En fait, et c’est une évidence, ces pseudos marketeux qui prétendent avoir
adoré Le Moment ou jamais (même pas mon dernier roman, en plus) et
vouloir lui donner la notoriété qu’il mérite sont des escrocs. Pourquoi, et comment
fonctionnent-ils ? Vous vous en doutez : ils n’ont jamais lu le
livre. Ils ont simplement programmé des robots chargés de parcourir la toile et
de récolter toutes les informations qu’ils peuvent au sujet du roman. C’est ce
qu’on appelle le « Scraping » (la collecte).
Ces robots (qui sont des programmes informatiques, en fait) scannent les sites comme Amazon, Babélio ou la Fnac. Dès qu’un auteur auto-édité (ou publié chez un petit éditeur) est repéré, le robot aspire ses données, dont quatre très importante : le nom de l’auteur, le titre du livre, le nom du personnage principal et la quatrième de couverture. Rien qu’avec ça, l’escroc a déjà la matière suffisante pour fabriquer un appât bien juteux.
Ensuite, place au « Prompting » de masse, car vous vous en doutez, le phisher n’a pas de temps à perdre à écrire un texte élogieux pour chacune de ses victimes potentielles. D’ailleurs en est-il capable ? En réalité, il ne fait qu’injecter les données récoltées dans une intelligence artificielle de type LLM (comme Chat GPT) via un texte pré-rédigé et avec une consigne du type : « Écris un mail de vente à cet auteur en insérant le résumé de son livre et le nom de son personnage aux endroits indiqués, et répète trois fois ses mots-clés pour faire croire qu'on a adoré le livre ».
Même pas besoin de relire avant d’envoyer ! Mais croyez-moi, une fois qu'on a réussi à mettre un mouchoir sur son égo, les formulations, le rythme, les répétitions, les incohérences de ces mails sautent vraiment aux yeux : ça pue l'IA à des kilomètres.
Mais attendez, ce n’est pas fini ! Ensuite, le mail est envoyé à des milliers d’écrivains en un seul clic. C’est un peu le même principe que la pêche industrielle au filet. Si on attrape quatre ou cinq gogos sur les 10 000 sollicités, à 500€ le service, ça devient assez rentable, pour le temps passé et l’électricité dépensée. Une fois la somme encaissée, il ne reste plus qu’à disparaître et à recommencer sous un autre nom ou à lancer une autre arnaque, si on a trop abusé de celle-ci.
1/ Ne jamais répondre à ces messages, même si on a envie de leur dire « Stop ! » ou de les insulter. Pourquoi ? Si vous répondez au mail, vous envoyez un signal « adresse active » aux robots. Ils sauront alors qu’un humain lit les messages. Votre fiche sera enregistrée et exploitée par des réseaux de faux promoteurs ou revendue sur le Dark Web sous forme de liste de prospects à démarcher. Vous deviendrez alors une cible prioritaire et vous recevrez encore plus de mails.
2/ Jetez immédiatement ce mail dans les messages indésirables / spams (et ne cliquez jamais sur les liens, ça va de soi). À force, l’algorithme de votre messagerie (Orange, Gmail, Outlook, etc.) pourrait finir par comprendre le pattern (le motif) de l’arnaque et améliorer le filtrage pour vous, mais pourrait aussi le faire pour les autres victimes potentielles.
Un dernier conseil : restez méfiant ! Un mail qui vante votre génie inconnu et qui vous promet - grâce à l’aide d’une société obscure et moyennant finances - de devenir le nouveau Victor Hugo, ça sent toujours l'arnaque.
Et si vous souhaitez vous faire accompagner dans l'écriture ou la commercialisation de votre ouvrage par un professionnel (ça existe aussi, les pros sérieux), vérifiez toujours que la société est bien réelle (immatriculée), qu'elle a des références (auteurs aidés qui témoignent), voire des bons avis sur Google avant de vous engager.


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