vendredi 12 mars 2010

La cage de Faraday…

Le brouillard en montagne, je l’ai déjà écrit quelque part, ça peut être quelque chose de vraiment terrifiant. Propice aux montées de panique, on peut facilement s’y perdre ou s’y blesser, et finir par y crever -seul comme un rat- la face dans un fossé sans avoir jamais pu retrouver le chemin de la cabane. Sans compter que c’est soi-disant le temps idéal pour les sorties incognito du gros plantigrade pyrénéen, qui profiterait de la vapeur d’eau environnante pour mieux s’approcher des humains et de leurs troupeaux. Je n’ai jamais vu l’ours nulle part, à part dans un zoo. Ni même son ombre, ni même une empreinte ou un « laisser ». C’est sûr que je ne suis pas non-stop sur ses traces, comme ces spécialistes ursins dont on lit les interviews dans Pyrénées Magazine avec une pointe d’envie, ni même sur ses passage de prédilection, comme certains bergers (« malchanceux »?), mais je finis par penser que cette peur irraisonnée datant de la nuit des temps est complètement disproportionnée, voire absurde, en tout cas obsolète. Il n’y en a plus tant que ça, des ours, dans les Pyrénées… L’un des derniers débusqués en Soule (il y a plus de 50 ans, quand même) trône encore lamentablement dans l’entrée de l’auberge d’Ahusky, immortalisé par le taxidermiste debout sur ses pattes de derrière, dans une pose de fauve agressif prêt à en découdre, qui fait se dire au touriste de base que finalement, on a bien fait de le dézinguer, ce foutu monstre! Ce que c’est que le pouvoir de suggestion, quand même!

Bref, le brouillard, disais-je, avant de digresser, est l’un des plus grands dangers de la montagne. Mais celui qui est sans conteste le plus impressionnant, c’est l’orage. Déjà qu’en plaine, il ne fait pas bon rester dehors lorsque ça pète de partout, mais alors sur les crêtes, c’est carrément Sarajevo! On est plus tellement sous l’orage, mais presque dedans! Les éclairs crépitent autour de vous, et le tonnerre assourdissant se répercute inlassablement sur les parois rocheuses, donnant l’impression que le ciel vous tombe sur la tête (ce qui est un peu le cas, il faut bien l’avouer). Et le pire, c’est qu’il n’y a aucun échappatoire : s’abriter sous un arbre, tout le monde le sait que c’est plutôt illusoire… Si la foudre tombait dessus, vous auriez alors de grandes chances de finir grillé avec!

Se cacher sous la corniche d’un gros rocher n’est pas plus sécurisant : à vous les éboulements intempestifs ou les coulées de boues! Et encore, je vous fais grâce des « feux de Saint-Elme »! Chaque berger à sa propre méthode pour se protéger de l’orage si l’on est pris par surprise. Christophe, lui, préconisait de se délester de toute pièce métallique, allant de la boucle de ceinture à la montre, sans oublier les chaussures de randonnée à cause des œillets et des crochets!

En gros, selon lui, si ça pète, il faut se foutre complètement à poil dans la nature en furie, et s’allonger à même le sol! J’ai eu de la chance : je n’ai jamais eu à tester cette recette exotique. Si je me suis fait quelques belles frayeurs, je me suis toujours débrouillé pour rentrer juste à temps à la cabane.

*****

Parfois, l’orage s’invite à l’aube, après une nuit humide et étouffante durant laquelle on peine à trouver un sommeil réparateur. L’orage du matin est encore plus impressionnant, parce qu’on ne s’attend jamais à commencer une journée de labeur avec un temps pareil. Un jour, les premiers éclairs s’abattent -accompagnés de trombes d’eau- alors que nous commençons à peine la traite. Les vêtements de pluie sensés nous protéger ne nous sont d’aucune utilité, et la peur finissant par l’emporter, Christophe aussi blême que nous, finit par nous dire de quitter le poste de traite pour aller nous réfugier dans la salle de fabrication, le temps que ça passe.

Il nous semble que le ciel est vraiment déchaîné, comme jamais nous ne l’avions vu. Mais c’est certainement une impression due au fait que nous sommes encore tout ensommeillés. Depuis le parc où sont entassés les moutons attendant de passer à la caisse à traire, la terre battue par le passage des troupeaux et maculée de leurs excréments dégouline dans la pente, charriant d’immondes fumets de purin ammoniaqués jusqu’à nos narines, qui auraient de loin préféré l’odeur du pain grillé, à une heure aussi matinale…
Je ne me sens plus tellement motivé, à l’idée de devoir encore aller patauger cinq heures dans cette purée nauséabonde. “Eh ben…”, dis-je, un brin blasé, “si la journée commence comme ça, on n’a pas fini d’en baver!”

