samedi 19 mai 2012

LA VENGEANCE EST UN PLAT QUI SE DÉGUSTE "CHAUD-BOUILLANT" !

Voici le rendu de ma dernière participation aux ateliers d'écriture de Mauléon. Sophie Pavlovsky nous a fait écrire des suites de mots sur le mode du scrabble et sans aucune relation entre eux. Il fallait ensuite écrire un texte à partir du résultat. Pas si facile, en somme... Voici les mots choisis par chacun des six participants de cette session (les miens sont ceux en gras) : "Anniversaire", "tactile", "alambic", "versatile", "sceptique", "énergumène", "redevable", "brise-lames", "pick-pocket", "invention", "kangourou", "rouquin". Il m'a bien fallu 5 minutes pour faire le vide en moi, puis trouver une méthode. J'ai choisi la méthode "scolaire" en faisant deux groupes : les noms avec les noms, les adjectifs avec les adjectifs. Ensuite, j'ai établi des correspondances entre chaque élément de groupe, à l'intuition. J'avais déjà un bon début. Le reste s'est calé tout seul, sans effort.
Et voilà le résultat :

Ça, pour un anniversaire pourri, c'en était un beau! Ma femme s'était mis en tête de me faire une petite surprise; elle avait organisé une fête à mon insu, pour me faire plaisir, sans doute. Elle avait d'abord invité un panel de personnes dont elle pensait qu'elles étaient de mes amis. Manque de chance, tous ceux qui me gravitent autour ne sont qu'énergumènes versatiles ou pick-pockets un peu trop tactiles. Bref, des gens peu fréquentables, si vous voulez mon avis. D'ailleurs, je le lui aurais bien donné, mon avis très sceptique, si elle me l'avait demandé... Qui a dit qu'on devait obligatoirement fêter ses 40 ans ?
Passée la stupeur de cette invention grotesque autant que convenue et triste, les convives eurent la bonne idée de me faire participer à leurs jeux stupides. Les yeux bandés, on me conduisit jusqu'à un endroit venteux. Des embruns salés fouettaient mon visage.
̶  Aie confiance en nous, mon chéri, tu vas faire ton premier saut à l'élastique en aveugle. C'est un de tes cadeaux. Tu vas adorer : c'est la grande mode en ce moment, fit mon épouse tandis qu'on m'arnachait dans tous les sens.
̶  Ça y-est, tu es bien arrimé. Avance doucement jusqu'au bord de la planche, glissa celui de mes collègues, réputé pour sa témérité et son attrait irrésistible pour les sports dangereux, que je reconnus à la voix.
̶  On aurait quand même pu me demander mon point de vue, avant de me mettre devant le fait accompli, ralais-je, pour la forme. Je peux enlever ce foutu masque maintenant ?
̶  Surtout pas, mon chéri. C'est ça qui donne le piment.
̶  Elle a raison, tu sais ? Et puis il n'y a que 150 mètres en dessous. Tu ne risques rien : on tiens à toi, tu sais ?
Tout, plutôt que de supporter ces simagrées une minute de plus. J'avançais jusqu'au bout du plongeoir et, les bras écartés tel un Jésus suicidaire, me laissais tomber dans le vide.
PLOUF!
"Très drôle", pensais-je, tout en remontant à la surface, tandis que j'ôtais la cagoule détrempée de mon visage blême pour voir toute la bande d'abrutis se bidonner sur le brise-lames. J'avais fait un plongeon de 150 centimètres dans l'eau de mer. Trempé jusqu'aux os d'une eau à 13°, je fis néanmoins mine de trouver la blague à mon goût, lorsque Richard, le grand rouquin à l'humour tordu, me tendit son ridicule trophée en s'esclaffant :
̶  Un saut unique au monde ! Tu mérites bien ton Kangourou d'or !
"Rigolez, rigolez, mais quelqu'un me sera redevable de ce mauvais tour, croyez-moi", me jurais-je alors!
Et croyez-le ou non, monsieur le gendarme, ça n'a pas traîné ! Arrivé à la maison, j'offris ma tournée générale d'eau-de-vie de "première chauffe", tout juste sortie de l'alambic. 70°, c'est idéal pour se réchauffer le corps après pareille aventure ! Lorsque tout le monde fut enfin saoûl, je refermai le chai et y mis le feu. Cela fit un magnifique feu d'artifice au parfum de cognac flambé, à rendre jaloux n'importe quel technicien de Lacroix-Ruggieri!

