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mardi 22 octobre 2013

Quatre jours à Washington DC – Episode 2/2

Téléscope Hubble
Derniers jours en Amérique du nord et retour en France… Rétrospectivement, tout est passé très vite. Encore aujourd’hui, alors que je suis en train de rédiger ce texte, une partie de moi est toujours coincée là-bas. Elle revient peu à peu, mais ce n’est plus la même. Quelque chose a changé, pour le mieux. C’est là que je me dis que peu importe le coût, le temps que je n’aurais pas passé avec mes enfants, ce voyage était nécessaire, bénéfique pour moi comme pour mes proches. Il ne me reste plus qu’à me remettre au travail ! Patience !

7/8/13 : Je me suis levé très tôt encore, ce matin-là. Aussi, j’étais un poil en avance pour le petit déjeuner. La salle à manger était pleine, mais rien à becqueter dans les environs. En fait, j’ai fini par comprendre : le préposé aux p’tits dèjs n’ouvrait la cuisine qu’à 7 heures pile. Pendant que nous étions à la queue leuleu dans la file d'attente, il exigeait de tous les convives un "bonjour" dans une autre langue que l'anglais de rigueur, avant que nous ne puissions accéder aux Bagels et autres doughnuts débordants de confiture. J'ai fait mon crâneur en lui sortant un "Egun Hun" de bon aloi. Il connaissait déjà l'expression euskarienne, mais ça a fait son petit effet. ^^

Homme volant au Smithsonian Air and Space Museum
Une fois bien restauré, je suis reparti à pied dans les rues de DC, en direction du quartier des musées. Je suis arrivé en sueur et une heure à l'avance devant le Smithsonian National Museum of Air and Space, l'un des plus prisés. J'étais le premier arrivé, bien entendu! Alors j'ai fait les cent pas devant les portes et fumé quelques Marlboros en attendant l'ouverture . Les marches du musée se sont remplies de touristes de tous âges, puis ce fut le grand rush! Première chose faite : voir un très beau film en 3D sur l'espace! Ensuite, j'ai mis à peu près 3 heures à faire le musée, sachant que plus le temps passait et plus le musée se remplissait. Donc moins j'avais envie de m'attarder. J'ai quand même fait quelques images du Sputnik, d'un des fameux drônes Raptor, etc. Globalement, j'ai trouvé ce musée à la hauteur de mes attentes. C'est vraiment à voir, au moins une fois.

Une jolie collection de costumes traditionnels sur poupées
Ensuite, je suis allé directement au musée des Native Americans, situé juste à côté. Le bâtiment est laid et ressemble à une grosse bouse de plusieurs étages, mais il est nettement mieux achalandé que celui de New York (J'ai dû y passer trois heures aussi, sans problème!), et il y a une chouette boutique de souvenirs dans laquelle j'ai acheté quelques babioles, essentiellement de la musique Navajo et des verroteries. C'est ironique de constater que les indiens, après s'être fait "acheter" leurs terres à grand coup de verroteries (et de fusil aussi) se vengent aujourd'hui en revendant des colliers en perles de verre (fussent-ils très beau) aux touristes... Quelque chose me dit que j'ai déjà écrit quelque chose comme ça dans un article précédent. Je radote, faut croire ;-)
La bouse architecturale du musée
des Native Americans
Ensuite, je me suis fait le Museum of Natural History, pour comparer avec les images d'une nuit au musée 2. Il est au moins aussi grand que celui de New York, avec des mises en scène plus jolies encore (je trouve). Malheureusement, ma batterie d'appareil photo déchargée et mon téléphone tout buggé m'ont empêcher d'emporter de jolies images des lieux. Dépité après trois nouvelles heures à flâner dans les galeries, je me suis juré d'y retourner dès le matin suivant pour remédier à ce manque. Je ne me rappelle plus trop ce que j'ai fait le soir ; ma mémoire vive n'a qu'une petite capacité et ça date d'il y a trop longtemps... J'ai dû trainer en ville, très certainement, avant de rentrer faire mes bagages car je partais le lendemain en soirée, de l'aéroport de Dulles International.

