mardi 16 mai 2017

Campagne de dons Aidez-nous à sortir "L'infection T2 Pandémie" cet automne !

Bonjour les amis!

Je viens de lancer une campagne de crowdfunding HelloAsso (<= cliquez sur le lien !) pour financer la sortie du tome 2 de L'infection : "Pandémie". Alors oui, je sais que vous êtes super sollicités pour acheter ci, pour acheter ça... Comme nous tous, quoi...

Mais il se trouve qu'en ce moment, c'est un peu la dèche chez Astobelarra - le Grand Chardon. Nous avons GRAND besoin de votre aide et de vos dons pour pouvoir boucler notre programme de parutions 2017.
Et sur ce coup-là, nous n'avons pas été gourmands : notre objectif est seulement de 1500€, soit grosso modo le coût de revient de l'impression de 300 exemplaires du livre ; ça ne devrait pas être trop compliqué à atteindre...
Je rappelle à mes aimables lecteurs que nous sommes une association Loi 1901, et de ce fait, si nous récoltons plus d'argent que l'objectif défini, les fonds iraient évidemment aux projets suivants qu'on espère nombreux et de grande qualité, comme toujours.

L'idée de cette cagnotte, c'est qu'en fonction de vos dons, vous pourrez recevoir des contreparties sympathiques dès la sortie du livre (prévue pour l'automne 2017) :

Propulsé par HelloAsso

Alors voilà, je sais qu'on va beaucoup vous rabâcher les choses dans les 3 mois qui viennent, mais cette opération est super importante et pour l'auteur (moi, donc), et pour l'asso et ses bénévoles. N'hésitez pas à faire circuler l'info autour de vous, à la partager sur vos réseaux sociaux !

Loin de moi l'idée de paraphraser les restos du cœur, mais on compte VRAIMENT sur vous sur ce coup-là. Merci d'avance pour ce petit coup de pouce qui nous permettra de remonter la pente !

Alors c'est parti : 
Propulsé par HelloAsso

mercredi 4 janvier 2017

PELIKAM : C'est toujours important de rappeler les bonnes choses ^^

Salut les gens !

Vous avez remarqué? On entre maintenant dans une période de communication ^^
J'ai cherché dans le moteur de recherche de ce blog, et je n'ai qu'un seul article qui parle de Pelikam*. Apparemment, je n'ai jamais remercié mes généreux donateurs et ça, c'est très moche. 

Pour mémoire, Pelikam était une plateforme de crowdfunding créée par le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne et qui permettait à chacun de trouver les financements de ses projets. Je dis "était" car ce site web n'existe plus aujourd'hui (dommage, j'aurais pu me faire financer mon second voyage aux States. Ou au Japon... Ou sur l'île d'Oléron...). 

Je n'ai pas atteint les 6500€ de budget initialement prévus, mais j'ai quand même gagné dans les 350€ en tout. Le reste, je l'ai financé avec l'argent de la vente de ma maison (le divorce, ça a du bon, finalement... #TrouveUnTrucPositifATaVDM)

Donc les 14 personnes qui ont eu la gentillesse de participer à mon Pélikam sont (dans l'ordre) :

David Castéra
Maïté Uriarte
Jean-Pierre Etchegoyhen
Hervé Goillart
Floris Ausems
Caroline Herrera
Sophie Massiera
Patricia Robin-Jacquot
Pette Etcheverry
Patricia Courtois
Michel Lalanne
Aurore Reynaud
Frédérique Appert-Collin
et Laurence Marpaux

Voilà les amis, vous ne devriez plus avoir à attendre trop longtemps pour recevoir votre exemplaire dédicacé. Merci encore pour votre soutien.

Sinon, puisque je suis censé faire une page de remerciements, je tenais à mentionner les personnes suivantes :
- John et Gail Boggs, Jason Miller, Valerie Stafford et tous les autres américains de Concrete WA qui m'ont accueilli durant l'été 2013,
- Mathieu Larregain et Thomas Ponté pour la relecture au fil de l'eau (il y en aura d'autres par la suite),
- Toute l'équipe d'Astobelarra qui me soutient (Marjorie, Laurent, Caroline, Isa...),
- Carla, Louis, Jodie et Alizée qui me supportent malgré mes trop nombreux excès quotidiens,
- Mario (et Maria) qui m'aide à reconstruire ma maison, où j'ai écrit les 5 ou 6 derniers chapitres du tome 2,
- Mes autres collègues de boulot chez Immersive Lab et Tookets (ceux que je n'ai pas déjà cités) qui sont souvent source d'inspiration sans le savoir : Simon, Henri, Yannick, Franck, Romain, Clément, Cécile, Steph, Nicolas...
- Mes amis Facebook (anciens de SL) qui publient toujours des trucs intéressants et utiles (pour L'infection) comme Yann Minh, Ryou, Sigrid, Fredylajoie, Eve Kazan...
- Mes chats Tick et Tak, qui sont une grande source d'affection (et de stress),
J'en oublie sûrement plein et j'en suis désolé. Je rectifierai au fur et à mesure, promis ^^