Finalement, avec le recul, je crois que je n'ai jamais fêté plus bel anniversaire...

lundi 14 mai 2012

Première interview radio (TTK, Xiberoko Botza)

Interview radio réalisée le 3 mai par TTK, journaliste à la radio Xiberoko Botza. C'est là que je me rends compte que vraiment, parler au micro est un art accessible à peu de monde. En tout cas pas à moi ;-)

  

(Je vous avais bien dit que j'avais l'air moins débile à l'écrit)

mardi 8 mai 2012

Astobelarra a voulu creuser un peu le côté écolo-nihiliste de L’infection.

Dédicace pour Mathieu Larregain.
Avec Laurent (Caudine), on s’était dit qu’on allait faire comme pour Pierre Gastéréguy, une petite vidéo de présentation sympa. Mais en fait, je ne supporte pas de me voir parler. En outre, je suis très nul en improvisation orale : je suis hésitant, bafouilleur, et au final, j’ai l’air d’une andouille de première. Alors ça pourrait être rigolo, si c’était fait exprès, mais ce n’est que ridicule.
De plus, je trouve que le principe du Teaser va beaucoup mieux à un roman que l’interview filmée. Donc voilà, je ne vais pas utiliser les rushes de vidéo qu’on a fait à cette occasion (saint Beau Smart m’en préserve !), mais publier ici même une transcription exacte de ce que j’aurais voulu que ce soit, si j’avais été vidéogénique et moins… gogol
Cet entretien complète celui publié dans la gazette.

Astobelarra : Peux-tu nous résumer en quelques mots ce que raconte ce livre ?
Etienne H. Boyer : Je dirais que ce premier tome commence comme une histoire d’amour à sens unique et que ça se termine comme un film d’épouvante.
Un quadragénaire solitaire tombe amoureux d’une collègue de travail qui pourrait être sa fille. Pour l’approcher, il va essayer de se faire passer pour un autre sur Internet. Sauf que, comme dans la jungle la plus profonde, un prédateur est là qui l’attend et va transformer sa vie et celle de toute l’humanité en cauchemar sans nom.
C’est un roman de gare gore, écolo-nihiliste. Je le voulais divertissant tout en restant assez engagé dans le propos.

A : Tu qualifies ton roman de “nihiliste”. Effectivement quand on le lit on remarque qu’il n’y a pas de vrai héros auquel on pourrait s’identifier…
EHB : La question sous-jacente posée par le roman et que je me pose continuellement, c’est “quand va t-on enfin cesser de fabriquer les monstres qui nous conduisent à notre perte ?“. Pour appuyer ma démonstration, je voulais décrire un monde noir et sans espoir, comme un bourbier étouffant, glissant et sans fond, habité par une créature cannibale à l’humour et à la bile acide.
Il fallait en outre que les personnages soient un peu fourbes et/ou malheureux. On est dans une sorte de “quatrième dimension”, dans laquelle je n’ai pas l’impression de m’être si éloigné que ça de la réalité, finalement ;-) 

A : Patrice Bodin un des personnage principal. Il en bave pendant toute l’histoire. Il se retrouve coincé dans un univers virtuel dans les méandres de l’internet. Il doit lutter contre des entités numériques néfastes qui veulent le détruire. Tu l’as sacrément assaisonné ce pauvre homme ?
EHB : Bon, déjà, contrairement à Mauvais berger !, L’infection n’est pas un livre autobiographique. Néanmoins, Patrice, comme tous les personnages de ce livre, est une empreinte subjective de plusieurs individus que j’ai pu rencontrer dans ma vie et notamment de moi-même. C’est donc une projection négative de moi-même (ou de ce qui me passe par la tête) que je maltraite lorsque j’estropie Patrice ou lorsque je tue telle ou telle autre personne, dans des conditions horribles le plus souvent.
De même et mis à part ceux qui sont nommément cités (comme Niko Etxart, par exemple), aucun des personnages n’incarne une personne existant réellement.