8/8/13 : Je devais laisser la chambre pour 10 heures, mais vous pensez bien qu'elle était déjà vide à l'heure du petit dèj. Ce matin-là, j'ai décidé de dire "bonjour" et "au revoir" en français au bonhomme de la cuisine. Il a compris et m'a demandé "Oh you're leaving already!?" Très sympa.
Après avoir déposé mon barda à la consigne, j'ai embarqué deux bananes (en libre service à l'accueil) et suis reparti en direction du Muséum d'Histoire Naturelle, faire les photos que je souhaitais emporter avec moi. J'ai dû y rester deux heures à peu près, avant d'enchaîner avec le musée de l'histoire américaine, situé juste à côté. Grosse bâtisse, pour seulement 200 ans d'histoire :-)
Na na na na, Nineteen...
Je suis mauvaise langue... Mais j'assume! Et puis parmi tout un tas de trucs pas super intéressants, il y a quand même quelques perles, comme les reconstitutions de guerres, depuis la secession jusqu'au Vietnam, en passant par l'effondrement du mur de Berlin (!) ou des tours jumelles du WTC. Sans oublier les vieilles bagnoles, les premiers moteurs, les sous-marin... Bref, je ne regrette pas de l'avoir vu quand même, même si comme toujours, on nage en pleine guimauve patriotique. Je trouve que c'est très instructif quant à la mentalité des américains. Et je ne dis pas ça de façon négative, mais plutôt « clinique », comme un anthropologue (que je ne suis pas), en somme...

Morceaux du WTC...
Vers 15 heures, je suis allé récupérer mon paquetage (mes trois sacs archi-bourrés de souvenirs pour les enfants) et suis reparti en direction de Central Metro station, où j'ai dû prendre la ligne orange jusqu'à West Falls Church, puis un Shuttle interminable jusqu'à l'aéroport, sous une pluie battante. Je suis arrivé bien en avance, j'ai encore dû me désapper pour passer le portique du security checkpoint, où l'on m'a remis un pass pour accéder au « Lounge » d'Air France. Je suis allé manger quelques Sushis dans l'un des restaus du Duty Free avant de m'y rendre, ce que j'aurais pu éviter, dans la mesure où il y avait assez à manger (et à boire) là dedans pour un régiment ! Je me suis donc gentiment fini avec quelques shots au Jack Daniels, tout en grignotant quelques saloperies du genre fruits secs, cacaouètes, légumes divers à tremper dans des sauces archi-sucrées. Ensuite, l'heure du décollage est vite arrivée. Pendant le trajet, j'ai regardé un film que j'avais déjà vu mille fois (je crois que c'était les X-Men Origins en VO), j'ai fini « Joyland », le dernier livre de Stephen King (j'ai adoré), et j'ai surtout regardé le plan de vol en serrant les fesses :D

Aéroport de Reykjavik
Mais nous sommes arrivés sans encombre à l'aéroport de Reykjavik. C'est superbe, vraiment, l'Islande, vue du ciel ! Tous ces volcans, ces landes noires... ça me donne envie d'y repartir, mais pour plus longtemps que juste 3 heures enfermé dans une bulle de verre ! Je vais y réfléchir pour un prochain voyage, tiens...
Je suis arrivé à Paris vers midi et demi heure locale, complètement défoncé de fatigue : je m'endormais debout ; mais une fois assis, impossible : trop de passage, trop de bruit. Mon prochain vol (pour Pau) étant pour le lendemain matin, je ne me voyais absolument pas dormir à Charles de Gaulle sur un banc, comme à l'aller. J'ai eu la chance de me trouver une chambre au Formule 1 pas très loin, et j'ai fait le tour du cadran, de 17 heures à 5 heures du mat, sans me réveiller.

J'ai pris l'avion vers 8 heures et suis arrivé vers 10 heures à Pau. J'ai marché tout le restant du chemin jusqu'à la voiture, que j'avais laissée au parking de la caisse régionale du Crédit Agricole, à 5 km de là. Une heure et quelques minutes plus tard, j'étais à Mauléon.