Christophe fait le bravache; pourtant, il est comme nous : il a les foies.  Mais il ne doit surtout rien en montrer. Ne jamais dévoiler ses angoisses à ses employés : telle est la dure condition du patron!

Bah, mais c’est qu’un mauvais moment à passer. Faut prendre notre mal en patience. Ça ne dure jamais bien longtemps. On devrait pouvoir reprendre dans un quart d’heures.

Mais l’orage n’a pas l’air pressé de vouloir déguerpir dans la vallée voisine… Même dans la cabane, Alexandrine n’est pas rassurée : “Mais t’es sûr qu’on risque rien, là?

Mais oui, t’inquiète pas! Le toit de la cabane fait effet cage Faraday. J’ai lu quelque part un scientifique qui expliquait le phénomène. Il écrivait que l’éclair se sépare au dessus du toit pour rejoindre la terre; c’est pour ça qu’on est protégés, ici!

L’explication pseudo-scientifique du berger nous soulage quelques secondes de l’épée de Damoclès qui pend au dessus de nos têtes, lorsqu’un éclair -approximativement de la taille d’un tronc de chêne plusieurs fois centenaire- tombe à deux pas de la cabane. Le craquement sinistre et assourdissant est immédiat, fait trembler les poutres et résonner les cuves en inox à moitié pleines de la traite de la veille, tandis que les chiens, sommairement abrités sous les bancs de bois devant l’entrée se mettent subitement à japper comme s’ils avaient pris une bonne bastonnade.

« Ouf! Celui-ci n’est pas passé loin… », s’exclame Christophe, sourire en coin et sur le ton de fier-à-bras qu’on lui connait.

« Merde, on peut pas les laisser dehors, comme ça, tu crois pas? », fais-je, implorant le jeune exploitant agricole du regard, tout en pensant à mon pauvre petit Pollux terrorisé, sur lequel je fonde tous mes espoirs d’apprenti-berger! Après un regard qui se veut dur, Christophe acquiesce enfin; Alexandrine ouvre le loquet et -geste complètement inconcevable en temps normal (normes européennes obligent)- nous faisons entrer les canidés crasseux avec nous dans la salle de transformation fromagère, afin qu’ils viennent se blottir dans nos jambes ou se terrer sous l’évier, sur lequel sont entreposés les fromages de la veille d’où goutte encore du petit lait.

La lutte continue!

Dessin fait sur le plateau "de Fricoulet" en 1998.
Il ne fait pas bon être une brebis, croyez-moi!

D’abord, les béliers « en lutte » ne sont pas particulièrement  tendres entre eux : il faut les observer ces fiers mâles, deux fois plus imposants qu’une agnelle, prendre minutieusement leur élan, se rentrer dans le lard à grand coup de tête et s’estourbir à moitié -vainqueur comme vaincu-, avant de reprendre le juste cours de leur « parade de séduction » !

Ils ne sont d’ailleurs pas plus tendres avec leurs femelles, qu’ils pénètrent sauvagement lors d’un coït sommaire et brutal, dont l’unique finalité est la reproduction, sans autre fioriture. Il faut les voir renifler vulgairement les phéromones, naseaux au vent, puis harceler « l’élue de leur cœur » jusqu’à ce que, coincée entre une consœur d’infortune et le grillage du parc de traite, elle finisse par consentir -presque par lassitude- à l’acte sexuel après deux jours (ou plus) de poursuite effrénée.
Il faut les voir, ensuite, après avoir expulsé la semence de leurs énoOormes génitoires poilues dans la vulve contusionnée et constellée de chiures de leur partenaire, jeter en suivant leur dévolu sur une nouvelle victime apeurée, et ainsi de suite…

Eh oui ! Le sexe chez les moutons ne laisse pas de place à la finesse, aux bons sentiments, ni à la poésie! C’est routinier  et douloureux, comme à l’usine, avec des notions de rentabilité, et de qualité relative. Le tout étant, lorsqu’on vient de la ville et qu’on veut faire le métier de berger, de savoir prendre du recul, de se dire que « c’est la Nature », que  « ce n’est pas sale », et d’éviter - absolument - de donner dans l’anthropomorphisme primaire, comme je viens de le faire à l’instant.