A : Il y a aussi Beau smart une “intelligence artificielle” qui prend possession du corps de Patrice. Beau Smart n’a aucune humanité… Bon je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue, mais peux-tu nous expliquer quelle est ta motivation pour écrire ce roman, assez misanthrope au demeurant ?
EHB : Un jour que j’avais trop abusé de caféine, je n’ai pas réussi à m’endormir le soir. Et lorsque, enfin, j’ai pu sombrer dans les bras de Morphée, toute la trame du livre m’est apparue en rêve. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je t’avouerais que beaucoup de choses pénibles se télescopaient dans ma tête, à l’époque. Si tu pouvais les interroger, mes camarades de classe te diraient que j’ai toujours été un brin misanthrope. Mais là, j’en voulais à la terre entière autant qu’à moi même. L’infection, c’est clairement un exutoire, une façon de me purifier le cerveau de toutes mes idées noires, de mes colères, de mes frustrations du moment. C’est en quelque sorte mon auto-exorcisme !

A : Tout à l’heure je disais que tu qualifiais ton roman de “nihiliste”. Mais tu le qualifies aussi “d’écologiste”. Peux-tu préciser?
EHB : Tu as noté que L’infection, c’est en quelque sorte une métaphore de l’humanité et de ses travers. Tu vois, par exemple, on sait pertinemment que la production d’énergie nucléaire peut créer des monstruosités non-maîtrisables comme Tchernobyl ou Fukushima. Or tout, dans notre société, de notre système économique à la gestion administrative, est entièrement dépendant de l’électricité. Tout ce château de carte peut s’ébranler en quelques secondes, à la moindre inattention, au moindre accident. Pourtant, on continue à écouter religieusement les élus à œillères, manipulés par les lobbies du fric, qui font la promotion de l’idéal sociétal occidental actuel comme si leur vie en dépendait. Si on les écoute, “il n’y a pas d’autre solution”. Pourtant, les alternatives existent. Il suffirait d’y réfléchir vraiment…
Ceux qui se sentent visés par leurs critiques accusent souvent les écologistes d’être des ayatollahs catastrophistes, de prédire la fin du monde dès qu’on coupe une marguerite, etc. C’est le contraire, bien sûr. En voulant sauver la planète, les écologistes veulent d’abord sauver l’homme.
Dans L’infection, j’assume parfaitement mon côté nihiliste et je pose la question : “pour sauver la planète et les merveilles qu’elle abrite, faut-il détruire l’humanité (ou la laisser s’autodétruire)“? C’est cela, l’autre thème sous-jacent de ce roman.

A : As-tu des inquiétudes particulières en ce qui concerne les mondes virtuels et les diverses technologies auxquelles nous sommes soumises ?
EHB : C’est une question qui pue un peu, ça ! Bon, autant le dire tout de suite : je travaille dans le milieu du web (au sens large du terme) depuis trois ans et demi, ce qui n’est pas sans me poser quelques cas de conscience, de temps à autres. Précisons que, comme tout écologiste – convaincu – qui se respecte, je suis bourré de contradictions : je suis écœuré par l’envahissement, l’aliénation, la médiocrité véhiculés par un grand nombre de nouvelles applications TIC, dont la majorité n’a pour but que de faire davantage de commerce, de profit, etc. Ce qui m’angoisse, surtout, c’est qu’il y a toujours des petits malins pour dévoyer les inventions les plus utiles et les intentions les plus louables, qui seraient censées améliorer l’ordinaire.
Mais en même temps, je suis fasciné par le progrès et la technologie, qui, s’ils sont utilisés avec humanisme, peuvent vraiment aider à l’amélioration de la société. Il suffit de voir de quelle façon tunisiens et égyptiens ont utilisé Twitter, lors de la “révolution de jasmin”, pour en être persuadé.
Je suis convaincu que les univers virtuels peuvent aussi trouver leur utilité, notamment dans l’aide au traitement de certains désordres psychologiques comme l’agoraphobie, entre autre.
C’est aussi de cela que je parle, en filigrane, dans L’infection. En résumé : tout n’est pas tout noir, tout n’est pas tout blanc…

A : Il y a beaucoup de référence au cinéma. Notamment le cinéma d’action américain ou la science-fiction. Tu peux nous dire quels sont tes livres, films cultes ?
EHB : Je suis un enfant des années 70. J’ai été bercé par le cinéma fantastique de ces années là. On retrouve très certainement des idées développées dans des films célèbres comme The Shining, Terminator, Cube, Matrix, Kamikaze, la Machine et autres Hidden dans L’infection.
La culture geek, issue des comics américains et des jeux de rôles est aussi très perceptible dans le roman. Et puis concernant la littérature, on ressent probablement l’influence de Stephen King et autres auteurs fantastiques contemporains dans mes écrits. Davantage sur le fond (l’histoire) que sur la forme (le style), je suppose.
Je me retrouve aussi dans Les idées noires, de Franquin.

