Je me souviens avoir adoré ce roman initiatique et l'avoir lu au moins deux fois. J'en garde un excellent souvenir, alors je me suis dit que j'allais me le racheter et le relire à l'âge adulte, pour voir si c'était si bon que ça. Et verdict : c'est un passionnant roman pour adolescents, malgré quelques faiblesses dans la narration (essentiellement des redondances : "Han, je marche tout seul dans la nuit, perdu dans la neige, avec un fusil très lourd, j'ai peur, je suis fatigué, mais quel exploit ! Je me demande ce que dirait mon ancien prof de sport s'il me voyait aujourd'hui" reformulé au moins 3 fois dans le même chapitre) ou dans le réalisme de l'histoire (le gamin qui fout rien à l'école mais qui se souvient parfaitement d'où se situe l'appendice et de comment y accéder, malgré la fatigue et la panique. Il pense à l’asepsie et à recoudre tout bien comme il faut, comme un vrai petit chirurgien). Je me souvenais vaguement des personnages principaux, du fil conducteur, de l'ambiance générale, mais pas de tout les petits à-côtés. Reste que j'ai quand même passé un bon moment à le relire, ces derniers jours et ça m'a fait comme une madeleine de Proust. Quelque part, je ne peux m'empêcher de penser qu'en m'offrant ce livre, ma mère a semé, sans le vouloir, la petite graine qui a fait que j'ai quitté ma Charente natale pour venir vivre dans les Pyrénées. La rencontre avec mon ex, 11 ans plus tard, et son amour inconditionnel pour l'Ariège n'ont fait que faire germer et pousser la plante.
Est-ce que c'était écrit ? Est-ce que j'avais mon libre arbitre dans tout ce cheminement ? Je n'en sais trop rien et quand j'y pense aujourd'hui, à l'aube de mes cinquante ans, je trouve tout ceci tellement vertigineux que je me force immédiatement à penser à autre chose.
Toujours est-il que mon prochain roman, dont le titre de travail est, je le rappelle, Les routes du crépuscule, se déroulera également en partie dans les Pyrénées, notamment en Ariège mais aussi en Soule. En écrivant ses histoires, un auteur se met à nu et livre tout ce qui est en lui. Je ne déroge pas à cette règle : les montagnes et les forêts souletines coulent dans mes veines et font battre mon coeur depuis 24 ans. Mais en vérité, j'ai presque l'impression que c'est depuis toujours.
jeudi 18 mars 2021
La dernière chance, mais ce fut la première, pour moi.
mercredi 20 janvier 2021
Un petit questionnaire de Proust, à l'aube de mes 50 ans ?
Allez, une fois n'est pas coutume, je m'adonne à ce questionnaire dit "de Proust" parce que tel est mon bon plaisir. Et ça permettra à ceux qui ne me connaissent pas d'en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment je suis qui je suis...
1. Le principal trait de mon caractère ?
La flemme et la gentillesse, ex æquo.
2. La qualité que je préfère chez un homme ?
La franchise.
3. La qualité que je préfère chez une femme ?
La franchise.
4. Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?
Leur disponibilité. Leur franchise. Leur constance.
5. Mon principal défaut ?
D'être seulement un être humain. Sinon, j'ai les défauts de mes traits de caractère.
6. Mon occupation préférée ?
La glande. Mais aussi la randonnée, penser, lire, écrire, dessiner, prendre l'apéro...
7. Mon rêve de bonheur ?
Me barrer de la société pour aller vivre dans une cabane que j'aurais construite dans la forêt des Arbailles, loin de tout, avec assez de livres pour tenir le restant de mes jours.
8. Quel serait mon plus grand malheur ?
Mourir avant d'avoir eu le temps de faire tout ce que je voudrais faire.
9. Ce que je voudrais être ?
Écrivain à temps complet.
10. Le pays où je désirerais vivre ?
Les montagnes souletines. Mais je rêve aussi d'Alaska ou de grand nord canadien.
11. La couleur que je préfère ?
Toutes les nuances de vert de la forêt.
12. La fleur que j'aime ?
Eguzki Lore, la fleur du chardon sylvestre.
13. L'oiseau que je préfère ?
Le gypaète barbu.
14. Mes auteurs favoris en prose ?
Stephen King, Edward Abbey, Pete Fromm... et puis Constance Dufort et Thomas Ponté !
15. Mes poètes préférés ?
D'une manière générale, je suis hermétique à la poésie. J'en lis peu, mais je sais reconnaître le génie quand je le vois. Alors je dirais Arthur Rimbaud. Et Jacques Prévert.
16. Mes héros favoris dans la fiction ?
L'agent spécial Dale Cooper, dans la série TV "Twin Peaks". Billy Butcher, dans le comic book "The Boys". Actarus, dans le dessin animé Goldorak. Franck Castle, le Punisher. George W. Hayduke, dans le roman "le gang de la clef à molette" (et "le retour du gang"...), d'Edward Abbey...