Mais je digresse, et si ça continue, je vais perdre le fil… Revenons donc à nos moutons !

Brouillard sur le plateau du Fricoulet…

Quelques jours après mon arrivée, et après m’avoir briefé de nombreuses fois, Pierre et Fernande estiment que je suis capable d’aller chercher la partie du troupeau qui vadrouille quelque part vers l’entrée du plateau de Fricoulet, pendant qu’eux vont chercher l’autre groupe, qui pacage plus en amont, de l’autre côté du ruisseau. Ils décident donc de m’y envoyer seul, et sans le chien (on ne sait jamais… il ne m’obéit pas encore !). Sauf qu’il est 17 heures, et que la montagne est tellement encotonnée de brouillard qu’on croirait qu’il est déjà minuit ! Je n’en mène pas large, surtout que le son des cloches du troupeau semble à des lieues de là où je me trouve.

Malgré tout, je veux montrer que j’en suis capable et de bonne volonté, alors j’avance, cahin-caha, en essayant d’éviter de me tordre les chevilles dans le décor, qui semble soudainement receler des pièges mortels sous chacun de mes pas. C’est sans compter sur ma méconnaissance des lieux (même en plein jour), et mon embonpoint chronique… Au bout d’un moment, j’ai l’intuition que le troupeau (dont je n’ai pas encore aperçu l’ombre d’une brebis) m’a repéré, et qu’il me fuit, redescendant vers la vallée d’Ospe en empruntant le goulet par lequel nous sommes arrivés à l’estive !

Terrorisé à cette idée, je me mets à courir comme un dératé sur le terrain accidenté, tentant vainement de contourner les moutons, tout en passant par le flanc de la montagne.

Mais soit je tombe sur des ravines, qui m’obligent à redescendre prudemment, soit je me rends compte que je pars trop en oblique… Bref, à ce moment là, je sens que la « catastrophe » est inévitable, et je suis bien incapable de relativiser !

« Après-tout, ce ne sont que des foutus ovins sans cervelle ! S’ils veulent rentrer à l’étable alors qu’ils viennent de la quitter, peu m’en chaut ! Et c’est pas Pierre, ni la Nanette qui me feront un deuxième trou au cul ! » ne me traverse même pas l’esprit. Je suis vexé et furieux contre moi-même (même si au moins, j’ai réussi à ne pas me perdre ou me blesser), et surtout,  j’ai une trouille indicible de l’accueil qu’on va me réserver à la cabane, si j’échoue…

Je reviens néanmoins au bout de quelques heures, rouge comme une tomate et essoufflé, balbutiant des explications incohérentes, et me confondant en excuses. Fernande a comme d’habitude son regard sévère. Mais avant qu’elle ne me descende sur place en paroles, Pierre, qui n’a même pas l’air courroucé, me commande : « Bon, c’est pas grave. Tu n’as qu’à commencer à traire ce paquet-ci, pendant qu’on va chercher l’autre ». Et les voilà partis dans la nuit humide, qui ne tarde pas à tomber… Je « trais » pendant trois quarts d’heure. Enfin c’est un grand mot, car les brebis font la gueule au fond du parc : ma tronche ne doit certainement pas leur revenir ! Les chiens sont tapis dans les fourrés et ne répondent pas à mes injonctions. Je ne dois pas avoir le ton suffisamment affirmé pour qu’ils aient envie d’obéir. J’en ai marre de cette journée. Je souhaite qu’elle finisse !

Au bout d’un moment, rouge de colère, tremblant de fatigue et trempé comme une garbure sous ma veste en plastique, je suis obligé de passer par dessus les palettes enchevêtrées et branlantes, sensées servir de barrières de contention, puis de contourner le troupeau en hurlant comme un alcoolique en plein delirium-tremens. Je me laisse aller à rouer de coups et insulter ces sales biques têtues et puantes (qui profitent de mon inexpérience et de ma solitude pour me faire tourner en bourrique), afin qu’elles aillent se masser de l’autre côté du parc, devant les caisses de traite.

Je me hais d’en être arrivé là, de ne pas avoir pu maîtriser ma nature humaine, qui veut imposer sa volonté au reste de la création et modeler son environnement pour son profit personnel. Oui, je me hais, mais je ne peux pas lutter. Je ne suis pas en état de me remettre en question. Et puis j’ai si souvent vu la Nanette en faire autant, qu’il ne me vient pas à l’esprit de me calmer et de procéder différemment.

