lundi 22 juillet 2013

Antelope Canyons, Horseshoe bent et Glen Canyon dam.

L'entrée de Upper Antelope Canyon
19/7/13. Cette nuit, j'ai fait le tour du cadran. Quel plaisir de pouvoir dormir comme un bébé dans un lit aussi spacieux que confortable. Par contre, les américains et leur clim à fond!!! Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de couper tout ça, avant de choper une angine - en plus de tout le reste, lol. Ah oui, parce que je me suis réveillé avec 3 boutons de fièvre. Si je tenais la chère madame qui m'a refilé cette merde, elle passerait un sale quart d'heure! Depuis, chaque fois que je stresse ou que je suis fatigué, ça réapparaît comme par enchantement. Enfin, ça aussi, c'est l'aventure, hum... 
Photo prise par Henry
Je me suis douché, j'ai pansé mon ampoule (qui ressemble à un bon gros steak bien saignant maintenant), et je suis allé déjeuner dans la salle d'accueil de l'hôtel. J'ai le petit déj' "continental" compris dans le prix de la chambre. Je m'en suis mis plein la lampe (il y a des œufs, des saucisses, des céréales, des toasts et de la confiture, des cupcakes, du café et du jus de pomme à volonté...), sachant que j'allais pas mal vadrouiller dans la journée, puis j'ai pris mon sac à dos (avec trousse de premiers secours, bouffe et 4 litres d'eau) et suis reparti en direction de l'aéroport, où se situe l'agence de location de voiture. J'ai montré patte blanche, signé les divers papiers et embarqué l'auto, une  petite Chevrolet Sonic rouge, à vitesses automatiques. Il a fallu que je demande au gars de m'expliquer comment ça fonctionne, parce que c'est un dépucelage, pour moi... En fait, c'est hyper simple à utiliser, bien moins stressant que nos modèles européens habituels. 

Un rai de soleil dans Upper Antelope Canyon
Et en route pour les canyons d'Antelope! Il n'y en a qu'un, mais il se sépare en deux. La route 98 passe au dessus de la séparation. Il y a donc Upper Antelope Canyon et Lower Antelope Canyon. J'ai suivi les conseils du guide du Routard. D'abord l'Upper et aller directement sur place (c'est moins cher que de passer par une agence du centre ville). Là, des Navajos partout, qui m'ont accueilli avec toujours la même gentillesse qui les caractérise. Au début, je la soupçonnais d'être intéressée, cette gentillesse, mais ce serait prêter au Navajos des intentions calculatrices. Or, Ce sont certes des commerçants, mais ils sont foncièrement gentils et serviables de caractère. Je me suis retrouvé dans un groupe de 11 personnes, dans le 4x4 d'un guide Navajo nommé Henry, qui a été incroyable. Non seulement il m'a permis de monter à l'avant avec lui, mais en plus, il était plutôt du genre curieux et prolixe. Un peu comme moi, quoi. Du coup, on a pas mal parlé pendant le trajet jusqu'à la fissure qui marque l'entrée du canyon. A l'intérieur, c'est un peu "l'usine". Les groupes se succèdent à la chaîne, et il faut que ça avance vite, pour que chacun y trouve son compte. La visite dure une heure et demi, pas une minute de plus. Par contre, on en a pour son argent (40$)! C'est tout simplement féérique, là dedans. Un monde à part : on pénètre le ventre du désert. Quand on en ressort, c'est presque comme une nouvelle naissance. 
J'exagère à peine, comme toujours :D

Henry, notre guide Navajo.
Henry est un artiste. Il s'y connait en appareils photo de toute sorte. Il n'hésite pas à nous indiquer les belles images à faire, quitte à se saisir du matériel, le régler lui-même (!) et prendre le cliché pour nous. Et à chaque coup, c'est un chef d'oeuvre... C'est un poète aussi. Il nous montre des formes dans la pierre de sable ("Navajo sandstone", comme ils disent là-bas) et c'est toujours un vrai régal pour les yeux. Il y a tant de photos à faire, tant de pierres douces comme la soie à caresser... C'est magique. Et puis cette lumière matinale qui perce de temps à autres et qui donne au roc cette couleur ocre jaune inimitable, tirant jusqu'au violet, c'est divin. Henry est aussi un géologue, qui nous explique comment la roche s'est formée au fil du temps, au fil de l'eau. Il nous raconte que, lorsque l'orage s'abat dans la région (fréquemment), cela crée des "Flash-Floods" (ou inondations éclair) qui creusent le canyon et changent sa configuration à chaque fois, et peuvent s'avérer mortelles pour les imprudents.
A la fin, Henry a fait son spectacle : il a jeté des poignées de sable en l'air, qui ont révélé, rendu tangibles les rayons solaires dans le canyon. De toute beauté, vraiment.
J'ai terminé la visite sur un petit nuage. C'est passé si vite...