*Edit 05/01/16 : Ah ben si, j'avais même déjà fait un article de remerciement, en fait... Je radote...

mardi 3 janvier 2017

Voilà... C'est fini !

Eh voilà les petits amis : c'est terminé, depuis aujourd'hui 17h10.
Il aura fallu 5 ans pour achever ce tome 2. Bon, j'ai des circonstances atténuantes : un divorce (et tout ce qu'il y a de chienlit qui en découle) est passé par là. Ensuite, il a fallu que je me reconstruise, parce que oui, on ne sort pas indemne de vingt ans de désillusion. 
Mais aujourd'hui, ça y est. Je me sens... "Libéré, délivré..." (Là, je parle du livre). 
Je n'ai jamais douté de ma capacité à le terminer (ni à finir le futur T3), mais maintenant que c'est enfin fini, ça fait vraiment un poids en moins sur l'arrière du crâne. 
Bref, je ne pouvais pas ne pas vous faire voir l'état des lieux, pour le fun: 

Chapitre 0 : Précédemment, dans L'infection...
Chapitre 1 : Phoenix (écrit)
Chapitre 2 : De Charybde en Scylla (écrit)
Chapitre 3 : Le dormeur doit se réveiller (écrit)
Chapitre 4 : Sauvez Wall Street (écrit)
Chapitre 5 : Tout vient à point... (écrit)
Chapitre 6 : Natalie (écrit)
Chapitre 7 : La chasse (écrit)
Chapitre 8 : Baker Lake (écrit)
Chapitre 9 : Les eaux noires (écrit)
Chapitre 10 : Buffet froid (écrit)
Chapitre 11 : ...à qui sait attendre (écrit)
Chapitre 12 : L'antivirus X (écrit)
Chapitre 13 : Plan de bataille (écrit)
Chapitre 14 : Un bon tiens... (écrit)
Chapitre 15 : Beltzane (écrit)
Chapitre 16 : 47.509172, -121.843366. (écrit)
Chapitre 17 : ...vaut mieux que deux tu l'auras (écrit)
Chapitre 18 : Cry Baby (écrit)
Chapitre 19 : President's cut (écrit)
Chapitre 20 : Armageddon (écrit)
Epilogue : Back-up (écrit)

Il ne me reste plus qu'à relire, faire relire, corriger, ajouter et/ou supprimer du contenu si nécessaire. Il faut que je trouve des titres pour mes 4 parties (ça ne devrait pas prendre trop de temps) et que je fasse la partie des remerciements ainsi que le lexique. 
A ce propos, je tiens à vous rassurer : le lexique n'aura rien à voir avec le livre précédent. On apprend de ses erreurs, parait-il. Moi j'essaye. Donc du coup, exit le vocabulaire spécifique à Second Life. D'ailleurs, pour ceux qui auraient peur, je ne parle quasiment plus de SL dans Pandémie. A peine y fais-je allusion. 

J'ai pas mal galéré avec le dernier chapitre. Le temps que je trouve la formule, que je trouve le fil conducteur des idées que j'avais en vrac dans ma tête... ça a été assez compliqué et ça a nécessité un délai supplémentaire. Mais là, à jeun et lucide, je suis assez content du résultat. On va bien voir ce que ça va donner à la relecture. Je vais sûrement osciller entre fierté exagérée et déprime exacerbée en relisant mes chapitres, mais bon. Ce coup-ci, je ne pourrai pas dire que je ne savais pas ce qui m'attend. 

A bientôt pour de nouvelles aventures!
EHB.



lundi 17 octobre 2016

Mr Robot : la série qui raconte l'histoire d'un hacker siphonné...