Ainsi s'achève mon périple 2013 aux USA. Merci à tous ceux qui ont participé, à ceux qui m'ont suivi, à celles et ceux que je vais rencontrer à partir de maintenant et qui liront ces textes...

Pour voir toutes les images de ces deux derniers jours aux USA à Washington DC, click here!

lundi 14 octobre 2013

Quatre jours à Washington DC – Episode 1/2

Ceci est mon avant-dernier compte-rendu de voyage, estampillé USA2013. 

Je me la pète à la Maison blanche!!! (entrée Nord)
5/8/13 : Je suis arrivé à L’hôtel Hostelling International autour de midi/midi trente. L’endroit était assez agréable et très cosmopolite, comme à chaque fois. Comme j’étais un poil en avance, j’ai dû déposer mes bagages dans un coffre au sous-sol. La chaleur qui régnait à DC en ce début de mois d’Août était assez proche de celle de New York : humide et pesante, quoi qu’un peu plus supportable. A moins que j’aie fini par m’y habituer ? A moins que, ayant perdu 6 kilos pendant mon séjour, mon corps la supportait mieux ? Allez savoir. 

Après avoir consulté mes mails via le wifi du « lounge », je me suis dit que j’avais le temps d’aller vadrouiller en ville. En fait, j’ai pas mal souffert ce jour-là, car mes nouvelles chaussures (achetées à Sedro Wooley) commençaient à m’entamer sérieusement le coup de pied. Je boitais donc comme un vétéran du Vietnam qui aurait marché sur les dents d’un râteau rouillé… J’ai donc chaussé mes baskets de jogging pour le reste de la journée (ainsi que la suivante), pour essayer de cicatriser. 

Le drapeau/emblème du FBI, devant le bâtiment fédéral.
Je me suis quand même fait un chouette tour en ville, près de la maison blanche et des musées avant de retourner à l’hôtel pour accéder (enfin) à ma chambrée. J’ai rangé mes affaires, dévoré un méga sandwich (pas très bon) au Subway d’à côté, puis suis reparti vers la demeure présidentielle, avec mon appareil photo cette fois-ci. Je suis passé devant le bâtiment du FBI, le Capitole, et plein de bâtiments de style fédéral très grandiloquents, puis j’ai traversé Chinatown et traîné un peu en ville avant de rentrer me coucher tranquillement (pas trop tard) et de dormir du sommeil de l’enclume, parmi les ronflements de mes voisins mâles. Les Tchèques de New York avaient ça de bien qu’outre d’être complètement impudiques, elles sentaient meilleur au réveil ;-)

Mémorial du Pentagone (11/9/2001) La seule photo
du Pentagone (au fond) que j'aie eu le droit de faire!
6/8/13 : Le lendemain matin, j’ai raté le petit déjeuner. Je m’y suis mal pris : j’aurais dû attendre 10 minutes de plus dans la cuisine, avant que le préposé n’ouvre la partie repas. J’ai eu peur de rater mon rencard au Pentagone, alors je suis parti prendre un café accompagné d’un délicieux muffin à la myrtille, puis je suis descendu à la gare Metro Center, où j’ai pris le RER BL (Blue) jusqu’à la sortie du Pentagone. Là, j’étais entouré de bidasses en uniforme, de flics et de gardes armés, de personnels civils en costard… Impossible de faire des photos ici, même de l’extérieur, sous peine d’être reconduit avec violence à l’aéroport !
Il pleuvait un peu ce jour-là, et je suis arrivé nettement à l’avance à mon rendez-vous (vers 9h00 alors que je devais assister à la visite à 11 heures, lol). Donc après avoir été refoulé au Security Checkpoint, je suis allé visiter le mémorial du 11 septembre 2001, qui se trouve accolé au bâtiment du Pentagone, pile là où un avion de ligne est venu s’écraser il y a 12 ans, faisant 184 morts, dont une petite fille de 3 ans… J’ai marché dans le mémorial (une sorte de jardin avec des stèles modernes surplombant de petites piscines pour chaque victime), pris quelques photos pour la forme (là, c’est autorisé), et suis reparti le cœur gros (je suis sensible, faut croire) jusqu’à l’entrée des visiteurs. 