Horseshoe bent.
Mais il était déjà presque midi et Henry m'avait dit d'attendre 14 heures pour aller au Lower Antelope Canyon ; alors j'ai repris le volant jusqu'au parking du sentier qui part à Horseshoe bent, une des innombrables circonvolutions du Colorado en forme de fer à cheval, située juste après le barrage de Glenn Canyon. Là, beaucoup moins de monde en vue. Le soleil commençait déjà à taper fort. J'ai grimpé le sentier quatre à quatre, me suis mélangé aux autres touristes qui prenaient des photos, puis ai bifurqué sur la droite, longeant la falaise. Au bout du bout, seul comme le premier homme, j'ai pique-niqué sous les regards curieux de quelques rapaces que je n'ai pas su identifier, tout en admirant la beauté sauvage de ce paysage hallucinant, puis suis reparti tranquillement vers le parking.
Parfois, quand je me retrouve parmi un groupe de touristes (notamment des français), je me marre intérieurement de leurs manies, de leurs engueulades, de leur façon de se croire à l'abri lorsqu'ils critiquent tout à tort et à travers. Je me marre encore plus ouvertement lorsqu'ils s'aperçoivent que le type d'à côté était français lui aussi, et qu'il a tout entendu. Ça doit se voir sur mon visage que je ris de leurs facéties. Je suis sûr que je ne fais pas mieux que mes congénères, mais ça me rassure quand même de voir que je suis moins "untravelled" que certains...

Photo prise par Jay.
Je suis arrivé vers 13h20 à Lower Antelope Canyon. Dans le guide du Routard, il est écrit que c'est le plus beau des deux, et c'est tout à fait vrai. D'abord parce qu'il y a beaucoup moins de monde, mais aussi par le côté un peu plus aventureux de la visite. Il y a des échelles de fer partout à l'intérieur du canyon, qui lui même est parfois très étroit. Je ne suis pas certain que j'aurais pu passer aussi facilement entre les failles en octobre dernier. Ce coup-ci, c'est Jay, un jeune Navajo de moins de 20 ans, qui nous a guidés dans le dédale, avec sa flûte indienne en bandoulière. Très sympa, lui aussi, quoi que plus distant. Je mets ça sur le compte de son jeune âge. Lui aussi savait manier tous les instruments des touristes : tablettes tactiles, reflex numériques, bridges, petits compacts (comme le mien), ou mobiles, aucun n'avait de secret pour lui. Et lui aussi nous a pris quelques photos de coins qu'il apprécie plus particulièrement. Notamment celui de la voûte (voire photo ci-contre).
Ici et à cette heure, les couleurs oscillent entre l'ocre orangé et le jaune vif.

Jay et sa flûte, Lower Antelope Canyon.
La roche est douce, pleine de méandres et de détours, de cavités et de protubérances improbables. C'est tout simplement magnifique. Mais tout aussi mortel. En 1997, 12 personnes y sont mortes noyées, dont une majorité de français. A l'entrée du défilé, un mémorial est chargé d'intimer chacun à la prudence...
Dans la salle finale, Jay a sorti sa flûte et a joué un long moment. Je ne sais pas si vous connaissez le son de la flûte indienne (des indiens d'Amérique), mais à moi, du moins, ça fait des frissons à la colonne vertébrale. Et dans cet espace naturel, c'était tout simplement magique. Le retour l'est un peu moins, face aux trois cheminées de l'usine de production électrique. Mais ça a aussi son charme désuet... Si si, cherchez bien!

Et puisqu'on parle d'usine, je ne pouvais pas terminer la journée sans aller visiter le barrage de Glenn Canyon, celui-là même que fustige Edward Abbey à longueur de page, dans "le gang de la clé à molette". J'y suis donc allé pour l'expérience, mais les guides sont plutôt du genre à encenser l'oeuvre technique, moins à parler des désagréments écologiques qu'il a engendrés. Et puis sans le barrage, pas de tourisme, et donc pas de Page... Tout s'imbrique... Un mal pour un bien, etc.
Une vieille turbine exposée sur le barrage de Glenn Canyon
Mais bon. Grosso modo, c'était quand même intéressant, et c'est effectivement un énorme travail qui a duré des années et monopolisé un tas de gens, et des tonnes de béton et d'acier. Et ça fournit de l'électricité pour des millions de personnes, selon le guide, donc où est le mal?
Une chose amusante à propos de cette visite, c'est qu'on y est fouillés comme à l'aéroport. J'ai dû laisser plein de trucs dans la voiture pour pouvoir entrer. Et une fois à l'intérieur, on reçoit un billet sur lequel il est inscrit noir sur blanc et en GRAS qu'il ne faut surtout pas prononcer certains mots (bomb, threat, terrorism...), même pour rire, au risque de se retrouver expulsé du site manu militari! Personne n'a osé... Au cas où?
Autre chose amusante, on retrouve les livres d'Abbey dans la boutique du barrage. Sauf le fameux "gang de la clé à molette". Bizarre, non?

