la fin…

Je ne perds plus une occasion pour partir seul à la recherche du troupeau, envoyé en vadrouille quelque part entre le pic du Belintou, la petite Combe, et le lac de Goldauny. C’est mon seul moyen d’échapper quotidiennement à la pesanteur de la cabane d’Ousse, car je ne supporte plus le contact permanent de ses hôtes. Ces escapades assez physiques en montagne me donnent le courage et la force de supporter ce que j’endure depuis des mois au travail.

Alors au lieu de faire la sieste, comme les autres, je chausse mes godillots, prends mon fidèle petit sac à dos Décathlon, que je garnis de fruits secs et de chocolat pour l’expédition, remplis une gourde en métal émaillé d’eau, et je pars dans les pierrés, accompagné de l’infatigable vieux Pilou.
Mon walk-man en poche, je gravis la rocaille jusqu’aux crêtes herbeuses qu’affectionnent les izards. De là, j’aperçois le majestueux pic d’Ospe dans le vallon voisin, presque comme si j’y étais! Le monde m’apparaît soudain tel qu’il est à l’échelle de l’absolu : tout petit et vain! Et mon existence est quant à elle carrément invisible, tellement elle est microscopique. « Ocean Machine », de Devin Townsend résonne en boucle dans mes oreilles, tel le rugissement rageur d’une entité cosmique mélancolique et incomprise qui se préparerait à se révolter contre l’univers, son père.

« Who’s the weakest now?
Caught up in the wire
I’m already gone
Who’s the weakest now? »
1

Mais l’heure tourne vite, et je suis contraint de redescendre sur terre… Il va falloir penser à récupérer les brebis, puis à reprendre le chemin de la cabane, pour la traite du soir.
Je ne crois pas que je pourrais tenir encore longtemps à ce rythme sans rien faire. Je pense à mon épouse, qui me manque horriblement, et je me maudis de ne pas avoir su partir de cet enfer quand il en était encore temps…

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1 « Voices in the fan », titre extrait de l’album « Ocean Machine », de Devin Townsend.

Alexandrine…

A peine sortie de l’adolescence, Alexandrine est une petite brunette à mèches rebelles, qu’elle replace constamment d’un geste gracile et faussement machinal derrière ses oreilles.
C’est une jeune femme sans complexe, avec des yeux noisette légèrement éteints, affectant une sorte de réserve, un peu comme une barrière naturelle invisible qui donne envie aux prédateurs de garder leurs distances. Elle fume du tabac à rouler (parfois assorti d’autres substances – je présume) et emporte son nécessaire partout où elle va, ce qui a le don de m’énerver -en silence-…
Je pars du principe que lorsqu’on va chercher le troupeau dans les hauteurs, on ne se charge pas de matériel inutile qui pourrait ralentir notre progression, voire nous faire prendre du retard. Mais bon, je ne suis pas du genre à faire chier les gens pour ce genre de broutilles. Après tout, c’est elle qui les porte, ses affaires…

Dès les premiers jours, je suis saisi par le contraste entre sa froideur de surface, et ses manières relativement impudiques (sans doute accentuées par l’effet de promiscuité imposé par la vie en estives). Un matin ensoleillé, au début de ma seconde saison sur le plateau de Fricoulet, juste après la traite, l’emprésurage et le lavage des bidons, alors que je me dirige vers la partie habitation de la cabane dans l’intention de casser une croûte bien méritée, je l’entends chantonner : « Alexandrine va s’épiler, Alexandrine va s’épiler… »
Mes yeux se font tout ronds alors que je me tourne lentement vers elle. Elle est assise sur un banc de pierre contre le mur cimenté de la cabane, elle a remonté les jambes de son pantalon de toile un peu plus haut que la moitié de ses cuisses blanches, et s’extirpe -avec une dextérité toute féminine- la pilosité disgracieuse au moyen d’une pince à épiler, comme ça, dehors, au grand jour, devant tout le monde (c’est à dire : devant moi, en fait)!

« Quand même! » maugrée-je en moi même devant autant de « sans-gêne », en essayant vainement de détourner mon regard soudain devenu très puritain. « Même à la montagne, loin de tout confort, et même à l’âge qu’elle a, ça ne me viendrait absolument pas à l’idée de faire mes ablutions intimes en public, ou du moins devant une femme que je ne connais pas! »

Mais ce n’est pas aussi simple de ne pas voir ce qu’on vous met délibérément sous le nez… Même si l’on est marié, amoureux et fidèle! « Vraiment, je n’avais pas besoin de ça pour me polluer l’esprit! »
Je quitte donc mes bottes précipitamment, puis me jette dans la cuisine où Fernande et Pierre, encore attablés terminent leur omelette aux piments doux.

La grotte aux fromages!

Sans salle de stockage refroidie et aux normes européennes, et sans électricité, on pourrait se demander comment les bergers conservent leurs fromages en estive. Les ancêtres, qui n’avaient pas non plus de voitures et étaient obligés –par la force des choses- de transformer et affiner sur place avant de pouvoir redescendre leur production (beaucoup plus modeste) à dos de mule, n’étaient pas si bêtes : ils avaient leurs propres recettes!

Aujourd’hui, il ne reste plus grand chose de ces astuces des anciens; la faute au progrès qui véhicule autant de bon (pour les conditions de travail des paysans) que de mauvais (pour la Nature et la biodiversité). Les pistes « carrossables » ont fait leur apparition, et l’on peut redescendre dans la vallée à grand coup de 4×4 en moins de deux heures, à chaque fois que c’est nécessaire ou que ça ne l’est pas!

Sur le plateau de Fricoulet, les fromages sont stockés dans une vieille borde préservée de la ruine par les bergers depuis des générations. Ils sont suspendus sur des planches en bois, attachées aux poutres de la grange par des fils de raphia synthétique bleu-ciel, essentiellement pour les protéger de la « vermine » (renards, loirs, souris, ou insectes rampants). Les murs de la bâtisse, en véritables pierre du gave épaisses et humides, conservent les tommes pendant plusieurs jours avant qu’on puisse les acheminer au saloir de Saint Gabriel avec la Lada Niva, où ils seront transformés par un affineur professionnel. Les bergers se contentent alors de retourner régulièrement leur production, afin de lui conférer cette forme homogène caractéristique des fromages « pur brebis des Pyrénées » sous AOC Ossau-Iraty. L’arrangement traditionnel entre le producteur et son affineur, est que ce dernier se paie en prélevant un fromage sur douze.

Sur les lieux d’estives de la cabane d’Ousse, c’est un tout autre système qui est en vigueur, par manque de place. La SHEM exploite le lac artificiel situé en amont du plateau de Fricoulet, et a percé de nombreux tunnels dits « techniques » dans les flancs de la montagne, sortes de grottes perpétuellement humides et naturellement réfrigérées à 14°, dont l’entrée est fermée à clé. La cabane se trouve à une petite centaine de mètres, légèrement en contrebas de l’un d’entre eux. Pierre et Nanette ont négocié avec l’entreprise un droit d’accès et d’utilisation pour y stocker leur production fromagère dans des conditions idéales durant la saison d’été.

Il ne reste plus à Nanette ou Christophe qu’à emprunter les pistes de 4×4 (une à deux fois par semaine) pour emporter la production chez l’affineur.