lundi 21 septembre 2026

Y A-T-IL UNE VIE POUR LE LIVRE, SANS PASSER PAR AMAZON ?

Je reçois régulièrement des mails de commerciaux me proposant des conseils afin d’améliorer le référencement de mes livres sur les Marketplaces, en particulier Amazon. Je constate que ces mails sont de mieux en mieux tournés, extrêmement flatteurs et documentés. À se demander si le commercial a vraiment bûché son sujet ou s’il s’est fait aider par l’IA.

Évidemment, si la quasi-totalité de mes livres reste indisponible sur le catalogue d’Amazon (et autres), c’est pour une bonne raison : c’est tout simplement parce que je ne souhaite pas qu’ils y figurent. Seul Mauvais berger ! est commandable sur la Marketplace, et encore, ce sont des versions d’occasion vendues par des tiers. Et là aussi, il y aurait des choses à redire (cf les prix délirants sur la capture d’écran ci-après).

Pourquoi ce refus de ma part ? D’abord par soutien envers les libraires indépendants et autres boutiques régionales qui acceptent de prendre nos livres en dépôt vente, alors même que nous ne jouissons que d’une petite renommée ultra locale. Ensuite, parce que même si je ne suis pas visible worldwide (voire complètement ignoré de la sphère parigote), je pense que je peux distribuer mes romans sans le concours de Jeff Bezos, esclavagiste et mauvais payeur notoire, désormais rallié à Donald Trump.

De la même manière, je ne pourrais pas acheter une Tesla, en sachant que je donne de l’argent à un milliardaire mégalomane aux dérives idéologiques inquiétantes (proche de Donald Trump). C’est une question d’éthique. Et tant pis si on me traite d’écolo-bobo ! On sait très bien d’où vient l’expression.

Voilà, c’est dit ! Je fais de la résistance éditoriale face aux géants du e-commerce pour privilégier les circuits courts et le tissu culturel local.

En fait, je ne peux pas concevoir d’utiliser les Marketplaces pour vendre mes livres ; ce serait adhérer au système, à la mondialisation qui tue les petits commerces. Ce serait aussi justifier la surconsommation (en donnant raison à tous ceux qui ne mettent en avant que des « best sellers » pour contrebalancer leurs pertes) et une forme de vassalité larvée. C’est également accepter d’associer son nom et son image à Amazon, qui se paye grassement sur nos créations et ne laisse que des miettes.

Je vais reprendre à mon compte cette expression de Luke Cage dans Punisher War journal #2 : « si tu couches avec les chiens, ne t’étonnes pas d’avoir des puces ». Maintenant, je ne juge pas les auteurs.trices qui ont recours à ces supermarchés virtuels pour imprimer à la demande et vendre leurs œuvres. Chacun voit midi à sa porte. 

Je suis parfaitement conscient que tout le monde n'a pas la chance d'être endorsé par une maison d'édition, fut-elle micro et associative. De même, je sais parfaitement que tout le monde n'a pas les capacités de créer et gérer une vitrine web pointant sur une boutique en ligne Helloasso. De même, tout le monde ne possède pas les conditions ou l'emploi parfait lui permettant de s'adonner à 100% (de son temps libre) à sa passion.

Mais en ce qui me concerne, Amazon, ce sera « non ». Et sans insulter l’avenir, ce sera même « jamais » ! Et tant pis si ça me condamne à rester dans la zone des « auteurs à œuvres confidentielles ».

Alors je réponds à ma question titre : y a-t-il une vie pour le livre, sans passer par Amazon ? Oui, absolument. Mais c'est comme dans la fable de Jean de La Fontaine Le loup et le chien. La Liberté, tout comme la soumission, a un prix et il faut savoir en assumer les conséquences.

Si vous souhaitez commander mes romans (ou ceux de n’importe quel auteur publié chez Astobelarra), vous pouvez passer par votre libraire habituel ou commander directement sur notre boutique en ligne, comme l’a fait Émilie F. hier !

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