La seule photo de l'intérieur du Pentagone
qu'on ait le droit de faire... J'aurais pu poser
et faire le con, mais boh... A quoi bon?
L’heure était venue, et j’ai passé avec succès le Checkpoint digne de celui d’un aéroport international. Ensuite, j’ai attendu pendant une bonne heure dans la salle d’attente qu’on m’appelle. J’ai pu faire un peu le tour de la boutique de souvenirs pendant ce temps-là. Et puis on nous a appelés. 3-4 militaires en costume d’apparat nous ont briefés avec pas mal d’humour, pour des bidasses issus des célèbres Marines, puis nous ont séparés en groupes. La visite a été ultra rapide et rythmée par les chiffres et le discours pro-américain beuglé par notre hôte, qui avait la particularité de cheminer en marche arrière (presque sans regarder) sur les près de 2 kilomètres de couloirs que nous avons empruntés. Il faut savoir qu’on n’a pas vraiment le temps de voir quoi que ce soit ou de s’attarder, c’est très expéditif comme truc… D’ailleurs, j’en ai un souvenir assez confus. Le seul truc vraiment impressionnant, c’est le premier étage du bâtiment, qui est en fait un immense centre commercial. Une ville dans la ville, vous dis-je ! Et évidemment, si vous y allez pour découvrir des secrets, vous allez être déçus. Ils restent bien gardés… Moi qui voulais voir la salle des commandes, le matos informatique qu’ils utilisent pour le tome 2 de L'infection, je suis resté sur ma faim… Mais bon : je pourrais dire que je l’ai fait !
J'ai acheté une chouette casquette "The Pentagon", pour compenser :D

Un ranger très émouvant au mémorial de la guerre du
Vietnam. J'étais pas au top, après sa prestation...
Après ça, je suis retourné à Washington (DC) et j’ai visité le mémorial de Lincoln, suivi de celui sur la guerre du Vietnam dans lequel un Ranger extrêmement convainquant a presque réussi à me tirer une larme. « Vous voulez voir des héros, des vrais ? Les voilà ! » a-t-il conclu après un long speech émouvant, montrant le mur de marbre gravé des 58 156 noms des soldats tués ou portés disparus pendant cette guerre inutile. Ça chialait partout à grosses larmes autour. C’est vrai qu’outre la fibre patriotique, les américains ont vraiment le sens de la tragédie ! Deux fois le moral à zéro en une journée, c'était suffisant !
Pour me changer les idées, je suis allé au musée de l’espionnage, où j’ai dû traîner pas loin de trois heures. L’entrée est payante (genre 20$), mais ça les vaut bien. Les enfants auraient adoré ce monument dédié à la gloire de Mata Hari et James Bond…  Next time, maybe ?

Le musée de l'espionnage
Enfin, un peu avant de remonter à l’hôtel, je suis allé m’empiffrer de Sushis dans un petite restau sympa, pas loin de Chinatown. Il était temps que j’avale un truc plus consistant que des smoothies… Je comptais aller voir le dernier Wolverine au cinéma, mais finalement, j’ai eu la flemme au dernier moment. Et puis je comptais me lever tôt le lendemain, pour profiter pleinement de mes deux derniers jours dans la capitale des USA. Il me restait un paquet de musées du Smithsonian à voir avant le décollage…

Pour voir toutes les photos de ces deux premiers jours à Washington DC, c'est ici !

dimanche 25 août 2013

8ème jour et départ de Concrete... (snif!)

