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lundi 12 septembre 2011

Toujours de belles rencontres à Asunak 2011!

E.H.Boyer sur le stand Astobelarra, au salon bio Asunak le 11/9/2011

Dédicace pour Jeanine.
Asunak (les orties, en basque), est un salon bio organisé par l’association BLE (Biharko Lurraren Elkartea) tous les ans à Hasparren. C’est un endroit très sympathique et convivial auquel nous (l’association Astobelarra – Le Grand Chardon) prenons un grand plaisir à participer en tant qu’exposant, d’autant que nous nous situons en plein dans la thématique.

En plus, on y mange bien (ce qui ne gâche rien). :D 

Cette année, c’est moi qui m’y suis collé. Nous avons vendu un certain nombre de livres et j’ai trouvé deux acheteurs pour “Mauvais berger!”, auxquels j’ai -comme à chaque fois- dédicacé leur exemplaire respectif.  J’essaye toujours de trouver un point de convergence entre le thème du livre et le métier de mon client. Dès fois c’est réussi, et dès fois c’est euh… Bon, ça dépend de ma forme du moment, dirons-nous!

Mais de ce dimanche venteux, je garderai surtout deux très bons souvenirs :
1) D’avoir revu Miren Aire, la bergère d’Urepel avec qui j’ai suivi ma formation de berger il y a… bon Dieu! 12 ans déjà!

2) D’avoir pu discuter avec un tas de gens très sympa, qui sont venus m’aborder au stand pour me parler de mon livre. Parmi eux, un agriculteur m’a dit qu’il l’avait emprunté à la médiathèque d’Hasparren (que je remercie au passage de m’aider à diffuser la bonne parole) sur les conseils d’un de ses confrères rigolards. “Tu dois absolument lire ce livre!“, l’avait-il judicieusement conseillé. Il l’a lu d’une traite, et m’a affirmé avoir apprécié son petit côté “rentre-dedans”.  “On sent que ça devait sortir, et pas un instant on ne met en doute le fait que ce soit du vécu! Je ne connais pas les gens dont vous parlez dans votre témoignage, mais certains de mes amis agriculteurs, oui. Ils m’ont dit ne pas être étonnés outre mesure de votre histoire.

Dédicace pour Xavier.
J’ai toujours un grand plaisir à recevoir ces commentaires positifs, qui me font me dire que j’ai réussi ma mission. Chacun de mes interlocuteurs y va de son anecdote : “je connais un berger sans terre à qui c’est arrivé, mais pas au même endroit que vous.“, etc.
Alors oui, mission accomplie, mais était-ce “à temps“? Il m’a quand même fallu plus de 10 ans pour digérer tout ça. 10 ans pendant lesquels un tas d’autres aspirant-bergers ont eu à subir des comportements inhumains de la part de leurs maîtres de stage ou de leurs employeurs, souffrant en silence, écrasés par des abus d’autorité répétés, découragés car incapables de mettre des mots sur la situation dégradante qu’ils vivaient au quotidien, isolés de la société.

Pour être berger et réussir dans la profession, il faut être prêt psychologiquement à affronter des “monstres“. Je ne parle pas des ours, des loups, des lynx, ou des vautours, qui eux ne sont que de pauvres animaux animés par le seul soucis de survivre, ni même de ce brouillard, dont certains illuminés racontent qu’il favorise l’apparition des “esprits de la montagne“. Je parle de certain(e)s hommes (et femmes) dont la bêtise, la cruauté ou la jalousie n’ont pas de limite. Pour être un bon berger, en plus d’être capable de supporter des conditions de vie et de travail souvent spartiates, il faut soi-même être prêt à devoir bouffer du lion enragé…
Et ça, on ne vous l’apprend malheureusement pas dans les manuels scolaires!

samedi 13 mars 2010

L’arroseur arrosé…

Au printemps, fort de mon diplôme de BPO (Brevet Professionnel Ovin) et de ma première saison d’estives globalement réussie, je suis repassé en Ariège avec mon épouse afin de rencontrer les éleveurs qui employaient le vieux Miguel. Je voulais me présenter moi-même aux propriétaires pour leur proposer mes services. Une candidature spontanée, en quelque sorte…

Mais je me suis vite aperçu, devant l’accueil plus que froid des agriculteurs de là bas que je n’étais pas le bienvenu. Autant les touristes de passage (qui dépensent leurs salaires sur place, soutenant ainsi l’économie locale) sont relativement bien perçus par les habitants (qui les accueillent à bras ouverts dans leurs gîtes ruraux tout confort), autant un petit jeune issu de la ville et qui veut « faire le berger », est de suite catalogué comme un rigolo, un doux rêveur un peu flemmard, bref, un « indien » crevard qui va faire tâche dans la vallée et déranger les bonnes vieilles habitudes.

Ne vous méprenez pas! Je ne suis pas en train de casser du sucre sur le dos des ariégeois, ni même des Pyrénéens en général. Ce comportement sauvage est typique de tous les pays de France un peu « enclavés », isolés et protégés de la folie des métropoles. On veut y garder ses racines, ses repères, ses coutumes villageoise, sans qu’un « étranger » (toute personne qui n’a pas au moins trois générations au cimetière est implicitement considéré comme tel) ne vienne fourrer son nez dans des affaires qui ne le concernent pas…

Donc après cette visite peu encourageante, notre installation en Ariège nous a parue bien compromise. Pour autant, il n’était pas question que nous restions au Pays Basque : nous étions encore pétris de préjugés, inculqués de manière plus ou moins subliminale par les médias nationaux, qui -hors des « frontières » basco-basques- s’acharnent encore aujourd’hui à n’en montrer que les côtés radicaux et violents.

Je me rappelle avoir eu de très dures conversations à ce sujet avec Miren Aire, une jeune bergère d’Urepel avec qui j’ai suivi les cours du BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole) durant l’année 1999. Mais à l’époque, j’étais encore dans le déni, imperméable aux idées des autonomistes (même modérés), bref, dans la plus complète et ignorante répulsion de la différence. En fait, à ma façon, je ne me comportais pas mieux avec les basques qui m’avaient accueillis que les éleveurs ariégeois ne l’avaient fait avec moi!
Comme quoi, l’enclavement, c’est dans la tête…