17. Mes héroïnes favorites dans la fiction ?
Michonne, dans la série TV "The Walking Dead". Westerlies, dans le roman "l'Archipel de Westerlies", de Constance Dufort. Dolores, dans la série "Westworld". Et Scarlett O'Hara, dans le roman "Autant en emporte le vent", de Margaret Mitchell.
18. Mes compositeurs préférés ?
Devin Townsend loin au dessus de tous les autres. Ensuite, Roland Orzabal (Tears for fears), Kurt Cobain (Nirvana), Dave Grohl (Foo fighters), Albert Ketèlbey et David Gilmour (Pink Floyd).
19. Mes peintres favoris ?
Salvador Dali. mais sinon Manu Larcenet, Luz, Gotlib, Mazan, Todd McFarlane, Bernie Wrightson (oui, j'élargis à la BD, c'est plus mon genre "de peinture" à moi...).
20. Mes héros dans la vie réelle ?
Mes parents ? Mes enfants ? Ma compagne ? Et Christopher McCandess, aka Alexander Supertramp ainsi que Cheryl Strayed.
21. Mes héroïnes dans l'histoire ?
Quelle histoire ? Sûrement Amelia Earhart en tout premier. Et Dian Fossey.
22. Mes noms favoris ?
Mes noms ou mes mots ? Pour les noms, je dirais n'importe quel patronyme basque. Inchastoichipy, ou Patalagoity, par exemple...
Pour les mots, n'importe quel mot imprononçable, rugueux ou évocateur de choses supposément horribles : scrotum, filandreux, dépouille, morve, gras de canard, rupture du corps caverneux...
23. Ce que je déteste par-dessus tout ?
Le mensonge et la trahison. Les gens qui balancent leurs déchets dans la nature.
24. Personnages historiques que je méprise le plus ?
D'une manière générale tous les gens de pouvoir. Mais s'il faut donner des noms, alors dans le désordre : Napoléon Bonaparte, Louis XIV, Donald Trump, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, Adolf Hitler.
25. Le fait militaire que j'estime le plus ?
A.U.C.U.N. Je ne vois même pas comment on pourrait se vanter ou se satisfaire d'un truc pareil !
26. La réforme que j'estime le plus ?
A.U.C.U.N.E. Rien à foutre. Ce n'est pas dans mes compétences ni dans mon rayon d'action.
27. Le don de la nature que je voudrais avoir ?
Le génie absolu. Dans tous les domaines. A défaut, je veux bien les pouvoirs incommensurables du Beyonder.
28. Comment j'aimerais mourir ?
D'un arrêt cardiaque en randonnée, quelque part dans les Arbailles, quand je serai vieux. J'aimerais ensuite que mon corps soit mangé par les vautours et que personne ne sache jamais ce qu'il m'est arrivé.
29. État d'esprit actuel ?
Flemme de niveau 7/10 ? Ras-le-bol du Covid de niveau 257000/10 ? Quand est-ce qu'il va sortir, ce putain de nouvel album de Tears for fears ?
30. Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence ?
L'étourderie, l'oubli, le manque de concentration, la flemme...
31. Chocolatine ou pain au chocolat ?
Chocolatine, évidemment ! Chaque fois que j'entends "Pain au chocolat", ça me éclater de rire, mais pas autant que lorsque j'entends quelqu'un parler avec un accent québécois très prononcé (ceci dit sans méchanceté, d'ailleurs ; c'est factuel : ça me fait rire, point.).
32. Ma devise ?
Toujours entrevoir le pire pour pouvoir apprécier le meilleur.
lundi 28 décembre 2020
CROIRE EN SES RÊVES envers et contre tout serait le secret pour aller de l'avant.
Je ne crois en rien qui ne soit pas prouvé par la science.
Oh, je sais bien que ce que je fais est destiné à rester à toute petite échelle. Mais ça aura le mérite d'avoir existé et de m'avoir survécu. Mes livres seront dans des bibliothèques personnelles ; leurs pages seront feuilletées. Ils existent. Ils sont et seront encore, quand moi je ne serai plus.
jeudi 3 décembre 2020
De l’art du pitch qui fait vendre...
Sur les marchés ou dans les salons du livre (pré-covid), on me demande souvent de résumer ma trilogie fantastique et horrifique. C’est clair qu’un bon résumé vaut un bon argumentaire commercial. Et mon problème, c’est qu’autant je sais à peu près écrire, autant je suis une grosse merde à l’oral. J’envie ces gens qui ont la répartie automatique et cinglante, ceux qui arriveraient à vendre leur belle-mère à de pauvres gens heureux. C’est un don de ne pas bafouiller, de garder son self control, de ne pas chercher ses mots. Je n’en ai pas été pourvu à la naissance, et force est de constater que ça ne s’apprend pas non plus, avec l’âge.
Déjà, là, je trouve que j’en ai trop dit. Mais c’est le plus
court et percutant que je puisse faire.
Parfois, on me demande aussi quel est le genre de mes livres.