Je viens de découvrir l'existence de la série "Mr Robot", racontant l'histoire d'Elliot Alderson, un informaticien no-life qui travaille de jour dans une entreprise spécialisée dans la sécurité informatique, et s'attaque au crime la nuit, en tant que hacker complètement siphonné. 
Un jour, il est contacté par un certain Mr Robot, qui lui propose d'arrêter de gâcher ses compétences en traquant des pédophiles pour intégrer une équipe de gens comme lui, dans le but de faire tomber l'une des plus grosses multinationales du monde (E-Corp) et donc de sauver le monde de sa perte inéluctable. 
Au fil des épisodes, on apprend à mieux connaître Elliot et ses troubles psy, qu'il tente vainement de masquer en usant de substances illicites diverses. Et qui dit drogue, dit addiction, dealer, etc... 
Les plans ne se déroulent donc pas exactement comme prévu et Elliot s'enfonce peu à peu dans sa psychose, si bien qu'on ne sait plus très bien ce qui est vrai de ce qui est le fruit de son délire paranoïaque. Et cela se vérifie dans la saison 2, qui s'enfonce encore plus profondément dans la psyché du héros, mais aussi dans l'âme de personnages secondaires, eux aussi touchés par les changements initiés par Mr Robot et sa clique. 

Vous l'aurez compris, cette série est essentiellement psychologique, très tourmentée et néanmoins passionnante. Je ne dirais pas que je l'ai trouvée aussi bonne que Breaking Bad (à mon avis, rien n'égale les tribulations de Walter White à ce jour) mais disons qu'elle résonne en écho à une part "révolutionnaire" (mais frustrée) de mon propre cerveau. Sans oublier que le milieu des geeks givrés m'a toujours attiré. Je trouve l'histoire relativement réaliste et très bien ficelée et l'interprétation des personnages (par Rami Malek, Christian Slater, Portia Doubleday et Carly Chaikin) plutôt réussie. Pas pour rien qu'elle a reçu une flopée de récompenses cette année (dont des Golden Globes et un Emmy Award)
Oui, elle résonne dans ma tête car moi aussi, chaque jour qui passe, je rêve de faire sauter le système dans lequel nous sommes tous désespérément englués, le tout en faisant le moins de victimes possibles, évidemment. Moi aussi je voudrais faire tomber les puissants : la bourse, les lobbies, les politiques et toute cette vaine pourriture. Mais ça reste un fantasme inassouvi. Alors le meilleur moyen que j'aie pu trouver pour lui donner corps, à ce rêve, c'est de créer Beau Smart

Beau Smart, lui, nettoiera ce monde de merde par le vide. Du moins c'est bien parti pour...

vendredi 5 août 2016

L'infection T2 : Pandémie. Un petit teaser en attendant le texte intégral ^^

Siège social de Toshiba
Journal Asahi Shinbun - Tokyo
Toshiba Corporation victime d'un accident industriel majeur


Un accident industriel troublant a eu lieu hier au soir au dernière étage du siège social de la Toshiba Corporation, dont une partie a été soufflée par une terrible explosion, faisant 36 victimes. Le professeur Kaneda Yamazaki, directeur de la branche robotique de la firme recevait en fin de journée une classe d'une trentaine d'élèves du Lycée Technologique International de Tokyo, venus assister à de nouvelles démonstrations de l'androïde Aiko Chihira, fleuron de l'intelligence artificielle japonaise. D'après les enregistrements vidéo effectués par les caméras de sécurité, il semblerait que le robot ait été comme "pris de folie" au bout d'une demi-heure de manipulations et après une ultime question posée par son créateur. Les images des caméras montrent la machine saisissant subitement le professeur Yamazaki par la veste et le pantalon et le projetant à travers l'une des fenêtres de la salle.
Suite à cette attaque, les étudiants en proie à la panique et à la sidération n'ont pas pu évacuer les lieux à temps avant que le robot n'explose, quelques secondes plus tard. Ceux d'entre eux qui n'ont pas été mortellement blessés par la déflagration violente, vraisemblablement due à une surchauffe des batteries au lithium du robot, ont péri asphyxiés par les vapeurs toxiques émanant de la machine en combustion. Le scientifique n'a quant à lui pas survécu à sa chute de ce bâtiment de 40 étages, situé dans l'arrondissement de Minato-Ku. 