J'aurais mis le temps à reprendre l'écriture de ces comptes-rendus, quand même... Plus de 20 jours! Sans doute parce qu'une partie de moi aurait voulu rester aux States? Sans doute parce que les retrouvailles familiales ont accaparé mon temps libre - pour mon plus grand plaisir? Sans doute par flemme (c'est mon plus gros défaut : la flemme)? Allez savoir...
Toujours est-il qu'il y a une fin à tout. Et le départ de Concrete sonnait vraiment comme la fin du voyage. Difficile à accepter ;-)

Reconstitution d'un baraquement de bûcheron au musée de
Concrete
3/08/2013. Ce matin, dernier jour complet à Concrete WA, John (Boggs) a bien voulu me consacrer son temps pour un dernier baroud d'honneur sur ses terres (d'adoption - il est un peu comme moi en Soule : récemment intégré dans sa propre communauté). Il m'a rejoint sur le parking du Cascade Mountain Lodge, et nous avons pris mon véhicule (toujours la Chevrolet Sonic) - une fois n'est pas coutume - pour effectuer cette excursion. Mais avant de partir sur la Highway 20 en direction de Newhalem, nous nous sommes arrêtés au musée de Concrete, que je tenais absolument à voir. D'abord parce que John fait partie de l'association patrimoniale locale qui gère ces lieux, mais aussi parce que je savais que j'y trouverais des choses qui pourraient m'en apprendre davantage sur Concrete et son passé. Il faut savoir que c'était à l'origine une bourgade de bûcherons où les industriels cimentiers, reniflant les dollars au début du siècle dernier, ont fini par installer leurs entreprises florissantes jusqu'à la fin des années 80.
Poussière de ciment sur les vitres...
Mais pour des raisons de difficulté d'exploitation (plus ou moins liées à la géographie chaotique des environs), ces usines fabriquant le béton ont fini par péricliter, puis par être démontées. De cet âge d'or, ne subsiste plus que deux vieux silos ainsi qu'un bâtiment très abîmé (mais en rénovation) qui abritait les bureaux. De cette époque, on trouve quelques photos, des coupures de presse, et bien entendu tout ce qui se trouve au musée, comme ces "produits étalons" entreposés sous scellés de verre dans une caisse capitonnée : une poudre grisâtre, mélange de chaux et de silice extraite de la roche locale.
A priori, l'air devait être irrespirable et hautement cancérogène dans les années 30. En témoignent ces vitres de maison où est incrustée la fameuse poussière qui s'échappait par les cheminées des deux usines, et qui s'infiltrait partout, quoi qu'on fasse. Pour nettoyer les carreaux, ce sont les enfants qui étaient chargés d'aller chercher à la cimenterie et d'utiliser une saloperie du genre trichloréthylène, remède bien pire que le mal...

En ce qui concerne le bûcheronnage ("logging" en américain), c'est une activité qui a toujours cours aujourd'hui. Il suffit de compter les semi-remorques qui dévalent la Highway 20 à longueur de journée (et de nuit) pour s'en rendre compte. ça débite à tour de bras du grand pin de Douglas, qui finira invariablement en planches ou en papier cul.
Anciens outils de bûcherons - Musée de
Concrete
J'ai ce petit côté Idéfix (le chien d'Astérix) : ça me fend le cœur qu'on tue des arbres, surtout quand ils sont très vieux. Lorsque je suis obligé (pour X raison mais le plus rarement possible) de couper un arbre, je demande pardon à la mère Nature pour ce sacrilège. Mais ça ne soulage pas mon malaise... C'est comme si je décapitais mon grand-père.
Alors quand je vois l'exploitation à échelle industrielle de ces forêts majestueuses (et la destruction irrémédiable et sans scrupule du biotope), que ce soient celles des Cascade Mountains ou celles des Arbailles en Soule, j'ai le vertige, comme si on m'avait jeté dans une centrifugeuse à 5000 tours/minutes et l'envie de vomir m'étreint. 
Enfin bref, cette activité est bien représentée aussi dans le musée. Si je mets un mouchoir sur mes émotions primaires, c'est quand même intéressant de voir l'évolution du logging à travers les siècles (bon, ça en fait jamais que deux, de siècles, hein?). Je trouve que pour une toute petite ville de 705 habitants, ce musée à vraiment de la gueule. Mais bon, c'est sans doute dû au fait que je suis curieux de nature, et que je découvrais. Je ne suis pas certain que les jeunes locaux soient aussi intéressés que moi par leur propre histoire. 