Je retourne lourdement m’asseoir à mon poste, les bras en feu, le dégoût dans la bouche ; mais la brebis que j’avais jetée sans ménagement dans la caisse à traire a réussi à faire demi-tour, et à rejoint le groupe retourné s’agglutiner au fond du parc, fumant sous la bruine et me regardant avec un air de défi et de crainte mêlée. Je n’en peux plus ! Je hais ces moutons pourris, je hais cette vie de merde, je me hais ! J’ai envie de tout plaquer, de remballer mes affaires et de me tirer chez moi, comme un voleur, alors que ça fait à peine deux semaines (tout au plus) que je suis ici.

Je suis plongé dans ces sombres pensées lorsque j’entends tout à coup des cloches qui résonnent, dans mon dos, au loin. Je scrute l’obscurité, et j’aperçois la horde de salopes que j’avais poursuivie à travers le plateau de Fricoulet, quelques heures auparavant, le chien pilou à leurs basques. Ça me donne un bon prétexte pour me lever de mon banc maculé de lait moisi et d’excréments d’ovins, et aller ouvrir la barrière pour laisser entrer le bétail bêlant dans l’enclos. J’ai l’impression qu’elles sourient en me voyant, les ouailles ! Il me semble même que j’arrive à traduire leurs pensées : « Heh heh ! On t’en a bien fait voir, gros, hein, avoue ? En tout cas, nous, s’est bien marrées ! Même que demain : rebelote ! Ah mon cadet, t’as pas fini d’en chier, avec nous, crois nous !» 

La trainarde de service prend le coup de pied au cul pour les autres. Mais l’impression désagréable qui suit ne dure pas…

Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Pierre et Fernande de sortir de l’obscurité, tranquillement, la main dans la main, l’œil hagard de bonheur… Je n’en crois pas mes yeux ! Ni mes oreilles, d’ailleurs : Nanette ne m’engueule même pas, et Pierre n’a même pas l’air de m’en vouloir… Je ne sais pas ce qu’ils ont fait tous les deux, pendant tout ce temps qui m’a paru une éternité, mais je ne veux pas le savoir ! Je ne veux même pas envisager qu’on puisse faire quelque chose d’ordre sexuel avec cette bergère cauchemardesque !!!

Après la traite, j’avale plusieurs assiettes de l’excellente soupe béarnaise que Pierre a laissée mijoter à feu doux toute la journée, et file au lit sans demander mon reste, après avoir passé du « Baume du Tigre » sur les coupures douloureuses de mes doigts, abîmés par les longues heures passées à tirer le lait des mamelles velues et dégoulinantes de suint.

jeudi 11 mars 2010

Le couteau qui taille…

Le lendemain, Christophe monte à l’estive pour remplacer Pierre, qui doit repartir le soir même faire les foins sur l’exploitation, à Sallurnes. Pendant le repas de midi, le jeune berger remarque les courbes graciles de la lame brillante, et le manche en olivier de mon couteau pliable : un splendide petit Sauveterre flambant neuf. Je l’ai acheté quelques mois auparavant dans une armurerie à Pau, près de la place Verdun. J’ai une passion datant de l’enfance pour « les armes blanches », shurikens, push-daggers, khukris, tomahawks et poignards de chasse américains font partie de ma collection ; mais j’ai toujours eu un petit faible pour les couteaux régionaux. Celui-ci m’avait tapé dans l’œil alors que je bavais d’envie devant la vitrine de la boutique.

Je ne l’ai pas acheté tout de suite. Contrairement à ce que je faisais sans arrêt pendant mon adolescence (déclenchant illico l’ire de mon père), j’évite de dépenser sur un coup de tête l’argent durement gagné sur des choses dispensables, bien que ça m’arrive encore trop souvent à mon goût (et surtout à celui de ma femme) ! J’ai donc laissé mûrir l’idée quelques semaines, et quand je me suis mis à en rêver la nuit, c’était signe que le jour était venu !
Christophe me demande de lui prêter le canif, ce que je consens à faire de bonne grâce. Il le prend dans sa main, le fait tourner, l’ouvre, referme la lame. Je sens naître en lui une forme de désir pour ce bel objet fait pour s’emboiter dans la paume de la main. Il ne tarde d’ailleurs pas à me demander, sourire en coin : « Dis, il est chouette, ce petit couteau. Tu me le donnerais ? »