A : L’intrigue du livre se passe en Soule. Il est fait référence à des évènements politiques, des lieux que tout le monde connaît… C’était important pour toi d’écrire un roman qui se déroule ici ?
EHB : D’abord je souhaitais ancrer ce premier tome dans une réalité locale et rurale, de façon à ce que “monsieur tout le monde” puisse se sentir concerné. La Soule s’est imposée d’elle même à moi : j’adore ce petit coin de paradis, cette émeraude chatoyant de mille verts qui m’a accueillie il y a une quinzaine d’années. C’est mon chez-moi et je n’en voudrais pas d’autre.
J’ai voulu montrer ses aspects positifs : sa beauté, sa culture, la nature… mais aussi ce que je considère comme ses aspects négatifs : le Wimax, “la voie de Soule”, le paternalisme d’un certain patronat, le cynisme de certains élus locaux, le productivisme d’une certaine agriculture…
Bref, j’ai voulu montrer que cet Eden était fragile, en équilibre précaire et qu’un rien pouvait l’anéantir. Une mauvaise décision politique, et c’est “l’enfer sur terre”.
C’est un peu caricatural, c’est vrai, car il faudrait une somme considérable de mauvaises délibérations pour que tout le système plante, mais j’ai toujours trouvé que la caricature ouvrait plus facilement des portes sur l’inconscient collectif. Un bon dessin de presse a bien plus de pouvoir qu’un mauvais débat de l’entre deux tours, sur BFMTV…

samedi 5 mai 2012

Que le monde se prépare à subir une infection massive!

Le jour “J” approche à grands pas. Encore deux semaines à patienter avant la sortie officielle du tome 1 de L’infection, mais une chose est sûre : les livres sont déjà là!
Et à cette occasion, vous pouvez
au prix de 14€ (au lieu de 16€, hors frais de port),
 jusqu’au 20 mai 2012.

Si vous êtes souletin, nous pouvons convenir d’un rendez-vous quelque part sur Mauléon, afin que je vous le livre en main propre. Vous économiserez ainsi quelques euros supplémentaires ;-) 

Ils sont là, tout frais sortis de la presse...
J’ai rencontré la presse locale (souletine) hier soir. Bref, il n’y a plus qu’à! Je profite de l’occasion pour remercier l’association Bil Xokoa, qui a bien voulu insérer l’info de la présentation du livre le jour de Müsikaren Egüna sur son programme.


jeudi 19 avril 2012

L’infection : sortie officielle dans J – 30!

Encart de pub pour le Miroir de la Soule.
Ayé! je viens – enfin – de terminer la relecture et les corrections du BAT du tome 1 de L’infection. Je suis fourbu!
Laurent (Caudine) a lui aussi pris des notes, relevé mes coquilles et mes mauvaises utilisations de la ponctuation, et nous avons renvoyé le document à l’imprimeur pour qu’il nous sorte la seconde (et dernière, j’espère) épreuve avant mise en production. Je pense que ce sera moins compliqué pour le tome 2, parce que j’aurais déjà tout formaté comme il faut avant d’envoyer à imprimer. N’empêche, c’est épuisant nerveusement.

La suite, ce sera le tournage d’une interview vidéo, puis, très très vite, la présentation du bouquin à la presse, 15 jours avant sa sortie officielle. Ensuite, pendant tout le mois de juin, je ferai la tournée des salons et des rencontres/dédicaces sur les Pyrénées Atlantiques. Vous vouliez le programme? Le voici :

- 20 mai sortie officielle de L’infection tome 1, à Müsikaren Egüna, à Ordiarp
- 26 mai dédicaces au marché de Mauléon (à confirmer)
- 2 juin 10 h 12 h dédicaces à Tardets
- 9 – 10 juin dédicaces à Oloron au salon du livre
- 16 juin au matin, dédicace à Mauléon, à Xibero bio
- 17 juin, les arts en place, à Oloron Sainte Marie
- 23 juin à partir de 15 h, dédicaces à Garazi (Saint-Jean Pied-de-Port)

Il est probable que d’autres dates (notamment à Navarrenx et à Bayonne) soient fixées d’ici là.
Si vous êtes une librairie du département Pyrénées Atlantiques (mais même ailleurs, je ne suis pas sectaire), que vous êtes intéressé pour journée/matinée de rencontre dédicace avec l’auteur (moi, en l’occurrence, je n’ai pas encore attrapé la Delonite), ou simplement pour recevoir L’infection (et/ou Mauvais berger!) en dépôt/vente, vous pouvez contacter Astobelarra ici : astobelarra@live.fr, ou là : 05.59.28.32.81.