Cascadian Organic Farm
Ensuite, nous avons repris la route. Nous nous sommes arrêtés à la Cascadian Organic Farm pour déguster une glace à la myrtille bio (j'ai pris mon putain de pied!) et visiter la ferme, dans laquelle John a travaillé il y a quelques années. L'architecture de cet endroit est inspirée des maisons japonaises traditionnelles, ou de celles des Hobbits (pour les fenêtres), au choix :-)
Un peu plus loin, nous avons marqué un arrêt dans un ancien camping, région protégée du logging où l'on trouve encore des pins de Douglas gigantesques datant vraisemblablement de plusieurs siècles. Mon Dieu, c'est purement grisant à voir. L'odeur, l'aura de ces arbres est indescriptible. C'est juste magique.
Vertigineux pin de Douglas
Encore plus loin sur la Highway 20, nous nous sommes arrêtés à Newhalem, une petite ville construite autour d'une des trois centrales hydro-électriques qui alimentent Seattle. Le Ranger local nous a indiqué un sympathique membre de la compagnie électrique de Seattle qui nous a gentiment fait visiter toute l'installation, ne lésinant pas sur les explications et l'historique du site, créé à l'origine par un certain M. Ross. Son épouse, Alice, qui avait une réputation abominable, avait fait construire d'immenses jardins enluminés autour de la centrale, et ce lieu servait d'exemple pour montrer à quel point est bonne et généreuse la fée électricité... 
Une autre époque, un autre temps...
Une Ranger qui tripote des crânes de fouines... (Orgasme!!!)
Plus loin, nous nous sommes arrêtés à un Visitor's Center (centre d'évocation de la Nature sauvage tenu par les Rangers) en pleine forêt, ou nous avons assisté à la projection d'un film sur la thématique ainsi qu'aux explications d'une Ranger concernant les rongeurs locaux. Voir cette jolie rousse en uniforme tripoter des crânes de fouines avec ces belles mains roses m'a fait frissonner le coccyx (désolé!)...

Barrage de Diablo Lake
Après ça, direction Diablo Lake, que j'avais entraperçu la veille. Nous nous sommes arrêtés au barrage, puis à l'université (oui oui, vous avez bien lu), nous avons marché un peu le long des berges de ce sublime lac (artificiel) aux eaux turquoise, puis sommes repartis vers Concrete, non sans marquer un arrêt du côté de Marblemount pour déguster une part généreuse de délicieux pie à la framboise et à la rhubarbe (il n'y avait plus de cinnamon rolls...) et rendre visite à l'une des deux créatrices du blog Written in Concrete, que je suis assidument depuis deux ans. En fin d'après-midi, nous avons retrouvé Gail au Washington Cafe and Bakery, puis sommes repartis à la brasserie de Birdsview enquiller les bières et assister au festival Birdstock, donné chaque année en faveur des sapeurs-pompiers locaux. Mais nous sommes partis relativement tôt, car le bar ne sert plus d'alcool après 9h00! C'est aussi ça, l'Amérique des excès! J'ai quitté John et Gail avec un petit pincement au cœur, en promettant de revenir à la première occasion.
Gail et John : farewell last drink... (snif!)
Arrivé à l'hôtel, je suis tombé sur Sonny qui recrutait des testeurs pour goûter sa cuisine coréenne. Je me suis plié à cet exercice avec un certain entrain. Plus tard, Sonny recrutait encore du monde pour participer à un karaoké dans son bar. Après avoir vainement tenté de refuser, j'ai fini par y aller quand même. Après tout... 
La première et la dernière fois que j'ai participé à un Karaoké, je devais avoir 20 ans et c'était à Bordeaux, au pub le Connemara (pour ceux qui connaissent). J'avais massacré "la dernière séance" de ce pauvre Eddy Mitchell, pour le plus grand plaisir de mon amie Anne Claire. Je m'étais juré de ne jamais réitérer l'expérience. Mais il ne faut jamais dire "jamais"! 
Alors après étude attentive du catalogue de chansons, pendant qu'un jeune couple de clients s'en sortait assez bien avec la rengaine interplanétaire de Carly Rae Jepsen ("So call me maybe"), j'ai choisi mon morceau. Et les amis, j'ai repris "Ram it Down" de Judas Priest! Worst cover ever! Rob Halford a dû en pleurer dans son boudoir... Il était temps d'aller au lit, car le lendemain promettait d'être long...