Je le regarde, gêné, mais avant que j’aie le temps de lui répondre par la négative, Pierre tend la main par-dessus la table, et demande : « Fais-voir ça, s’il te plait ? ». Christophe me regarde, puis fait passer le canif à son beau-père curieux. Le paysan soupèse l’objet, le manipule, puis l’ouvre, et commence à attaquer son morceau d’agneau avec. Je suis en train de l’observer, amusé, lorsqu’il lève la tête, et, feignant l’indignation, déclare : « Mais il ne taille pas du tout ton couteau ! »
« Pardon ? Bien sûr qu’il coupe ! Je l’ai fait aiguiser par l’armurier ! »

« Ah promis, il ne taille pas ! Il ne sert à rien comme ça ! Tu veux que je te l’aiguise, moi ? Tu vas voir la différence, crois moi ! »
« Euh… » J’avise les regards pressants autour de moi, je lis une légère pointe d’amusement dans l’oeil bleu de Christophe, puis me résigne : « Bon, d’accord, si vous y tenez ! »
Pierre se lève, fouille dans la boite en fer blanc qui contient les couverts, en tire une pierre à aiguiser bien entamée, crache dessus, et commence à frotter sur ses genoux (et comme un âne) la lame du Sauveterre. Déjà, là, je me demande si je n’aurais pas dû faire preuve d’un peu de courage, et refuser catégoriquement qu’il violente ainsi mon petit couteau, que je n’ai pas encore eu le temps d’apprivoiser. J’essaye de rester le plus zen possible, mais intérieurement, en bon petit matérialiste qui essaye de se soigner, je bous littéralement ! Quel rustre ! Non mais regardez-moi comme il s’acharne dessus ! Il va me la bousiller, c’est sûr !
« Là ! Voilà ! Ça, c’est ce que j’appelle un couteau qui taille », atteste t-il fier de son oeuvre, en me rendant le canif avec la lame (encore toute neuve quelques minutes auparavant) définitivement et profondément rayée sur plusieurs millimètres !
« Ah oui, c’est vrai que ce coup-ci, ça tranche bien », fais-je lâchement, d’une toute petite voix…
Nous reprenons le cours du repas, pendant lequel, d’une humeur subitement maussade et renfrognée, je me borne à répondre par « oui » ou par « non » aux rares questions qu’on me pose…

Des bonus pour vous donner l’eau à la bouche!

Voilà une nouvelle rubrique dans laquelle je vais publier régulièrement des petits textes bonus, que j’avais l’intention de rajouter à une deuxième édition (augmentée) de “Mauvais berger!“ 

Finalement, après mainte réflexion, je me suis dit que je n’allais pas la faire (dans l’immédiat, ni même dans un futur proche), cette version, tout simplement parce que je dois faire mon deuil de ce bouquin et de cette histoire, et passer à autre chose.
Les textes (inédits) étant déjà écrits, je n’allais pas les jeter à la poubelle, et c’est pourquoi vous allez pouvoir les découvrir ici hors contexte, et titrés!

Cela ne veut pas dire qu’Astobelarra ne va pas ressortir Mauvais berger! (dont le stock est presque épuisé), au contraire, mais je vais le laisser sous sa forme originale (en actualisant seulement la quatrième de couverture).

Ci-dessus, une des nouvelles illustrations que j’avais prévu de rajouter à la V2…

mercredi 17 février 2010

Roman vs autobiographie : une toute autre histoire!

"L'infection" : Scène d'amour dans Second Life,
épiée par Beau Smart.
Écrire un roman, c’est carrément une autre histoire que de coucher sur papier ses mémoires. Je m’en suis rendu compte en comparant la somme de travail requise pour L’infection” avec celle, beaucoup plus modeste, que j’ai mise en œuvre pour Mauvais berger!. J’étais plus proche de l’écriture automatique pour mon récit autobiographique illustré que de la rédaction réfléchie et se voulant littéraire. En vérité, ça coulait tout seul, presque comme si on me dictait les mots dans le creux de l’oreille. En même temps, comme c’était écrit avec l’encre de la passion (tout en suivant une trame “historique” réellement vécue)  je n’ai pas été confronté à de grandes difficultés d’inspiration.