Le soir, après un repas frugal (et fruitier), je me suis couché tôt, car j'avais l'intention de partir assez loin en balade. J'hésitais entre le parc des Arches (assez loin) ou Monument Valley (dans les 150 miles de Page)...

Voir toutes les photos de cette excursion? Cliquez sur le lien!

De Newark à Denver, de Denver à Page.

Le petit coucou qui m'attendait à Denver...
18/7/13. Aucun souci pour prendre l'avion à Newark. J'ai passé les security checkpoints avec succès, et ai embarqué assez vite dans un avion de taille moyenne. Un peu le genre de celui que j'avais pris à Pau. Pour une fois, j'étais assis à côté d'une charmante jeune fille... qui n'a pas arrêté de roupiller de tout le vol, lol.
Arrivé à Denver, il m'a fallu reculer de deux heures. Vous rendez-vous compte? En amérique, l'avion est une machine à remonter dans le temps! C'est pas chez nous que ça arriverait, ça! Quand je vous dis qu'on a 20 ans de retard ;-)

La grande traversée des choux-fleur
A Denver, on m'a gentiment aiguillé vers le bon terminal. Pas de checkpoint ici. C'est la routine... Dans les couloirs de l'aéroport, je croise mes premiers cowboys (avec Stetson, bottes en peau de crotale et chemise en jeans) et mes premiers indiens. D'ailleurs, on ne dit pas "indien" ici, mais Native American, c'est beaucoup plus politiquement correct. Les américains sont très sensibles sur cette question. C'est sûr qu'ils doivent avoir un peu de scrupules, après avoir tué, puis parqué dans des réserves les autochtones pour pouvoir bâtir leur constitution... Les français n'ont pas fait mieux en Algérie ou ailleurs, remarquez. Sauf que eux, ils ont fini par partir.
Enfin, bon, on ne va pas tergiverser, hein? D'ailleurs les fameux indiens commencent à pas mal tirer leur épingle du jeu, au final. Nombre d'entre eux vivent (bien) du tourisme (et parfois du jeu) ainsi que de la vente de leurs artisanat. Je crois que ça ne va pas trop plaire, ce que je vais dire, mais je trouve qu'aujourd'hui, ils sont un peu comme les basques en France : intégrés à la société qui les a bouffés, mais intègres et autonomes (ou cherchant à le devenir, pour les basques). Bref.

Premiers canyons, sous la couche cotonneuse !!!
Au bout de trois petites heures d'attente, on m'a dirigé vers un "minuscule" coucou bleu-blanc-rouge à hélices. Pas de passerelle : l'accès à l'avion s'est fait directement depuis le tarmac, comme dans Tintin. J'avoue que j'ai eu le fessier qui s'est un peu contracté en voyant l'engin. Mais bon : ça aussi c'est l'aventure! Alors je suis monté et ai pris place. Dans l'avion, une place de chaque côté de la travée centrale... Je voyais la cabine et les deux pilotes depuis mon siège. Et puis l'avion a décollé. Il a même volé, dites donc! Bon, rien à voir avec le gros Airbus transatlantique. A la moindre traversée de nuage, on avait l'impression qu'il allait perdre une aile ou piquer du nez. Et ça tombait mal : il y en avait un paquet, de gros nuages d'orage. Mais apparemment, on s'en est bien tirés ce coup-ci. En tout cas, j'étais content de ne pas avoir mangé avant le départ! Je vais garder la technique pour le prochain vol, lundi midi, puisque je vais vraisemblablement reprendre le même zinc. J'ai quand même éprouvé une terrible excitation à la vue des premiers canyons, et bien entendu à celle du Lake Powell, juste avant d'arriver. 
L'atterrissage à Page a été assez folklorique. Là encore, j'ai cru que les 14 passagers, les deux pilotes et moi-même allions y rester, mais non. Solide cet engin!