Avec Sonny Shin, le patron du Sonny Bear's Restaurant
sur la Highway 20, à Concrete.
4/08/2013. Je me suis levé vers 8 heures, j'ai dévoré un dernier "Hungry Bear" en prévision de la journée qui s'annonçait, puis j'ai bouclé mes sacs à dos. J'en avais désormais trois, sans compter la poche de restes de  bouffe que je me suis trimbalée jusqu'à Washington DC. Parce que oui, c'était là ma prochaine destination. J'ai quitté le Cascade Mountain Lodge vers 10 heures pour downtown Concrete (lol, l'expression), où j'ai procédé à un dernier lavage de fringues sales avant de quitter la région. Ensuite, direction Seattle. J'ai rendu ma voiture de location (qui était en excellent état ce coup-ci) et suis allé déposer mon gros sac au contrôle des bagages. 
Dans un premier temps, j'ai eu la flemme de bouger. J'ai mangé quelques saloperies que j'avais dans ma poche de bouffe, et ça m'a donné des forces et la volonté de décoller mon derrière de la banquette de la salle d'attente de l'aéroport : j'étais prêt pour une nouvelle suée.
Downtown Seattle, vu de Chinatown.
Alors j'ai pris le Seattle Light Rail jusqu'à Chinatown avec mes sacs, et j'ai marché dans la ville. C'est joli, Seattle. Relativement propre et tranquille, comme ville, bien que certains coins puent le poisson (on est au bord du Pacifique), comme le marché du port, où le parfum enivrant des fleurs multicolores se mélange à l'odeur du varech pourri en une fragrance épouvantablement écœurante, qui n'est pas sans rappeler celle d'un Sephora aux heures de forte affluence de rombières mal lavées...
Dans la 5ème avenue, il y a des bâtiments improbables à base évasée dont on se demande comment ils peuvent tenir debout en cas de tremblement de terre. On trouve aussi de vieux immeubles façon Art-Déco, accolés à des monstres de verre, de béton et d'acier ultra modernes.

ça tient comment, ça?
Plus loin, je me suis assis sur la murette qui jouxte un Starbucks Coffee, en plein dans la zone commerciale, histoire de voir si j'avais reçu des mails de mes gosses ou quelques "likes" sur mon mur Facebook. J'étais à côté de touristes américains grassouillets en train de siroter leurs énièmes cafés frappés de la journée lorsqu'un sans-abris est venu devant nous. Il a regardé tout le monde d'un œil torve et humide, puis a crié un "I'm hungry!" plein de détresse. Mais bizarrement, il m'a évité. Avec mes sacs, mes fringues crades et la sueur qui pissait dans mon dos, il a dû me prendre pour un SDF, moi aussi. J'ai voulu lui tendre des bananes qui me restaient, mais il est parti en courant quand un gros flic avec une gueule de bouledogue est venu nous déloger du muret pour nous montrer les bancs publics, quelques mètres plus loin. C'était le signal que j'attendais pour reprendre ma route vers l'aéroport de Seatac. 
J'ai passé le Security Checkpoint avec succès tout en tenant mon pantalon qui, devenu trop grand et étant délesté de sa ceinture, me tombait sur les chevilles... C'est à ces grands moments de solitude-là que je me demandais si je n'allais pas devoir à nouveau remplacer ma garde-robe. Dans la zone sécurisée, j'ai trouvé un vendeur de Sushis et je me suis tapé une putain de ventrée, en prévision des 6 heures d'avion (avec escale à Chicago O'Hare) qui m'attendaient. Le reste du voyage s'est déroulé si sereinement que j'en ai un souvenir très flou. Je sais juste que je suis arrivé à l'aéroport de Baltimore en début de matinée du 5/08/2013 où un "Shuttle" m'a emmené vers 11h30 à mon auberge de jeunesse à Washington DC. En regardant mon accoutrement kaki et mes bottes d'intervention, le conducteur de la fourgonnette m'a demandé si j'étais un "Scout"... Belle promotion : Je passais de backpacker cradingue à "Ranger"!