J’ai coutume de répondre que ce sont des
romans de gare gores, mais malgré la musicalité certaine de la phrase, je
ne suis pas sûr que ça parle à tout le monde. Même si c’est pourtant la
description la moins prétentieuse, la plus simple et la plus réaliste.
Un ami m’a dit que ça
ressemble à du Stephen King en plus gore. Je trouve la comparaison osée
(quoiqu’assez agréable à entendre et j'en suis flatté), et de fait, c’est vrai que je suis fan de
cet auteur. Mais je ne peux décemment pas sortir ça comme argumentaire commercial.
Ah merde, c’est fait… 😋
Parfois, le pitch ne suffit pas. On me demande alors de
résumer chaque bouquin. Voilà ce que je peux en dire, sans trop divulgâcher…
Le tome 1, ce sont les
premiers méfaits de l’intelligence artificielle dans notre réalité. L’histoire
se déroule à cheval entre la Soule et un monde virtuel en 3 dimensions.
Dans le tome 2, l’IA
se multiplie et s’attaque à tous les pans de notre société moderne à la fois et dans le monde entier et nul n’est à l’abri. Un petit groupe de résistants s’organise pour la combattre
et la faire reculer.
Enfin, dans le tome 3,
l’IA s’est retranchée dans le corps d’une enfant et s’apprête à acquérir le
pouvoir ultime. La fin de l’humanité n’a jamais été aussi proche, mais Dieu qu’elle
est dure à écraser…
Enfin, on me demande souvent si l’histoire s’arrête bien au dernier
tome de la trilogie. On dirait que les gens ont peur des histoires à rallonge. Alors
oui, la saga de Beau Smart (l’intelligence articifielle) se termine avec Sepsis. Je ne dirai pas si elle se
termine bien ou mal, mais elle s’arrête là. Ceci dit, je suis un petit malin. J’ai
laissé suffisamment de portes ouvertes pour que cet univers ne s’éteigne pas
définitivement avec ce point final. Il n’y aura cependant pas de suite ou de
reboot. On s’achemine plus vers un spin off, avec de nouvelles aventures. Mais
ce ne sera pas pour tout de suite. Pour le moment, je suis sur un nouveau roman
très enthousiasmant qui n’a rien à voir avec L’infection.
Même si… 😉
jeudi 19 novembre 2020
Les routes du crépuscule - début du Chapitre 7
![]() |
| (Photo Garak01 | Pixabay) |
*****
[1] Va
chercher de la drogue, salope !
[2] Bon Dieu,
t’as une sale gueule, Val.
[3] Désolé
pour ce spectacle de cauchemar. J'ai besoin de me maquiller avant de « faire du
shopping ».
[4] Met-toi
à l’aise, c’est pas comme si tu n’avais jamais vu ma bite.
[5] Tu
exagérais tout à l’heure : c’était pas si moche. Regarde ! me voilà,
toute neuve !
[6] C’est un
truc que j’ai toujours aimé chez toi : tu sais te vraiment maquiller comme
une voiture volée ! Ça doit être un truc de française.
[7] Ça,
c’est raciste, Andy !
[8] Dis-moi
quand tu as fini, j’ai besoin de chier.
[9] Ok, j’en
ai assez entendu. T’as besoin que je te ramène quelque chose du marché ?
[10] Tu connais très bien mon poison.
vendredi 13 novembre 2020
Une trilogie fantastique et horrifique ? Ben ça, c'est fait !
Je me souviens qu'en 2008, j'assiste à une soirée donnée par l'école de musique de Mauléon-Licharre dans la salle des fêtes de Barcus, dans laquelle mes enfants jouent. A la fin du spectacle je discute avec d'autres parents. Je tombe sur Edith Oliarj et, entre autres choses, nous parlons de Mauvais berger. Je lui dis que je suis fier de la sortie de ce livre, mais qu'entretemps, d'autres souvenirs me sont revenus et que je songe déjà à sortir une version deux, plus complète. Elle me répond quelque chose comme : "Tu devrais plutôt te lancer dans l'écriture d'un autre livre. Il te faut aller de l'avant, pas continuer à capitaliser sur un premier livre et ses multiples mises à jour..." Je me rappelle qu'à ce moment-là, je suis un peu gêné. Je dois répondre un truc nul, du genre :"ah oui, mais c'est prévu..."
Oui, ça l'était. Je parlais déjà d'écrire un roman fantastique à mes collègues de boulot d'EMAC, en août 2008. Sauf que je n'avais pas encore eu l'idée. C'était comme qui dirait "dans l'air", mais pas encore bien assemblé dans ma tête. En novembre de la même année, j'ai eu cette épiphanie et j'ai entrepris la rédaction de cette saga, nommée L'infection, en suivant. Il m'aura fallu 5 ans pour sortir le premier tome, 5 ans de plus pour publier le second, et 3 ans de plus pour la terminer.
dimanche 8 novembre 2020
Article dans le journal Sud-Ouest du 7/11/2020 !
Je remercie de tout coeur Pierre-Alex Barcoïsbide pour ce beau papier, paru dans le journal Sud-Ouest pendant le second confinement de 2020.