Le Powell Lake, juste avant d'atterrir. 
Dehors, la chaleur était écrasante, mais complètement différente de celle de New York : une chaleur sèche et saine. Du coup, entre l'aéroport et mon hôtel (environ 2 km), je n'ai pratiquement pas sué. J'ai marché lentement (à cause de mon pied douloureux), mais je suis arrivé à bon port. Le réceptionniste a un accent atroce, à couper au couteau, genre de l'irlande profonde (ou du pays de Galles), mais on a fini par se comprendre. C'est le grand luxe, ma chambre! J'ai la télé (que je n'utiliserai pas), un frigo, et un king size bed (immense! On pourrait dormir à 3). Dans la cour, il y a une piscine (que je n'utiliserai pas), plein de distributeurs de Coca Cola (idem) et l'hôtel est en "plein centre" de Page, face au Safeway (parfait pour les courses). Autour, il y a un paquet de boutiques Navajos qui vendent de l'artisanat ou des promenades dans divers sites classés sous leur juridiction. Il y a des restaus, des pompes à essence, des banques, des bouches à incendie aux couleurs de Captain America... C'est pas le désert, ma foi!
Ah si...

On m'a souvent demandé pourquoi j'allais en Arizona, si je n'utilisais pas mon voyage pour l'écriture du tome 2 de L'infection. En fait, c'est la lecture des romans d'Edward Abbey ("Le gang de la clé à molette", "Désert Solitaire"... disponibles à la bibliothèque de Mauléon) qui m'a donné envie d'y poser mes sacs pour quelques jours. Au départ, je devais aller à San Diego (voir Coyote Wells), et puis comme je n'y fais qu'une toute petite allusion, je me suis dit que ce serait bête d'aller aux USA et de ne pas au moins voir les canyons. Alors c'est sûr qu'en 4 jours, je ne vais pas pouvoir tout faire. Surtout avec le pied dans cet état. Mais je vais faire mon maximum, profiter de l'instant présent, de l'air ambiant, du sourire et de la gentillesse des Navajos. Voilà l'idée : suivre les pas (pas tous) d'Abbey et en prendre plein les mirettes!

"En Amérique, tout est grand", disait la blague. C'est ma foi
vrai. Il y a comme un culte à la démesure. Parfois, ça peut
effrayer... (photo réalisée sans trucage)
Je suis allé acheter quelques trucs à manger pour le soir (je n'avais rien dans l'estomac depuis le matin 5h00 à Newark) et pour le lendemain, car je devais aller chercher ma voiture de location puis partir en balade dans l'arrière pays, autour du Lac Powell. Je n'avais encore rien de fixé. Il y a tellement de choses à faire ici, et la perception des distances est tellement faussée...

Après manger (des mûres de la taille de mon pouce – photo à l'appui – des tomates et du Pémikan – putain ce que c'est bon cette cochonnerie! – et du fromage en batonnet – sans déconner...), j'ai à nouveau charcuté mon pied qui baignait dans son jus depuis 24 heures, et comme je n'en pouvais plus (décalage horaire oblige), je me suis couché vers 18 heures, sachant que j'avais mis le réveil pour 6h30. La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt, surtout en vacances :D

mercredi 17 juillet 2013

Derniers jours à New York City... (sniff!)

Who's the Rex, now, uh?
15/7/13. Ce qui est vraiment impressionnant, à New York et qui marque dès le début, c'est que les américains (toute origine sociale confondue) sont constamment avec un téléphone portable à la main. Beaucoup téléphonent, d'autres – aussi nombreux – écoutent de la musique au casque tout en marchant, mais c'est comme si on leur avait greffé cet appendice technoïde dans le corps !
Les attaques de vautour, on en parlait déjà du temps de la préhistoire (lol)
Autre chose qui marque : l'usage démesuré de la climatisation. C'est vrai qu'il fait chaud, à New York, mais là, ça dépasse l'entendement : les boutiques de la ville exhalent toutes ce courant d'air froid (remarquez que je n'ai pas dit "frais", mais bien "froid"!) qui contraste durement avec celui, lourd et moite du dehors. Le premier soir, j'ai même choppé un torticolis dans un magasin de souvenirs de Times Square, à cause de la clim!

Lundi, j'avais tellement mal au pied (gauche – j'ai attrapé une méga ampoule en parcourant la ville en espadrilles la veille, remember?) que j'ai décidé de marcher beaucoup moins. Je devais aller visiter Central Park (balade de 4 heures) avec un groupe de l'hôtel, mais j'ai déclaré forfait au dernier moment. Je suis quand même passé par Central Park pour aller là où je me rendais, c'est à dire à l'American Museum Of Natural History, situé à une demi douzaine de blocs de l'hôtel. Ce musée est vraiment immense et rappelle en tout point celui du film "Une nuit au musée", avec Ben Stiller. Il y a pléthore de superbes scénographies, d'expositions, de maquettes, de squelettes de dinosaures ou d'animaux empaillés, de minéraux précieux et on y trouve même "Gomgom", cette espèce de reproduction d'une statue de l'île de Pâques. Je ne suis pas resté jusqu'à la nuit, pour voir si tout ça prenait vie (j'ai fait quand même 4 heures et je suis certain de ne pas avoir tout vu!), mais en tout cas, ça aurait plu aux gosses. Next time, maybe?