mardi 10 avril 2012

PETIT CONTE AMORAL

Hier soir, à l'atelier d'écriture de la bibliothèque de Mauléon-Licharre, nous n'étions que 5 (en comptant Sophie Pavlovsky, notre "guide" ! Ça fait pas bézef, mais on a quand même pu travailler. Le sujet : écrire un petit conte à partir de données rédigées sur des petits bouts de papier (on commence à avoir l'habitude du principe). Cette fois, chacun d'entre nous jouait le rôle du héros. Nous devions aussi inventer une quête, un pouvoir (ou un objet plus ou moins magique), un personnage secondaire qui jouerait le rôle de "l'aide", et un méchant. Ensuite, comme toujours, on mélange tout, et hop ! Chacun tire un petit papier dans chaque catégorie. Puis zou ! A vos stylos !

Comme à chaque fois, j'ai fait mon vicelard : comme quête, j'ai écrit "sauver l'ours". Comme aide, j'ai mis "une fourmi". Pour l'objet magique, j'ai choisi "le panier à salade" (Ben quoi ?). Et pour le méchant, j'ai écrit "Gnégné l'araignée".

Ce qui est complètement injuste, puisque moi, je suis tombé sur "Sophie", qui devait "sauver le vieux roi qui n'aimait plus le vin", avec l'aide d'une "magicienne-vigneronne" (ben tiens !) et d'un "diamant"; l'ennemi n'étant autre que "la marâtre" ! Trop facile !

Voici le résultat de cette heure d'écriture :

Il était une fois, une petite princesse prénommée Sophie, qui vivait dans un château dans un pays fort, fort lointain. Son père, le vieux roi, était très malade et se mourrait petit à petit, depuis qu'il n'aimait plus le vin. Ce qui n'était pas terrible pour un disciple de Bacchus tel que lui. La mère de Sophie était morte en couches, mais le roi avait repris femme après des années d'une souffrance solitaire, qu'il compensait en vidant dans son gosier des hectolitres de Bordeaux, importés par paquebots. Mais la belle-mère de Sophie était - comme il se doit - une marâtre acariâtre qui, bien entendu, ne rêvait que d'accéder au trône à la place de l'héritière légitime, avec laquelle elles se comportait de manière inique.
Le roi était comme par hasard tombé bien malade peu après que ce remariage fut consommé. Et pour cause : à l'insu de tous, l'odieuse belle-doche versait chaque matin deux gouttes de gelée de carton ensorcelée dans le bol de céréales de son époux, si bien que le souverain perdit le goût à tout aliment, y compris à sa nourriture de base, issue de la culture de la vigne.
Sophie était malheureuse pour son pauvre père, mais elle avait aussi très bien compris qu'une fois parti, rien n'empêcherait sa marâtre diabolique de l'écarter du pouvoir, à tout jamais. Alors elle résolut d'aller quérir les conseils avisés de la magicienne, enfermée à double tour au cachot depuis l'arrivée au palais de sa belle-mère, qui ne supportait pas la concurrence.
― Il se trouve, Sophie mignonne,
que je suis aussi de formation vigneronne.
L'art du vin et celui de la magie sont frères
et j'ai peut-être la solution pour redonner le goût de la vie à ton père !
Tu vas prendre ce diamant;
il t'indiquera ce que tu devras accomplir au bon moment.
Sophie aurait bien voulu obtenir davantage de détails, mais ne put lui tirer un mot de plus. Elle se contenta d'emporter le diamant de la taille d'un œuf de poule, qui brillait de mille feux. Tellement fort, d'ailleurs, que la belle-mère en aperçut ses reflets baladeurs dans les couloirs sombres et humides du château et, toutes griffes dehors, somma la princesse de lui donner le joyaux, séance tenante. La petite fut bien vite acculée dans quelque boudoir, tandis que l'horrible bonne femme s'apprêtait à lui fondre dessus en riant à gorge déployée.
C'est là que Sophie eut une révélation. Ou plutôt, que l'âme du diamant magique lui dicta une intuition :
― Vous la voulez tant que ça, cette pierre ? Et bien la voici, cria la princesse, tout en la lançant au visage de sa marâtre, qui n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait!
La bouche encore toute grande ouverte à force de s'égosiller, la diablesse avala le gros solitaire d'un seul coup. Mais ce dernier, tout en angle, eut du mal à passer et se bloqua en plein milieu de sa gorge. La reine vénale mourut étouffée par la pierre précieuse tant convoitée, tomba par la fenêtre et disparut à jamais dans les douves puantes du château.
Le bon roi fut bien malheureux d'avoir perdu sa seconde épouse, mais curieusement, le goût de la nourriture lui revint le lendemain même, et il se remit à aimer le vin !
Sophie, quant à elle, libéra la magicienne-vigneronne qui, en toute logique, épousa son père quelques semaines plus tard.
Les heureux mariés passèrent le restant de leur vie à picoler plus que de raison, si bien que Princesse Sophie ne tarda pas à devenir reine à son tour, régnant sur un royaume en ruine, aux caves remplies de fûts et de barriques... vides !