Un nouveau coup dur pour le Japon

Aiko Chihira
Selon Tetsuo Nakagawa, le responsable de la sécurité du géant de l'électronique et de l'informatique, les extracteurs de fumée de l'étage ainsi que les alarmes incendie n'ont pas fonctionné correctement, tandis que, pour une raison encore inconnue, les portes coupe-feu de la salle de réception se sont bloquées pendant l'intégralité de l'incident. L'enquête diligentée par la division des catastrophes du département de la police métropolitaine de Tokyo, déjà en charge de l'attentat à la bourse qui avait rasé le quartier de Kabutochō il y a trois mois, permettra de déterminer si cette nouvelle tragédie est bien un accident technologique dû à une négligence humaine ou à un acte de sabotage volontaire, et surtout si les deux événements ont un lien entre eux ou s'il s'agit seulement d'une coïncidence. 
Toutefois, ce second terrible accident dans le pays, inexpliqué à l'heure où nous rédigeons cette information, n'est pas sans résonance avec d'autres événements internationaux et pose un certain nombre de questions éthiques et sociétales concernant l'émergence des nouvelles technologies et leur envahissement de nos vies, un peu plus chaque jour. Un certain nombre de groupes écologistes radicaux - avec à leur tête les activistes notoires de "Sakura" - se sont saisies du dossier et exercent des pressions auprès des politiques qui ne peuvent plus ignorer les faits et seront, tôt ou tard, obligés de prendre des décisions impopulaires mais qui s'imposent.

(PS : merci à Ryou Yiyuan pour les précisions)

mercredi 6 juillet 2016

LA VACHE ET LE PRUNEAU #NeMeFilezPasUnFlingue

Je vais vous raconter une petite histoire, qui date du début des années 90. A cette époque, j'étais gendarme auxiliaire à Saujon, en Charente Maritime, dans le cadre de mon service militaire obligatoire. J'aurais plein d'autres anecdotes à raconter sur cette période, tellement elle a été un tournant dans ma vie. Mais bon, ce sera pour une autre fois.

Cet épisode s'est déroulé un soir d'automne. J'étais affecté de patrouille de nuit avec le MDL-chef (Maréchal-Des-Logis-chef) Bertrand X. (affectueusement surnommé "Trambert" par les collègues). C'était une de ces nuits de pleine lune où on dirait que le commun des français moyens se donne le mot pour faire connerie sur connerie. C'était généralement lors de ces nuits qu'on avait une recrudescence d'appels pour viols, agressions et autres crises de paranoïa. C'est d'ailleurs depuis cette période que je suis intimement persuadé que la lune a un effet sur le comportement humain, qu'il soit physique ou entièrement psychologique...

Bref, ce soir-là, nous avions eu un certain nombre d'appels de civils et nous avions dû intervenir à plusieurs reprises. Nous étions fatigués. Or, le Centre Opérationnel de Gendarmerie (COG) nous a contacté une ultime fois aux alentours de minuit afin que nous nous rendions en pleine campagne, au secours d'une famille en plein divorce et dont le père, visiblement en crise de nerfs avait quitté le domicile à grands bruits, menaçant de revenir faire un carnage avec son fusil. J'avais 23 ans. La perspective de me retrouver face à un forcené armé en plein milieu de la nuit ne m'enchantait guère, mais bon... J'avais une mission. 

Nous sommes donc partis avec le Renault Trafic, "Trambert" et moi. Il nous a fallu une quarantaine de minutes pour arriver à destination. La maison de famille était située à une centaine de mètres au bout d'un chemin boueux à souhait, sur lequel mon chef n'avait pas eu cœur de s'engager. Il ne pleuvait pas, mais la couverture nuageuse épaisse, assortie du manque cruel de luminaires à cet endroit rendait l'atmosphère encore plus noire et poisseuse. Trambert avait coupé le moteur de la camionnette. Seules les diodes du tableau de bord éclairaient l'habitacle. Au fond du chemin, on distinguait une minuscule fenêtre éclairée.

 Bon, Boyer, vous ne bougez pas d'ici, je vais voir sur place. J'emmène la radio. Au moindre problème, vous m'appelez.

 Euh... OK chef...

 ça va aller ? Ne vous inquiétez pas, il ne va rien se passer. 

J'ai esquissé un sourire en coin, gêné qu'il ait pu suspecter un début de trouille dans mon hésitation, et puis il est parti. Du coup, j'ai éteint le tableau de bord. Pas la peine de servir de cible si le fou revenait en douce. J'ai remonté les vitres assez haut, histoire de laisser passer un petit filet d'air dans l'habitacle sans trop m'exposer à une attaque surprise.