Il ne m'a pas demandé de Chewing gums. En même temps
 je ne sais pas s'il aime les Fischerman's friend...
Ensuite, je suis remonté tranquillement à l'hôtel en passant par Broadway Avenue, sans trop forcer. Ma voûte plantaire semblait aller bien mieux, même si, la fatigue aidant, je me suis remis à boiter. Le soir, après dîner (j'ai mangé une salade de tomates Mozzarella, un énorme Panini au boeuf et un blueberry cheese cake – je détaille, histoire de prouver à Pette que je ne mange pas que des bananes ou des smoothies...), je suis allé me promener dans Amsterdam Avenue, mais comme j'ai été accosté 3 fois par le même individu (je lui ai même demandé si sa mère avait fait des triplés ou quoi?) qui réclamait 2 dollars pour picoler, j'ai fini par rentrer à l'hôtel, un tantinet désabusé.

16/7/13. Le lendemain matin, réveil à 6h00, jet lag oblige. Ce coup-ci, vu que j'avais repéré le trajet la veille, et que mon pied ne me faisait plus trop souffrir, je suis allé courir 9 km autour du plan d'eau de Jackie Onassis, appelé le "Réservoir", autour duquel Dustin Hoffman s'entraînait dans "Marathon Man". Il faisait déjà très très chaud à 6h30 du matin, mais j'ai tenu bon.
Un petit jogging dans Central Park? La classe (américaine)!
En rentrant, avec la chaleur ambiante, j'ai mis un temps fou à stopper la sudation. Douche, déjeuner, puis départ pour la Highline, cette jolie promenade sur une ancienne voie ferrée suspendue transformée en jardin public permet de découvrir New York avec un autre oeil. Auparavant, en traversant Chelsea, je me suis aperçu que je passais à Hell's Kitchen, le quartier de Daredevil. Je n'ai pas vu le héros cornu aveugle courir les toits, mais il est vrai qu'il ne sort que la nuit... Plus tard, sur les bons conseils du Guide du Routard, je me suis arrêté à la boutique "Native Leather", sur Bleeker street (à Greenwich Village), pour acheter un souvenir "Made in USA" pour mon fils.
La Highline, havre de paix et de verdure en plein New York.
J'ai à nouveau croisé Broadway Avenue pour rejoindre Little Italy, qui n'a plus d'Italie que le nom, puisque les lieux sont colonisés par les chinois de Chinatown. Justement, c'est vers ce quartier que je me dirigeais, recommençant à boiter... J'ai hésité entre m'arrêter pour manger dans un restaurant chinois, ou reprendre un délicieux smoothie, mais pas longtemps. C'est trop bon, ces jus de fruits frais glacés! Et ça remplit bien son homme, puisque dans le Fruitie Tootie (mon préféré), il y a de la mangue, des fraises, des ananas et... deux bananes! J'ai zoné un peu dans Chinatown, reniflant les parfums d'orient, tendant l'oreille aux dialogues en cantonais (que je n'ai pas compris, évidemment), bref, je cherchais une ambiance exotique. Je suis un peu déçu par Chinatown à New York. Je m'attendais à quelque chose de plus... Enfin de moins... Enfin je me comprends. Normalement, dans 6 jours, je logerai à deux blocs de celui de San Francisco, qui parait-il est vraiment dépaysant. A voir...