Ici, dans “L’infection“, on est dans la pure fiction (quoi que souvent inspirée de mes propres expériences de la vie, mais aussi et surtout de mes “fantasmes”). Je dois me creuser la cervelle pour suivre le fil de l’histoire, pour éviter les redondances et les contresens. Je dois aussi veiller à agencer mes phrases le plus finement possible, afin qu’elles soient pleines de sens tout en étant agréables à lire.
En ce moment, je suis en train d’imaginer et de retranscrire des scènes totalement imaginées. Notamment des scènes de sexe en monde virtuel , et leur traduction en monde réel, derrière l’écran (ouh là!). J’entends déjà les plus sarcastiques d’entre vous se gausser : “comme si tu n’étais pas coutumier du fait!”

Eh bien non, en fait,  malgré une certaine image d’obsédé sexuel que je cultive (pour le look Rock’n Roll pervers), je n’ai jamais tenté cette expérience-ci! Pour tout vous dire, ça ne me manque pas spécialement. Quoi que… Je suppose que si j’ai eu envie de développer cette idée à un moment donné du texte, c’est qu’elle doit faire partie de fantasmes intimes inavoués et inassouvis. En même temps, le sexe virtuel et débridé (sur Second Life en particulier) est un sujet plutôt omniprésent. Je n’ai pas de chiffre actualisé, mais a priori, fonction de mon expérience du lieu,  je dirais que c’est de l’ordre de… 60 à 70 % du contenu global esselien*!

Il y a bien entendu des degrés et des nuances, que je ne vais pas m’attarder à vous décrire ici, mais il est évident que si les mondes virtuels sont les terrains de jeux et d’expérimentations dans toute sorte de domaines (arts, culture, commerce, industrie…), le sexe a de loin le meilleur rôle (Si Second Life est un jeu en ligne pour adultes, ce n’est certes pas pour rien). Donc me voilà en train de disserter sur un sujet que je ne connais pas réellement, mais qui constitue l’une des clés de voute de mon histoire… Pour ce faire, je ne teste pas in situ (plus par manque de temps et manque d’une bonne connexion qu’autre chose, d’ailleurs), mais je me documente sur des blogs de SLifers** émérites, comme par exemple celui de Fredylajoie Merlin, qui a choisi de partager sans complexe sa passion esselienne érotique, tout en faisant découvrir des lieux fort sympathiques.
YannMinh McDowwll, dont j’ai déjà parlé ici, collectionne dans un musée sur sa SIM*** toute une panoplie d’inventions sadomasochistes interactives, qui permettent de se faire une petite idée de l’imagination humaine dans le domaine.

Ouh lààà… J’ai dérivé, là! :D
En fait, pas tant que ça… Écrire une (ou plusieurs)  scène(s) de sexe comme celles (quelque peu déviantes) qui se déroulent dans “L’infection”, c’est un véritable challenge. Je vous avoue que je ne sais pas trop par quel bout prendre cet épisode. Il va certainement falloir que je fasse plus fort que Samantha Waters (dans la série américaine “Profiler”), et que je me glisse littéralement dans la peau de mes personnages. Je sens que ça va être chaud bouillant, tout ça!
;-) 

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*Esselien : de SL (essel), Second Life.
**SLifers : contraction de “Second Lifers”, traduisible par “résidents du monde virtuel” créé par Linden Lab.
***SIM : rien à voir avec le comique. Il s’agit d’un “simulateur”, autre nom pour une “île virtuelle”

dimanche 10 janvier 2010

Un petit indice pour les suites de “L’infection”?

Allez, pour le fun, je vous livre une ou deux petites news.

Première news : Voici les titres des trois tomes de l’Infection :
Boah, je sais, j’ai même pas encore terminé le premier volet que je suis déjà en train de spéculer sur les séquelles de mon tout premier roman fantastique. Ben c’est que je suis inspiré, moi! Et puis comme vous pouvez le constater, je suis en plein dans l’air du temps!

Mais attention, il y a un truc! C’est pas parce que j’utilise des termes médicaux que je vais parler d’épidémie de grippe AH1N1, hein?

Seconde (et dernière) news pour ce soir : je vous parlais ici des oeuvres cinématographiques qui m’ont grandement influencé pour”L’infection“, et bien j’en avais oublié une (pourtant hautement importante) : il s’agit du film TRON!


Allez, je vous laisse cogiter là dessus, en vous souhaitant une bonne, une grande, une merveilleuse année ! Je vais tout mettre en œuvre pour que le livre soit terminé d’ici le dernier trimestre 2010, pour une sortie évaluée à janvier 2011!
Patience, ça avance ;-)