La silhouette de Trambert ne mit pas longtemps à être engloutie par la nuit. Je voyais à peine le faisceau de sa lampe se balancer au milieu du chemin. Il devait bien s'amuser à éviter les ornières et les flaques, dans ses petites chaussures basses en cuir réglementaires. Eh oui, car à l'époque, l'uniforme des gendarmes était tout sauf fonctionnel, comme celui qu'ils portent aujourd'hui. Finalement, je m'estimais chanceux de pouvoir rester tranquillement à l'abri dans le Trafic. Mais l'ennui de tarda pas. L'envie de fumer non plus. Un petit regard à droite, un petit regard à gauche, derrière aussi au cas où, et je me suis risqué à ouvrir ma porte, puis à descendre du véhicule... Il régnait un silence incroyable dans cette cambrouse charentaise. Pas un oiseau, pas un criquet, pas un seul battement d'aile de chauve-souris. De là où j'étais, il était impossible d'entendre le moindre son provenant de la maison. Trambert se serait fait trucider  à la petite cuiller que je ne l'aurais jamais su. Je tirais une cigarette de mon paquet de "Phimorons" et l'allumais. Le bruit de la braise que j'aspirais goulument me tirait du néant et me redonnait confiance.

Au bout de quelques minutes, j'entendis distinctement un bruit de pas lourd s'approcher sur le côté, suivi d'un long souffle fatigué. Il y avait aussi un genre de grincement sinistre, une genre de "groumpf-groumpf". Le mégot tomba de mes lèvres entrouvertes. Je sentais comme une main glacée autour de ma colonne vertébrale. J'avais la raie des fesses en sueur. Les mains tremblantes, je déclipsais mon Beretta et le sortis de son étui. J'enclenchais la culasse et mettais l'arme en joue vers le vide, là d'où semblait provenir le bruit qui se rapprochait inexorablement. Je me voyais déjà égorgé dans ce cul de basse-fosse, les tripes à l'air. Un son que je ne reconnus pas sortit de mon gosier enrayé : 

 Pas de geste brusque, c'est la gendarmerie. Montrez-vous, doucement !

Ridicule : on aurait dit un ado en mue. L'autre, imperturbable, continuait d'avancer. Je l'entendais souffler de plus en plus près. Le grincement m'évoquait le bruit de bottes en caoutchouc d'un paysan alcoolique s'enfonçant dans la gadoue à chaque pas. La panique m'étreignit. J'avais comme un réacteur nucléaire en surchauffe dans l'abdomen. 

 Halte ou je fais feu ! (La phrase réglementaire à prononcer en sommation d'usage. On est censés le faire deux fois avant de tirer...). Le type n'obtempérait toujours pas.

 Bordel ! 

Je gardais mon interlocuteur invisible en joue de ma bonne main, balayant hystériquement l'air dans toutes les directions tout en tentant d'attraper, de la main gauche, la torche Maglite posée sur le tableau de bord du trafic. Je me disais que le forcené allait profiter de l'aubaine pour me sauter dessus avec son fusil de chasse et qu'il allait me faire deux beaux trous à la place des yeux... Je finis par saisir la lampe que je braquais illico vers où venait le bruit, maintenant à quelques mètres de moi. Lorsque la lumière jaillit enfin, je découvris le monstre sanguinaire à quelques centimètres du fil de fer barbelé qui nous séparait. Il me regardait placidement, ruminant pour la énième fois je ne sais quel monceau d'herbe baveux et puant. Le flash de ma lampe se reflétait au fond de ses yeux vides, leur donnant un éclat verdâtre de cauchemar. Ma vessie faillit lâcher tout ce qu'elle contenait, mais tint bon, contre toute attente. Mon doigt ne se crispa pas sur la gâchette. Seules mes lèvres se remirent à fonctionner :

 Putain de saloperie de merde, j'ai eu la trouille de ma vie ! Espèce de connasse !

Soulagé, je respirais un grand coup. Je retirais mon index du pontet de l'automatique et appuyais frénétiquement sur la manette qui permettait d'escamoter le percuteur en toute sécurité. Puis je retirais le chargeur et actionnais la culasse de l'arme pour éjecter la cartouche logée dans le canon. Je le refis une deuxième fois, au cas où... (Sacro-saintes consignes de sécurité !)
J'avais failli coller un pruneau dans la tête d'un bovidé ! Bon sang mais quel idiot ! Un peu plus et je passais le restant de mon service militaire avec le doux sobriquet de "Mort aux vaches"...