Le Brooklyn bridge, en travaux de rénovation.
J'ai poursuivi mon bout de chemin vers le pont de Brooklyn, sachant que je n'aurais jamais la force de le traverser. Il faut savoir que la perception des distances en amérique est complètement différente de celle qu'on a chez nous. Tout est tellement gigantesque, ça fait peur, par moment!
De toute façon, je voulais juste faire une photo du pont. Ensuite, j'ai longé l'East River jusqu'au Ferry de Staten Island, me disant que je pourrais toujours pousser jusqu'à Castle Clinton pour prendre un billet pour Liberty Island, mais j'ai eu la flemme au dernier moment : trop de monde. Et puis le cadeau pour Louis (un couteau tactique de chez "Buck") aurait risqué de me poser un petit problème au Security Checkpoint. Alors j'ai opté pour le Ferry (gratuit) et fait l'aller-retour dans la foulée, shootant la statue et Downtown Manhattan à qui mieux-mieux. Déjà, à ce moment-là (il était genre 16h30), mon pied recommençait à me faire souffrir, alors j'ai lâché l'idée de me faire le WTC Memorial et me suis dit qu'il valait mieux songer à remonter tranquillement, via Broadway Avenue. 
Lady Liberty...
Je me suis arrêté pour manger quelques sushis et sashimis près de Wall Street, puis ai poursuivi ma route d'estropié en m'arrêtant pendant 10 minutes tous les 2 km jusqu'à l'hôtel. Je suis arrivé vers 19h30 lessivé, trempé, puant, suffocant, geignant et à la limite de tomber dans les pommes. J'avais le tournis, des tremblements (bien plus qu'en temps normal) et des fourmis dans les bras. Quant à mon pied, je vous passe les détails... Les abonnés à mon compte Facebook ont pu voir une photo qui en dit long sur son état :D
Du coup, je me suis douché, ai pansé ma plaie et me suis mis au lit sans manger. A 20 heures, je n'étais déjà plus de ce monde... Rendez-vous compte : j'ai fait pas loin de 30km à pied (en comptant les tours et les détours) ce jour-là! Et autant l'avant-veille!!! Qu'est-ce que ça aurait été si je ne m'étais pas entraîné en montagne, ces dernières semaines...

17/7/13. Ce matin, je me suis réveillé relativement en forme (à 05h30, quand même). Ma voûte plantaire enfléee me faisait toujours mal, alors je l'ai charcutée un peu, puis l'ai bien soignée. C'est que – normalement – je vais rester 24 heures sans me changer, donc mieux vaut que cet aspect-là de ma santé soit relativement en ordre. Après le petit déjeuner, j'ai fait mes bagages car je quittais New York City pour l'aéroport de Newark, dans l'attente de mon avion pour Page (Arizona) qui part demain matin à 7h20. J'aurais pu rester un peu plus longtemps en ville pour profiter de ce dernier jour, en visitant quelque musée ou autre, mais comme je ne peux pas marcher (surtout avec deux sacs à dos), et que je devais quitter l'hôtel à 11 heures, pas la peine de me casser la tête. Je préfère être au top de ma forme pour affronter le Glenn Canyon dès demain après-midi!

Dans le quartier des affaires, à Downtown Manhattan
Le taxi est donc venu me chercher vers midi, et depuis lors, je hante les couloirs de l'aéroport du New Jersey en quête d'un coin pour dormir tranquillement ce soir (si j'y arrive) et d'un spot Wifi pour communiquer avec mes amis que j'ai laissés en France. De temps en temps, j'observe les gens, voyageurs (comme cette jolie asiatique aux cheveux ondulés qui lutte avec sa valise à roulettes, cette hôtesse de l'air cambrée comme si elle avait un balais coincé dans le cul, ou encore cette américaine tatouée de partout portant un chapeau à la Scarlett O'Hara complètement décalé), ou membres du personnel (la grosse mama de l'accueil, dont la voix de gorge résonne à 20 mètres à la ronde, ou ces deux petits flics à pantalons moulants qui marchent comme lucky Luke en buvant du coca cola, ou encore ce beau noir d'un certain âge en costume de stewart, avec son Talkie Walkie crachouillant qui, assis, attend patiemment que la personne handicapée qu'il doit prendre en charge passe les portes de l'aérogare), qui passent devant moi sans me voir. J'ai l'impression d'être d'une autre dimension. Cette distance me confère comme un pouvoir magique, un peu analogue à celui qu'on peut ressentir quand va au cinéma : on est dedans sans y être vraiment.
This could be my new fiancée...
Sauf qu'aucun des personnages de CE film bien réel ne saura (ne se rappellera) jamais que, pendant des minutes, parfois des heures, un témoin invisible les aura détaillé de la tête aux pieds et aura imaginé des scenarii improbables voire même fantasmé avec leurs vies. Ça vous fait peur, hein? C'est mon côté psychopathe, je présume...


Je ne sais pas à quelle heure je vais enfin savoir à quel endroit me présenter, ni si mon gros sac à dos est enregistré dans mon billet d'avion en tant que babage de soute, ou pas. On verra. J'ai encore beaucoup de temps pour stresser. Tant que je ne suis pas obligé de marcher ;-)

Voir toutes les photos des jour 3 et jour 4? (cliclic sur les liens!)

lundi 15 juillet 2013

Premiers jours à NYC!

En approche de NYC
13/7/13 : Voilà, après un long mais sympathique vol avec Aer Lingus, je suis enfin arrivé à l'aéroport JFK, à New York. Je suis crevé, lessivé : dormir dans l'aéroport Charles de Gaulle ne me l'a pas trop mise (la gaule), et j'ai hâte de prendre une douche. Ici, il fait une chaleur tropicale, humide, pesante, grasse, collante. 