Mais déjà, à ce moment-là, je n'avais plus qu'une idée en tête : j'allais visiter le Pentagone le lendemain matin à 11 heures!

Voir toutes les photos de ces deux jours? Cliquez ici!

lundi 8 juillet 2013

The pentagon

Le 6 août prochain, je visite ça :

The Pentagon, headquarters of the United States Department of Defense, taken from an airplane in January 2008
Picture by David B. Gleason from Chicago, IL
J'ai même une autorisation officielle qui m'a été transmise par l'ambassade de France aux States! J'aurais voulu voir aussi la Maison Blanche, mais les visites sont toutes ajournées pour réduire les dépenses de l'état. Quant à Fort Meade, siège de la toute puissante NSA et de l'US Cyber Command (dont je parle dans le tome 2 de L'infection), faut pas rêver : là, c'est carrément secret défense! Seule une poignée de dignitaires étrangers peuvent y accéder...
Dommage. Enfin bon, c'est quand même la fête!

samedi 25 mai 2013

Mon voyage aux States est quasi-ficelé!

Le barrage de Glen Canyon, près de Page (AZ)
Voilà! J'ai tout mes billets d'avion. Plane budget : 2503.10€.
A cela, il faut que je rajoute le logement sur place et la location de véhicules à Seattle et à Page. Le reste, ce sera pour la nourriture, les sorties et les "souvenirs" (surtout les livres que je compte ramener). 

Pour vous donner une idée, je pars le 12/7 et je rentre le 10/8. Entre temps, je vais à New York City (5 jours), puis à Page (Arizona, pendant 4 jours, pour voir le désert), puis à San Francisco (5 jours), puis à Seattle (en fait, je vais à Concrete, pendant 9 jours), enfin, je vais à Washington DC pour les 4 jours restants, avant de rentrer. 
Sacré périple, isn't it? Et tout ça pour "L'infection T2 : Pandémie" (et aussi pour me retrouver après les récentes péripéties subies dans ma vie privée...).

On m'a souvent "reproché" ce plan de route illogique. C'est à dire que je vais d'est en ouest, puis je reviens à l'est. J'aurais pu faire les choses de façon plus cohérente, budgétairement parlant. Mais tout comme dans ma vie, je ne suis aucun bon sens commun, seulement mon intuition ; je vais au gré de mes envies, et il n'y a pas à discuter.

En attendant le jour J, je me prépare moralement et physiquement à la suite. Le plus dur, c'est de laisser la part belle à l'aventure. Je suis trop habitué à la routine, et je vous avoue que j'ai un peu peur. Pas de mourir dans un accident d'avion, ça, on ne peut rien y faire. C'est juste le fait de bouleverser mes petites habitudes qui m'effraie. Pour moi, c'est ça, la vraie aventure. Mais en même temps, j'ai envie de la vivre à fond, sans (me) freiner. 

En cela, je suis les conseils avisés de Karine Frigon, une jeune femme originaire de Montréal, dont j'admire le courage et qui est en ce moment même en train de réaliser un périple de plusieurs mois en Europe.  J'ai aussi acheté un assortiment de guides du routard, histoire de ne pas mettre les deux pieds dans le plat une fois que je serai sur place.

Je suis allé dévaliser Décathlon, histoire de changer ma garde robe vieillissante et surtout de prendre des vêtements adaptés pour le voyage. J'ai acheté un petit ordi portable ultra léger pour rester en contact avec mes enfants et ma famille. Je ne sais pas encore si je vais prendre un gros sac à dos ou une valise, pour porter mon barda... 

Mais il va falloir que je me décide vite : le grand départ est pour dans un mois et demi!