Et alors ? Depuis quand un conte doit-il toujours finir bien ?

jeudi 29 mars 2012

JONQUILLE

Hier, le sujet de l'atelier d'écriture de Mauléon était un vrai challenge pour moi. J'aurais pu j'aurais dû m'essayer à quelque chose de nouveau, de différent. Au lieu de ça, par facilité (et manque flagrant d'inspiration) j'ai fait du "Etienne" pur jus.
Ce coup-ci, il fallait écrire le nom d'un végétal sur un bout de papier puis choisir dans le tas, au milieu de la table et écrire son histoire.
Maïtena a eu "l'immortelle", Marguerite "le poireau", Marc "le perce-neige", Pierre (Gastéréguy) "le saule pleureur", Michelle "la digitale pourpre", Sophie "l'asperge", Samuel a tiré "la jonquille", mais, pas inspiré, a décidé de faire un hors sujet sur "l'éphémère" (qui n'est pas un végétal, mais un insecte). Moi je suis aussi tombé sur "la jonquille", qui avait été écrite en doublon.
Chacun s'en est remarquablement tiré, comme d'habitude.
Mais bon, en ce qui me concerne, vous le savez, la poésie n'est pas mon fort. Voici ce que j'ai pondu :

J'aurais pu pousser dans un jardin fleuri, dans un massif ombragé, entre des roses et un buisson de lavande, repiquée par une mamie à la main verte. Mais le destin en a décidé autrement. Moi, je suis née sur les flancs d'une montagne de Soule que les gens du coin appellent Etxekortia. Ici, pas un humain irrespectueux pour me décapiter avant l'heure, pas un chien du quartier pour me baptiser de son urine. Non messieurs-dames, moi, j'ai droit au pipi du renard, à la bave du sanglier, aux fientes des vautours fauves et aux crottes de lapins! Heureusement, je ne serais plus là bien avant l'arrivée des cohortes de brebis estivantes.
Oh, je ne me plains pas de ma situation : c'est toujours la Nature, n'est-ce pas? Et puis, l'avantage d'être accrochée au karst des Arbailles, c'est que le vent de sud balaye régulièrement les mauvaises odeurs et rehausse mon propre parfum et celui de mes innombrables jumelles. Ici, je suis libre et ma blondeur peut rivaliser sans honte avec celle du soleil.
Oh, c'est vrai que je suis nettement moins belle, moins grande et moins prisée que le lys des Pyrénées, la fleur des rois, la reine de la montagne! Mais la jalousie est un concept que j'ignore. J'existe pour moi. D'ailleurs, le propre du "narcisse" n'est-il pas de n'avoir d'yeux que pour soi-même?
Mais n'allez pas croire que j'ai un égo surdimensionné : j'existe aussi pour les insectes, qui viennent s'abreuver à mon nectar. Sans moi, ce qui reste des abeilles sauvages devrait se contenter de faire le miel avec le pollen âcre des pâquerettes ou celui, insipide, des pissenlits!
Et je puis vous assurer qu'elles savent où trouver des produits de qualité, nos petites ouvrières du ciel.
Lorsqu'il pleut, il n'est pas rare que ma corolle orangée leur serve d'abri, pour se protéger des larmes meurtrières. Car oui, je suis aussi une héroïne qui s'ignore...
Je sais bien que je vais faner et mourir avant l'été, mais je sais aussi que je renaîtrai de mon bulbe au printemps prochain, et aux suivants si tout va bien. En fait, je suis bien plus forte que le lys : je suis éphémère, et immortelle à la fois !