Je hèle un taxi (Yellow Cab, comme il se doit), et le charmant conducteur afghan d'origine me dépose devant l'International Hostel, situé à l'angle de la 103eme rue et d'Amsterdam Avenue, à deux pas de Central Park. C'est une auberge de jeunesse, et je partage ma chambre (mixte) avec une tripotée de jeunes tchèques blondes qui m'accueillent presque à poil! J'ai cru rêver, je vous jure!!! Du coup, là, je l'ai, la gaule. Mais la douche est plus urgente. Je pue c'est une atrocité. Même une tchèque très affamée ne voudrait pas s'approcher à moins d'un mètre de moi...

Times Square la nuit...
La nuit commence à tomber, je range mes affaires vite fait, rechausse mes godillots puants et pars à pieds direction Times Square. C'est à 3/4 d'heure de l'hôtel. Les rues de New York sentent un drôle de parfum doux-amer, mélange improbable de bouffe cuite, de vinaigre (la sueur des gens), de métro (les bouches exsudent leurs fumées nauséabondes via des grilles incrustées dans les trottoirs), et de pneus de taxi qui chauffent.
Ce lieu (Times Square) est proprement fascinant, hypnotique, hors de toute limite : ça brille, ça clignote de partout, il y a des filles magnifiques tous les 3 mètres (quelques obèses aussi, mais pas tant que ça, finalement), je ne sais plus où donner de la tête. Des Sushi shops partout, des boutiques de mode, des gens de toute nationalité et de toute couleur parlant un paquet de langues incompréhensibles... et puis des taxis pressés à foison, des flics en uniforme (il y a autant de forces de police qu'il y a de confessions religieuses et d'églises différentes, aux USA). C'est franchement incroyable. La première confrontation avec l'immensité des buildings alentour est déboussolante. On se demande comment ça peut tenir, ces immenses machins de béton et d'acier, sur cette petite île... Sur ces réflexions hautement philosophiques, je m'offre un hot-dog juteux en rentrant. Le repas dans l'avion est loin (et était frugal). La nuit est courte. J'ai plein de projets en tête pour le lendemain...

14/7/13 : Très longue journée en vue. Je suis réveillé à 7 heures du matin (heure locale) par les bruits de la rue (et on est QUE dimanche...). J'ai décidé d'aller courir à Central Park. 9km dans les pattes de bon matin, y'a que ça de vrai! Sauf que je me suis planté sur la carte : j'ai couru à Riverside Park, un grand espace arboré qui longe la rivière Hudson. Je me disais aussi : ça ressemble pas au plan!
Douche, puis déjeuner sur la terrasse de l'hôtel (salade de fruits, chocolatines et grand café d'un demi litre) avant de prendre mes cliques et mes claques pour NYC! J'ai décidé de tout faire à pieds et en espadrilles, s'il vous plait (on est con quand on est jeune...). 

Alors je marche sous un cagnard humide terrible. Times Square (bien moins peuplé que la veille), Broadway Avenue, Cinquième Avenue, le Chrysler Building est en vue. Plus loin, après un peu de shopping chez Timberland, tout en sirotant un délicieux jus de fruits frais glacé, je passe devant l'Empire State Building. Il n'y a pas l'air d'y avoir trop de monde, alors je décide de le visiter. 30 minutes d'attente, c'est rien. Il est midi, c'est pour ça : les restaurants sont bondés, pas le bâtiment... Je fais trois tonnes de photos, puis je redescends. En route pour Wall Street. J'ai déjà un peu mal aux pieds, lol...

En haut de l'Empire State Building, je réalise un premier rêve de gosse!
Je passe devant le Flatiron building, je traverse Washington Square Park, m'arrête 5 minutes pour acheter des souvenirs pour les gosses, et repars. J'ai la voûte plantaire en feu. En espadrille, tes pieds dérouillent!
J'arrive à Wall Street Stock Exchange. C'est fermé (on est dimanche), mais c'est bourré à craquer de touristes dans le coin. Je pousse jusqu'à Battery Park. J'ai l'intention d'aller aux pieds de la statue de la Liberté, mais le bureau des réservations ferme devant mon nez. Trop tard pour le Ferry!
Il est juste 16h30. Alors je décide de remonter en boitillant... Je passe devant le nouveau World Trade Center. Je retrouve Broadway Avenue et remonte, cahin-caha. Au tournant pour Amsterdam Avenue, je craque : j'achète deux hot dogs. Les jus de fruits, ça va bien, mais après 25km dans les pattes, j'ai droit à mon bout de viande, quand même!