Vexé de n'être qu'un petit froussard avec un pistolet, je remis tout en place puis rangeais le pétard dans son fourreau sur ma hanche droite et remontais dans le camion, que je pris soin de bien verrouiller, résolu à attendre le plus sereinement possible le retour de Trambert. 

Ce dernier revint d'un pas traînant un quart d'heure plus tard, clope au bec, sourire aux lèvres. 

 Bon, tout va bien, ils se sont calmés... On peut aller se coucher. Tout s'est bien passé, ici ? 

 Au poil, chef !

Je restais coi tout au long du trajet du retour. Je me suis évidemment bien gardé de lui raconter ce honteux épisode. D'ailleurs, personne à la brigade n'en a jamais rien su. On m'aurait retiré mon flingue illico et ça, il n'en était pas question.

Cela dit, cette petite histoire montre à quel point le fait de porter une arme peut être un poids, par moment... En fait, rétrospectivement, je m'aperçois que je n'aurais jamais pu être gendarme, justement à cause de ce poids. 

jeudi 23 juin 2016

Il en faut, parfois, une capacité d'autodérision...


Quand tu te retrouves à vendre ton bouquin en soldes, un roman que tu as mis presque quatre ans à écrire, qui a exigé un paquet de sacrifices, ben on peut dire que ta fierté en prend un sacré coup. 

A moins de faire comme moi et de s'en foutre royalement. 

Comprenez-moi : je ne m'en fous pas, évidemment. Bien sûr que j'ai un petit pincement au cœur. Mais je me dis en même temps que 9€ au lieu de 16, c'est un mal pour un bien. Je pense que ce prix réduit va permettre de mettre le livre à la portée de tout un tas de nouveaux lecteurs. Ceux qui n'ont pas eu la possibilité de dépenser cette somme lors de sa sortie en 2012 ; ceux qui étaient trop jeunes à l'époque... Et tous ceux qui vont entendre parler de la sortie du Tome 2 et qui n'auraient pas lu le premier.

Il faut savoir se remettre à sa place de temps en temps. Je ne suis pas et ne serai jamais un Stephen King. Je n'ai pas son talent, sa rapidité d'exécution, son inspiration, ses millions de fans. Je ne suis pas non plus Nabilla Benatia ; que Dieu me préserve d'avoir son succès littéraire...
Je ne suis qu'un "écrivaillon de Soule", c'est comme ça. Il faut s'y faire. Et je m'y fais. En fait, c'est tout ce que je demande, car je n'ai pas trop d'ambition, dans la vie.

Je ne cherche pas à obtenir leur renommée. Je veux juste écrire des histoires divertissantes, qui me font du bien à moi, d'abord. Je veux partager avec mes lecteurs le joyeux merdier qu'il y a dans ma tête. Je veux juste voir dans les yeux des gens qui me lisent le plaisir qu'ils ont eu à suivre les pérégrinations de Beau Smart. Rien que le fait de savoir qu'ils attendent la suite, c'est grisant. 

Et ils ne devraient plus avoir long à attendre, en témoigne ce nouvel état de travail : 

Chapitre 1 : Phoenix (écrit)
Chapitre 2 : De Charybde en Scylla (écrit)
Chapitre 3 : Le dormeur doit se réveiller (écrit)
Chapitre 4 : Sauvez Wall Street (écrit)
Chapitre 5 : Tout vient à point... (écrit)
Chapitre 6 : Natalie (écrit)
Chapitre 7 : La chasse (écrit)
Chapitre 8 : Baker Lake (écrit)
Chapitre 9 : Les eaux noires (écrit)
Chapitre 10 : Buffet froid (écrit)
Chapitre 11 : ...à qui sait attendre (écrit)
Chapitre 12 : L'antivirus X (écrit)
Chapitre 13 : Plan de bataille (écrit)
Chapitre 14 : Un bon tiens... (écrit)
Chapitre 15 : Beltzane (écrit)
Chapitre 16 : 47.509172, -121.843366. (écrit)
Chapitre 17 : ...vaut mieux que deux tu l'auras (écrit)
Chapitre 18 : Cry Baby (écrit)
Chapitre 19 : Coupez ! (écrit)
Chapitre 20 : Armageddon (En cours d'écriture)
Epilogue : Sauvegarde (En cours d'écriture)

Patience... 

Sinon, pour profiter du prix réduit de mon éditeur pour "L'infection T1 Contage" et trois autres livres, c'est par là : 
http://astobelarra.fr/product.php?id_product=21