Downtown Manhattan skyline
J'ai horriblement mal aux pieds. Je crois que j'ai une méga ampoule au pied gauche. J'ai aussi les mollets lourds, comme un vieux qui aurait la goutte. Après la douche, je m'étends une heure. Je dois aller faire le tour des pubs du coin avec une américaine (Barbara) qui accueille les petits nouveaux chaque dimanche et les emmène écumer les bars, mais je ne suis plus sûr de POUVOIR y aller. Eh merde, on n'a qu'une vie (YOLO comme on dit ici quand on est branché). 
Heureusement, les pubs sont à 5 minutes. Notre groupe part de l'hôtel à 21 heures. Il y a des anglais, un australien, des canadiennes, un irlandais, des allemandes et deux français. Je bois 3 Guinness pour la forme (j'ai moins mal aux pieds, du coup), et je rentre en douce vers 23 heures. Demain est un autre jour...

>>Voir les autres photos?<< (cliclic sur le lien!)

samedi 13 juillet 2013

Have a pint of Guinness, and just shut up!

Le titre, c'est pour faire plaisir à mon pote Pette, qui se plaint que je déblatère un peu trop sur Facebook, au sujet de mon voyage aux USA, etc. David, quand à lui, en rajoute en me demandant de surtout ne pas me mettre à raconter quand je vais aux toilettes... Merci les copains!

Donc là, pour ceux qui n'auraient pas compris, je suis dans un pub à l'aéroport de Dublin, et je sirote une Guinness. C'est presque un dépucelage, les amis. J'en avais bu une du temps de mes années d'étudiant, mais j'avais trouvé le goût de terreau absolument dégueulasse. Il faut croire que j'étais trop jeune, puisque aujourd'hui, je prends vraiment mon pied!

Pour en revenir aux choses sérieuses, je viens de passer avec succès le passage devant les officiers américains de l'immigration. C'était pas de la tarte, quand même : j'ai dû enlever 3 fois mes pompes et ma ceinture (du coup je suis obligé de me tenir le pantalon pour éviter l'attentat à la pudeur, et donc Riker's Island dès mon arrivée), vider mes poches, remplir un papier stupide (le même genre de questionnaire bidon que celui de l'ESTA, qu'on ne m'a même pas demandé, d'ailleurs!), et le gars m'a repris mes empreintes, fait une photo, et tamponné mon passeport. Je suis APTE aux States : Yiiiihaaaa!
D'ailleurs, à ce propos, je pars dans un peu plus d'une heure dans un A330 aux couleurs d'Aer Lingus. 

Hier, j'ai dormi dans l'aéroport (terminal 2 Roissy Charles de Gaulle), sur un banc. Pas très confortable, froid (avec tous ces climatiseurs), pas beaucoup dormi, d'ailleurs, mais c'est aussi ça, l'aventure! Je vais me rattraper dans l'avion. ça me fera les pieds! Tiens, d'ailleurs, à propos de pieds, 24 heures dans les mêmes chaussettes, c'est vraiment pas à refaire. J'ai trop honte à chaque fois que je dois quitter mes pompes! Faudrait pas pousser l'aventure aussi loin, quand même...

jeudi 11 juillet 2013

The D-Day has come!

Chargé comme une mule, aussi prêt qu'on peut l'être...

Le Jour-J, c'est demain. 
Comme je vous l'ai déjà dit, j'ai beau avoir planifié l'essentiel, j'ai quand même les cacahouètes qui shake dans le calbute. Pas de peur, mais d'excitation. Je vais essayer de profiter un maximum de chaque seconde qui va passer, à partir de maintenant.
Je tâcherai de vous tenir au courant le plus possible ici même (et relais via Facebook), par des photos, des vidéos, des impression notées à chaud... A très chaud, même, puisqu'il fait genre 50° à Page (Arizona) en ce moment!!!
Bises à tous, et see you around!

lundi 8 juillet 2013

The pentagon

Le 6 août prochain, je visite ça :

The Pentagon, headquarters of the United States Department of Defense, taken from an airplane in January 2008
Picture by David B. Gleason from Chicago, IL
J'ai même une autorisation officielle qui m'a été transmise par l'ambassade de France aux States! J'aurais voulu voir aussi la Maison Blanche, mais les visites sont toutes ajournées pour réduire les dépenses de l'état. Quant à Fort Meade, siège de la toute puissante NSA et de l'US Cyber Command (dont je parle dans le tome 2 de L'infection), faut pas rêver : là, c'est carrément secret défense! Seule une poignée de dignitaires étrangers peuvent y accéder...
Dommage. Enfin bon, c'est quand même la fête!